Massacre de Tel al-Zaatar

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Le massacre de Tel al-Zaatar a eu lieu pendant la Guerre civile libanaise, le 12 août 1976. Tel al-Zaatar (la Colline du Thym en français) était un camp de réfugiés palestiniens administré par l'UNRWA d'environ 50 000 à 60 000 au nord-est de Beyrouth. Le massacre fut commis par des factions chrétiennes. Il se solda par plus de 2 000 morts[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Les Palestiniens ont commencé à s'installer au Liban après la guerre israélo-arabe de 1948. Leur présence s'y est accentuée lorsque les Jordaniens les ont obligés en partie à quitter leur pays en 1970. Les Palestiniens ont créé des enclaves au Liban dont plusieurs autour de Beyrouth. Celui de Tel al-Zaatar est l'un de ceux-là.

La guerre civile libanaise, en 1975, envenime les problèmes dans le pays. Plusieurs Libanais, dont la minorité chrétienne, voient les Palestiniens comme un État dans l'État. C'est à eux que les milices chrétiennes s'attaquent dès le début du conflit. Les Palestiniens passent également à l'offensive. En janvier 1976, ils attaquent la ville de Damour et massacrent la plupart des chrétiens qui y habitent.

Le siège et le massacre[modifier | modifier le code]

Au début de juin 1976, l'armée syrienne intervient militairement au Liban et, curieusement, prend parti pour les milices chrétiennes. Tel al-Zaatar est assiégé par les chrétiens à partir du 22 juin et ce siège devient le symbole de la détermination des Libanais dans leur lutte pour leur indépendance [2]. C'est le chef des milices chrétiennes, Michel Aoun, qui dirige les opérations.

Tel al-Zaatar est alors une véritable forteresse, car les forces libanaises l'ont aidée quelques années auparavant à se renforcer contre d.éventuelles attaques israéliennes [3]. C'est pourquoi les Palestiniens réussissent à tenir près de deux mois. D'ailleurs, au cours des derniers mois, ils s'étaient fournis de milliers de roquettes anti-chars, ce qui incite à penser qu'ils cherchaient à se défendre bien plus contre une attaque de l'armée libanaise que contre un raid israélien.

Les Palestiniens, pris dans un piège, demandent l'aide de Yasser Arafat mais il est déjà trop tard [4]. Le 11 août, menacés par la famine et le manque de plus en plus flagrants de munitions, ils se rendent sur les conseils même d'Arafat. L'accord prévoit l'évacuation par la Croix-Rouge de tous les habitants y compris les combattants. Mais le lendemain, 12 août, les milices chrétiennes entrent dans Tel al-Zaatar et massacrent tous les Palestiniens qu'ils rencontrent. Il y aura en tout 2000 morts. Selon Kapeliouk, il s'agit de l'un des plus terribles massacres de l'histoire palestinienne [5]. Tel al-Zaatar est brûlé et détruit.

Il sera plus tard reproché au président syrien Hafez el-Assad de n'avoir rien fait pour empêcher ce massacre. Arafat commente ainsi le silence arabe lors de l'oraison funèbre des victimes: Le monde arabe se trouve aujourd 'hui à l'un des degrés les plus bas de son histoire. Aucun pays ne s'est porté à notre aide. C'est une honte! Voilà pourquoi le peuple palestinien a besoin d'un État indépendant afin de pouvoir se défendre [6].

La guerre du Liban se termine officiellement à l'automne. Les troupes syriennes restent dans le pays afin de s'assurer de sa mainmise sur lui. Quant aux Palestiniens, plusieurs restent au Liban car leurs enclaves n'ont pas toutes été neutralisées.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger J. Azzam. Liban, l'instruction d'un crime. Cheminements. 2005. 766p.
  • Amnon Kapeliouk. Arafat l'irréductible. Fayard. Paris. 2004. 524 p.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Cobban, Helena (1984), The Palestinian Liberation Organisation: People, Power, and Politics, Cambridge University Press, ISBN 0521272165 p. 73
  2. Roger J. Azzam. Liban, l'instruction d'un crime. Cheminements. 2005. p. 245
  3. Ibid.
  4. Amnon Kapeliouk. Arafat l'irréductible. Fayard. 2004. p. 163
  5. Ibid., p. 163
  6. Arafat l'irréductible, p. 163