Henri de Prusse (1726-1802)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Henri de Prusse.
Henri de Prusse (1726-1802)
Prince Henri de Prusse par Johann Heinrich Tischbein, le vieux, 1769
Prince Henri de Prusse
par Johann Heinrich Tischbein, le vieux, 1769

Naissance 18 janvier 1726
Berlin
Décès 3 août 1802
Rheinsberg
Origine Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Grade Lieutenant général

Frédéric Henri Louis (en allemand: Heinrich Friedrich Ludwig), communément connu sous le nom de Henri de Prusse (Berlin, 18 janvier 1726Rheinsberg, 3 août 1802), est le fils de Frédéric-Guillaume Ier de Prusse et le frère de Frédéric le Grand. Il servit comme général et homme d'État. En 1786, il fut pressenti pour être roi ou président des nouveaux États-Unis d'Amérique.

Jeunesse et débuts militaires[modifier | modifier le code]

Henri est le 13e enfant du roi-sergent et de la reine, née princesse Sophie-Dorothée de Hanovre. En 1740, il n'a que 14 ans quand son frère Frédéric, devenu roi, le nomme colonel du 35e régiment d'infanterie et l'entraîne dans la première guerre de Silésie (1740-1742).

Le 25 juin 1752 à Charlottenburg, Henri épouse Wilhelmine de Hesse-Cassel. Tous deux vivent à Rheinsberg, don de Frédéric II. Ils n'auront pas d'enfant. Henri était le préféré de Frédéric, après bien évidemment leur sœur aînée Wilhelmine, toutefois les conflits entre le jeune prince et Frédéric le Grand, sont presque légendaires. Henri, qui vit dans l'ombre de son frère aîné, ne manque pas de le critiquer sur sa stratégie militaire et sur sa politique étrangère. En 1753, il publie ses mémoires sous le pseudonyme de « maréchal Gessler ».

Prouesses militaires[modifier | modifier le code]

Le palais du Prince Henri à Berlin, il abrite aujourd'hui l'université Humboldt.

Lorsqu'éclate la guerre de Sept Ans en 1756, Henri commande une brigade lors de l'invasion de Saxe. Le 16 février 1757, il est nommé lieutenant général. Il joue un rôle déterminant dans la bataille de Prague, faisant l'admiration des soldats et des officiers.

Après la défaite de la bataille de Kolin, il dirige la retraite avec le feld-maréchal Keith. Dans la bataille de Rossbach, le 5 novembre 1757, Henri commande l'aile droite qui mène une attaque décisive. Une blessure le contraint à une période de convalescence à Leipzig jusqu'au printemps 1758.

Après sa guérison, le prince Henri reçoit un commandement en Saxe, où il manœuvre si bien contre les Français qu'il conquiert le duché de Brunswick-Lunebourg. Il opère de manière offensive contre l'armée impériale et la repousse sur le Main, en 1759.

Dans la bataille de Kunersdorf, le 12 août après un premier succès contre une aile des armées coalisées d'Autriche et de Russie, Henri exhorte Frédéric II à rompre le combat, mais le roi, qui a déjà envoyé à Berlin la nouvelle de la victoire, le presse d'attaquer. La journée se termine par la victoire totale des armées alliées sur une armée prussienne pratiquement anéantie et laissant le royaume sans défense.

C'est lui qui est chargé d'organiser la déroute, et désormais Frédéric se fie à lui pour commander l'armée prussienne sur le front de l'est. Bien lui en prend, car Henri ne perd plus jamais de bataille. Il vainc un corps autrichien à la bataille de Hoyerswerda, le 25 septembre 1759, et un autre à Pretzsch (Elbe) (de) le 29 octobre. En 1760, il commande un corps de 36 000 en Silésie, chargé de s'opposer aux Russes et de surveiller le cours de l'Oder. Malgré son infériorité numérique, l'armée prussienne contient les Russes et délivre Breslau assiégée par les Autrichiens.

En automne, se disputant avec son frère, Henri démissionne de l'armée et se retire à Glogau, prétextant la maladie, mais Frédéric le rappelle l'année suivante pour défendre la Saxe et surveiller les Autrichiens de Daun.

Le 29 octobre 1762, Henri remporte une victoire fameuse qui inverse le cours de la guerre, à la bataille de Freiberg.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Prince Henri de Prusse

Après la guerre de Sept Ans, le prince Henri travaille pour son pays comme un diplomate astucieux. Voyageant de Stockholm à Saint-Pétersbourg, il permet de planifier la première partition de la Pologne. Dans les années 1780 il fait encore deux voyages en France.

Henri tente vainement d'obtenir pour lui-même une principauté et par deux fois de devenir roi de Pologne, mais cette idée déplait à Frédéric II. Celui-ci l'empêche encore de devenir le souverain d'un royaume que Catherine II de Russie envisage de créer en Valachie.

En 1786, Nathaniel Gorham, président du Congrès des États-Unis et Friedrich Wilhelm von Steuben, suggèrent à Alexander Hamilton qu'Henri de Prusse pourrait devenir président ou roi des États-Unis, mais l'offre est révoquée avant que le prince n'ait le temps de donner une réponse.

Après la mort de Frédéric II en 1786, Henri espère obtenir une position plus influente dans le gouvernement prussien en tant que conseiller du nouveau roi Frédéric-Guillaume II, son neveu, mais ce n'est que pendant les dernières années de sa vie, sous le règne de Frédéric-Guillaume III qui règne à partir de 1797, qu'il y parvient.

Voltaire avait vu dans Frédéric II l'incarnation de son « roi philosophe ». Henri fut sans doute l'homme de « l'âge de raison » que Voltaire avait espéré.

Une cour francophile[modifier | modifier le code]

Tombe du prince Henri

La cour d'Henri de Prusse accueille une troupe théâtrale francophone d'amateurs et de professionnels, qui se représente de 1753 à 1802; ce milieu aristocratique sera un refuge de prédilection pour les nobles français exilés lors de la Révolution française. On y représente des opéras-comiques français dans la langue d'origine, ce qui permet à tout un chacun d'améliorer sa connaissance du français. Sedaine, Favart, sont particulièrement mis à l'honneur. On apprécie les compositeurs français comme Grétry ou Philidor. Des musiciens de renommée s'y retrouvent : entre 1764 et 1780, Johann Peter Salomon est directeur de la musique de la troupe, il laissera sa place dans les années 1780 à Johann Abraham Peter Schulz, qui occupa un poste similaire à la cour de Frédéric II.

Inhumé dans le parc du château de Rheinsberg qu'il aimait tant, son épitaphe est en français.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Heinrich von Preußen (1726–1802) » (voir la liste des auteurs) dans sa version du 14 mai 2008
  • Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours [1]
  • L'Opéra comique en France au XVIIIe siècle, sous la direction de Philippe Vendrix, Mardaga, 1992

Sur les autres projets Wikimedia :