Singidunum

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44° 49′ N 20° 28′ E / 44.817, 20.467

Singidunum fut fondé au IIIe siècle av. J.-C. par le peuple celte des Scordisques. Elle fut conquise et fortifiée par les Romains. C’est aujourd’hui la ville de Belgrade en Serbie[1].

Étymologie[modifier | modifier le code]

On ne connaît pas vraiment la véritable signification. Certains spécialistes proposent cette étymologie : Du gaulois singi (faucon et dunon (Dun (forteresse)), Singidunum se traduit littéralement par la forteresse du faucon[1].

D'autres y voient la tribu thrace des Sings qui ont occupé le site avant l'arrivée des Scordisques.

Singidunum, actuelle ville de Belgrade, est le Singidunum des romains, le Singidon de l'historien byzabtin Procope, l'Alba Julia ou Alba Graeca des temps postérieurs. colonie romaine en Mésie supérieure sous les Flaviens.

Sa situation stratégique au confluent de la Save et du Danube en fait une ville de garnison du limes danubien sur la grande voie romaine qui passe par les vallées de la Save, du Danube et de la Morava, et qui unit l’Occident et l’Orient par la voie terrestre.

Lorsque au Ve siècle les Romains perdent le contrôle de cet axe, Singidunum est la cible des attaques des peuples barbares qui s’installent en Pannonie.

Histoire de la cité[modifier | modifier le code]

Chronologie rapide[modifier | modifier le code]

  • Capitale du pleuple des Scordisques
  • en 91 – La légion IV Flavia Felix s’installe à Singidunum.
  • En 441, Attila détruit Singidunum et emmène ses habitants en captivité.
  • Après 453 et la mort d’Attila, les Sarmates occupent la ville
  • vers 470, les Ostrogoths chassent les Sarmates
  • en 488, les Gépides s’emparent de Singidunum
  • en 504, les Ostrogoths reprennent Singidunum
  • en 510, un traité de paix restitue Singidium à l’Empire d’Orient
  • En 535, Justinien Ier fait rebâtir Singidunum
  • Au milieu du VIe siècle, les Gépides s’étendent en Mésie et prennent Singidunum, faisant fuir les populations romanisées.
  • En 584, les Avars saccagent Singidunum
  • en 592, les Byzantins menés par Maurice Ier reprennent Singidunum
  • Vers 630, Singidunum est prise par les Slaves, et cesse pour plusieurs siècles de faire partie de l’Empire byzantin.

878 est la date du plus ancien écrit connu qui nomme la ville Beograd (Belgrade)

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La région au confluent de la Save et du Danube a été occupé depuis le Paléolithique moyen : les anthropologues y ont exhumé des squelettes de Néandertalien et d'Homo sapiens.

Concernant le Néolithique, des fouilles dans le quartier de Vinča (à Belgrade) ont donné leur nom à une culture qui s'est développée le long du Danube entre 6000 et 3000 av. J.-C.: la culture de Vinča.

Protohistoire[modifier | modifier le code]

Du VIIe au IVe av. J.-C., des tribus cimmériennes, puis des Scythes traversent cette région des Balkans mais ne s'y fixent pas.

Au IIIe siècle, les Scordisques, peuple celto-thrace, s'installent sur le sommet aux confluents des deux rivières.

Il est fait mention de la cité pour la première fois en 279 av. J.-C.

Ère romaine[modifier | modifier le code]

Les Romains commencent à conquérir la région de Singidunum pendant le Ier siècle av. J.-C. En 75 av. J.-C., Gaius "Quintus" Scribonus Curio, proconsul de Macédoine envahit les Balkans jusqu'au Danube, essayant de chasser les Scordisques, les Dardaniens (peuple yllirien et thrace des Dardanelles) et les Daces. Les Romains gagnent sont victorieux dans cette campagne, mais ils s'installent brièvement, quittant les régions non contrôlées par Rome. Ainsi, on sait peu de choses sur ces incursions romaines et à quelle époque fut créé la province de Moesia. Ce n'est pas avant le règne d'Octave, quand Marcus Licinius Crassus Dives (petit-fils du célèbre triumvir Marcus Lucinius Crassus Dives avec César et Pompée), proconsul de Macédoine, stabilisa la région avec une campagne entamé en 29 av. J.-C. en Moesia que la région fut finalement organisée en province romaine aux environs de 6 ap. J.-C. Première mention en est faite par le gouverneur Caecinius Severus. Singidun est alors romanisé en Singidunum. La cité devient l'une des premières cités romaines en Mésie, située entre Sirmium (actuelle ville de Sremska Mitrovica) et Viminacium (actuelle ville de Kostolac) et sur la rive opposée de la Save par rapport à Taurunum (actuelle Zemun). Singidunum devint une importante position stratégique le long de la Via Militaris, voie romaine reliant les forteresses et les campements placés le long du Danube et des frontières de l'empire.

La cité de Singidunum s'accrut avec l'arrivée de la légion IV Flavia Felix en 86 ap. J.-C. La légion occupa un fort à l'emplacement de l'actuelle ville de Kalemagdan. La forteresse était protégée par un rempart de terre qui fut fortifié, par la suite, avec de la pierre. Les restes du rempart sont d'ailleurs visibles au nord est de l'acropole. La légion construisit également un pont sur la Save pour relier Singidunum à Taurunum. La légion devint une puissance nécessaire contre la menace continue des Daces situés de l'autre côté du Danube. D'ailleurs, pour renforcer leurs troupes, les Romains installèrent un campement de vétérans de la légion à côté du fort.

La ville était construite selon un plan rectiligne avec des rues perpendiculaires que l'on peut voir actuellement à Belgrade avec les rues Uzun Mirkova, Dušanova. Le Kralja Petra I. Studentski Trg (le square des étudiants) était un forum romain, bordé par des thermes (dont les restes furent découverts vers la fin des années 70) qui conservent également l'orientation donnée par les Romains à la ville. D'autres restes de la culture romaine tels que des tombes, des monuments, des sculptures, des céramiques et des monnaies ont également été retrouvés dans les villages autour de Belgrade.

L'empereur Hadrien donna le statut de municipe à la ville durant le milieu du IIe siècle. La cité grandissante obtint par la suite le statut de colonie. Elle était dans la province de Mésie supérieure. La Mésie connut une période de paix, mais fut troublée de nouveau par les menaces venues de l'extérieur et de l'intérieur de l'empire romain.

Période byzantine et barbare[modifier | modifier le code]

L'empire romain commence à décliner à la fin du IIIe siècle. La province de Dacie conquise après plusieurs longues campagnes par Trajan commence à s'effondrer sous la pression des invasions Goths en 256. En 270, Aurélien, face à la perte soudaine de nombreuses provinces et des dégâts causés par les tribus d'envahisseurs, décide d'abandonner la Dacie. Singidunum est de nouveau l'une des dernières places fortifiées aux frontières de l'empire romain pour s'opposer aux menaces des tribus barbares.

En 395, après la mort de Théodose Ier, l'empire romain se scinde en deux. Singidunum se situe alors à la frontière nord-ouest de l'Empire romain de l'est (futur empire byzantin). La Mésie et l'Yllyrie sont victimes des raids successifs des Huns, des Ostrogoths, des Gépides, des Sarmates, des Avars et des Slaves. Singidunum tombe aux mains des Huns en 441. Ceux-ci rasent la ville et la forteresse, soumettant la population à la servitude. Pendant deux cents ans, la cité va être conquise à plusieurs reprises:

  • L'empire Byzantin prend la cité après la chute des Huns en 454.
  • Les Sarmates conquièrent la ville peu de temps après.
  • Les Ostrogoths encerclent la cité, chassant les Sarmates en 470.
  • Les Gépides envahissent la cité en 488.
  • Les Ostrogoths reprennent la ville en 504.

L'empire Byzantin réclame la cité en 510, suite à un accord de paix passé entre Constantinople et les tribus barbares.

L'empereur byzantin Justinien fait reconstruire la ville en 535, restaurant la forteresse et la cité. La ville connait alors une brève période de paix de 50 ans environ, troublée par l'arrivée des Avars en 584. L'empire Byzantin reprend la cité 8 ans plus tard, mais la reperd au début du VIIe siècle lorsque les Avars brûlent la cité. Vers 630, les Slaves s'installent près de Singidunum. La cité perd cependant de son importance en tant que fortification de frontière et est ignorée par les Avars et les Slaves qui dominent la région. La cité est mentionnée plus tard, sous le nom de Beograd, un mot slave qui signifie la ville blanche due à la couleur de la pierre des bâtiments, dans une lettre du 16 avril 878 du pape Jean VIII au prince bulgare Boris I Mihail. Elle ne sera plus mentionnée sous le nom de Singidunum.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Singidunum », sur www.arbre-celtique.com (consulté le 3 décembre 2010)

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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