Vélorution

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La vélorution (mot-valise mêlant vélo et révolution) est un mouvement dont l'un des buts est de promouvoir l'utilisation des moyens de transports personnels non polluants (bicyclette, patin à roulettes, planche à roulettes). Il dénonce en même temps la société de l'automobile. Le terme Vélorution est utilisé pour désigner un concept ; mais en France il peut également désigner une association ou une manifestation de cyclistes (également dénommée masse critique).

La paternité du terme est controversée. Elle est souvent attribuée à Aguigui Mouna, André Dupont de son vrai nom, qui fait sa campagne en tant que non-candidat à l'élection présidentielle de 1974, à bicyclette, « Je suis un cyclodidacte, la vélorution est en marche »[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première vélorution a été organisée en France au début des années 1970 par Les Amis de la Terre à Paris contre un projet d'autoroute qui devait longer la Seine et traverser la capitale d'est en ouest. Jean-Jacques Pauvert publie Le Manifeste vélorutionnaire des Amis de la Terre et de la Fédération des usagers des transports en 1977[2]. La manifestation réunit plus de 10 000 cyclistes. Tout au long des années 1970, ce terme va être repris pour des actions cyclistes. La revue écologiste S!lence en fait son titre de une en mars 1983.

Aux États-Unis, en 1992 à San Francisco 52 personnes participent à une manifestation cycliste qu'ils nommeront d'abord commute clot[3] (grumeau de navetteurs) puis critical mass (masse critique).

Ces actions militantes vont être adoptées partout dans le monde. Dans de nombreuses villes, les cyclistes se regroupent tous les derniers vendredis du mois pour ensemble se réapproprier la rue, le temps d'une manifestation.

Le développement du mouvement en France[modifier | modifier le code]

A Paris, les manifestations réapparaissent sous l'appellation de « manifs à vélos » de 1994 à 2002 par Ecolo-J (jeunes écologistes proches des Verts), devenu ensuite Chiche ! (jeunes écolos et alternatifs) puis les Jeunes Verts. Elles sont relancées en octobre 2003 à l'initiative de Stéphane Lavignotte (journaliste, ancien animateur des « manifs à vélos » de la période 1994-2002, à l'origine de la plupart des slogans encore actuellement repris, auteur de La décroissance est-elle souhaitable ?[4]) sous le titre de Vélorution bientôt rejoint par Éric Le Braz (auteur de L'homme qui tuait des voitures) puis Philippe Colomb (premier président une fois la Vélorution déposée en association). En référence à l'ouvrage, le porte-parole fictif de la vélorution parisienne se nommera Nicolas Carnoz, héros du roman d'Éric Le Braz.

Le mouvement vélorution existe dans plusieurs villes de France, à Angers, Avignon, Bordeaux, Brest, Caen, Cherbourg, Chambéry, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Périgueux, Poitiers, Reims, Rennes, Rouen, Saint-Étienne, Strasbourg, Toulouse, Tours et Vannes. Chaque collectif est autonome, et accessible depuis le site vélorution. Il s'organise généralement de manière informelle. La première association loi 1901 portant le nom Vélorution a été créée à Toulouse en 2004. L'association Vélorution Ile-de-France a été constituée en 2005 pour « promouvoir l’utilisation du vélo pour les déplacements ; inciter les utilisateurs d’engins motorisés à les abandonner de manière à aboutir à une société sans engin motorisé. »

Objectifs et actions militantes[modifier | modifier le code]

Les objectifs de la vélorution sont nombreux et non définis strictement, de par sa constitution. Chaque collectif décide des valeurs et des objectifs à faire passer par ces manifestations. La plupart des groupes de Vélorution reprennent des revendications communes avec le cyclisme urbain : code de la rue, réaménagement de l'espace, prise en compte du vélo à tous les niveaux, local, régional et national.

Mais vélorution s'attaque également à des symboles forts : le Lisbonne-Dakar (ex-Paris Dakar), le salon de l'auto, de la moto, la sur-consommation. À Paris, Vélorution participe à des luttes communes pour les écoquartiers et le réseau vert, pour la lutte contre le dérèglement climatique, etc.

De ce fait, vélorution est également proche du mouvement Carfree qui lutte contre la place trop importante de l'automobile dans la société.

Vélorutions particulières[modifier | modifier le code]

À Paris, vélorution a fait vivre en France la Manifestation internationale cyclo-nudiste. Elle organise chaque 22 septembre (en hommage à l'ex-« journée sans voiture ») des vélorutions giratoires autour de l'arc de triomphe. En échos aux grandes masses critiques européennes (la Ciemmona en Italie ou la Criticona en Espagne), la Vélorution Universelle a vu le jour en 2009. Cet événement annuel a rassemblé plus d'un millier de cyclistes à Paris.

Les ateliers vélo[modifier | modifier le code]

Certains collectifs et associations appelés vélorution ont créé des ateliers vélo participatifs et solidaires. En récupérant des vélos inutilisés et en mettant des outils à disposition, ils permettent aux cyclistes d'apprendre à entretenir et réparer leurs bicyclettes. Les associations parisienne et toulousaine sont membres du réseau L'Heureux Cyclage qui regroupe plus de trente ateliers vélo en France. Ainsi depuis 2011, Vélorution Ile de France anime l'atelier vélo de la Maison du vélo à Paris. À Toulouse, ce sont à présent 5 ateliers et une recyclerie qui fonctionnent avec la Vélorution, toujours sans la moindre subvention ni la moindre volonté de concertation de la mairie...

Slogans[modifier | modifier le code]

Comme souvent, les origines des slogans sont inconnues. Mais certains ont été captés par des films (l'an 01 de Doillon) ou certains auteurs s'en souviennent. Ils ont été notés à la suite (« 01 » pour le film l'an 01 ou « SL » pour Stéphane Lavignotte).

Coupez vos moteurs, vous en avez pour des heures (01)
Coupez vos moteurs, respirez le bonheur (SL)
Paris sans auto et le monde est plus beau (SL)
Hé, l'auto, tu pues du pot
L'auto, ça pue, ça tue, et ça rend nerveux (01)
L'auto, c'est fini, de l'air pur pour Paris (SL)
L'auto, ça pue, ça tue, et ça rend con
1ere, 2e, 3e respiration, nous sommes tous des futurs asthmatiques (SL)
Grosse corvette, petite quéquette (origine québécoise)
Grosse auto, petite bite
Faites un cadeau, aux générations futures, abandonnez votre voiture (SL)
On avance, on avance, on n'a pas besoin d'essence (SL)
J'ai un beau vélo, une belle bicyclette, toi dans ton auto, t'es vraiment pas beau (sur l'air de j'ai du bon tabac)
Libérez les piétons enfermés dans les voitures
Laissez passer l'enterrement des cylindrés (SL) (sur l'air de la Marche funèbre)
Une seule solution: la vélorution!
Contre la dictature des voitures, une seule solution la vélorution.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Le roman d'Éric Le Braz, L'Homme qui tuait des voitures, raconte l'histoire de la psychose qui s'empare de Paris lorsqu'un tueur en série s'attaque aux automobilistes.
  • Ivan Illich, père du concept de contre-productivité, porteur de réflexions fortes sur la contre-productivité de l'automobile dans la société.
  • Jean-Pierre Dupuy, Pour un catatrophisme éclairé.
  • Jacques Ellul, auteur d'une grande réflexion sur la technique, intéressant à l'époque de la « voiture propre ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]