Honorat de Bueil de Racan

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Honorat de Bueil, seigneur de Racan

Honorat de Bueil, seigneur (dit marquis)[1] de Racan, né au manoir de Champmarin à Aubigné-Racan le 5 février 1589 et mort à Paris le 21 janvier 1670 (à 80 ans), est un poète et écrivain français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père Louis de Bueil (1544 - 1597) est chevalier de l'ordre saint esprit et maréchal de camp à l'armée du prince de Conty[2]. Il achète vers 1569 sur la paroisse de Neuvy-le-Roi un fief consistant en un moulin et une petite ferme du nom de Racan.

Sa mère devenue veuve dut faire face à une situation difficile, son mari lui avait laissé des dettes, Il fallut l'intervention du roi Henri IV pour qu'ils obtiennent un répit de deux ans [2]. Sa mère meurt en 1602, il a 13 ans, il est recueilli par sa cousine Anne de Bueil, épouse de Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde qui deviendra la tuteur de Racan.

Racan était baron de Longaulnay, mais il dut vendre cette baronnie en 1615 au marquis de Lavardin (cette vente avait pour but d'effacer ses dettes les plus criantes, dettes relevant principalement des suites de la dot de sa demi-sœur, et de celles concernant l'équipement de son père quand celui-ci fut fait, par Henri IV, Grand Maître de l'Artillerie au siège d'Amiens, en 1597, siège ou il fut tué, et moins de trois semaines après…).

Il est placé comme Page de la chambre du roi. Maître Mathurin Jamin, conseiller au siège royal de Château-du-Loir, fut nommé son curateur. Au commencement de l'année 1608, Honorat de Bueil (dit Racan) venait d'atteindre ses dix-neuf ans. Mathurin Jamin qui était le curateur du jeune orphelin depuis la fin de 1597 environ, avait rendu à celui-ci son compte de tutelle.

Tallemant des Réaux dans ses historiettes le décrit comme un rêveur et cite maintes exemples ou Racan s'est illustré : « Une après-disnée, il fut extresmement mouillé. Il arrive chez Mme De Bellegarde et entre dans la chambre de Mme de Bellegarde, pensant entrer dans la sienne; il ne vit point Mme de Bellegarde et Mme des Loges, qui estoient chacune au coing du feu. Elles ne disent rien pour voir ce que ce maistre resveur feriot. Il se fait desbotter et di à son laquais : Va nettoyer mes bottes; je feray seycher yci mes bas. Il s'approche du feu, et met ses bas à bottes bien proprement sur les teste de Mme de Bellegarde et de Mme des Losges, qu'il prenoit pour deux chesnets; après il se met à se chauffer, elles se mordoient les lèvres de peur de rire, enfin elles esclatterent[3]. ».

En 1627 - 1628 il participe a trois campagnes au Siège de La Rochelle (1627-1628)

En 1628, a 39 ans, il épouse Madeleine du Bois, fille de Pierre du Bois et de Françoise Olivier, elle a 15 ans.

En 1631, il hérite 400 000 livres au décès de Mme de Bellegarde, mais à la suite d'interminables procès du comte de Sancerre, il ne touchera que 20 000 livres.

Il eut trois fils :

  • Antoine de Bueil (1632 - 1684), son père le qualifie de sot.
  • Louis de Bueil ( - 1698)
  • Honorat de Bueil (1636 - 1652), mort à 16 ans, le préféré du père[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il entreprend ses premiers essais poétiques peu après et rencontre Malherbe en 1605. Ce dernier demeure son ami et son maître.

En 1618 il écrit ses Stances sur la retraite, où l'expérience personnelle assume toute une tradition poétique (des Anciens à du Bartas et à Desportes) :

« Agréables déserts, séjour de l'innocence,
Où, loin des vanités, de la magnificence,
Commence mon repos et finit mon tourment,
Vallons, fleuves, rochers, plaisante solitude,
Si vous fûtes témoins de mon inquiétude,
Soyez-le désormais de mon contentement. »

À nouveau, en 1619, épris cette fois de Catherine de Thermes, alias Arthénice, il compose sa pastorale dramatique Arthénice ou les Bergeries, où transparaît l'influence italienne, qui le rend célèbre. Au cours des années 1621 et 1622 il fait la guerre contre les Protestants, se trouve au siège de la Rochelle, puis au pas de Suse. Entre-temps, il épouse en 1628 Madeleine du Bois. Retiré sur ses terres de Touraine en 1630, il ne les quitte que pour remplir ses fonctions de soldat. En 1635, il entre à l’Académie française, où il occupe le fauteuil 30, et quitte l'armée définitivement aux alentours de 1639.

Il compose ses Mémoires pour la vie de Malherbe ainsi que diverses adaptations des psaumes (Sept Psaumes, 1631 ; Odes sacrées, 1651 ; Cent neuf psaumes, 1654).

Édition française[modifier | modifier le code]

Œuvres complètes en ligne[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Louis Arnould, Racan (1589-1670) ; histoire anecdotique et critique de sa vie et de ses œuvres, Genève, Slatkine Reprints, 1970
  • Louis Arnould, Un Gentilhomme de lettres au XVIIe siècle. Honorat de Bueil, Seigneur de Racan, Paris, Colin, 1901
  • Pierre Robert, Racan en son pays, Chambray-Lès-Tours, C.L.D., 1991
  • Valéry Larbaud, Note sur Racan, Maestricht, A.A. Stols, 1928
  • Louis Arnould, Les Stances de Racan sur la retraite, Paris, [s.n.], 1898
  • Nadine Genta, Le Lyrisme de Racan, [S.l.] [s.n.], 1900
  • Pieyrre de Clythère("Racan et les femmes; Racan et le voyage; À Racan le point final; ...")
  • Jean-Jacques Loisel, Pieyrre de Clythère, Jean-Pierre Félix, Christiane Grosbois-Pihouée, Sur la route des muses et des géants (Éditions du Cherche-Lune (Vendôme - 41) 2006 (Ouvrage collectif sur Ronsard, Racan, Rabelais et Balzac)
  • Kilien Stengel, Poètes du vin, poètes divins, préface de Jean-Robert Pitte, Paris, collection Écriture, Éditions de l'Archipel 2012, 280p.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il ne fut point marquis de Racan. L'Académie française, semble-t-il faute de vérification, s'est trompée dans son dictionnaire.
  2. a et b Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, notes P 1049
  3. Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, P 385
  4. Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, notes P 1052