Georges Nagelmackers

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Georges Nagelmackers

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Portrait par Nadar

Naissance 24 juin 1845
Liège
Décès 10 août 1905 (à 60 ans)
Villepreux
Nationalité belge
Diplôme
Activité principale
Famille
Gérard Nagelmackers
(son grand-père)

Georges Nagelmackers (1845-1905), est un ingénieur civil et un industriel belge, fondateur de la Compagnie des wagons-lits et de la Compagnie internationale des Grands Hôtels.

Il est le créateur des grands trains de luxe européens et notamment du premier Orient-Express.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Nagelmackers est né le 24 juin 1845 à Liège dans une riche famille, son père est un banquier héritier de la banque Nagelmackers, plus ancienne banque belge fondée par son grand-père Gérard Nagelmackers. Il fait des études pour devenir ingénieur civil. Ayant provoqué un scandale familial, en désirant se marier avec une cousine, son père l'envoie voyager aux États-Unis en lui prenant une place sur un paquebot pour New York[1],[2].

En 1867, ce voyage va être le point de départ de sa carrière d'industriel. Durant la traversée il rencontre Samuel Cunard, fondateur de la Cunard Line, et échange avec lui sur les caractéristiques de l'accueil et du service aux clients sur les paquebots transatlantiques. Il va sillonner le territoire en touriste durant de nombreux mois en s'intéressant notamment aux trains de nuit mis en services par George Pullman, de la Pullman Company, mais aussi aux doléances des clients et notamment des femmes qui reprochent un manque d'intimité dans ces trains. Il prend des notes et réalise des croquis persuadé qu'il y a la une base pour améliorer le confort du transport ferroviaire des riches clients sur le vieux continent européen mais qu'il faut l'adapter à leur mentalité[1],[2].

De retour en Europe il rentre en Belgique et retourne à Liège où on lui confie la direction des hauts fourneaux, ces entreprises appartenant à sa famille sont : les mines et hauts-fourneaux de Vesdre, les Hauts-fourneaux du Luxembourg et les Houillères réunies de Cheratte. Néanmoins il passe du temps à ce qu'il pressent comme étant l'affaire de sa vie c'est-à-dire à travailler sur son projet d'amélioration du confort en chemin de fer. Il écrit une brochure de trente-deux pages Projet d'installation de wagons-lits sur les chemins de fer du continent qu'il publie, sous compte d'auteur, le 20 avril 1870, y apparait pour la première fois le terme « wagons-lits ». Publiée en langue française, flamande et allemande, elle ne produit pas d'effet car dès le mois de juillet débute la Guerre franco-allemande[1],[2].

Cette publication provoque l'hostilité de sa famille qui lui retire ses moyens financiers. Il ne se décourage pas et cherche les moyens de résoudre les problèmes posés par la diversité des normes en vigueur dans les compagnies et les pays. Il doit créer des voitures adaptables pour qu'elle puissent être accrochées à des trains qui passent les frontières. Avec le soutien de Léopold II il obtient l'autorisation de faire circuler, sur la relation Paris - Vienne un premier wagon-lit dont il a payé et dirigé la fabrication. Le premier essai réalisé en novembre 1872 est un succès. Cela lui permet de créer une première Compagnie qui comprend cinq voitures, à deux essieux, qui vont être attachées aux trains sur les relations Ostende - Cologne et Ostende - Berlin. Le 19 février 1873 il signe une nouvelle convention pour la relation Paris - Berlin, c'est un succès qui apporte des engagements d'autres compagnies. Pour satisfaire la demande il fait construire les voitures en Autriche-Hongrie qui possède des ateliers performants en technique ferroviaire. Mais les recettes ne sont pas suffisantes pour permettre le financement de ses investissements et les banquiers le lâchent[2].

Guide de la Compagnie.

Pour pouvoir poursuivre son développement il a un besoin vital d'argent. Pour en trouver, il se rend sur la place financière de Londres où il rencontre notamment le colonel américain William d'Alton Mann. Ce personnage haut en couleurs, qui a fait fortune avec le brevet d'un sac à dos pour fantassin, a déposé un brevet pour une « voiture-lit » différente du principe Pullman. Son projet qui ne rencontre pas d'assentiments dans son pays apparait au jeune Belge comme capable, avec quelques aménagements, de satisfaire la clientèle européenne. Ils s'associent pour créer, le 4 janvier 1873, la Mann's Sleeping Carriage Compagny et inventent la voiture avec des compartiments avec des portes ouvrant sur un couloir latéral qui permet au voyageur d'aller aux toilettes situées en bout de voiture. Aidé par les qualités de commerçant de William Mann, qui réussit notamment à convaincre le prince de Galles à utiliser une de ces voitures pour rejoindre Saint-Pétersbourg et assister au mariage de son frère, la compagnie engrange les contrats. Fin 1876, le parc comprend cinquante-trois voitures, avec l'inscription Mann Boudoir Sleeping Car, qui circulent sur les réseaux de vingt-trois compagnies[3].

Le 4 décembre 1876, les deux associés fondent, en Belgique, la Compagnie internationale des wagons-lits et des grands express européens[3].

En 1877, il déménage pour aller habiter en France, à Villepreux près de Versaille, dans une propriété où il a fait construire un château[1]. En 1883, son associé William Mann quitte l'Europe et revend ses actions au roi Léopold II. Georges Nagelmackers poursuit le développement de la compagnie en créant notamment les trains de luxe dont le plus connu est l'Orient-Express[3].

Persuadé que ces clients ont besoin d'avoir des hôtels à la hauteur de leurs attentes lorsqu'ils arrivent à destination, il crée en 1890 la Compagnie internationale des Grands Hôtels, qui va notamment construire le Pera Palas en 1892 à Constantinople[3].

Il meurt à Villepreux le 9 juillet 1905, la célébration de ses obsèques a lieu dans cette même ville. Ensuite son corps est transporté pour être inhumé au cimetière de la Diguette à Angleur en Belgique[1].

Publication[modifier | modifier le code]

  • Avec G. De Berlaymont, Projet d'installation de wagons-lits sur les chemins de fer du continent, H. Vaillant-Carmanne et C(ie), Liége, 1870[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Site histoire-des-belges.be, Georges Nagelmackers, père de l'Orient Express (consulté le 24 novembre 2013)
  2. a, b, c et d Jean des Cars, « Nagelmackers, Georges 1845-1905 », dans Dictionnaire amoureux des trains, édition 8, Plon, 2011 (ISBN 9782259214131) extraits (consulté le 24 novembre 2013)
  3. a, b, c et d Alain Frerejean, « L'Orient-Express », dans La Grande aventure des chemins de fer, éditions Flammarion, 2008 (ISBN 9782081233935), extrait (consulté le 24 novembre 201").
  4. Henri Helbig, Mathieu-Lambert Grandjean, Catalogue des collections léguées à la ville de Liège par Ulysse Capitaine, Vaillant-Carmanne, 1872p. 412 intégral (consulté le 24 novembre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Commault, Georges Nagelmackers: un pionnier du confort sur rail, éditions de la Capitelle, 1966, 61 pages
  • G. Kurgan-van Hentenryk, Dictionnaire des patrons en Belgique : les hommes, les entreprises, les réseaux, Bruxelles : De Boeck Université, 1996,(ISBN 9782804115814) p. 214.

Articles connexes[modifier | modifier le code]