Jean Couzy

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Jean Couzy, né en 1923 à Nérac dans le Lot-et-Garonne et mort le dans le Dévoluy, est un alpiniste français. Alpiniste amateur, à la fois glaciériste complet et rochassier de très haut niveau[1], il réalise en 1955 la première ascension du Makalu (8 463 m) dans l'Himalaya et participe à l'expédition victorieuse de l'Annapurna, premier 8 000 de l'histoire de l'alpinisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Couzy naît en 1923 à Nérac dans le Lot-et-Garonne[1]. Adolescent, il fréquente les Pyrénées mais ses études (il sera polytechnicien, X1942) et la Seconde Guerre mondiale ne lui permettent pas de se consacrer sérieusement aux activités montagnardes. Installé à Paris pour ses études, il fréquente cependant les alpinistes parisiens et pratique l'escalade à Fontainebleau et dans le Saussois. Il y fait la connaissance de Marcel Schatz qui deviendra son compagnon de cordée[1].

Pour sa première saison d'alpiniste, Jean Couzy choisit en 1946 d'aller dans les Alpes autrichiennes. Puis, en 1948, il retourne dans les Pyrénées où il réalise une première au pic des Crabioules. Cette même année et les années suivantes, il fréquente assidûment les Dolomites où il répète des voies réputées ou réalise des premières. Il répète également de grandes courses et ouvre de nouvelles voies dans les Alpes occidentales. Jean Couzy est aussi l'un des premiers à ouvrir des voies difficiles sur les parois calcaires des Préalpes[1].

Jean Couzy participe à plusieurs expéditions en Himalaya. En 1955, il réalise avec Lionel Terray la première ascension du Makalu, cinquième sommet le plus haut du monde (8 463 m). Cinq ans auparavant, Jean Couzy était déjà membre de l'expédition française menée par Maurice Herzog à l'Annapurna, premier des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres gravi[2].

En 1954, Jean Couzy rencontre René Desmaison à Fontainebleau et dans le Saussois[2]. Ils font dès lors cordée commune : après quelques répétitions prestigieuses dans les Alpes, ils réalisent de nombreuses premières difficiles (notamment la face nord-ouest de l'Olan, l'hivernale de la face Ouest des Drus, l'éperon Marguerite sur face nord des Grandes Jorasses)[3],[4],[5],[6]. En 1958, Jean Couzy et Réné Desmaison vont dans les Dolomites avec l'intention d'ouvrir à la Cima ovest, en escalade artificielle, une voie directe qu'ils avaient imaginée l'été précédent. Mais ils ne peuvent mener à bien leur projet faute d'un matériel en quantité suffisante[7].

Jean Couzy mène sa carrière d'alpiniste amateur en poursuivant sa carrière professionnelle dans l'aéronautique militaire et sans sacrifier sa vie familiale (il est marié et père de quatre enfants)[1]. Il s'intéresse à la cotation des difficultés et à l'histoire de l'alpinisme ; il prend en charge la Chronique alpine qui présente les nouvelles ascensions dans la revue du Club alpin français, La Montagne[1].

L'approche par Jean Couzy des risques inhérents à la montagne est rationnelle. Il se veut prudent et refuse, par exemple, de tenter de gravir la face nord de l'Eiger qu'il juge trop dangereuse. Il ne pratiquera jamais l'alpinisme solitaire[1].

Le 2 novembre 1958[8], alors qu'il ouvre avec Jean Puiseux une voie dans la face sud de la crête des Bergers (rebord méridional du plateau de Bure) dans le massif du Dévoluy, Jean Couzy est touché à la tête par une chute de pierre qui le tue[9]. Il est enterré au cimetière de Montmaur, au pied de la montagne où son accident est survenu[9].

Principales ascensions[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Le nom de Jean Couzy a été donné en France à une rue de Liévin dans le Pas-de-Calais et à une allée de Vitry-sur-Seine dans le Val-de-Marne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Grande encyclopédie de la montagne, t. 3, Atlas, Paris, 1977, p. 745
  2. a, b, c et d René Desmaison, Les forces de la montagne, mémoires, Paris, Hoëbeke, 2005 (ISBN 2-84230-229-X), p. 46
  3. a et b René Desmaison, op. cit., p. 46-48
  4. a et b René Desmaison, op. cit., p. 51-58
  5. a et b René Desmaison, op. cit., p. 48-51
  6. a et b René Desmaison, op. cit., p. 91
  7. René Desmaison, op. cit., p. 76
  8. David Roberts, Annapurna, une affaire de cordée, éditions Guérin, mai 2000, p. 223 (ISBN 978-2911755224)
  9. a et b René Desmaison, op. cit., p. 92
  10. Yves Ballu, Les alpinistes, Glénat, 1997 (ISBN 2-7234-2450-2) p. 457
  11. René Desmaison, op. cit., p. 65
  12. René Desmaison, op. cit., p. 74-84