Belrupt

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Belrupt
Eglise Saint-Laurent
Eglise Saint-Laurent
Blason de Belrupt
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau (depuis le 1er janvier 2013)[1]
Canton Darney
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Saône et Madon
Maire
Mandat
Isabelle Fresse
2014-2020
Code postal 88260
Code commune 88052
Démographie
Gentilé Belruptien(ne)s
Population
municipale
107 hab. (2011)
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 05′ 19″ N 6° 05′ 40″ E / 48.0886111111, 6.09444444444 ()48° 05′ 19″ Nord 6° 05′ 40″ Est / 48.0886111111, 6.09444444444 ()  
Altitude Min. 278 m – Max. 358 m
Superficie 9,14 km2
Localisation

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Belrupt

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Belrupt

Belrupt est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine.

Ses habitants sont appelés les Belruptiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Belrupt est une commune de la Vôge, à 5 km de Darney, 34 km d’Épinal et 32 km de Mirecourt, son ancien chef-lieu d'arrondissement.
Elle est située en partie sur une colline et en partie sur le versant de celle-ci. L’altitude moyenne est de 327 m, le terrain est constitué de grès bigarré.
Le territoire de Belrupt est traversé par la Saône.

L’ancienne ligne de chemin de fer Jussey-Darnieules traversait la vallée de la Saône sur un monumental viaduc qui existe toujours.

Le nom de Belrupt était aussi donné à un écart de la commune d’Hennezel, 33 hab ; on y trouvait une verrerie. L'écart est de nos jours communément appelé "la Verrerie".

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1885, on relevait une population de 340 habitants, 90 maisons, 93 électeurs, 10 constructions municipales.
La paroisse dépendait de la cure de Darney.
L’école primaire mixte accueillait 94 élèves et la bibliothèque comptait 68 volumes.
6 conscrits ont été dénombrés en 1885.
La surface territoriale était de 914 hectares, dont 273 en terres labourables, 135 en prés, 486 en bois, 5 en jardins, vergers, chènevières.
Les cultures principales étaient le blé, l’orge, l’avoine et les pommes de terres

La valeur de la forêt était estimée à 34 000 frs (revenus annuels de la commune étaient de 264 frs).

À l’époque, la commune comptait :

  • Une carrière de pierre meulière
  • Une scierie mécanique pour la fabrication de pelles en bois et tous articles de boisselleries (7 ouvriers)
  • Un moulin
  • Quelques commerces, dont fromages, porcs et verres

Les fermes à l’écart étaient Bonjacques 15 habitants, Jousey 8 habitants, Mauneson 6 habitants

Le village de Belrupt (Bel rupt) était encore, sur la fin XVIIIe siècle, le chef-lieu d’une baronnie. Le château, dit Durival, avait été établi sur les ruines de l’ancien, dont on avait conservé une tour qui servait de prison. On trouve sur Belrupt un grand nombre de titres dont la plupart se rattachent à l’établissement de verreries.

En 1290, le duc Ferry donne à Henry de Blâmont, tout ce qu'il possède à Beauruz, à Bonviller devant Darney et aux bans desdites villes, excepté la haute forêt, l'étang, le moulin de Gébonviller avec le ruisseau jusqu'au grand étang.

En 1309, le duc Ferry échange avec Jean, fils du comte de Bourgogne, ce qu’il avait en la quatrième partie de Martinvelle excepté les bois, contre ce que Jean avait à Belrupt et Bonvillet.

Le 8 décembre 1444, Jeannette de Varonne, dame de Belrupt, donna son dénombrement au roi de Sicile pour la Tour de Belrupt, les fours et moulins dudit lieu, le sixième ez grosses dîmes de Bonvillet, une tour et maison à Darney, un gagnage et trois hommes à Jésonville.

Le 15 octobre 1577, le duc Charles cède à Christophe de Lignèville les terres et seigneuries de Houécourt, avec faculté d’y faire dresser signe patibulaire, château, maison et prisons, contre ce que ce seigneur possédait à Belrupt et Bonvillet.

Le 6 août 1622, le duc mande aux gens de sa chambre des comptes de laisser jouir le sieur de Belrupt, son premier écuyer, de la haute justice sur les sujets de la seigneurie de La Tour, à Belrupt, qu’il lui a donnée.

Voici maintenant les titres concernant les verreries
Avril 1524. Lettres du duc Antoine qui accordent à Charles du Tisal (ou Tysal), verrier, ouvrier de gros verres, demeurant ez verreries auprès de Darney, un lieu aux hautes forêts dudit Darney, au ban de Belrupt, sur la Saône, en un lieu qu’on dit Dessous-La-Goutte-Saint-Pierre, un peu au-dessous de la fontaine de Moyne, pour y bâtir une verrerie et y jouir de tous les privilèges, franchises, exemptions dont jouissent les autres verriers, moyennant un cens annuel de 6 francs à la recette de Lorraine et 2 francs au sonrier de Remiremont.

1555 Lettres de Nicolas de Lorraine, comte de Vaudémont, qui accordent à Georges Thiedry (ou Thietry) fils, et à François Hennezel fils, la permission d’établir une verrerie sur le ruz de Clerey, lieu dit Le Vieux-Verrier, ez ban de Belrupt et d’Attigny, et de jouir de tous les droits de franchise de pâturages pour leurs bêtes et autres exemptions et privilèges dont jouissent les autres verriers, moyennant un cens annuel de 20 francs et 100 écus au soleil pour entrée.

13 avril 1731 Ascensement à Pierre Colas, de Deuville, originaire dudit lieu, près Commercy, portant permission d’établir une manufacture de verres en table de toute sorte de valeur dans la forêt de Belrupt, gruerie de Darney, entre le Torchon, la Pille et la Croix Renard, sur la tour qui est dans cette contrée, au-dessous des terres du Torchon, sur un emplacement de 45 arpents, moyennant un cens annuel et perpétuel de 6 gros par arpent.

Il y avait, dans les villages de Belrupt et Bonvillet, bien que le roi fût seigneur haut justicier pour le tout, plusieurs seigneuries : celle du roi, celle de Fontette, celle du seigneur de Relanges, une autre au sieur de Cherisy, appelée la seigneurie de La Tour, enfin une dernière aux chanoines, qui l’avaient vendue au roi. Dans chacune de ces seigneuries était un maire qui connaissait de toutes les actions réelles et personnelles, excepté dans le seigneurie du roi, dont les sujets répondaient devant le prévôt de Darney.
Quant au maire du prieur de Relanges, il ne jugeait rien.
Les habitants de Bonvillet résidant en la seigneurie des chanoines devaient 3 gros par conduit à cause du guet.

Blason Blasonnement :
D'azur au lion d'argent.
Commentaires : Ce sont les armes de la famille Belrupt, d’ancienne chevalerie. Cette famille, éteinte depuis le XVe siècle, a donné son nom à la commune.

Témoignage historique[modifier | modifier le code]

Extrait du Voyages aux pays des ancêtres du Comte d'Hennezel d'Ormois [1].

À l'origine de notre histoire familiale (famille d'Hennezel), on trouve les noms de Belrupt et de Bonvillet. Ils évoquent les plus anciennes seigneuries des Hennezel. Suivant la tradition, Henry, premier de notre nom, vivant à la fin du XIVe siècle, aurait été seigneur de ces deux villages, c’est ce qu’affirmaient du moins, il y a plus de deux siècles, les généalogistes officiels en faisant sanctionner, par les chambres des comptes de Lorraine, la filiation de la maison de Hennezel depuis 1392. Le dossier de preuves, reconnues bonnes, contenait deux actes de vente dans lesquels notre auteur était dit, Sgr de Bonvillet et de Belrupt (30 mai 1392 et 13 juin 1394). Ces qualités figuraient encore, un demi-siècle plus tard dans le contrat de mariage prouvant le troisième degré de la généalogie (6 juillet 1446). Mais les documents présentés à la chambre des comptes, étaient des copies collationnées, il serait intéressant aujourd'hui, pour étayer cette prétention, de découvrir les actes originaux.

Quoi qu'il en soit, ces seigneuries étaient aux mains des Thysac et des Hennezel au milieu du XVIe siècle. Dans deux dénombrements qu’il donnait à cette époque à Christine de Danemark, duchesse douairière de Lorraine, Christophe I de Hennezel est qualifié « Sgr. de Bonvillet et de Belrupt en partie ». Un de ces actes est l’original, il se trouve à Nancy, aux archives de Meurthe-et-Moselle, il est signé et scellé des armes du gentilhomme, un écu penché à senestre, à trois glands et un croissant en chef, timbré d’un casque posé de trois quart, avec des lambrequins (2 janvier et 5 février 1549).

À la fin de la même année, son beau-frère, Charles de Thysac, le fondateur de la verrerie de la Bataille, donnait à son tour, à la même princesse, le dénombrement de sa part de la seigneurie de Belrupt (3 décembre 1549). Il s’agissait notamment d’une tour, vestige de l’ancien château féodal, au XVIIe siècle. Cette tour fut le chef-lieu de la baronnie qui, des Thysac, passa aux du Houx de Viomenil.

Les Thysac, verriers à Belrupt, s’ancrèrent si solidement dans cette seigneurie de la tour, qu’ils finirent par se substituer complètement à l’ancienne race féodale du lieu. Au début du XVIIe siècle, Rémy de Thysac, Sgr de Belrupt étant mort, sa veuve Louise de Cherisey, fit l’hommage de cette seigneurie et de celle de Vallois (24 août 1616).

Leur fils, Eric de Thysac, colonel de chevau-léger et sergent de bataille du duc Charles IV, puis gouverneur de Hombourg et bailli d'Epinal, ne fut plus connu que sous le nom de Belrupt. Après que Charles IV eut érigé en baronnie en sa faveur sa part de sa seigneurie, il troqua son blason aux trois glands contre celui des sires de Belrupt, d’azur au lion d’argent.

À la fin du siècle, Charles de Thysac s’intitulait « baron de Belrupt, Bonvillet et Valfroicourt, comte de Monthureux ». Il était l’un des familiers de la cour du duc Léopold. Son alliance avec Catherine de Choiseul lui permit de faire figure de grand seigneur. Ses enfants, nés au château de Belrupt (1685, 1697 et 1701) eurent pour parrains des représentants de la plus haute aristocratie lorraine. L’un deux fut même filleul du prince de Vaudemont et de la princesse Anne de Lorraine.

Le ménage menait grand train. Ses dettes s’accumulèrent si bien qu’en 1705 les créanciers firent vendre toutes les seigneuries, même le droit de haute jus­tice à Belrupt. Elles furent adjugées à François du Houx de Viomenil, Seigneur de Fauconcourt, beau-frère de Jean de Hennezel du Grandmont (31 mars 1705).

À partir de cette époque, ce gentilhomme se qualifie baron de Belrupt, terre qui resta chez les du Houx jusqu’à la Révolution. Au XIXe siècle, il y avait encore des Belrupt-Tissac en Moravie et en Silésie, ils avaient été créés comtes du duché de Parme.

Le château de Belrupt fut reconstruit au XVIIIe siècle sur les ruines de l’ancien, la vieille tour conservée servit de prison. Sur un plan du temps de Louis XVI est figuré, au sud de l’église, le château avec ses girouettes, emblèmes féodaux (21 juillet 1784).

Aujourd’hui, les maisons du village s’éparpillent en bordure d’un quadrilatère à l’angle duquel s’élève, sur une légère éminence, l’église entourée de l’ancien cimetière. C’est vraisemblablement au centre de ce carré que se trouvaient le château et la tour. Notre passage rapide dans ce village ne permet pas d’en rechercher les traces.

L'église est fort modeste, elle semble plutôt une chapelle, un bâtiment rectangulaire surmonté sur le pignon est d’un clocheton d’ardoises. Elle doit être suffisante pour cette petite paroisse, dont la population n’atteint pas la moitié de celle de Viomenil. Elle a dû être reconstruite en 1763, date qui se lit au-dessus du portail.

À l’intérieur aucun détail ne retient notre attention, aucune trace de pierre tombale. Cependant sous les dalles que nous foulons, reposeraient dit-on, les corps de Christophe de Hennezel et de son beau-frère, Charles de Thysac. Un certificat, donné au milieu du XVIIIe siècle par le curé de la paroisse, atteste qu’à cette époque, les sépultures de ces gentilshommes existaient encore.

La pierre tombale de Christophe se trouvait devant l'autel de la sainte vierge, du côté de l’épître. Elle portait cette inscription en lettres gothiques, accompagnée des armes du défunt :

Cy, git. Christophe de Hennezel, seigneur de Bonvillet et Belrupt qui Trépassa le troisième jour d’octobre mil cinq cent cinquante deux Prie dieu pour luy.

Du côté de l’Évangile, en avant d'un petit autel, se voyait au dire du curé, une tombe avec la figure d’un seigneur armé de toutes pièces, avec un sabre et des gantelets du côté droit et du gauche, la figure d’un casque à cinq grilles et autour de cette figure se trouve inscrit :

Cy gist Charles de tisac, escuyer et seigneur en ce lieu qui décéda L’an de notre seigneur mil cinq cent septante quatre au mois de juin Le dix septième à huit heures du matin.

C'est l’abbé Estienne, curé de Bonvillet en 1752, qui releva, de façon un peu fantaisiste certainement, ces deux épitaphes, il faut n’en admettre l'authenticité qu’avec circonspection.

Un cliché de cette église, pris en bas du chemin qui donne accès fixera son souvenir dans mes dossiers.

Nous sortons du village pour gagner Darney. Après avoir traversé la ligne du chemin de fer, voici à droite de la route, à la lisière sud du bois de Genevoivre, et non loin de la Saône, une carrière de grès à ciel ouvert, on en extrait des pierres pour meules. J’en photographie quelques piles, entassées près du chemin. On en tire aussi des dalles et des blocs taillés, comme ceux qui se trou­vent sur les demeures que nous avons vues.

Comte d'Hennezel d'Ormois.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • On a cru trouver aux environs de Belrupt des traces de monuments druidiques, entre autres la roche dite « du Trésor ».
  • L'église actuelle de a été construite en 1763 ; la mairie et l’école en 1842.
  • Un viaduc permettait à la ligne de chemin de fer de passer la vallée de la Saône.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie de Belrupt
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Jean-Paul Fèvre    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 107 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
350 384 368 369 421 430 392 387 335
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
389 365 341 340 397 287 248 253 255
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
242 206 206 170 177 170 162 146 136
1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011 -
113 103 116 111 110 109 107 107 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Quelques chiffres des anciennes populations :

  • En 1710, 24 habitants
  • An 12, 385 habitants
  • En 1830, 400 habitants
  • En 1847, 392 habitants
  • En 1867, 375 habitants
  • En 1885, 340 habitants.

Festivités[modifier | modifier le code]

La fête patronale a lieu le dimanche suivant le 10 août, le patron de Belrupt est saint Laurent.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]