Hélder Câmara

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Helder Pessoa Câmara
Image illustrative de l'article Hélder Câmara
Biographie
Naissance
Fortaleza (Brésil)
Ordination sacerdotale
Décès (à 90 ans)
Recife (Brésil)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. Jaime de Barros Câmara
Dernier titre ou fonction Archevêque d'Olinda et Recife
Fonctions épiscopales Évêque auxiliaire de Rio de janeiro
Archevêque d'Olinda et Recife

Blason
In Manibus Tuis

Helder Pessoa Câmara, ou plus simplement, Dom Helder, né le à Fortaleza au Brésil et mort le à Recife, est un évêque catholique brésilien, archevêque d'Olinda et Recife de 1964 à 1985, qui est connu pour sa lutte contre la pauvreté dans le monde.

Son procès en béatification est en cours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de João Câmara Filho et d'Adelaide Pessoa Câmara, Helder Câmara est l'avant-dernier d'une famille de 13 enfants. Sa mère est institutrice et son père journaliste[1]. Ordonné prêtre le 15 août 1931 à Fortaleza, il est nommé coadjuteur du cardinal Jaime de Barros Câmara, archevêque de Rio de Janeiro, le 3 mars 1952 et consacré évêque par celui-ci le 20 avril suivant. Le 12 mars 1964, il est promu archevêque d'Olinda et de Recife, dans le Nordeste, une des régions les plus pauvres du Brésil. Il le restera jusqu'au 2 avril 1985.

Défenseur des droits de l'homme au Brésil et une des figures de la théologie de la libération en Amérique latine, il s'engage aux côtés des plus pauvres. En 1955, il participe à la création du Conseil épiscopal d'Amérique latine (CELAM). Proche du cardinal Montini, futur Paul VI, il participe activement au concile Vatican II, s'opposant fermement à la tendance conservatrice. Au sein du CELAM, il contribue à la définition de « l'option préférentielle pour les pauvres », ce qui lui vaut d'être violemment attaqué par les groupes intégristes proches de Gustavo Corção. À peine nommé évêque de Recife, Helder Câmara décide de quitter les lambris de son palais épiscopal pour s'installer dans une modeste maison au cœur des bidonvilles de sa ville[1].

Marginalisé dans l'épiscopat brésilien et opposant à la dictature des généraux (1964-1985), il fait des séries de conférences en Europe et spécialement en France (en 1970 au palais des sports ou en 1983 avec La Vie), pendant lesquelles il dénonce la situation de pauvreté du tiers-monde, les ventes d'armes à son pays, la guerre du Viêt Nam et la violence de la dictature brésilienne.

Proche des mouvements non-violents et se référant à Gandhi et Martin Luther King, il met en place une pastorale dirigée vers le service des pauvres, qui s'appuie sur le mouvement Action Justice et Paix (cf. Spirale de la violence, Paris, 1970) et sur un séminaire populaire dans lequel il souhaite que les futurs prêtres soient aussi bien formés à l'action sociale qu'à la théologie. En 1977, il participe à la Conférence des évêques d'Amérique latine sur la non-violence.

Il est fait docteur honoris causa des universités de Louvain en 1970, Chicago en 1974, Amsterdam en 1975 et Uppsala en 1977.

En 1979, Jean-Paul II lui rend hommage lors de son voyage au Brésil mais nomme, en 1985, José Cardoso Sobrinho pour lui succéder, contre la volonté de Câmara qui envisageait son évêque auxiliaire Mgr José Lamartine ou son héritier spirituel Mgr Marcelo Pinto Carvalheira, qui deviendra archevêque de João Pessoa[2]. Le nouvel évêque, qui a fait l'essentiel de sa carrière à Rome, se charge de faire table rase de toute son action pastorale libérationniste, fermant notamment l'Institut de théologie de Récife et le séminaire régional de Nord-Est II, renvoyant les prêtres étrangers dans leur pays et enterrant les travaux de la Commission Justice et Paix[3]. Dom Helder reste fidèle au Saint-Siège et ne commentera pas ces démantèlements.

Il meurt le .

Béatification[modifier | modifier le code]

Le 28 juillet 2013 s'est ouvert à la phase diocésaine le procès en béatification de Dom Helder, dans le diocèse de Recife, à l'occasion des Journées Mondiales de la Jeunesse 2013, réunies au Brésil.

Helder Camara est donc considéré par l'Église catholique comme Serviteur de Dieu.

Citations[modifier | modifier le code]

Debout (de gauche à droite): Manuel Bandeira (3e), Alceu Amoroso Lima (5e) et Dom Hélder Câmara (7e); assis : Lourenço Filho (en), Roquette-Pinto et Gustavo Capanema. Rio de Janeiro, 1936.
  • Son engagement lui valut bien des critiques de la bourgeoisie brésilienne. Ce qui lui fit dire : « Je nourris un pauvre et l'on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n'a pas de quoi se nourrir et l'on me traite de communiste. »
  • « Il y a trois sortes de violence.
    La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.
    La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.
    La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.
    Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue.
     »
  • « La solitude, pour nous, n'existe pas ! »

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le tiers monde trahi, Paris, Desclée, 1968.
  • Spirale de la violence, Paris, DDB, 1970.
  • Révolution dans la paix, Paris, Le Seuil, 1970.
  • Pour arriver à temps, Paris, DDB, 1970.
  • Une journée avec Don Helder Camara, Paris, DDB, 1970.
  • Le désert est fertile, Paris, DDB, 1971.
  • Mille raisons pour vivre, Paris, Le Seuil, 1980.
  • Des questions pour vivre, Paris, Le Seuil, 1984.
  • L'Évangile avec Dom Helder, Paris, Le Seuil, 1985.
  • Le rosaire de Dom Helder, Paris, DDB, 1997.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Réginald Léandre Dumont : Les Prêtres subversifs (Éditions Labor - 2002, p. 176-177)
  2. Patrick Howlett-Martin, Le Brésil du Nord-Est: Richesses culturelles et disparités sociales, éditions L'Harmattan, 2008, p. 59
  3. Kátia M. de Queirós Mattoso, Mémoires identités au Brésil, éd. L'Harmattan, 1996, p. 19-20

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Roger Bourgeon, L'archevêque des favelles, Paris, Robert Laffont, 1968.
  • José de Broucker, Dom Helder Camara. La violence d'un pacifique, Paris, Fayard, 1969.
  • José de Broucker, Les conversions d'un évêque, entretiens avec Dom Helder Camara, Paris, Le Seuil, 1977.
  • Richard Marin, Dom Helder Câmara, les puissants et les pauvres - Contribution à une histoire de l’« Église des pauvres » dans le Nordeste brésilien, Paris, Éditions de l’Atelier, coll. Églises/sociétés, 1995, 366 p.
  • José de Broucker, Les nuits d'un prophète. Dom Helder Camara à Vatican II, Paris, Cerf, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]