Fontaine des Innocents

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Fontaine des Innocents
Image illustrative de l'article Fontaine des Innocents
Présentation
Période ou style Renaissance
Architecte Pierre Lescot, sculptures de Jean Goujon
Date de construction 1549
Protection « PA00085805 » en 1862.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Commune Paris
Localisation
Coordonnées 48° 51′ 38″ N 2° 20′ 53″ E / 48.86065, 2.348011 ()48° 51′ 38″ Nord 2° 20′ 53″ Est / 48.86065, 2.348011 ()  

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Fontaine des Innocents

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Fontaine des Innocents

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Fontaine des Innocents

La fontaine des Innocents, d'abord appelée fontaine des nymphes, est une fontaine située au cœur de Paris sur l'actuelle place Joachim-du-Bellay dans le quartier des Halles (1er arrondissement). De style Renaissance, elle a connu diverses modifications et a été déplacée à deux occasions. Elle est classée monument historique depuis 1862[1].

(M) Ce site est desservi par les stations de métro Les Halles et Châtelet.

Historique[modifier | modifier le code]

La fontaine d'angle de la Renaissance[modifier | modifier le code]

La fontaine des Innocents a été réalisée en 1548 sous le règne du roi Henri II en remplacement d'une fontaine plus ancienne, remontant probablement à l'époque de Philippe Auguste, située au centre de l'ancien cimetière des Innocents. Elle est l'œuvre de l'architecte Pierre Lescot, sa décoration et ses sculptures sont de Jean Goujon et est destinée à l'origine à célébrer l'entrée du roi dans Paris.

Elle était initialement implantée sous forme de loggia ouverte sur les spectacles de la rue, adossée à l’église des Saints-Innocents, à une quarantaine de mètres de son emplacement actuel au nord-est de la place, au croisement de la rue Saint-Denis et de la rue aux Fers (partie de l'actuelle rue Berger). Elle ne possédait donc que trois arcades ornées de cinq naïades : deux décorant l'arcade de la rue Saint-Denis, les trois autres sculptées sur les deux arcades donnant en retour d'angle sur la rue aux Fers. Un alignement de pilastres, d'ordre corinthien, encadrant chacune des arcades supportait une frise et un attique à fronton triangulaire. L'ensemble reposait sur un soubassement d'où l'eau s'écoulait par de petits mascarons.

Le tétrapyle de l'époque classique[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIIIe siècle, l'ensemble des cimetières de Paris sont vidés et remplacés par ceux actuels, situés à l'époque à l'extérieur de la ville. Le cimetière des Innocents, plus communément qualifié de charnier, qui jouxtait l'église des Saints-Innocents, est également vidé, suite à l'effondrement d'un muret dans une cave. L'église est démolie en 1785 et la fontaine se retrouve isolée dans un coin de l'espace dégagé, destiné à devenir un marché.

Elle est alors déplacée, puis installée au centre de la place récemment créée et baptisée à l'époque « place du marché des Innocents ». Un ingénieur nommé Six est chargé de la démonter, tandis que les architectes Poyet, Legrand et Molinos en conçoivent le nouveau plan de réédification. Ils décident de lui donner une forme de pavillon carré. Il devient donc nécessaire de sculpter une quatrième face à la fontaine, travail exécuté en 1788 par Augustin Pajou, qui s'efforce de retrouver la même inspiration que son prédécesseur.

Il va donc sculpter trois naïades pour compléter les cinq de Goujon: les deux de la face méridionale et celle de gauche de l'occidentale. Les autres ornements sont confiés à Lhuillier, Mézières et Danjou. Quatre lions sont disposés à chaque angle. Le soubassement d'origine est remplacé par une suite de bassins superposés, prévus pour recueillir l'eau qui jaillit d'une vasque en bronze placée au centre du pavillon. Les trois bas-reliefs décorant le soubassement, menacés de rapide détérioration par l'écoulement de l'eau, sont démontés et déposés au musée du Louvre.

La fontaine est également coiffée d'une petite coupole constituée de feuilles de métal imitant les écailles de poisson.

Le déplacement de 1860[modifier | modifier le code]

Lorsqu'en 1856, un square est décidé pour remplacer le marché, devenu inutile suite au projet de construction des Halles par Baltard, la fontaine est encore déplacée de quelques mètres et recentrée dans l'espace réduit laissé à ce nouveau jardin public en 1860. Un soubassement de forme pyramidale, étagé de six bassins à bords arrondis, est ajouté sur chaque face. Le tout repose au milieu d'un bassin circulaire. Cette dernière transformation est confiée à l'architecte Gabriel Davioud.

La place Joachim-du-Bellay actuelle épouse dans les grandes lignes les dimensions de ce square.


Description des ornements sculptés[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Jean Goujon selon les dessins de Pierre Lescot[modifier | modifier le code]

Un des trois bas-reliefs de Jean Goujon au Louvre

Sur chacune des trois faces originales, des pilastres jumelés d'ordre corinthien encadrent une arcade surmontée d'un attique et d'un fronton triangulaire. Les naïades au corps voilé, en bas-relief, s'insèrent entre les pilastres. Chacun des attiques est décoré de scènes mythologiques relatives aux sources et fontaines.

La décoration du soubassement de la fontaine d'angle du XVIe siècle était composée de trois bas-reliefs. Des nymphes couchées en compagnie de Tritons et de petits génies y sont sculptés entourés de créatures mythologiques. Ces bas-reliefs, démontés lors du premier déplacement de la fontaine, sont au musée du Louvre.

L'œuvre d'Augustin Pajou[modifier | modifier le code]

La quatrième face, de 1788, conserve la même ordonnance que les trois autres d'origine. Pajou prit pour modèle la statue de la Paix, de Goujon, que l'on peut voir au musée du Louvre. L'artiste a sculpté les bas-reliefs de cette face méridionale, ainsi que ceux du panneau gauche de l'arcade occidentale.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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