Hubert de Burgh

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Hubert de Burgh

Hubert de Burgh (vers 116512 mai 1243), comte de Kent, justicier d'Angleterre et d'Irlande, fut l'un des hommes les plus influents d'Angleterre sous les règnes de Jean et d'Henri III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et famille[modifier | modifier le code]

Burgh est issu d'une famille de la petite noblesse dont on connaît peu de choses. Il serait un frère cadet de Guillaume de Burgh (vers 1160? - 1204), seigneur titulaire de Connaught, de Geoffroy de Burgh, évêque d'Ely, et de Thomas de Burgh, châtelain de Norwich. Cependant, les relations entre Hubert, Guillaume et ses autres frères n'ont jamais été clairement clarifiées ; il est possible qu'ils aient été frères ou demi-frères, mais il peut aussi bien s'agir de cousins. Les relations entre Hubert de Burgh et les derniers des Burgh, comtes d'Ulster et seigneurs de Connaught, ne sont pas tout à fait claires, car ils descendent de Guillaume de Burgh.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

C'est un officier mineur au service du prince Jean en 1197 ; il devient son chambellan l'année suivante, fonction qu'il occupe jusqu'à ce que Jean devienne roi en 1199.

Honneurs accordés par Jean[modifier | modifier le code]

Dans les premières années du règne de Jean, la faveur royale enrichit grandement Burgh, qui reçoit l'honneur de Corfe (dans le Somerset) en 1199, et trois châteaux importants dans le royaume de Gwent en 1201 (les châteaux de Grosmont, de Skenfrith et de Llantilio). Il devient également Haut shérif du Dorset, du Somerset, de l'Herefordshire et du Berkshire, ainsi que châtelain des châteaux de Launceston[1] et de Wallingford.

L'année suivante, de Burgh est nommé constable du château de Douvres et reçoit la charge de Falaise, en Normandie. Il est cité comme ayant été nommé Lord Warden des Cinq-Ports en 1215 et, bien qu'il ne soit pas établi qu'il ait occupé en même cet office et les fonctions de police du château de Douvres après la guerre des barons, il semble avoir occupé les deux fonctions durant une période assez longue[2].

Capture d'Arthur[modifier | modifier le code]

Après que Jean a capturé son neveu Arthur de Bretagne, sa nièce Aliénor et leurs alliés en 1202, de Burgh devient leur geôlier.

Il existe plusieurs récits sur son comportement dans ce rôle, notamment sur sa complicité dans la mort d'Arthur. Ainsi, le roi aurait donné l'ordre à de Burgh de lui crever les yeux, ce que celui-ci se serait refusé à faire. Cette version apparaît dans Le Roi Jean de Shakespeare. Cependant, la véracité de ces récits n'a jamais pu être établie.

Chinon[modifier | modifier le code]

En 1203, il obtient la garde du château de Chinon, en Touraine, une clé de la défense de la vallée de la Loire. De Burgh est nommé alors que le reste des possessions des Plantagenêt tombent aux mains du roi de France. Chinon est assiégée pendant un an, avant de tomber finalement en juin 1205.

Durant cette année, il est piégé à Chinon. Les deux années suivantes, quand il devient prisonnier des Français, de Burgh perd la plupart de ses possessions et de ses fonctions. Les raisons de cette disgrâce ont été longuement débattues. Après son retour en Angleterre, en 1207, il acquiert de nouvelles terres et de nouveaux offices. Parmi eux, il y a les châteaux de Lafford et de Sleaford, ainsi que des fonctions dans le Lincolnshire. Toutefois, il est probable que de Burgh passe l'essentiel de son temps dans les possessions anglaises en France, où il est sénéchal du Poitou.

L'invasion française[modifier | modifier le code]

Burgh demeure loyal envers le roi durant la rébellion des barons, à la fin du règne de Jean. La Magna Carta le mentionne comme l'un de ceux qui conseillent au roi de signer la charte, et il est l'un des 25 garants de son exécution.

Burgh joue un rôle prééminent dans la défense de l'Angleterre face à l'invasion du prince Louis de France, fils de Philippe-Auguste. Le premier objectif de Louis est de s'emparer du château de Douvres, qui est à la charge de Burgh. Le château résiste à un siège prolongé pendant l'été et, à la fin de 1216, Louis se retire. L'été suivant, Louis ne peut continuer sans renforts de France. Burgh réunit une petite flotte qui défait une importante force française à la bataille de Douvres et à la bataille de Sandwich, qui mène finalement au retrait complet des Français d'Angleterre.

Régent d'Henri III[modifier | modifier le code]

Après la mort de Guillaume le Maréchal en 1219, Burgh devient de fait régent d'Angleterre. À ce poste, il se crée nombre d'ennemis et de rivaux.

Quand Henri III est déclaré majeur en 1227, Burgh est créé comte de Kent et demeure l'une des personnes les plus influentes de la Cour. Mais, en 1232, ses ennemis, qui complotent contre lui, finissent par obtenir la perte de son office et son emprisonnement. Deux ans après, en 1234, Edmund Rich, archevêque de Cantorbéry négocie une réconciliation.

Mort[modifier | modifier le code]

Il meurt en 1243 à Banstead, dans le Surrey, en Angleterre.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

De Burgh s'est marié à trois reprises :

Avant tous ces mariages, il a été fiancé avec Jeanne, fille de Guillaume de Reviers, mais l'engagement a été rompu en 1200.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir [1]
  2. Voir les Livres blancs et noirs des Cinque Ports Vol XIX 1966.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Eamon Burke, "Burke People and Places", Dublin, 1995.
  • D. A. Carpenter, "The Fall of Hubert De Burgh", Journal of British Studies, vol. 19, 1980.
  • C. Ellis, Hubert de Burgh, A Study in Constancy, 1952.
  • S.H.F. Johnston, "The Lands of Hubert de Burgh", English Historical Review, vol. 50, 1935.
  • Michael Weiss, "The Castellan: The Early Career of Hubert de Burgh", Viator, vol. 5, 1974.