Sūkyō Mahikari

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Siège de Sūkyō Mahikari à Takayama (préfecture de Gifu)
Siège de Sūkyō Mahikari à Takayama (préfecture de Gifu)
Siège de Sūkyō Mahikari à Takayama (préfecture de Gifu)

Sûkyô Mahikari est une nouvelle religion japonaise[1] (Shinshūkyō). Son siège se trouve à Takayama dans la préfecture de Gifu. En France, elle est considérée comme une secte: elle est classée dans la catégorie des « grandes sectes » dans un rapport sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes de l'Assemblée nationale française, avec un actif net comptable de 60 millions de francs et des recettes d'un montant de 15 millions de francs en 1999[2]. Elle est aussi présente en Afrique[3].

Historique[modifier | modifier le code]

La première organisation de Mahikari a été fondée par Kôtama Okada le 28 août 1959, pour promouvoir la pratique de l’« art de Mahikari ».

Selon les dires des adeptes, un processus purificateur aurait débuté en 1962 qui devrait conduire à l'extinction de la race humaine. Seuls les adeptes de l'organisation pourront y survivre[4]. Elle pratiquerait la technique de « l'offrande participative » : chaque adepte peut faire une offrande à l'organisation afin de laver ses pêchés. Les discours des missionnaires de Mahikari disent ainsi : « plus on fait d'offrandes, plus on compense ses impuretés »[2].

Mahikari s’est répandu à partir de Tokyo dans tout le Japon. Le 1er février 1972, Sukyo Mahikari a été introduit à Paris sous le nom de Sho Dojo, et de là en Afrique et aux Antilles.

À la mort de Kôtama Okada, le 23 juin 1974, un conflit a opposé sa fille adoptive, Okada Keiju, qui se positionnait comme le nouveau guide spirituel, à un directeur senior de l'organisation, Sakae Sekiguchi. Celui-ci a lancé une action en justice pour soutenir sa revendication selon laquelle il aurait été le véritable successeur de Kôtama Okada. Ce conflit a été à l'origine d'une scission. Le 23 juin 1978, Keishu Okada a annoncé qu’elle établissait officiellement Sûkyô Mahikari en tant qu’organisation religieuse et qu’elle en prenait la tête en tant que leader spirituel. En juillet 1982, la Haute Cour de Tokyo a recommandé qu’il y ait un accord amiable entre M. Sekiguchi et Keishu Okada. Ils ont alors convenu de ne pas interférer dans leurs activités réciproques[5].

Le 3 novembre 2009, Kôô Okada, qui était le guide spirituel suppléant depuis le 5 octobre 2002, devint le troisième guide spirituel (Oshienushi).

Développement et finances en France[modifier | modifier le code]

En 1995, l'Assemblée nationale française dans sa Commission d'enquête sur les sectes dénombre entre 15 000 et 20 000 adeptes de l'organisation en France et environ 500 000 dans le monde[6].

Selon un second rapport de l'Assemblée nationale en 1999 sur la situation fiscale des sectes, Sukyo Mahikari aurait en 1999 un actif net comptable de 60 millions de francs et des recettes d'un montant de 15 millions de francs. Une partie de ces recettes provient des dons des adeptes. Selon ce même rapport, l'organisation aurait reçu de la part de ses membres en 1996 9,7 millions de francs[2],[7].

L'organisation disposerait de comptes très précis dans chaque pays où elle est implantée, lui permettant de juger de la générosité de ses adeptes presque en temps réel. Une autre de ses sources de revenus est la société LH France, dont elle est propriétaire. Son patrimoine immobilier représenterait selon l'Assemblée nationale plusieurs dizaines de millions de francs en 1999[2].

En Belgique[modifier | modifier le code]

En 1997, Sūkyō Mahikari a fait l'objet d'enquêtes judiciaires en Belgique[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Frédérique Louveau, « La taupe et le microscope. Variations méthodologiques d’une ethnologie comparée d’une « nouvelle religion japonaise » en France et en Afrique », Journal des anthropologues [En ligne], 98-99 | 2004, mis en ligne le 22 décembre 2010.
  2. a, b, c et d Jacques Guyard et Jean-Pierre Brard, « Rapport sur la SITUATION FINANCIERE, PATRIMONIALE et FISCALE des SECTES, ainsi que sur leurs ACTIVITES ECONOMIQUES et leurs RELATIONS avec les MILIEUX ECONOMIQUES et FINANCIERS », sur Assemblée nationale,‎ 10 juin 1999
  3. Frédérique Louveau (préf. Georges Balandier), Un prophétisme japonais en Afrique de l'Ouest. Anthropologie religieuse de Sukyo Mahikari (Bénin, Côte d'Ivoire, Sénégal, France), Karthala,‎ 2012, 504 p. (ISBN 9782811106157).
  4. Frédéric Antzorn, « Sukyo Mahikari : La secte d'Asembourg dans le collimateur de la justice belge ? », Le Républicain Lorrain,‎ 24 mars 1995
  5. Bernard-Mirtil 1998.
  6. Jacques Guyard, « Commission d'enquête sur les sectes », sur Assemblée nationale,‎ 22 décembre 1995
  7. Gilles Gaetner, « L'argent caché des sectes », sur L'Express,‎ 19 septembre 2002
  8. A. Lallemand, "LA SECTE QUI A EMPOISONNE VERVIERS... SE MEURT", "LES MILLIARDS DE MME KEISHU OKADA PLACES AU JAPON", "DUTROUX, "OUTIL DIVIN ..."", Le Soir 24/12/1997.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurence Bernard-Mirtil, Sukyo Mahikari : une nouvelle religion venue du Japon, Ed. Bell Vision, Trignac,‎ 1998, 176 p. (ISBN 2-913208-00-2) (mémoire de DEA, INALCO, novembre 1996).
  • Frédérique Louveau (préf. Georges Balandier), Un prophétisme japonais en Afrique de l'Ouest. Anthropologie religieuse de Sukyo Mahikari (Bénin, Côte d'Ivoire, Sénégal, France), Karthala,‎ 2012, 504 p. (ISBN 9782811106157).
  • Frédérique Louveau, Sukyo Mahikari et la quête du bonheur : un mouvement religieux japonais en Afrique de l’Ouest et en France,‎ décembre 2013 (lire en ligne), chap. 10.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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