Hugo Sotil

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Hugo Sotil
Sotil Cubillas Challe 1973.png
Sotil, à gauche, avec le Pérou en 1973
Biographie
Nationalité Drapeau du Pérou Pérou
Naissance 8 mai 1949 (1949-05-08) (64 ans)
Lieu Lima
Taille 1,69 m (5 7)
Poste milieu offensif ou neuf et demi
Parcours junior
Saisons Club
Drapeau : Pérou Alianza Lima
Parcours professionnel 1
Saisons Club M. (B.)
1968-1972 Drapeau : Pérou Deportivo Municipal 121 (49)
1973-1976 Drapeau : Espagne FC Barcelone 68 (17)
1977-1978 Drapeau : Pérou Alianza Lima 47 (23)
1979-1980 Drapeau : Colombie Independiente Medellin 32 (8)
1981-1983 Drapeau : Pérou Deportivo Municipal 20 (7)
1985 Drapeau : Pérou Los Espartanos (es) 8 (2)
1986 Drapeau : Pérou Deportivo Junín (es) 1 (0)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe M. (B.)
1969-1982 Drapeau : Pérou Pérou 62 (18)
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Hugo Sotil Yerén, né le 8 mai 1949 à Ica (Pérou), est un footballeur international péruvien. Il évoluait au poste d'attaquant.

Il est considéré comme l'un des meilleurs joueurs péruviens de l'histoire, au même titre que Héctor Chumpitaz, Valeriano López, Teodoro Fernández ou Teófilo Cubillas. Avec ce dernier, il forme le « Dupla de Oro» (en français : « la doublette (ou paire) en or ») qui mène le Pérou en quart de finale de la Coupe du monde 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans la ville d'Ica, à 300 kilomètres au sud de Lima. Lors de son adolescence, sa famille émigre vers la capitale péruvienne. Elle échoue dans le quartier d'El Porvenir[1], dans le district de La Victoria. Hugo Sotil est ce qu'on appelle un « cholo », un pauvre provincial venu survivre en banlieue de Lima[2].

Surnommé dans sa carrière « El Cholo », un nom qu'il revendique, il fut un des sportifs les plus populaires de son pays, au point de jouer en 1972 dans un film, dirigé par Bernardo Batievsky (grand admirateur du joueur) et intitulé tout simplement « Cholo »[3],[2]. Après des débuts particulièrement brillants, sa carrière pâtit d'une vie nocturne dissolue et de multiples addictions[1].

Après sa retraite sportive, il est inculpé pour non-paiement de la pension alimentaire d'un fils illégitime avec Nancy Gross, une vedette de Lima. Sa femme l'introduit au Sūkyō Mahikari, une secte japonaise[2].

Après avoir pris la direction technique du Deportivo Municipal sans succès en 1999, il s'occupe des jeunes. À la fin des années 2000, il intervient sur les ondes radiophoniques, dans l'émission La Verdad del Deporte (en français : « la vérité du sport ») sur Radio San Borja, où il reste égal à lui-même, personnage picaresque et rebelle[1].

Carrière de footballeur[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

Repéré pour ses talents précoces de footballeur par l'Alianza Lima, il en intègre les équipes de jeunes où il forme avec le jeune Teófilo Cubillas une attaque prometteuse[2]. Pourtant il quitte bientôt le club et disparaît. Il est, en fait, parti travailler, dans une fabrique de café, et joue pour de l'argent dans des tournois de football, le week-end.

En 1968, le Deportivo Municipal, autre club de la capitale, est relégué en deuxième division péruvienne. Pour le relancer, ses dirigeants lancent une opération de repérage dans les quartiers de la ville. Sotil impressionne tellement, lors des tests, qu'il se voit offrir, le soir même, un contrat professionnel[2], à 19 ans. Sotil contribue, largement, au retour du club dans l'élite et apparaît à l'évidence comme une étoile montante du football péruvien, d'autant qu'il fait ses débuts en équipe nationale début 1970[2].

En 1971 le Municipal et l'Alianza Lima s'allient pour jouer quelques matchs de gala contre des clubs européens. À cette occasion, Sotil est associé à Teófilo Cubillas. Cet épisode est resté fameux par ces succès sur des clubs renommés comme le Benfica Lisbonne ou le Bayern Munich. Ce dernier est balayé 4-1, Sotil se montrant particulièrement à son avantage malgré l'opposition de Franz Beckenbauer[2].

En 1973, les recruteurs du FC Barcelone, parmi lesquels l’entraîneur Rinus Michels, viennent voir un match du Muni contre l'Alianza, afin de superviser Cubillas. Mais Sotil est virevoltant et c'est lui que font signer les dirigeants catalans[2]. Il forme avec Johan Cruyff un duo détonnant, qui mène le Barça à la conquête du championnat espagnol, après quatorze années d'insuccès pour le club barcelonais. Le 5-0 infligé aux rivaux du Real Madrid à Bernabéu, dont Sotil marque le dernier but d'un coup de tête victorieux, classe à part cette équipe dans l'histoire du club catalan[1].

Pourtant dès 1974, il connaît des problèmes de discipline et son comportement extra-sportif amoindrit ses performances[réf. nécessaire]. L'arrivée de Johan Neeskens, ami de Cruyff, l'éloigne du terrain, du fait de la limitation à deux du nombre de joueurs étrangers[2]. La direction du club tente d'obtenir, pour lui, la double nationalité. Mais ce qui doit être une simple formalité prend un temps considérable et il ne l'obtient que le 20 août 1975. Cette longue interruption (il ne joue pas un seul match de Liga en 1974-1975) est préjudiciable au club, qui perd son titre, comme au joueur, qui mène une vie dissolue et ne retrouvera jamais le niveau qu'il avait précédemment[4],[5]. Lors de la saison 1975-1976, le nouvel entraîneur Hennes Weisweiler goûte peu aux excès du joueur et le fait peu jouer[2]. Sotil joue son dernier match pour le Barça le 4 novembre 1976 en Coupe UEFA. Il est sorti à la mi-temps, alors que son équipe est en difficulté face aux Belges de Sporting Lokeren[6]. Son bilan sous le maillot blaugrana est de 111 matchs et 33 buts toutes compétitions confondues[7].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Fin 1976, Sotil retourne au Pérou. En 1977, il rejoint Cubillas à l'Alianza Lima, où jouent entre autres César Cueto et José Velásquez. Le duo reformé permet au club de remporter le championnat en 1977 et en 1978. Même s'il retrouve un bon niveau, il n'est plus aussi brillant que lors de ses jeunes années et devient surtout de plus en plus irrégulier, entre blessures, méforme et moments de génie. Néanmoins le club atteint les poules demi-finales de la Copa Libertadores 1978, Sotil marquant cinq buts[8] en neuf matchs[réf. nécessaire].

En 1979, l'Alianza Lima se sépare de ses meilleurs éléments et Sotil émigre en Colombie, à l'Independiente Medellín, où il brille de plus en plus rarement. Après deux ans, au cours desquels il a inscrit huit buts en 33 matchs de championnat, il envisage d'arrêter sa carrière. En 1981, il revient finalement dans son club formateur, le Deportivo Municipal, pour lequel il joue jusqu'en 1983. En 1982, il est prêté le temps d'un match à l'Universitario de Deportes, pour jouer une rencontre de gala face au Boca Juniors de Diego Maradona.

Il renoue, brièvement, avec les terrains de football, en 1985, pour jouer avec un petit club de province, Los Espartanos (es). En 1986, il dispute son ultime match officiel, avec l'équipe du Deportivo Junín (es), alors qu'il en est l'entraîneur[9].

En équipe nationale[modifier | modifier le code]

Très populaire à Lima, Sotil est appelé au dernier moment pour un match amical contre la Bulgarie, le 24 février 1970[2]. Rentré en cours de jeu, alors que le score est de 1-0 pour les Européens, il égalise et inscrit un triplé[10]. Quelques mois plus tard, il est sélectionné pour la Coupe du monde 1970. Placé en attaque auprès de Cubillas, il ne marque pas mais contribue à la qualification de son équipe, grâce à ses dribbles, ses ouvertures, ses gestes techniques exceptionnels[2]. En quart de finale, il rentre en jeu alors que les Brésiliens comptent déjà deux buts d'avance[11].

En octobre 1973 il est appelé au sein d'une sélection américaine qui rencontre une sélection européenne. Après un nul 4-4, où Sotil marque son but, la rencontre se termine par la victoire aux penalties des Américains.

En 1975, la direction de son club lui interdit de participer à la Copa América. La sélection se qualifie pour la finale, s'incline en Colombie puis l'emporte à Lima. Un match d'appui est organisé le 28 octobre. Décrié dans son pays pour son absence, Sotil prend l'avion en secret pour rallier son pays à deux jours de la finale[2]. Sur un terrain à la limite du praticable, il est titulaire et décisif, en marquant l'unique but de la rencontre[12]. Il offre ainsi la première Copa América au Pérou, depuis 1933[1].

En l'absence de Cubillas, il est un des artisans de la qualification de sa sélection pour la Coupe du monde 1978. Revenant de blessure, il n'est que remplaçant pendant la compétition. Il entre en jeu lors de quatre matchs, sans marquer. Au premier tour, sa sélection termine premier du groupe D mais échoue au deuxième tour[13].

Avec la sélection du Pérou, il honore 62 sélection entre février 1970 et août 1979, et inscrit 18 buts[14].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Statistiques[modifier | modifier le code]

Statistiques d'Hugo Sotil en club[réf. nécessaire]
Saison Club Championnat Matchs Buts Continental Matchs Buts
1968 Drapeau : Pérou CD Municipal D2 18 10 - - -
1969 Drapeau : Pérou CD Municipal D1 18 10 - - -
1970 Drapeau : Pérou CD Municipal D1 26 8 - - -
1971 Drapeau : Pérou CD Municipal D1 30 9 - - -
1972 Drapeau : Pérou CD Municipal D1 29 12 - - -
1973-1974 Drapeau : Espagne FC Barcelone[6] D1 34 11 C3 2 1
1974-1975 Drapeau : Espagne FC Barcelone[6] D1 0 0 - - -
1975-1976 Drapeau : Espagne FC Barcelone[6] D1 19 3 C3 5 1
1976-1977 Drapeau : Espagne FC Barcelone[6] D1 5 1 C3 3 0
1977 Drapeau : Pérou Alianza Lima D1 23 10 - - -
1978 Drapeau : Pérou Alianza Lima D1 15 8 CL 9 5
1979 Drapeau : Colombie Independiente Medellín D1 22 6 - - -
1980 Drapeau : Colombie Independiente Medellín D1 10 2 - - -
1981 Drapeau : Pérou CD Municipal D1 10 4 - - -
1982 Drapeau : Pérou CD Municipal D1 10 3 - - -
1984 Drapeau : Pérou Los Espartanos (es) ? 8 2 - - -
1986 Drapeau : Pérou Deportivo Junín (es) ? 1 0 - - -

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (es) « La Huella del Cholo », sur www.caretas.com.pe,‎ 2009 (consulté le 1er décembre 2013)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Pierre Boisson, « Cholo Cholo », So Foot, no 89,‎ 2011, p. 116-119
  3. (es) « 35 aniversario de "Cholo" », sur arte-nuevo.blogspot.com,‎ 26 mai 2007 (consulté le 1er décembre 2013)
  4. (es) « 'Cholo' Sotil », sur webdelcule.com (consulté le 1er décembre 2013)
  5. « Hugo « El Cholo » SOTIL », sur www.oldschoolpanini.com (consulté le 1er décembre 2013)
  6. a, b, c, d et e (es) Sotil, Hugo Sotil Yeren, bdfutbol.com
  7. (es) 'Cholo' Sotil pide que la Champions sea culé en su 62º cumpleaños | barca, SPORT.es, 19.05.2009
  8. (en) « Copa Libertadores 1978 », sur www.rsssf.com (consulté le 1er décembre 2013)
  9. (es) « El último partido oficial de Hugo Sotil por el Deportivo Junín en 1986 », sur fotosfutbolperuano.blogspot.com,‎ 31 mai 2010 (consulté le 1er décembre 2013)
  10. Peru v Bulgaria, 24 February 1970, 11v11.com
  11. Feuille de match Brésil - Pérou 14 juin 1970, FIFA.com
  12. a et b (en) « Copa America 1975 », sur www.rsssf.com (consulté le 1er décembre 2013)
  13. (en) « World Cup 1978 finals », sur www.rsssf.com (consulté le 4 décembre 2013)
  14. (en) « Peru - Record International Players », sur www.rsssf.com (consulté le 1er décembre 2013)
  15. (es) « Temporada 73-74 », sur www.webdelcule.com (consulté le 20 décembre 2010)
  16. (en) « Trofeo Joan Gamper », sur www.rsssf.com (consulté le 1er décembre 2013)