Gourette

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gourette
Vue aérienne de la station.
Gourette en été, dominée par le Pic de Ger. Dès lors que l'on s'éloigne de la station, le cirque de Gourette apparait dans toute son étendue.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Aquitaine
Département Pyrénées-Atlantiques
Commune Eaux-Bonnes
Site web www.gourette.com
Géographie
Coordonnées 42° 57′ 29″ Nord 0° 19′ 56″ Ouest / 42.95806, -0.33222 ()  
Massif Pyrénées
Altitude 1 400 m
Altitude maximum 2 450 m
Altitude minimum 1 350 m
Ski alpin
Remontées
Nombre de remontées 15
Télécabines 3
Télésièges 5
Téléskis 4
Fils neige 3
Débit 26 000 (personnes/heure)
Pistes
Nombre de pistes 29
     Noires 2
     Rouges 12
     Bleues 8
     Vertes 7
Total des pistes 32 km
Installations
Nouvelles glisses
2 snow parks, 1 rail park, boardercross, big air bag
Neige artificielle
Canons 154

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées

(Voir situation sur carte : Pyrénées)
Gourette

Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Atlantiques

(Voir situation sur carte : Pyrénées-Atlantiques)
Gourette

Gourette est une station de sports d'hiver des Pyrénées françaises, située, à 1 400 mètres d'altitude, dans le département des Pyrénées-Atlantiques en région Aquitaine.

Elle fait partie de la commune des Eaux-Bonnes ; l'école du village est située sur le site de la station de ski. Sur la route du col de l'Aubisque, elle offre un domaine skiable de taille moyenne avec plus de 90 hectares de superficie pour 35 km de pistes balisées. Le domaine s'étend entre 1 350 et 2 450 mètres d'altitude.

Historique[modifier | modifier le code]

Les mines et le pic Les Becottes, vers 1910.

Le paysage des mines[modifier | modifier le code]

En 1881, le conseil municipal des Eaux-Bonnes, entrevoyant une nouvelle source de revenus pour la commune, autorise les fouilles sur le site de Gourette. L’exploitation du minerai aurifère et argentifère découvert est confiée à la Société des Mines d’Arre.

Durant l’hiver 1882-1883, 33 ouvriers hivernent à 2 100 m d’altitude pour creuser les galeries. Le 18 novembre 1882[1] une avalanche emporte leur baraquement, faisant 16 morts dont 13 Italiens. Le gisement d’Arre est abandonné 3 ans plus tard au profit du gisement du lac d'Anglas.

En 1890, une centaine de mineurs travaille à l’exploitation des divers gisements. Une voie ferrée a été construite pour évacuer le minerai et un chemin de fer aérien le descend sur 3 km jusqu’au cirque de Gourette. Une quarantaine de tonnes de minerai est triée et concassée chaque jour sur le site de Gourette avant d’être transférée à Laruns par tombereaux. De là le minerai embarque en chemin de fer pour Bayonne, l’Angleterre ou l’Espagne. 3 720 tonnes de minerai seront exportées en 1888 qui restera de loin la meilleure année. Les mines resteront exploitées de manière épisodique jusqu’en 1916[2]. Aujourd'hui en randonnant en été en direction du lac d'Anglas, on peut observer non loin des chemins les vestiges de ce "chemin de fer aérien". On peut suivre le cheminement des chariots entre les différents pylônes. Arrivant au lac d'Anglas, on peut encore observer certains baraquements, ainsi que des lieux d'extraction de minerai. Deux sont très bien visibles : une faille dans un rocher, encore maintenu par des poutres de bois, et l'entrée d'une mine. On voit encore les terrassements réalisés pour faire circuler les charriots, ainsi que, sur certaines parties, les chemins de fer pour les guider. C'est une belle promenade, pimentée par ces vestiges historiques de l'eldorado Pyrénéen, et par la montée au Pic d'Arre Sourrins, au-dessus du lac, dont la vue sur le pic du Midi et la vallée du Soussouéou est digne d'y monter.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le plus haut sommet du cirque est le pic de Ger (2613 m), mais on trouve aussi Pène Médaa, Pène Blanque, l'Arre-Sourins et le pic Sanctus entre autres. De nombreux départs de balades amènent aux lac d'Anglas, lac d'Uzious et lac du Lavedan.

Le ruisseau du Valentin prend sa source au lac d'Uzious et rejoint le gave d'Ossau à Laruns.

Gourette et le ski[modifier | modifier le code]

Le début du reboisement de Gourette date de 1887, il a permis la constitution du massif boisé au sud de la station et la protection contre les coulées de neige. Le reboisement s’est amplifié ces dernières années afin de rééquilibrer l’écosystème du site et mettre davantage en valeur la montagne

Au tournant du siècle : le temps des pionniers[modifier | modifier le code]

Ce matin de novembre 1903, Henri Sallenave fixe à ses pieds les deux longues planches de frêne aux bouts recourbés qu’il a reçues quelques jours auparavant de la Manufacture de Saint-Étienne.

Sur le plateau enneigé de Gourette, seuls les toits des cabanes de bergers et les ateliers de la mine émergent du manteau neigeux. Pour la première fois dans les Pyrénées, et après un essai sur les pentes du plateau du Bénou, il introduit un jeu qui va bouleverser l’économie de la montagne : le ski.

La Route thermale fut ouverte sous l'autorité de l'Impératrice Eugénie pour relier Eaux-Bonnes et Bagnères-de-Bigorre

Les années 1930 : naissance d'une station de montagne[modifier | modifier le code]

Avec le revêtement de la route en 1930, l’électricité et le téléphone amorcent le développement de la station. Les premiers paravalanches sont construits, sécurisant l’accès et les premières lignes d’autocars régulières relient Gourette à Laruns, Pau et même Bordeaux.

L’ouverture du premier chalet-hôtel de Gourette, avec chauffage central, est un événement. Plus besoin pour les skieurs de descendre dormir aux Eaux-Bonnes ou à Pau. Il est rapidement monopolisé par une clientèle bordelaise aisée qui va entretenir la renommée de la station.

L'Hôtel de l’Aubisque, l'Edelweiss, le Chalet de l’Amoulat s'installent à sa suite, monopolisant les meilleurs points de vue.

Le développement touristique[modifier | modifier le code]

L'importation brutale, à la fin des années 1960, du modèle urbain de la Résidence du Valentin a fait surgir au milieu du cirque naturel un complexe parking/dalle piétonne/commerces/logements qui a figé le modèle d’urbanisation de la station. Le site vallonné fut à cette occasion aplani et le torrent du Valentin canalisé.

La station, passée depuis les années 1970 de la première à la cinquième place des stations pyrénéennes, souffre des défauts communs à beaucoup de sites touristiques urbanisés dans les années 1970. Des investissements irréguliers conjugués avec l’absence d’entretien du patrimoine immobilier ont fait ressortir l'indigence architecturale de la plupart des bâtiments et la pauvreté de l’insertion au site.

La station comporte également une trop forte proportion de studios mal équipés et mal isolés, inadaptés à la nouvelle demande.

L'an 2000 : nouvelle ère[modifier | modifier le code]

Consciente de ses faiblesses, la station s’est lancée en 2000 dans une ambitieuse politique de reconquête :

  • Rénovation et remplacement des remontées mécaniques, extension de la neige de culture avec la création de nouveaux réservoirs et l’implantation d’enneigeurs[3]
  • Aide à la rénovation du parc immobilier
  • Amélioration de la circulation et du stationnement
  • Plan de reboisement et de restauration de l’environnement

Pour tous les habitués de la station, l'année 2001 est le symbole de la renaissance : le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques investit plusieurs millions d'euros dans la modernisation des installations (démontage d'anciennes remontées, construction de nouvelles, reprofilage des pistes...). Bref un lifting complet pour de meilleures conditions de glisse. En 2004, la station vit le chantier d'été le plus important de France avec la suppression de 100 pylônes, la construction de 4 remontées mécaniques ainsi que le reprofilage complet du bas de la station.

La station investit massivement depuis 2001 pour améliorer son image et ses capacités d'accueil

La station tarde cependant à sortir de la logique d’une monoculture du ski qui a assuré son développement. Un hiver doux avec un faible enneigement comme en 2007 fait apparaître crûment l’absence d’alternative au ski alpin.

Insigne du ski-club, vers 1930.

Le projet immobilier du Portillo, initié par le promoteur et ancien champion de ski Philippe Barroso, est en contrepoint un test en vraie grandeur des solutions d’avenir pour la station. Cette réalisation de 15 M€, dont le montage a fait appel à des investisseurs espagnols, est ciblé sur un nouveau type de clientèle. Des logements plus spacieux, des services associés (piscine, spa, parking, liaison ADSL,…) répondent à la demande d’acquéreurs dont déjà 30 % ne pratiquent plus le ski. La réalisation de ce complexe de 61 logements a également pris le parti de construire sur un site déjà bâti, partiellement en rénovation et partiellement en construction neuve. Une initiative qui évite, dans un site déjà très altéré, l’extension du domaine bâti et des infrastructures associées.

Les efforts engagés par la commune commencent à porter leurs fruits mais la station souffre toujours d’un déficit de services (absence de location de films, de bibliothèque).

Climat[modifier | modifier le code]

Le centre de Gourette.

Gourette est l'une des rares stations des Pyrénées à proposer un dénivelé de plus de 1000 mètres (1350-2450 mètres), le tout régulièrement enneigé de novembre à avril ; en effet, le climat atlantique de cette partie occidentale des Pyrénées est très souvent neigeux lorsque les flux de nord-ouest se bloquent contre le haute muraille pyrénéenne. Alors que les Pyrénées espagnoles, à quelques kilomètres plus au sud, subissent des hivers secs le côté nord français est enseveli par de conséquentes chutes de neige. Certes des redoux, accompagnés de foehn "mangent" le manteau pendant quelques jours mais les chutes de neige reprennent rapidement et la station retrouve son aspect hivernal, même tard dans la saison.

Cyclisme[modifier | modifier le code]

La station a vu passer de nombreuses épreuves de cyclisme amateur ou professionnel. En 1910, le 8e tour de France cycliste passe pour la première fois par le col de l'Aubisque et Gourette, passage obligé dans une étape épuisante de Luchon à Bayonne. Sur les chemins de montagne de l'époque, seuls cinq coureurs disposent d'un changement de vitesse, les autres grimpent en braquet fixe... Un seul coureur parviendra au sommet du col du Tourmalet sans mettre pied à terre[4].

La station se situe sur le trajet de la 16e étape du Tour de France 2007, un parcours de 218 kilomètres reliant Orthez à Gourette - Col d'Aubisque. Quatre ans plus tard, la ville est sur le passage de la 13e étape du Tour de France 2011 reliant Pau à Lourdes. Le Français Jérémy Roy y passe en tête.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin, Pau, Société des sciences, lettres et arts de Pau,‎ 1960, p. 61
  2. René Arripe, Gourette d’hier et d’aujourd’hui, 1994
  3. Inutilisables lors d’hivers trop doux comme en 2007
  4. "Mémoire du cyclisme" (voir liens externes)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]