Hérouxville

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Hérouxville
Église Saint-Timothée
Église Saint-Timothée
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Région Mauricie
Comté ou équivalent Mékinac
Statut municipal Municipalité de paroisse
Maire
Mandat
Bernard Thompson
2013 - 2017
Constitution 13 avril 1904
Démographie
Gentilé Hérouxvillois, oise
Population 1 280 hab. (2014)
Densité 24 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 40′ 00″ N 72° 37′ 00″ O / 46.666672, -72.616672 ()46° 40′ 00″ Nord 72° 37′ 00″ Ouest / 46.666672, -72.616672 ()  
Superficie 5 227 ha = 52,27 km2
Divers
Code géographique 35035
Localisation
Localisation d'Hérouxville dans Mékinac
Localisation d'Hérouxville dans Mékinac

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Hérouxville

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Hérouxville

Hérouxville (ancienne appellation : Saint Timothée d'Hérouxville) est une municipalité de paroisse du Québec située dans la municipalité régionale de comté (MRC) de Mékinac et dans la région administrative de la Mauricie[1]. Son bassin hydrographique fait surtout partie de la Batiscanie.

Le village a été fondé en 1897 par l'abbé Joseph Euchariste Héroux. La fondation canonique de la paroisse de Saint Timothée a été reconnue le 15 septembre 1903. L'église a été bâtie en 1904, selon les plans de l'architecte Charles Lafond. Tandis que la fondation civile a été officialisée le 13 avril 1904.

Hérouxville est une petite municipalité, au cœur d'un territoire à vocation agricole. Selon le schéma d'aménagement révisé de la MRC de Mékinac, en vigueur le 27 février 2008, Hérouxville comptait : 104 chalets, 22 fermes exploitant 1 685 hectares en culture, 13 commerces/services et trois établissements industrielles[2]. Selon le recensement fédéral de 2006, la densité de la population est de 23,3 habitants par km carré[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ce village est traversé par la route 153 entre les municipalités de Saint-Tite au nord-est et de Shawinigan au sud-ouest. Hérouxville est située à 9,6 km du centre-ville de Saint-Tite et à 13,3 km de celui de Grand-Mère.

Hérouxville est la porte d'entrée de la partie nord-est de la Mauricie, un coin réputé pour ses forêts et ses petites villes. Village agricole, cet endroit offre aussi à ses visiteurs la forêt laurentienne, avec ses lacs et ses rivières.

Le centre du village est typique du régime seigneurial que le Gouvernement du Bas-Canada a aboli le 18 décembre 1854: le rang Saint-Pierre, aussi la rue Principale, sur lequel les maisons ne sont jamais vraiment distancées, et les terres sont profondes. Son plus grand édifice est l'église Saint-Timothée. Le rang St-Pierre de Hérouxville est la continuité du rang St-Pierre de Saint-Narcisse. Les villages d'Hérouxville et de Saint-Narcisse sont reliés par la route du rang Saint-Pierre et le chemin de la grande ligne.

La municipalité d'Hérouxville s'étend également autour de la partie nord du Lac à la Tortue, tandis que la municipalité du Lac-à-la-Tortue administrait le reste du lac et des environs. En 2001, la municipalité du Lac-à-la-Tortue s'est fusionnée avec la ville de Shawinigan. Ce lac qui est entouré de chalets et de résidences, comporte la première base civile d'hydravions de l'histoire du Canada. Les aviateurs y sont arrivés en 1919, en inaugurant le premier vol commercial de l'histoire canadienne, immédiatement après la fin de la Première Guerre mondiale. À l'origine l'aviation au Lac-à-la-Tortue servait à la surveillance des feux de forêt. Progressivement, cette base d'hydravion a développé une grande vocation touristique, de villégiature, ainsi que pour les séjours de chasse & pêche dans les régions plus nordiques.

Malgré sa proximité géographique avec la rivière Saint-Maurice, le territoire d'Hérouxville fait surtout partie du bassin hydrographique de la rivière des Envies, un affluent de la rivière Batiscan. Toutefois, la zone nord-ouest, à la limite de Grandes-Piles et du secteur Lac-à-la-Tortue (Shawinigan), se déverse dans la rivière Saint-Maurice. La "rivière à la tortue" qui prend sa source au Lac-à-la-Tortue, traverse les territoires d'Hérouxville et Saint-Séverin avant de se déverser dans la "rivière des Envies" à Saint-Stanislas.

Milieu humide[modifier | modifier le code]

Un secteur à milieu humide couvrant trois municipalités, est situé au sud-Est du Lac-à-la-Tortue, à la tête des eaux entre le bassin versant du Lac-à-la-Tortue (notamment la décharge du lac Atocas), de la rivière à la Tortue et de la rivière des Chutes:

  1. le rang "Cote Saint-Pierre Coté Sud-Ouest", quelques lots au sud-est dans Hérouxville et une douzaine de lots de Saint-Narcisse;
  2. le rang "Cote Saint-Pierre Coté Nord-Est" dans Saint-Narcisse, quelques petites zones humides restreintes et isolées sur environ 14 lots (près de la route reliant le Lac-à-la-Tortue et Saint-Narcisse);
  3. le rang X d'Hérouxville, soit des zones isolées les plus au sud-est de huit lots du rang;
  4. le rang IX du Lac-à-la-Tortue, dans le Canton Radnor, trois lots (près de la limite d'Hérouxville);
  5. premier rang de Radnor dans Saint-Narcisse, zone nord-est, soit la zone de tête de la rivière des chutes[4].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme "Saint-Timothée" a été attribué à cette mission catholique, car Tite, Thècle et Timothée étaient disciples de Saint-Paul au 1er siècle de notre ère. L'origine du toponyme "Hérouxville" est liée la reconnaissance publique à l'égard de l'abbé Joseph-Euchariste Héroux (1863-1943), fondateur de la paroisse catholique. Il a exercé son œuvre sacerdotale de 1897 à 1899 en la mission de Saint-Timothée, dont il a ouvert les registres d'état civil. Par son œuvre, il a contribué à la création de la paroisse de Saint-Timothée, finalement érigée canoniquement le 15 septembre 1903.

Créé en 1898, le bureau de poste du village a été désigné « Saint-Timothée d'Hérouxville », afin de rendre hommage à l'abbé Héroux. L'érection civile de la municipalité, officialisée le 13 avril 1904 par une publication dans la gazette officielle du Québec, confirmait l'appellation de « Municipalité de la paroisse de Saint-Timothée ». Historiquement, dans l'usage populaire, les désignations « Saint-Timothée » et « Hérouxville » étaient souvent juxtaposée pour désigner la localité, le village, la gare, le bureau de poste, la municipalité, la Commission scolaire… Cette double appellation s'avérait troublante dans l'esprit du public. L'épellation "Timothée" variait selon les auteurs ou les sources. En sus, deux localités de la Montérégie (QC) utilisaient le toponyme Saint-Timothée, créant ainsi parfois des erreurs pour les services postaux ou de livraison.

Afin d'éviter ces confusions toponymiques, la municipalité a adopté en 1983 la désignation de "Saint-Timothée de Hérouxville". La Commission de toponymie du Québec a officialisé le toponyme "Hérouxville" le 9 janvier 1986[5].

Chronologie historique[modifier | modifier le code]

La proximité d'Hérouxville avec la rivière Saint-Maurice a un impact majeur sur son développement économique de 1850 jusqu'à la fin du 19e siècle. Le premier bateau à vapeur arriva aux Piles vers 1853-54. Achevé en 1880, le chemin de fer reliant Trois-Rivières a atteint Grandes-Piles (ou Saint-Jacques-des-Piles), entraînant une ruée vers les forêts de la Haute-Mauricie. La construction du chemin de fer vers le lac Saint-Jean, puis le Transcontinental Railroad, et le harnachement des chutes de Shawinigan et Grand-Mère par des barrages hydro-électriques ont changé la donne, car les Piles n'avaient plus la même utilité économique comme site de transbordement entre les navires à vapeur du Saint-Maurice et les trains.

L'agriculture a joué un rôle important au cours de l'histoire d'Hérouxville, notamment en fournissant des provisions pour les missions et les chantiers de la vallée du Saint-Maurice[6],[7].

A. Avant l'érection canonique de Saint-Timothée[modifier | modifier le code]

1828 - Expéditions d'exploration de la vallée du Haut Saint-Maurice, par Joseph Bouchette et son équipe.

1850 - Début de l'exploitation forestière de la Moyenne et de la Haute-Mauricie[8].

1858 - Ouverture d'un premier chemin d'hiver entre Saint-Tite et Saint-Roch-de-Mékinac; puis entre Saint-Roch-de-Mékinac et La Tuque[9].

1879 - Arrivée du chemin de fer aux Piles, reliant Trois-Rivières.

1882 - Construction de la route Lefebvre.

1887 - La compagnie Laurentide Pulp Company a construit une première usine fabriquant les pâtes et papiers, sous la direction de John Forman, de Montréal. Cette première usine canadienne de production du papier journal a favorisé grandement l'essor de la ville de Grand-Mère au 20e siècle[10].

1886 à 1891 - Prolongation du chemin de fer jusqu'à Hervey-Jonction.

1896 - Début de l'exploitation de la fromagerie de Clarisse Dessureault (épouse d'Hilaire Crête).

B. Depuis l'érection canonique et municipale[modifier | modifier le code]

1897

  • Arrivée de l'abbé Joseph-Euchariste Héroux, desservant de la mission de Saint-Timothée.
  • Ouverture des registres d'état civil par la Fabrique de Saint-Timothée.
  • Érection de la chapelle de Saint-Timothée sur la Butte-à-Veillet, située au croissement des routes Lefebvre et de la voie ferrée.
  • Construction de la route Paquin qui sera verbalisée en 1901.

1898

  • Premier recensement de la Fabrique de Saint-Timothée, réalisé par l'abbé Joseph-Euchariste Héroux.
  • Ouverture du bureau de poste à Hérouxville.
  • Première visite officielle dans la localité de monseigneur Louis-François Richer dit Laflèche (1818-1898), évêque de Trois-Rivières.

1899

  • Arrivée du second desservant de la chapelle, l’abbé Charles-Olivier Sicard De Carufel.
  • Ouverture officielle du presbytère-chapelle, situé près de la gare.

1900

  • Charles-Auguste Magnan rachète le patrimoine de George B. Hall.

1902

  • Verbalisation du chemin de la Grande-Ligne.
  • Arrivée de l'abbé Maxime Masson, lequel sera nommé en 2003 curé de Sainte-Thècle, où il construira l'église actuelle.

1903

  • Arrivée du curé fondateur, l’abbé Raphaël Gélinas. Avant cette obédience, ce dernier a baptisé 72 enfants de 1901 à 1904 à Sainte-Thècle.
  • Décret de l'évêque, daté du 15 septembre, statuant l’érection canonique de la paroisse de Saint-Timothée.

1904

  • Création de la Commission scolaire de Saint-Timothée.
  • Construction de l’église Saint-Timothée, près du chemin de fer.

1904 13 avril 1904 - La municipale est officiellement créée à la suite de la parution dans la Gazette officielle du Québec.

1905

  • Érection d'un "chemin de la croix"
  • Visite du 20 juillet 1905 de Mgr François-Xavier Cloutier (1848-1934) pour bénir des premières cloches de l'église.

1906

  • Création de la "Ligue du Sacré-Cœur".

1907

  • Implantation au village d'un système téléphonique de la compagnie de téléphone Saint-Maurice & Champlain.

1908

  • Ouverture de l'hôtel d'Odilon Trépanier. Il a réaménagé sa maison afin d'accueillir les visiteurs, notamment les voyageurs de commerce.

1911

  • Arrivée de l'abbé Alexandre Lavergne.

1912

  • La Caisse Populaire de Saint-Timothée est constituée.

1914

  • Mise sur pied de la Confrérie du Saint-Rosaire.

1915

  • Adoption d'un règlement sur le droit de passage des installations électriques.

1920

  • Feu de forêt aux alentours de la rivière "Petite Mékinac Nord".

1923

1924

  • Une cellule locale de l'Union Catholique des Cultivateurs (UCC) est constituée.
  • Incendie au village du bureau de poste, de deux maisons, une boutique de forge et quelques dépendances.

1925

  • Une tornade frappe le secteur des Petites Forges, détruisant quelques bâtisses.
  • Tremblement de terre.
  • La "Consolidated Bathurst" achète plusieurs lots au rang Saint-Moïse et les reboise.

1928

  • Arrivée de l’abbé Alphonse Lessard.
  • Érection d’un couvent comportant quatre locaux de classes.
  • Des lignes électriques de haute tension sont érigés sur le territoire de la municipalité.
  • Fondation du "Cercle agricole".

1929

  • Première exposition agricole. Les participants font parader des animaux en public.

Démographie locale[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[11]
Année Population Variation (%) Âge médian
2011 1 340 en augmentation+8,5 % 48,9 ans
2006 1 235 en diminution-3,1 %
2001 1 275 en diminution-3,0 %
1996 1 314 en augmentation+4,9 %
1991 1 253

Logements privés occupés par les résidents permanents (2011) : 591 (sur un total de 650 logements).

Langue maternelle :

  • Le français comme langue maternelle : 98,8 %
  • L'anglais comme langue maternelle : 1,2 %
  • L'anglais et le français comme première langue : 0 %
  • Autres langues maternelles : 0 %

Note: Selon le recensement fédéral de 2006, 260 habitants de Hérouxville ont une certaine connaissance du français et de l'anglais.

Code de vie d'Hérouxville[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Hérouxville.

Le village d'Hérouxville a attiré l'attention à l'échelle internationale, après que le conseil municipal a adopté un code de conduite.

Publications traitant de l'histoire d'Hérouxville[modifier | modifier le code]

1. Tavibois, 1951-2009 : l'héritage d'Albert Tessier aux Filles de Jésus. Auteur: René Hardy, 1943, Édition Septentrion, impression 2010.

2. Anecdotes et confidences, de 79 hérouxvillois(es) à travers les ans.

3. De fil en famille — cent ans de l'histoire de Hérouxville. Auteur: Solange Fernet-Gervais, en collaboration avec la Société d'histoire de Hérouxville. Éditions Scribe, 1997.

4. Hérouxville se raconte - retranscription des entrevues, Solange Beaudoin... et al.; édition et coordination, Jacques F. Veillette ; recherche et textes de présentation des chapitres, Solange Fernet-Gervais; pour la Société d'histoire de Hérouxville. Éditeur: Éditions D'hier à demain (Shawinigan), impression 2004, 300 pages; ill., carte, portr. ; 28 cm.

Registres de l'état civil[modifier | modifier le code]

1. Répertoire des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Timothée d'Hérouxville, 1897-1999, Société d'histoire de Hérouxville, impression 2000.

  • Répertoire des mariages de la paroisse de Saint-Timothée d'Hérouxville 1898-1980, Hérouxville, édité par la Fabrique de Saint-Timothé d'Hérouxville, 1982.

2. Mariages de St-Séverin-de-Proulxville, 1889-1984, St-Timothée-de-Hérouxville, 1898-1981, St-Jacques-des-Piles, Grandes-Piles, 1885-1985, St-Jean-des-Piles, 1898-1980, St-Joseph-de-Mékinac, 1895-1985, St-Roch-de-Mékinac, 1904-1981, St-Théodore-de-la-Grande-Anse, 1904-1929. Crête, Georges, Ste-Foy, G. Crête, 1987.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gouvernement du Québec, « Hérouxville », Répertoire des municipalités, sur Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire,‎ 8 janvier 2011
  2. Schéma d'aménagement révisé de la MRC de Mékinac, en vigueur le 27 février 2008, statistiques sur Hérouxville.
  3. Statistique Canada, Recemensement de 2006
  4. Recherches effectuées en septembre 2013 par l'historien Gaétan Veillette (Saint-Hubert, QC), à partir des cartes du Service de la cartographie du Ministère de l'Énergie et des Ressources, du Gouvernement du Québec. Carte datée de: 1989-06-12.
  5. "Noms et lieux du Québec", ouvrage de la Commission de toponymie du Québec, paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.
  6. Gaétan Veillette, article "À la conquête de la Haute-Mauricie", Bulletin Le Pathiskan, septembre 1993, p. 4, publié par l'Association des familles Veillet/te d'Amérique.
  7. Jean-Marc Beaudoin, journal Le Nouvelliste (Trois-Rivières), articles du 30 novembre 1983, "L'épopée glorieuse des vapeurs des Piles"; article du 7 janvier 1984, "Voyage sur la Saint-Maurice en 1884".
  8. Ouvrage "De fil en famille -- cent ans de l'histoire de Hérouxville". Auteur: Solange Fernet-Gervais, en collaboration avec la Société d'histoire de Hérouxville. Éditions Scribe, 1997.
  9. Site internet de la municipalité d'Hérouxville: http://municipalite.herouxville.qc.ca (section "Histoire")
  10. Site internet de la ville de Shawinigan
  11. Données extraites des différents recensements de Statistique Canada et Institut de la statistique du Québec

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Municipalités limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Grandes-Piles Saint-Tite Rose des vents
N Saint-Séverin
O    Hérouxville    E
S
Shawinigan Saint-Narcisse
Enclave : Lac-à-la-Tortue