Hennezel

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Hennezel
Blason de Hennezel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau (depuis le 1er janvier 2013)[1]
Canton Darney
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Saône et Madon
Maire
Mandat
Jean-Luc Bischoff
2014-2020
Code postal 88260
Code commune 88238
Démographie
Population
municipale
422 hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 48° 03′ 19″ N 6° 07′ 06″ E / 48.0552777778, 6.11833333333 ()48° 03′ 19″ Nord 6° 07′ 06″ Est / 48.0552777778, 6.11833333333 ()  
Altitude 380 m (min. : 272 m) (max. : 468 m)
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Liens
Site web hennezel.fr

Hennezel est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine. Le nom de cette commune lui a été donné par la famille d'Hennezel, famille de gentilshommes verriers d'extraction chevaleresque.

Ses habitants sont appelés les Hennezellois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Hennezel est une vaste commune de la Vôge entre Darney et Bains-les-Bains. Elle est traversée par l'Ourche, affluent gauche de la Saône. La Vallée de l'Ourche accueille plusieurs hameaux : Clairey, la Frison, la Hutte, la Forge Neuve et enfin l'abbaye de Droiteval… Au nord, c'est justement la Saône naissante qui sépare Hennezel de Vioménil. Le centre est situé sur un plateau d'où s'échappe le ruisseau de la Gorge Le Loup. D'autres hameaux complètent la commune, séparés par les bois de la forêt de Darney et les nombreux étangs : Brise-Verre, la Planchotte, le Torchon, Clairefontaine, la Verrerie de Belrupt

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce village de l'ancien duché de Lorraine est très ancien. Sous l'occupation romaine, il portait le nom de "Viamansilis". Il est situé sur le versant est au pied du Ménamont où la Saône prend sa source, dans la forêt de Darney, où viendront s'installer les gentilshommes verriers.

L'art de la verrerie est une des gloires particulières de la Bohème. Les vastes forêts de la Vôge furent colonisées il y a près de 600 ans par des familles qui se disaient originaires de Bohême. Ces familles ont donné, pendant plusieurs siècles dans cette région un grand essor à l'industrie, au commerce et à l'agriculture.

Une tradition constante et très ancienne rapporte en effet qu'au XIVe siècle, un duc de Lorraine (peut être le duc Raoul, tué à la bataille de Crécy aux côtés du roi de Bohême, Jean de Luxembourg; ou son petit-fils, le duc Charles II, dit le Hardi, époux de Marguerite de Bavière) désireux de mettre en valeur les forêts impénétrables qui s'étendaient entre le Coney et la Saône, avait fait venir des frontières de la Bohême (Graslitz et Winterberg) et de la Bavière, des maîtres verriers pour implanter leur industrie dans cette région…

Au XVe siècle, ces verriers formaient 4 familles qui portaient les noms de Hennezel et de Thietrich (primitivement Hânsel qui veut dire "Petit-Jean" et Thietrich ou Dietrich, forme de Théodoric) et les noms de Thysac et de Bisevalle, qui semblent dériver de surnoms. Ces familles ont toujours dit qu'elles avaient une souche commune. Elles avaient rang de gentilshommes et portaient le même blason que la ville de Darney : un écu à trois glands, pour rappeler les forêts séculaires où elles s'étaient établies.

Les armes de la ville de Darney sont « d'azur à trois glands montants d'or, feuillés et tigés du même ».

D’après des études sérieuses menées tant en Bohème par le Docteur Bedrich Meudl de l’université de Prague qu’en France, il apparaît que l’on peut situer le verre en Lorraine de ces maîtres verriers entre 1390 et 1410.

Ils étaient verriers dit de « grand verre », c'est-à-dire qu’ils fabriquaient des verres à vitre et à vitraux par le procédé dit à « manchon », ou encore à la façon de Bohême dont ces quatre familles avaient le privilège.

Ces gentilshommes possédaient depuis « la nuit des temps » un secret de fabrication et des tours de main. Ils se les transmettaient de père en fils qu’un verrier ne descendant pas de ces familles n’avait pas le droit de connaître. Cette transmission du secret donnait lieu à un serment dont la curieuse formule fut en usage jusqu’au XVIIe siècle (Voir les archives de l’État de Namur – Protocole du Notaire Darment : le serment de Christophe d’Hennezel de garder le secret de l’art de verrerie, 15 août 1649).

La charte des verriers du 25 juin 1448 fut octroyée à la demande de :

Pierre Brysonale, fils de Jean Brysonale (c'est-à-dire Bisevalle)
Herry Fils
Nicholas Mengin
Jacob
Guillaume de Tyson et Jehan son fils

Verriers et ouvriers des verreries ci-après :

A/ Briseverre (Verrerie de Briseverre ou Biseval)
B/ Des enfants, c'est-à-dire « verrerie de Pierre Thiétry » ou la « grosse Verrière » (près de Hennezel).

Fils et petit-fils du fondateur (Colin fils – Nicolas et Henri son frère).

C/ Jacob ou Jacquot, ou Henri Jacquot (verrerie de Heuricel) qui appartenait à Mengin Jacob et Henri son fils.
D/ Jean Hendel (Jehan Hennezel), c'est-à-dire la verrerie de Hennezel.

En 1448, cette verrerie (qui a donné son nom au village de Hennezel) est « vague », c'est-à-dire abandonnée, mais elle va être réparée. Elle est habitée par Guillaume et Jehan I du Thysac. En 1469, lors du renouvellement de la Charte, elle est habitée par Jehan de Hennezel et ses 3 fils : Claude I, Didier I et Jehan II d’Hennezel qui fondèrent en 1501 la verrière du Fay de Belrupt dite du « Tourchon » (appelée par la suite et improprement le Torchon). En 1448, ces 4 verrières étaient en ruine du « fait de guerre ».

Il semble bien que le premier four édifié fut celui de Hennezel. Par la suite, une trentaine d’autorisations ducales furent données pour la mise à feu de fours à verre en forêt de Darney (1475 à 1731).

Il est certain que ces verreries ont donné naissance à de vrais villages dont plusieurs existent encore. Il suffit de regarder la carte pour se rendre compte des étendues considérables de terrains qu’ont défrichés les verriers et les multiples étangs qu’ils ont créés, les villages, hameaux, fermes qui doivent leur existence aux familles qui se disaient originaires de Bohême. L’influence de ces gentilshommes s’étendit, en outre, à beaucoup d’autres localités, car au XVIe siècle, la prospérité de leur industrie permit aux verriers de posséder des fiefs dans toute la région et plus tard hors de Lorraine.

L’ardeur des gentilshommes verriers ne tarda pas à déborder le duché. Bientôt les plus hardis d’entre eux, avec une énergie et un esprit d’initiative qui étonnent, n’hésitèrent pas à s’expatrier périodiquement pour implanter leur art de « grands verre carré ou en table » dans les pays les plus lointains.

De la fin du XVe siècle jusqu’au XVIIIe siècle, on trouve des verriers de la forêt de Darney, en Italie, en Picardie, en Angleterre, en Suisse, dans la Sarre, le comté de Bitche, la principauté des Deux-Ponts, les Pays-Bas, le Nivernais, le Languedoc, etc.

La Vôge est bien la « patrie » des d’Hennezel, comme le fait remarquer feu le comte d’Hennezel d’Ormois dans son « voyage au pays des ancêtres », étude manuscrite (ou dactylographiée en 5 exemplaires), qui est une mine extraordinaire de renseignements généalogiques, historiques, topographiques, un hommage grandiose au rôle et à l’histoire des grandes famille verrières.

Blason Blasonnement :
De gueules aux trois glands versés d'argent 2-1.
Commentaires : Ce sont les armes des Hennezel, gentilhommes verriers, qui donnèrent leur nom à la localité. Comme pour le blason de Darney, les glands figurent la forêt séculaire offrant son bois à l'industrie du verre.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Stanislas
La Vallée de l'Ourche à La Hutte
Musée du verre, du fer et du bois 
Le musée du verre est situé à l’entrée du hameau de Clairey, à 1,5 km d’Hennezel dans la demeure « La Résidence », ancienne propriété de la verrerie de Clairey (fermée en 1952). La première salle est consacrée à l’histoire du verre (fin du Moyen Âge) : le rôle de la famille d’Hennezel y est bien sûr évoqué. En 1986, l’association Saône Lorraine a aménagé, au second étage, un vaste espace et l’a subdivisé en salle du verre, du fer, du bois, de la broderie. Une salle est consacrée à l'artiste-verrier François Théodore Legras, originaire de Claudon.
Le musée contient également un tableau monumental dû au peintre vosgien Alphonse Monchablon, Les Saints de la Vosge.
Une autre salle, ouverte en 1987, évoque la Résistance et la mémoire de l’abbé Mathis, curé martyr d’Hennezel.
Ce musée est le fruit de la collaboration entre Saône Lorraine et la municipalité d’Hennezel, propriétaire des lieux.
Il n’est pas de village situé dans un rayon de 10 km autour d’Hennezel qui ne porte une trace ou un souvenir lié au nom de la famille d’Hennezel.
Divers 
Tombes dans les cimetières
Vitraux dans les églises
Nombreuses pierres de fondation sur les façades des maisons.
Vallée de l'Ourche 
Au sein d'un environnement naturel remarquable, l'Ourche se faufile jusqu'à la Saône, d'étang en étang.
La Grange Bresson, Clairey, La Frizon, l'arboretum de la Hutte avec ses séquoias centenaires et sa chapelle tyrolienne, le hameau de La Hutte dans son écrin d'eau, de pierres et de bois.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Pierre Lelarge    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 422 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
1 173 1 176 1 132 1 148 1 449 1 566 1 631 1 627 1 628
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 538 1 811 1 575 1 512 1 432 1 400 1 350 1 401 1 332
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
1 249 985 991 1 005 902 750 644 568 515
1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011 -
465 432 451 433 435 427 424 422 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jehan Ier de Hennezel qui fonde le village en 1448.
  • Charles Nicolas d'Hennezel de Valleroy, Seigneur de Valleroy et d’Attignéville, né à Attignéville le 11 mai 1747, décédé à Neufchâteau le 3 octobre 1833, général le 3 mai 1797, chevalier de l’Empire en 1810, baron héréditaire le 14 août 1818,
Marié 1°) le 15 février 1786 à Marie-Madeleine Roussel, fille de Louis-Nicolas Roussel et de Marie Bouchon,
Marié 2°) à Moncel-sur-Vair (88) le 26 novembre 1792 à Marie-Anne Roussel, née en 1772, de Ligny, fille de Louis-Nicolas Roussel et de Marie Bouchon,
Du premier lit : deux enfants. Du second lit : quatre enfants.

Voir la généalogie de la famille d'Hennezel et consulter à partir du lien "autres branches" la branche d'Attigneville.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]