Gérasa

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Jerash
جرش
Forum ovale et Cardo maximus au sud de l'ancienne cité.
Forum ovale et Cardo maximus au sud de l'ancienne cité.
Administration
Pays Drapeau de la Jordanie Jordanie
Province Jerash
Démographie
Population 41 651 hab. (2009)
Géographie
Coordonnées 32° 16′ 43″ N 35° 53′ 23″ E / 32.278733, 35.88975832° 16′ 43″ Nord 35° 53′ 23″ Est / 32.278733, 35.889758  
Divers
Site(s) touristique(s) Gérasa
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Jordanie (administrative)

Voir sur la carte Jordanie administrative
City locator 12.svg
Jerash
Sources
« Jordan Department of Statistics »
« Index Mundi »
Carte de la Décapole permettant de situer Gerasa

Jerash[1] est le chef-lieu de la province de Jerash dans le royaume de Jordanie. La population de l'agglomération dépasse 120 000 habitants.

La ville moderne s'est établie autour du site de l'antique cité de Gérasa, parfois francisée en Gérase.

Histoire[modifier | modifier le code]

Gérasa a été fondée à la fin du IVe siècle av. J.-C.. Ses habitants ont prétendu que la ville avait été fondée par Alexandre le Grand en faveur de vétérans de son armée. Cette prétention s'est exprimée tardivement sous la forme d'une monnaie frappée pendant le règne de Caracalla au nom « d'Alexandre de Macédoine, fondateur de Gérasa[2] ». Néanmoins la cité n'a pris son essor qu'au IIe siècle av. J.-C., les fouilles n'ayant pas permis de trouver les traces d'un établissement antérieur[3].

La ville fit partie de la Décapole. Elle fut conquise en 84 av. J.-C.[4] par Alexandre Jannée qui y est mort en 76 av. J.-C. pendant le siège d'une forteresse voisine, Régaba. Elle est prise par le nabatéen Arétas III en 73 av. J.-C., et enfin par les Romains (Pompée) en 63 av. J.-C.. Ces derniers en firent une ville opulente : Gérasa reçut même la visite de l'empereur Hadrien en 129.

Gérasa devient siège d'un évêché au IVe siècle. Elle est ensuite pillée par les Perses en 614, puis les Arabes en 635. Elle subit ensuite plusieurs tremblements de terre, dont le plus dévastateur fut probablement celui de 747-748, qui affecta violemment de nombreuses autres villes de la région. Le coup de grâce lui fut donné par les affrontements entre musulmans et croisés lors des croisades, où le temple d'Artémis fut transformé en forteresse par les Arabes.

Les premières fouilles furent effectuées dans les années 1920-1930 par les membres de l'équipe américano-britannique de l'université Yale, de l'American School of oriental research, et de la British School of Jerusalem ; après la publication de Kraeling publiée en 1938, sorte de rapport de toutes les fouilles faites sur le site jusque là, celles-ci connaissent un moment de flottement avant d'être reprises véritablement dans les années 1980, notamment sous la forme d'un projet de coopération international, faisant appel à des archéologues du monde entier, le Jerash Archaeological Project. Chaque équipe se vit attribuer une portion du site à fouiller et à rénover. L'équipe française, dirigée par Jacques Seigne, s'occupe encore aujourd'hui de la rénovation du sanctuaire de Zeus.

Les habitants de Sakib et d'autres anciens villages de la région ont été parmi les fondateurs de la ville moderne de Jerash,dans le début du XIXe siècle. Un fort tremblement de terre en 747 détruisit une grande partie de Jerash. La disparition de la ville se poursuivit le long des siècle du fait des tremblements de terre, des guerres et des troubles successifs dans la région. Les ruines de la ville sont restée enfouie pendant des centaines d'années jusqu'à ce qu'ils soient découverts par l'allemand Ulrich Seetzen Jasper en 1806. L'excavation servit de base à la fondation de la Jerash actuelle. A partir de 1878, la croissance de la ville s'accéléra du fait de l'arrivée de communautés Circassiennes, émigrée en Jordanie depuis le Caucase à cause de la guerre russo-ottomane. Au début du XXe siècle, la population poursuivit sa croissance avec la venues de communautés de Syrie.[incompréhensible]

Le site[modifier | modifier le code]

Un grand nombre de monuments ont été dégagés et, souvent, reconstitués :

L'arc d'Hadrien (25 m × 21,5 m), construit à l'entrée sud de la ville à l'occasion de la visite de l'empereur Hadrien en 129, reconstitué après 1980 par des archéologues jordaniens.

L'hippodrome : c'est probablement l'un des plus petits du monde romain. À l'époque byzantine, fortement touché par les tremblements de terre qui se sont succédé dans la région, il ne fut pas reconstruit, mais réoccupé par la population locale, notamment pour abriter des ateliers de poterie, visibles grâce aux fameux fours en brique ; un diacre, qui fit édifier son église à proximité, y élut également domicile en réaménageant trois locaux désaffectés de l'hippodrome, qu'il pava de mosaïques.

Les deux grands temples de Zeus et d'Artémis furent construits essentiellement au milieu du IIe siècle ap. J.-C., entretenant une rivalité entre les fidèles de chacune des deux divinités.

Un autre temple, sous l'église Saint-Théodore, était probablement dédié à Dionysos. Un quatrième temple, réduit à ses fondations, a été nommé « temple C » par les membres de l'équipe américano-britannique des années 1930, aucun indice n'ayant été retrouvé pour dire à quel dieu il était voué.

Le forum ovale est sans doute le plus grand forum de l'Empire romain : faisant à la fois office de place publique, d'agora et de marché (de nombreuses boutiques ont été retrouvées à ses abords), c'est un élément architectural essentiel de l'urbanisme de la ville puisqu'il permet, par un effet de style, de faire la jonction visuelle entre le cardo maximus et le sanctuaire de Zeus qui, grâce à la forme particulière de la place ovale, semble se trouver dans la continuité de la voie principale de la cité.

Plan de Gérasa (le nord est à droite)

Deux établissements de bains, qui s'étendaient au niveau du tétrapyle nord, sont en grande partie effondrés. Les « bains de Placcus », peu fouillés, mais apparemment de taille remarquable, étaient situés de l'autre côté du wadi de Jérash, c'est-à-dire du côté ouest de la ville, à côté de la cathédrale Saint-Théodore, juste au-dessous de la « Clergy House ». On distingue encore les vestiges des fours de l'hypocauste servant à chauffer le caldarium ; une inscription de l'extrême fin du Ve siècle en attribue la construction à l'évêque Placcus.

Le macellum ou marché, probablement le plus beau monument de la ville avec le nymphée dédié à la Tyché de la ville, était un lieu central pour le commerce, fortement présent dans la cité, comme on peut le voir d'après les nombreuses boutiques qui bordent les rues, notamment au pied du sanctuaire d'Artémis.

Les vestiges d'habitations sont relativement sommaires, et il s'agit en majorité de réoccupation de bâtiments publics de l'époque romaine : deux maisons ont été découvertes du côté oriental du wadi, recouvertes de mosaïques, dont l'une décrit un cortège bachique, et une seconde, les quatre saisons, thème que l'on rencontre assez fréquemment dans la région (voir notamment à Madaba) ; du côté ouest de la ville, la « maison des Bleus » est ainsi nommée d'après une inscription, ainsi qu'une splendide demeure d'époque byzantino-omeyyade, dont les vestiges apparents datent essentiellement de la période arabe[5] ; enfin, un quartier d'habitation situé au nord-ouest de la cathédrale Saint-Théodore a été dégagé et fouillé rapidement dans les années 1930, comptant des structures domestiques individuelles, probablement destinées à loger les membres du clergé de la cathédrale. Cet ensemble se trouve aujourd'hui à nouveau enfoui sous le remblai résultant du dégagement du sanctuaire d'Artémis. À proximité se trouve la « Clergy House », encore visible, considérée par Kraeling comme un logement pour le clergé, mais dont la destination reste encore aujourd'hui douteuse, faute de fouilles approfondies.

Les deux théâtres : un théâtre au nord de la ville, l'autre au sud, situés respectivement à côté des sanctuaires d'Artémis et de Zeus. Ces théâtres ont été remarquablement bien restaurés et accueillent des spectacles locaux, généralement en période estivale.

Une muraille entoure encore presque toute la ville : après avoir laissé à l'abandon ses premiers murs créés avant notre ère, la cité s'entoura d'un nouveau rempart qui réduisit ses dimensions, la ramenant à la porte sud et laissant à l'extérieur toute la zone allant de la porte sud à l'arc d'Hadrien, et comprenant l'hippodrome.

Au IVe siècle, la communauté chrétienne était nombreuse et on a retrouvé les traces de treize églises aux sols recouverts de mosaïques, dont une cathédrale, la cathédrale Saint-Théodore. On a trouvé aussi les restes d'une synagogue de la même époque, située au nord-ouest du sanctuaire d'Artémis.

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Jérash moderne a pris une extension très rapide et atteint maintenant pas loin de 135 000 habitants, selon le sondage de 2004. Cet accroissement rapide de la population est dû à l'immigration intérieure, mais aussi à l'arrivée de nombreux réfugiés palestiniens.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : jaraš, جرش
  2. Maurice Sartre, D'Alexandre à Zénobie, Ed. Fayard, (ISBN 978-2-213-60921-8), p. 82, note 61.
  3. Maurice Sartre, ibidem, p. 117, note 22.
  4. Flavius Josèphe, Antiquités Judaïques, XIII, v, 4-5
  5. Cette maison a été étudiée et restaurée par l'équipe polonaise dirigée par Michel Gawlikowski

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Documentation extérieure[modifier | modifier le code]