Histoire de la Lorraine

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Carte de la région Lorraine avec ses quatre départements, montrant les États et provinces qui existaient sur son territoire au XVIIIe siècle.

Espace de transition entre les mondes romans et germaniques, la Lorraine a été tiraillée entre le royaume de France et le Saint-Empire romain germanique et a été un enjeu pour ces deux pôles jusqu'au cœur du XXe siècle.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La Préhistoire en Lorraine reste dans l'ensemble assez mal connue, surtout pour les périodes anciennes. En revanche, les travaux récents de recherches programmées ainsi que les fouilles de l'archéologie préventive ont permis de mieux documenter les connaissances de cette période, surtout pour le Néolithique.

Le Paléolithique inférieur et moyen[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes occupations humaines en Lorraine semblent remonter au début du Pléistocène moyen il y a environ 600000 ans. Cependant, de l’industrie très archaïque sur galets découverte sur les hautes terrasses alluviales de la Moselle au sud de Nancy pourrait appartenir au Pléistocène inférieur. Une station de surface à St Mihiel (Meuse) a livré en stratigraphie des galets aménagés, type choppers, en quartzite de la fin du complexe Mindelien (environ 600000 ans). Dans la région de Metz (Moselle), sur d’anciennes terrasses alluviales de la Moselle, de l’industrie sur galets de quartzite (choppers, chopping tool, unifaces et rares bifaces) d’âge probable Cromérien à Holsteinien (- 500000 à - 250000 ans) ont aussi été découverts. Toutes ces découvertes, attribuées à la culture de l’Acheuléen, indiquent la fréquentation de la Lorraine par des populations d’Homo erectus ou d’Anténéandertaliens (Homo heidelbergensis), principalement sur les couloirs alluviaux des rivières de la Meuse et de la Moselle. A Vassincourt (Meuse), de l’industrie lithique caractérisée par quelques bifaces, un racloir et plusieurs éclats a été attribuée à la transition de l’Acheuléen moyen et supérieur, au début du complexe saalien (environ – 300000 ans).

Au Paléolithique moyen (- 250000 à - 35000 ans), se développe en Europe occidentale le genre néandertalien. Plusieurs stations de plein air confirment le passage de l’Homme de Néandertal en Lorraine. L’industrie lithique est essentiellement réalisée à partir de galets de quartz et de quartzite d’origine régionale avec utilisation plus rare du silex. L’outillage, assez standardisé, se diversifie avec les bifaces, les racloirs, les denticulés et les pièces à dos. Les supports servant à la réalisation des outils sont essentiellement obtenus par l’emploi du débitage Discoïde et Levallois. Plusieurs stations de surface sont connues en Lorraine et appartiennent essentiellement au complexe moustérien.

  • Chavelot et Vincey (Vosges) : atelier de débitage daté de l’Eémien (- 100000 ans). Sur le site de Chavelot, il s’agit d’une industrie sur éclats en quartzite et en quartz avec très peu d’outils en raison de la fonction de taille du site.
  • Ludres (Meurthe et Moselle) : site de plein air avec un niveau d’occupation du Weichsélien ancien (glaciation de Weichsel).
  • D’autres stations de surface sont connues à Zincourt (Vosges), Vincey (Meuse), Marieulles (Moselle), Dugny sur Meuse (Meuse), Flavigny sur Moselle (Meurthe et Moselle), Norroy le Veneur (Moselle)…

Le Paléolithique supérieur et l’Epipaléolithique[modifier | modifier le code]

Le Paléolithique supérieur (- 35000 à - 10000 ans) est marqué par l’arrivée de l’Homme moderne (Cro-Magnon) et la disparition de l’Homme de Néandertal. Cette période, caractérisée par un climat essentiellement froid et sec, reste encore mal connue en Lorraine. Quelques occupations, ainsi que plusieurs découvertes isolées, indiquent une fréquentation de la Lorraine au Pléistocène supérieur par des groupes de chasseurs-cueilleurs lors des phases tempérées. L’Aurignacien (- 37000 à - 28000 ans) est représenté par deux stations de surface : Auboué (Meurthe et Moselle) et Havange (Moselle). Sur le site d’Auboué, l’industrie lithique en silex d’importation est caractérisée par la présence de plusieurs produits de débitage (éclats et produits technologiques) associée à de l’outillage (grattoirs carénés, burins, lamelles Dufour..). Une chaîne opératoire orientée vers la production de lamelles a été identifiée. Le Gravettien (- 28000 à - 22000 ans) n’est actuellement pas connu en Lorraine. Le Magdalénien (- 18000 à - 10000 ans) a été reconnu à Saint Mihiel (Meuse) avec la présence d’une industrie lithique (grattoirs, burins, lamelles à bords abattus) associée à des ossements de rennes. Le site a été daté au Magdalénien supérieur (-12000 ans).

L’Epipaléolithique correspond à la fin du Paléolithique supérieur et couvre les deux dernières phases climatiques du Tardiglaciaire. Plusieurs occupations, principalement dans le sud de la Meuse (Neuville-sur-Ornain, Cousange-les-forges) ainsi que plusieurs découvertes isolées témoignent de la présence de cette période de la Préhistoire en Lorraine. Sur le plan culturel, l’Epipaléolithique lorrain correspond essentiellement aux groupes à Federmesser (Azilien) caractérisés par les armatures à dos courbe.

Le Mésolithique[modifier | modifier le code]

Au Mésolithique, le climat qui devient plus clément permet à la forêt de se développer. Les hommes vont s’adapter à ce nouvel environnement avec la miniaturisation de l’industrie lithique. L’utilisation de l’arc se généralise. Le Mésolithique est assez bien représenté sur l’ensemble du territoire de la Lorraine essentiellement par des découvertes de surface. Malheureusement, aucun site clos offrant une bonne stratigraphie n’est actuellement connu. Plusieurs occupations ont livré des séries lithiques assez représentatives permettant de les replacer dans leur différente phase culturelle respective. Le Mésolithique ancien (-9800 à -8000 ans avant J-C) a été identifié à Montenach (Moselle) alors que la phase moyenne (-8000 à -6800 ans avant J-C) est représentée à Walschbronn (Moselle). Le Mésolithique récent à final (-6800 à 5500 ans avant J-C) est un peu mieux connu avec les occupations de Maizières-les-Metz, Puttelange-les-Thionville et Himmeling (Moselle). Sur plan culturel, deux ensembles ont été identifiés : le Beuronien et le Montbanien.

Le Néolithique[modifier | modifier le code]

Le Néolithique est une phase importante dans l’évolution humaine. Les hommes vont s’orienter vers une économie fondée sur l’agriculture et l’élevage. En Lorraine, le processus de néolithisation se met en place il y a environ 5300 ans avant J-C avec le premier courant représenté par la culture Rubané. Ces groupes d’agriculteurs-éleveurs arrivent dans la région en remontant principalement la vallée du Danube. Les villages apparaissent en fond de vallée et un certain nombre d’entre eux ont été découverts dans la vallée de la Moselle entre Metz et Thionville. Le Néolithique lorrain, dans ses différentes phases, connait plusieurs courant culturels représentés par le Rӧssen (-4900 à -4300 ans avant J-C), le Michelsberg (-4300 à -3300 ans avant J-C), le groupe Seine-Oise-Marne (-3300 à -2800 ans avant J-C), la culture de la céramique cordée (-2800 à -2300 ans avant J-C) et la culture Campaniforme (-2500 à -2000 ans avant J-C).

Le mégalithisme se rencontre en Lorraine avec plusieurs monuments connus, principalement localisés dans les marges ouest et sud de la région. Il s’agit essentiellement d’allées couvertes, dolmens et menhirs. Des allées couvertes ou dolmens sont présents à Sexey-aux-forges (Meurthe et Moselle), à Beaufremont et Séraumont(Vosges) et à Montplonne (Meuse). Plusieurs menhirs sont encore en place tel que la « Hotte du Diable » à Milly-sur-Bradon (Meuse), la « Dame Schone » à Savonnières-en-Woëvre, la Pierre au Jô à Norroy-les-Ponts-à-Mousson (Meurthe et Moselle).

Protohistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

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Protohistoire[modifier | modifier le code]

Carte de la cité des Médiomatriques sous l'empire romain, héritière de la zone occupée par la peuplade celte en question.

Il faut attendre le néolithique pour que la région commence à se peupler comme l'attestent les poteries et les outils primitifs retrouvés sur les différents sites (plateau de Malzéville près de Nancy, colline Sainte-Croix à Metz, butte de Vaudémont, colline de Sion, le camp d'Affrique de Ludres ou mont Hérapel).

L'agriculture se développe vers 5000 av. J.-C.[1] La civilisation néolithique est importée par des migrations venant de la région du Danube : la culture rubanée. On connaît ensuite des vestiges de la culture de Rössen (4e millénaire) puis de la culture de la céramique cordée (3e millénaire).

La Lorraine se développe grâce au commerce du fer et du sel, ce dernier provenant du briquetage de la Seille et étant obtenu par évaporation en chauffant l'eau de certaines sources naturelles d'eau salée.

Durant l'Âge du fer, L'actuelle Lorraine est occupée par les Trévires au nord, les Médiomatriques dans la Basse-Moselle, les Leuques dans la Haute-Moselle, les Lingons à l'extrême sud-ouest[2] et les Séquanes à l'extrême sud-est[3].

Antiquité romaine[modifier | modifier le code]

À partir de -52, ce sont les Romains qui prendront possession de la région. Les peuples gaulois de la région resteront relativement peu impliquées dans la Guerre des Gaules, seuls les Médiomatriques participeront à Bibracte puis enverront 6 000 hommes à Alésia[4]. Les Leuques, qui n'ont jamais pris les armes contre Jules César, sont considérés comme « libres », et à ce titre dispensés d'impôt[5].

Après l'invasion romaine, la région connaît une période de paix durable. L'empereur Auguste intègrera la région à la province de Gallia Belgica. Celle-ci comportait plusieurs civitas, correspondant généralement aux anciens territoires des peuples conquis; l'actuelle Lorraine était ainsi partagée entre les civitas de Augusta Trevorum (Trèves), Tullum Leucorum (Toul) et Divodurum (Metz)[4].

Les Romains ont contribué au développement de la région, en construisant des routes, des aqueducs, des bâtiments, etc. Le tracé des routes actuelles correspond encore en partie à celui de celles créées par les Romains. Les Romains s'installent notamment sur les rives de la Seille où ils reprennent l'exploitation du sel initiée par les Celtes sept siècles auparavant, ce qui leur assure une grande prospérité. Le meilleur exemple de cette prospérité est la stèle dédiée en 44 par les habitants de Marsal à l'empereur Claude.

Il existe de nombreux vestiges de sites gallo-romains comme l'amphithéâtre romain de Grand ou le parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim.

Église Saint-Pierre-aux-Nonnainsde Metz érigée à partir d'une ancienne palestre romaine datée du IVe siècle

Antiquité tardive[modifier | modifier le code]

Sous Diocletien, en 285, Trèves devient la capitale de toute la partie occidentale de l'empire. À cette époque le pagus du Verdunois est extrait de celui des Médiomatriques. La Belgique est séparée en plusieurs provinces plus petites : Metz, Toul, Trèves et Verdun forment la Belgique Première.

Les invasions barbares débutent vers 250–275 par des incursions des Alamans et des Francs des Vosges jusqu'à l'Argonne[1]. Entre 355-357 les Alamans de Chnodomar avancent jusqu'à la Marne avant d'être défaits à la bataille d'Argentoratum. Ils font une nouvelle incursion en 365 et sont arrêtés par Flavius Jovin à Scarpone.

En 407, la préfecture du Prétoire des Gaules est rapatriée de Trèves à Arles et les légions stationnées sur le Rhin sont redéployées en Italie. Rome n'exerce plus qu'une autorité théorique sur ses provinces belges[4].

En 435, Aetius défait le roi burgonde Gondicaire, qui tentait d'annexer la Belgique Première[6]. En 451, la région est envahie par les Huns et Metz est rasée.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'époque franque (de Clovis à Louis le Pieux)[modifier | modifier le code]

Vers 475-480, les pays de Meuse et de Moselle passent sous l'influence des Francs rhénans, alors installés entre Cologne et Mayence[7]. La victoire de Clovis Ier, roi des Francs saliens, à Soissons contre Syagrius (486) permet d'intégrer ce territoire à son royaume dans le cadre d'un vaste royaume franc unifié. De retour de la guerre contre le Alamans, Clovis, passant par Toul, aurait demandé à saint Vaast de l'accompagner jusqu'à Reims où il allait se faire baptiser et de l'instruire de ses vérités divines[8]. À sa mort, en 511, ses États sont partagés entre ses fils, comme le voulait la tradition franque. Thierry Ier hérite de ce qui deviendra l'Austrasie au VIe siècle, sous Sigebert Ier, après l'échec d'une brève réunification de l'ancien empire Franc. En 561, Metz devient la capitale de ce nouveau royaume. Après la mort de Sigebert, le royaume sera contrôlé pendant plusieurs décennies par la reine Brunehilde dont les actes ont été célébrés par le poète Venance Fortunat.

Un autre souverain bien connu est Dagobert Ier, héros de la chanson du Bon Roi Dagobert. C'est peu après son règne, qui s'achève vers 639, que les monarques délaissent leurs charges et confient la gestion du royaume à des représentants de l'aristocratie. À la fin du VIIe siècle Pépin de Herstal, un noble austrasien fils de l'évêque Arnoul de Metz, devient maire du palais après sa victoire sur Thierry II, roi de Neustrie. Cette famille, ancêtre de la dynastie des Carolingiens, va alors gouverner sans discontinuer, obtenant du Pape le titre royal des Mérovingiens en 751. Par conquêtes et alliances, elle va former en quelques décennies l'Empire carolingien.

C'est durant cette période que l'Église catholique se structure peu à peu dans la région, la hiérarchie religieuse est issue de l'aristocratie locale. La première communauté monastique s'établit à l'abbaye de Remiremont en 620.

L'apparition de la Lotharingie[modifier | modifier le code]

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En 843 le traité de Verdun donne naissance à la Francie médiane. Ce territoire, d'abord sous influence germanique va être progressivement absorbé par la France. La Lorraine cesse d'exister comme État indépendant en 1736 lors des accords formalisés par le traité de Vienne.

Article détaillé : Lotharingie.

Bien que Lothaire ait été le successeur de Louis le Pieux, ses frères Charles le Chauve et Louis le Germanique lui imposèrent le partage du royaume de Charlemagne par le traité de Verdun en août 843[9].

Le royaume qui en résulta s'étendait de l'Italie à la mer du Nord, un royaume longiligne s'étirant sur 3000 km, une sorte d'«empire du milieu» hybride, disparate et artificiel (mais qui conserve tout de même la partie «historique» de l'Austrasie avec sa prestigieuse capitale, Aix-la-Chapelle dont le statut politique est désormais partagé avec Metz)[10]. La Francie médiane fut partagée (traité de Prum[11], 855) et la partie nord fut donnée à Lothaire II, dont Metz devint le centre politique, à la mort de son père, premier du nom, puis passa, à la mort de celui-ci en 869, sous le contrôle partiel de Charles le Chauve. Louis le Germanique lui en avait en effet cédé une partie lors du traité de Meerssen. Charles voulut en obtenir le contrôle total par la force mais il fut sévèrement défait. La Lotharingie (Lotharii Regnum, le royaume de Lothaire II) devint alors une cause de conflit entre la France et la Germanie.

Le duché de Lotharingie en l'an 1000.

Le duché de Lorraine et les Trois-Évêchés[modifier | modifier le code]

Avec la perte du titre impérial et le déclin de l'influence carolingienne, le royaume est petit à petit démembré. En 911, la Lotharingie passe sous le contrôle du roi de Francie occidentale Charles le Simple. En 925, elle devient un duché de l'Empire germanique après que Henri Ier a réussi à rallier l'aristocratie lotharingienne à sa cause et obtenu la neutralité de Charles le Simple. Le duché est à son tour divisé en 959 et la Haute-Lotharingie, qui deviendra le duché de Lorraine, se sépare de la Basse-Lotharingie en suivant les limites de la province ecclésiastique de Trèves. A la fin du Xe siècle, les évêques de Metz, Toul, et Verdun obtiennent le titre de prince-évêques, réduisant d'autant l'influence du pouvoir ducal[12].

Jusqu'en 1048, le duché n'avait pas de réelle capitale, même si on l’attribue traditionnellement à Metz, les ducs étant fournis d'abord par le comté de Bar, puis celui de Verdun et enfin celui de Metz. En 1048 alors, Gérard d'Alsace se voit attribuer le duché de Lorraine[13] et s'installe à Nancy qu'il fonde ex nihilo, du fait de l'émancipation des grandes villes du duché, comme Metz et Toul. A cette époque, les évêques contribuent au morcellement du duché par l'érection en temporels épiscopaux de leurs évêchés respectifs à Toul, Verdun et Metz, acquérant ainsi le rang de comte et de prince d'Empire. Malgré les spoliations de l'évêché de Strasbourg dans la région de Saverne, l'évêché de Metz est le plus étendu, possédant des terres dans le Saulnois, ainsi que dans les Vosges, notamment Épinal. Autour de 1070, le comté de Bar englobait de son côté des terres allant de Pont-à-Mousson jusqu'à l'est de Bar-le-Duc - le siège du comté - sur la rive gauche de la Meuse. Cette portion du comté, rive gauche de la Meuse, correspond au futur Barrois mouvant. C'est à cette époque qu'apparaît pour la première fois le nom de Lorraine en langue française.

La Lorraine morcelée du XVe siècle

Entre 1231 et 1234, la guerre des Amis oppose l'évêque Jean Ier d’Apremont aux habitants de Metz alliés au duc Mathieu II de Lorraine et au comte Henri II de Bar, l'évêque niant l'autonomie politique que ses prédécesseurs avaient donné aux bourgeois messins, tentait alors de de se réapproprier le pouvoir sur le comté de Metz. Metz chasse son évêque et réaffirme son image de république marchande riche et enviée, dirigée par un maître-échevin. Son influence est telle qu'elle doit subir les attaques de ses voisins. La guerre des quatre seigneurs l'oppose à une alliance du duché de Lorraine, des comtés de Bar et de Luxembourg et de l'archevêché de Trêves entre 1324 et 1326. Les conflits avec le duché de Lorraine reprendront en 1427-1429 lors de la guerre de la hottée de pommes.

Article détaillé : Metz au Moyen Âge.

Dès 1301, le comte de Bar est contraint de se reconnaître vassal du roi de France pour ses terres situées à l'ouest de la Meuse: le Barrois mouvant. Le duché de Lorraine lui-même doit faire face aux ambitions territoriales du duché de Bourgogne. Pour le duc de Bourgogne, la Lorraine brise la continuité territoriale entre ses terres de Bourgogne ou de Franche-Comté et les Pays-Bas bourguignons. La bataille de Bulgnéville en 1431 oppose les troupes franco-lorraines de René Ier de Naples aux Anglo-Bourguignons de Philippe III de Bourgogne pour la succession du trône du duché de Lorraine. En 1464 Jean II de Lorraine s'engage avec Charles le Téméraire dans la ligue du Bien public contre le roi Louis XI de France. En 1475, René II de Lorraine dénonce l'alliance bourguignonne pour se placer sous la protection du roi de France. Charles le Téméraire conquiert la Lorraine jusqu'à la bataille de Nancy où il est défait par René II de Lorraine en 1477.

René II, déjà duc de Lorraine, hérite en 1480 du duché de Bar : les deux États resteront distincts, mais on parle désormais des deux duchés ou des duchés pour désigner les territoires lorrains sous l'autorité des ducs. Lorraine et Bar connaîtront dès lors le même destin, jusqu'à la réunion à la France.

L'époque moderne[modifier | modifier le code]

Entre Renaissance et guerres de religion[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La peste en Lorraine.
Première carte connue de la Lorraine, (Martin Waldseemüller, vers 1508)
Le Nord est en bas.

Après la diète d’Augsbourg de 1500 les diverses entités politiques de Lorraine sont membres du Cercle du Haut-Rhin du Saint-Empire romain germanique[14].

La région est ravagée par le double fléau de la famine et de la peste. D'après l'historien Auguste Digot, des pluies torrentielles détruisent les semailles en l'an 1500, d'où la disette suivie d'une contagion très meurtrière. Le Discours des choses advenues en Lorraine, imprimé à Épinal en 1617, en parle en ces termes :

« La famine aussi survint par tout le pais, si estrange que le bichet de bled qui s'étoit donné quelques années auparavant pour moins de trois sols se vendit alors cinquante, comme ainsi la queue de vin qui ne s'estoit vendus que 18 gros, s'acheta 10 francs et plus. Cherté non ouïe auparavant et qui fut suivie l'année d'après d'une si grande pestidence, (car l'une est comme le levain de l'autre), qu'elle emporta presque le tiers des gens du pais, et qui fut tellement esclaircy et denuez d'hômes, que le commerce et le labourage en demeurèrent arrestez bien longtemps. Toutefois le duc René remédia le plutôt qu'il peu à ce déffaut par un allégement et diminution des charges et aydes ordinaires que le peuple supportait auparavant. »

En effet, le compte de 1507, pour la prévôté de Châtenois, parle de la réduction accordée « à cause de la peste qui y avait régné ». La Lorraine est encore décimée par le fléau en 1522 et les années suivantes.

Le duc Antoine « le Bon » s'efforce toujours de maintenir la paix avec les pays voisins et d'accroître la prospérité de son peuple. Il obtient que la Lorraine soit reconnue « État libre et non incorporable » par le traité de Nuremberg en 1542. Dans sa politique « conservatrice », il lève une armée pour écraser dans le sang la Révolte des paysans : environ 20 000 protestants meurent à Lupstein, Saverne et Neuwiller-lès-Saverne, puis 4 000 à Scherwiller.

Au cours du siècle, les ducs organisent progressivement leur monopole sur les salines lorraines concentrées dans le Saulnois et à Rosières-aux-Salines, au détriment des évêques, mais ils y rencontreront la concurrence grandissante des rois de France. Le sel sera pour la France, avec la route d'Allemagne et le pré carré protégeant le royaume, l'un des enjeux lorrains au XVIIe siècle.

Profitant d'un climat favorable, à savoir la rivalité entre Charles Quint, catholique, et les princes princes luthériens du Saint-Empire, Henri II s'empare des Trois-Évêchés au cours de son voyage d'Allemagne (aussi dit "d'Austrasie"). Les villes de Toul, puis Metz et enfin Verdun se rendent sans opposer de résistance, malgré la discorde entre les messins et magistrats de leur ville, ces-derniers ayant décidé d'eux-mêmes[15] de la reddition au roi de France. Malgré presque quatre mois de siège autour de la cité orchestré par l'empereur germanique Metz et les Trois-Évêchés resteront sous protectorat français pendant un siècle avant de passer sous la juridiction de la couronne de France à la fin de la guerre de Trente Ans.

Des troupes protestantes allemandes, les reistres ou lansquenets, envahissent la Lorraine par trois fois (de 1562 à 1577), tantôt seuls tantôt avec les calvinistes français. La garnison qu'ils établissent au château de Vicherey, pille et rançonne les alentours jusqu'au jour où elle en est chassée par le duc Charles III.

La peste reparaît en Lorraine en 1585. La prévôté de Châtenois est particulièrement éprouvée, comme l'attestent les comptes de 1586, de 1593 et de 1596. En dix ans, Châtenois est réduit de 900 habitants à 350 et Houécourt en perd 100 sur 280. Viocourt, Balleville, Rainville, Gironcourt, Dommartin, le ban de Biécourt sont atteints dans les mêmes proportions. Il ne reste à Auzainvilliers qu'un seul conduit. La mairie[réf. nécessaire] de La Rivière est complètement anéantie alors qu'en 1560 elle comptait 40 conduits disséminés sur les bords du Vair et de la Vraine, à Viocourt, Balleville, Saint Paul, Dommartin et Removille, et qu'elle avait déjà beaucoup souffert des ravages des Reîtres. « Les maisons sont presque toutes désertes », disait le receveur de Châtenois à la Chambre des Comptes, « il n'y reste que 13 conduits », en demandant de ne les soumettre qu'à une très légère redevance. Il ne lui est pas nécessaire après le passage de la peste de renouveler sa demande puisqu'il se borne à constater « qu'il n'y a nul conduit ».

Malgré les ravages de la peste en Lorraine, Charles III laisse, à sa mort, les duchés dans un état florissant. Son successeur, son fils Henri II « le Bon », fait le bonheur de son peuple par la sagesse de son administration. Cette ère de prospérité dure peu, car les calamités que sont peste, famine, et guerre s'unissent «pour faire un désert du plus beau pays de l'Europe[16]. »

La peste paraît la première en 1630, non pas la maladie contagieuse qui avait frappé plusieurs fois et dont on pouvait circonscrire les ravages, mais la terrible peste orientale. Pendant sept ans, elle sévit en Lorraine, et y fait d'innombrables victimes. À la peste vient s'ajouter la famine, causée par les mauvaises récoltes des dernières années depuis 1626.

La guerre de Trente Ans qui éclate peu après, tout en apportant son cortège d'horreurs, ne manque pas d'aggraver la disette et d'activer la maladie. Pour s'être allié à l'Angleterre et à l'Allemagne, et avoir attiré dans ses États le duc d'Orléans, Charles IV provoque la colère de Richelieu, qui d'ailleurs ne cherchait qu'une occasion pour s'emparer de la Lorraine. Les Français l'occupent en 1633 et y causent de grands ravages. Pour se venger d'Henri de Bouzey, qui avait voulu les empêcher de s'approcher de La Mothe, ils détruisent son château et pillent le village et les environs. Les Suédois, leurs alliés, qu'ils appellent en Lorraine, achèvent l'œuvre de dévastation. De leur côté, les Hongrois et les Croates (qui étaient au service de Charles IV) ne manquent pas l'occasion de piller et de rançonner le pays qu'ils ont mission de défendre. Enfin, des Lorrains eux-mêmes, poussés par leur extrême misère, prennent le parti de vivre de brigandages et d'augmenter la confusion. Jacques Callot a gravé dans des planches célèbres les Misères de la guerre.

Les habitants s'établissent dans les bois et les loups viennent dans les villages. Le résal de blé, qui se vendait 4 ou 5 Fr., monte à 56 Fr. et parfois plus haut. La plupart se nourrissent d'herbes, de racines, de fruits sauvages ou bien meurent de faim. Des villages entiers sont anéantis, tels Surcelle sur le territoire d'Auzainvilliers ou Montcourt sur celui de Clérey-la-Côte ; la Lorraine perd les trois quarts de sa population.

Les occupations françaises[modifier | modifier le code]

Par le traité de Saint-Germain en 1641, Louis XIII rend la Lorraine à Charles IV, dont les imprudences rallument aussitôt la guerre. La même année, les Français s'emparent une seconde fois du pays, dont la dernière forteresse, La Mothe, ne tombe entre leurs mains qu'en 1645 : elle devint un symbole de la résistance lorraine.

Cette seconde occupation française est moins éprouvante que la première : peste disparue, famine atténuée grâce à quelques bonnes récoltes, pillards moins nombreux depuis le démantèlement d'environ deux cents châteaux-forts ordonné par Louis XIII, pour affaiblir la force de résistance du pays. D'autre part, Mazarin, le ministre de Louis XIV encore dans sa minorité, doit combattre la Fronde dans le royaume, et les armées de Charles IV (commandées par Philippe Emmanuel de Ligniville, seigneur de Houécourt) ne luttent pas sans succès contre la France. La Lorraine connaît donc une certaine accalmie, mais elle est toujours aussi déserte.

En 1648, les traités de Westphalie officialisent l'annexion des Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun occupés depuis 1552 par Henri II.

À la suite du traité des Pyrénées, la convention de Vincennes (1661) rend au duché de Lorraine son indépendance et Charles IV reprend le gouvernement de ses États.

Les duchés de Lorraine et de Bar subissent de longues occupations par les armées françaises au cours de la plupart des guerres du XVIIe et du début du XVIIIe siècle.

En 1670, nouvelle rupture avec la France qui s'empare une troisième fois de la Lorraine. C'est en vain que Charles IV lutte pour reconquérir ses États. Il meurt en 1675. Son neveu Charles V, établi à la cour de Vienne, continue la guerre à la tête des Impériaux, et meurt en 1690 sans avoir jamais vécu en Lorraine ; il laisse le titre purement honorifique de duc de Lorraine à son fils Léopold.

La troisième occupation française fut de nouveau moins funeste que la seconde. Louis XIV, qui gouvernait alors par lui-même, visita le pays ; il vit combien il était pauvre et désert, et résolut d'y remédier. Il accorda des faveurs aux communautés, encouragea l'agriculture, l'industrie, le commerce, et invita des étrangers à s'y établir. Il fit aussi « coloniser » le pays de Bitche qu'il conserva à la France au détriment des ducs de Lorraine.

La reconstruction[modifier | modifier le code]

Le traité de Ryswick (1697), qui terminait la guerre entre l'Empire et la France, enlevait la Lorraine à Louis XIV et la restituait à son duc légitime, Léopold, fils de Charles V. Les Lorrains, dont la longue occupation française n'avait pu refroidir le patriotisme, accueillirent leur souverain avec enthousiasme quand il rentra dans ses duchés. Les espérances qu'ils avaient fondées sur lui ne devaient être trompées. Désireux avant tout de repeupler ses États, Léopold multiplia ses efforts pour rappeler ceux de ses sujets qui s'étaient expatriés et pour attirer les étrangers. Partout où se trouvaient des terres incultes, on les leurs abandonna moyennant une certaine redevance. En même temps des privilèges furent accordés aux Lorrains qui se mariaient en Lorraine.

Léopold obtint le résultat qu'il désirait. Les villes, notamment Nancy et Lunéville, sont reconstruites et embellies. Une statistique de 1711 révèle que la population en Lorraine avait doublé depuis son retour. Et à ce peuple qu'il aimait, Léopold s'appliqua pendant toute la durée de son règne à procurer l'abondance et la paix. Voltaire a fait de lui ce bel éloge dans Le siècle de Louis XIV :

« Un des plus petits souverains de l'Europe a été celui qui a fait le plus de bien à son peuple, Léopold trouva la Lorraine désolée et déserte, il la repeupla et il l'enrichit. Il l'a toujours conservée en paix pendant que le reste de l'Europe a été ravagé par la guerre. Il a procuré à ses peuples l'abondance qu'ils ne connaissaient plus. Je quitterais demain ma souveraineté, disait-il, si je ne pouvais faire du bien. Aussi a-t-il goûté le bonheur d'être aimé, et j'ai vu longtemps après ses sujets verser des larmes en prononçant son nom. »

Sous le règne de François III qui succéda à son père Léopold en 1729, la Lorraine continua à être florissante. Une des causes de cette prospérité fut sans contredit l'introduction de la pomme de terre. Comme elle était de qualité médiocre, elle ne servit d'abord qu'à la nourriture des animaux. « Ce fruit, dit une ordonnance de 1715, apporté du fond des Indes, qui semble plutôt destiné à la nourriture des animaux qu'à celle des hommes, est devenu fort commun dans toute la Vôge, surtout dans le temps malheureux qu'on vient d'essuyer. »

Dans les Trois-Évêchés, la situation est moins tendue. Mais les persécutions religieuses et les famines poussent certains à l'exil. Ainsi, entre 1720 et 1792, des Lorrains émigrent au Nouveau Monde, dans ce qui est alors la Nouvelle-France. Ils fondent des bourgs et des villages qu'ils baptisent "Lorraine", "Moselle" ou "Metz", toponymes que l'on retrouve aujourd'hui en Californie, dans le Kansas, le Missouri ou l'Indiana[17].

Le rattachement à la France[modifier | modifier le code]

La prospérité de la Lorraine ne pouvait qu'exciter davantage les convoitises de la France, et ce que la force des armes n'avait pu lui assurer, elle allait l'obtenir par des tractations politiques. Les ducs eux-mêmes, Léopold puis François III, recherchaient le moyen d'obtenir en échange de leurs duchés des États moins exposés.

En 1735, alors que le duc François III doit épouser l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche, héritière des Habsbourg, la France refuse de voir la Lorraine et le Barrois, quasi enclavés dans son territoire (l'Alsace a été progressivement annexée au cours du règne de Louis XIV), passer sous l'autorité directe d'une grande puissance étrangère. L'Autriche et la France établissent une convention en vertu de laquelle François renonce à la Lorraine en échange de la Toscane, tandis que la France accepte alors la Pragmatique Sanction. Afin de ménager le loyalisme lorrain et pour redonner rang de souverain à son beau-père, Louis XV n'annexe pas immédiatement les duchés à la France mais les remet, à titre viager, à l'ex-roi de Pologne Stanislas Leszczyński qui, à partir de 1737, est le dernier duc souverain.

Alors que le duc François III est déjà en Toscane, ayant épousé l'archiduchesse d'Autriche, et attendant d'être bientôt élu empereur du Saint-Empire, les Lorrains éplorés voient la duchesse douairière Élisabeth Charlotte d'Orléans quitter le château de Lunéville pour la petite principauté de Commercy qui lui est laissée en viager. Elle est bientôt remplacée par Stanislas, le « roi de Pologne » et nouveau duc de Lorraine et de Bar. Les duchés sont en réalité administrés par un chancelier désigné par la France, La Galaizière ; Stanislas fut cependant laissé libre de mener une politique sociale et artistique qui le rendit célèbre dans toute l'Europe éclairée, et le fit surnommer par ses sujets « le Bienfaisant ». Cependant les lois, impositions etc. des duchés se calquent sur celles du royaume, et Louis XV y fait lever des subsides, impose la gabelle, incorpore des milices lorraines dans l'armée française, et désigne les fonctionnaires.

Bientôt les régiments français vinrent séjourner en Lorraine, vivant sur le pays. La guerre de Succession d'Autriche enleva à l'agriculture des milliers de Lorrains dont beaucoup périrent ; les mauvaises récoltes, les réquisitions incessantes, le logement des troupes, les nouveaux impôts nourrirent le regret de la population pour ses anciens ducs et l'indépendance perdue.

La guerre de Sept Ans causa de nouvelles levées d'hommes et de nouvelles réquisitions ; mais les récoltes furent plus abondantes. À peine cette guerre était-elle terminée, que le roi Stanislas mourait, en 1766. La même année est formée le grand-gouvernement de Lorraine-et-Barrois, réunion des duchés de Lorraine et de Bar; des trois évêchés de Metz, Toul et Verdun; du Luxembourg français (région de Thionville); du duché de Carignan; du pays de la Sarre et du duché de Bouillon[18].

La Lorraine de la Révolution à la guerre de 1870[modifier | modifier le code]

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Cela ne fait qu'une vingtaine d'années que la Lorraine fait partie du royaume alors qu'éclate la Révolution. Elle n'a pas encore trouvé réellement son unité et est peu ancrée dans l'espace français ; de plus, tout oppose les deux grands pôles que sont Metz et Nancy[19]. Parmi les députés lorrains les plus en vue au cours des premières semaines, on trouve l'évêque de Nancy, Mgr de La Fare, qui prononce le sermon de la messe d'ouverture des États généraux à Versailles le 5 mai, mais c'est l'abbé Grégoire, curé d'Emberménil, qui apparaît rapidement comme l'un des chefs de file des patriotes lorrains et l'un des ténors de la Constituante bientôt rejoint par le Messin Pierre Louis Roederer, qui le 10 août 1792 fera sortir Louis XVI et sa famille du palais des Tuileries avant l'assaut de celui-ci[20].

En 1790, la Lorraine donne naissance à quatre départements français : la Meurthe, la Meuse, la Moselle et les Vosges. Au même moment, des députés lorrains ont réclamé la création d'un département de "Lorraine allemande", mais cette proposition fut refusée[21].

En 1793, les dernières enclaves non françaises sont annexées, la principauté de Salm, centrée à Senones dans les Vosges, et le comté de Créhange dans la Moselle. Intégré à la Moselle le 14 février 1793, le comté de Sarrewerden est finalement transféré quelques mois plus tard au département du Bas-Rhin pour former l'Alsace bossue[22]. La petite seigneurie de Lixing est la dernière à rejoindre la France en 1795.

Si la Lorraine est encore peu attachée à la monarchie française, elle semble cependant conserver un certain retrait par rapports aux évènements et ses élus seront principalement des modérés. Le plus célèbre d'entre eux est l'abbé Henri Grégoire. Les seuls évènements notables sont les incidents de Nancy qui entrainent la mort du jeune lieutenant André Désilles le 17 octobre 1790, et l'arrestation de Louis XVI et sa famille à Varennes-en-Argonne (cf. Fuite de Louis XVI et arrestation à Varennes), les 20 et 21 juin 1791.

Alors que la vente des biens nationaux est accueillie favorablement, le clergé possédant de nombreuses terres dans la région, la constitution civile du clergé est souvent rejetée, surtout dans la partie germanophone (97 % de prêtres réfractaires à Bitche). En 1791 la Moselle est le département qui compte le plus d'émigrés. En 1792, la Lorraine est envahie par la Première Coalition, qui assiège Longwy puis Verdun. Rapidement repoussés à Valmy, les contre-révolutionnaires sont alors assimilés à la domination étrangère. Malgré ses réserves politiques et religieuses, la Lorraine se rallie alors au régime Républicain et ses élus s'impliquent fortement dans les questions militaires. La Terreur restera limitée, les jacobins y seront un peu plus actifs en Meuse et en Moselle, que dans les Vosges et dans la Meurthe[23].

L'Empire[modifier | modifier le code]

Sous l'Empire la Lorraine connaît une prospérité matérielle entretenue par le commerce avec la Belgique annexée et les transits de troupes vers l'Allemagne. En 1814–1815 la région est envahie lors de la campagne de France, Nancy est occupée par les Alliés qui y placent le siège d'une restauration du gouvernement de la Lorraine et du Barrois. Lors du traité de Paris de 1815, la Moselle perd les territoires de Sarrebruck et Sarrelouis. L'occupation se poursuit jusqu'en 1818[24].

De la Restauration au Second Empire[modifier | modifier le code]

L'occupation de 1814–1818 a été durement ressentie et les Bourbons, accusés d'intelligence avec l'étranger, sont difficilement acceptés. La monarchie de Juillet est accueillie avec ferveur[25]. La Lorraine est alors une région majoritairement rurale, où l'agronome Mathieu de Dombasle développe plusieurs innovations.

La Révolution de 1848 et le coup d'État du 2 décembre 1851 sont globalement ignorés par la Lorraine, qui se rallie aux nouvelles institutions sans manifester ni enthousiasme ni hostilité[25].

Les infrastructures de transport se développent avec par exemple la mise en service de la ligne Paris - Strasbourg de 1849 a 1852 ou celle du canal de la Marne au Rhin en 1853. Elles contribuent au déclin du vignoble de Lorraine concurrencé par les vins du Languedoc qu'il devient plus facile d'acheminer. La révolution industrielle atteint la Lorraine avec l'essor des maître de forges comme la famille de Wendel et en 1870 la Lorraine assure déjà la moitié de la production nationale de fer[26].

Le temps des guerres franco-allemandes[modifier | modifier le code]

L'annexion de la Moselle (1871)[modifier | modifier le code]

Carte du nord-est de la France montrant la frontière de l'Empire germanique séparant le Haut-Rhin de l'actuel Territoire-de-Belfort, rajoutant deux cantons vosgiens au Bas-Rhin, coupant l'ancien département de la Meurthe en son tiers nord-est et l'ancien département de la Moselle en son quart ouest. Les deux territoires nord-est ont formé le département actuel de la Moselle et ceux du sud-ouest l'actuel département de la Meurthe-et-Moselle.
Départements lorrains avant 1871, figurés par les différentes couleurs. En noir, le tracé des limites actuelles de départements

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, de nombreuses batailles se déroulèrent en Lorraine: Spicheren, Borny-Colombey, Saint-Privat, La Bourgonce, Rambervillers, Brouvelieures puis le Siège de Metz qui marqua la défaite de la France.

À la suite de cette défaite, une partie de la Lorraine fut ainsi que l'Alsace cédée à l'Allemagne par le traité de Francfort (1871)[27]. Cette partie était constituée de presque toute la Moselle à l'exception de l'extrême ouest du département (Briey, Longwy) ; s'y ajoutaient la fraction nord-est de la Meurthe (Château-Salins, Sarrebourg) et quelques communes des Vosges (canton de Schirmeck et moitié orientale du canton de Saales). Le reste de la Meurthe et de la Moselle constituèrent, en 1871, le département de Meurthe-et-Moselle. L'ensemble des territoires cédés forma, sous l'administration allemande, le Reichsland Elsaß-Lothringen, avec pour capitale Strasbourg. Durant les premières décennies les Mosellans envoient des députés protestataires au Reichstag.

Les habitants de ces territoires avaient la possibilité de rester Français, en quittant leur région pour rejoindre la France. Ces personnes, appelées optants, furent estimées au nombre de 50 000, dont 11 200 en Lorraine, et une partie d'entre-elles s'installa en Lorraine française, surtout à Nancy, à tel point que le rapport des populations entre Metz et Nancy s'inversa, passant de 2:1 à 1:2. Le rattrapage démographique de Nancy par rapport à Metz, contraint par ses fortifications, avait cependant débuté dès la restauration française et en 1870 les populations des deux villes étaient équivalentes[28]. Cette arrivée de populations pour la plupart aisées et cultivées fut un élément moteur pour le dynamisme de Nancy, et pour le développement de l'art nouveau, magistralement représenté par l'École de Nancy. À cette époque, les autorités Allemandes affirment leur pouvoir en Moselle en promouvant une architecture de style wilhelmien, typiquement germanique. La gare et la poste centrale de Metz en sont de bons exemples.

Dans la partie restée française un nouveau département est créé, la Meurthe-et-Moselle regroupant les arrondissement des anciens départements de la Meurthe et de la Moselle qui n'ont pas été annexés. On créé la ligne de Longuyon à Pagny-sur-Moselle pour rétablir les liaisons coupées par la frontière de 1871. On construit surtout des fortifications de part et d'autre de la frontière, selon les théories de Séré de Rivières côté français et de Hans von Biehler côté allemand. Les forts de Metz et ceux de Thionville, intégrés aux fortifications de la Moselstellung, répondent aux forts de Verdun, Toul, Villey-le-Sec ou Mont-lès-Neufchâteau. Le décor étant planté, le premier acte de la tragédie pouvait se jouer.

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand d'Autriche est assassiné par un fanatique bosniaque. Des officiers serbes semblent compromis dans l’attentat. Le 28 juillet, après un ultimatum, l’Autriche-Hongrie attaque donc la Serbie, alliée de la Russie. L’engrenage des alliances s’enclenche. Le 1er août 1914, après un ultimatum, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie, envahit le Luxembourg et la Belgique, pays neutres, avant de déclarer la guerre à la France, le 3 août 1914. Le lendemain, la Grande-Bretagne entre dans le conflit aux côtés de la France et de la Russie. Alliée de l’Autriche-Hongrie, l’Italie déclare qu’elle n’interviendra pas[29]. L'esprit de revanche, que nourrissait la perte de l'Alsace-Lorraine au sein de la population française et de sa classe politique, exalte en France un sentiment profondément germanophobe, propice aux hostilités.

Durant le conflit, la Lorraine est touchée dans sa chair par les combats. Le sol de la région voit alors s’affronter des soldats lorrains, sous des uniformes français ou allemands[30], selon leur nationalité respective. Car les Mosellans sont naturellement incorporés dans les troupes allemandes et se battent sans état d’âme pour l'Empire[31]. Ainsi, entre 1914 et 1918, si 18 000 Alsaciens et Mosellans s'engagent dans l'Armée française ou désertent pour la rejoindre[32], 380 000 Alsaciens-Lorrains, soit plus de 95% des conscrits, se battent loyalement pour l'Allemagne jusqu’à la fin de la guerre, parfois jusqu'à l'ultime sacrifice[32]. Leurs tombes sont aujourd'hui entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge.

Dès le début de la guerre, plusieurs grandes batailles de la guerre de mouvement se déroulent dans la région : la bataille de Lorraine puis la trouée de Charmes, les batailles du Grand Couronné, des hauts de Meuse et de Haute Meurthe. Après la stabilisation du front, qui traverse la région du nord-ouest au sud-est, plusieurs affrontements importants se dérouleront dans la région, comme la bataille des Hautes-Vosges, les combats du Bois-le-Prêtre ou le saillant de Saint-Mihiel. La bataille de Verdun, qui se déroula en 1916 et où l'armée française fera passer 70 % de ses Poilus, fût l'une des plus longues et des plus meurtrières de la guerre. Plusieurs villages, entièrement détruits en Meurthe-et-Moselle et surtout en Meuse, ne seront jamais reconstruits. Cette région dévastée, appelée zone rouge, comporte d'importants mémoriaux, dont le plus fameux est l'ossuaire de Douaumont.

L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, la France retrouva les territoires perdus en 1871, grâce au traité de Versailles signé en (1919). Les territoires pris à l'origine à la Meurthe et à la Moselle formèrent un seul département, la Moselle, dans des limites qui sont donc sensiblement différentes de celles du département homonyme avant 1871. La Meurthe-et-Moselle, construction temporaire à l'origine, resta inchangée, laissant un souvenir de l'ancienne frontière. Enfin les communes qui avaient été prises aux Vosges restèrent alsaciennes, rattachées au Bas-Rhin. Après le retour à la France, environ 30 000 habitants sont expulsés de la Moselle par les autorités à cause de leur origine allemande[33]. Le département restera longtemps traumatisée par les déchirures de la guerre et les dommages collatéraux des nationalismes.

Sur le plan culturel, les intellectuels lorrains réagiront diversement au rattachement de la Moselle à la France. Certains s’engageront sur la voie d’un nationalisme pro-français, revanchard et cocardier. D’autres, majoritairement mosellans, s’engageront sur la voie antagoniste d’un nationalisme pro-allemand, tout aussi vindicatif et belliqueux. D’autres encore, comme Adrienne Thomas[34], ou Alfred Pellon[35], hésiteront entre un pacifisme sincère, mais naïf, et un régionalisme culturel identitaire[36]. Ces mouvements, plus ou moins autonomistes, seront ensuite largement exploités par les nazis[37].

Sur le plan économique, les ressources minières de la Lorraine sont alors quasiment intactes. D'une part, l'extraction du charbon n'était qu'un appoint pour les Allemands qui possédaient des ressources plus simples d'accès dans le bassin de la Sarre. D'autre part, le plus important gisement de minerai de fer, la minette, n'était exploité que depuis le début du siècle car il contenait un important taux de phosphore, rendant la fonte cassante. Ce n'est qu'en 1878, qu'un procédé[38] permettant l'élimination de cette impureté permit l'exploitation systématique des gisements lorrains.

Sur le plan militaire, la zone frontalière de Lorraine fut un des lieux de déploiement de la ligne Maginot, ligne d'ouvrages fortifiés destinés à prévenir une nouvelle invasion allemande : cette ligne fut en fait contournée en mai 1940 par l'armée allemande, qui fonça à travers le Massif ardennais, une zone réputée infranchissable pour les blindés.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dieuze à l'automne 1944
Article détaillé : Annexion de la Moselle (1940).

Après l’évacuation forcée de 300 000 lorrains des zones frontalières, par l'administration française[39], la Lorraine est de nouveau occupée durant la Seconde Guerre mondiale de 1940 à 1945. Les opérations militaires, lancées en septembre 1939 par la France, se poursuivent sur la ligne Maginot jusqu'en juin 1940. Mais l'offensive allemande du 10 mai 1940 met fin à cette « drôle de guerre », et se solde le 22 juin par la défaite des forces armées françaises. Peu après la signature de l'armistice par le gouvernement Pétain, le IIIe Reich annexera de facto le département de la Moselle à l'Allemagne et occupera les trois autres départements.

L'Alsace-Lorraine de 1871 n'étant pas reconstituée, la Moselle, baptisée « CdZ-Gebiet Lothringen », forme, avec la Sarre-Palatinat, le « Gau Westmark ». De 1940 à 1945, ce département fera l'objet d'une intense germanisation et d'une nazification systématique. Le reste du territoire lorrain est occupée par l'armée allemande, et fait partie d'une zone interdite, destinée à devenir une zone de colonisation allemande, la « Franconie occidentale[40]». Le retour des réfugiés de 1939-1940 y est donc prohibé. Environs 84 000 Mosellans francophones sont expulsés par le Gauleiter Bürckel entre juillet et novembre 1940. Des « malgré-nous » sont enrôlés de force dans l'armée régulière allemande à partir de 1942[41]. La plus grande partie de la Lorraine est libérée de septembre à décembre 1944 par la IIIe armée du général Patton. Les combats sur le sol lorrain, comme le combat de Bruyères, la libération de Nancy, ou le combat d'Arracourt sont très durs. Mais durant l'automne 1944, c'est la bataille de Metz qui constitue le point d'orgue de la campagne de Lorraine pour l'armée américaine[42]. Déclarée forteresse du Reich par Hitler, Metz doit être défendue jusqu'à la dernière extrémité par les troupes allemandes. De Maizières-lès-Metz à Corny-sur-Moselle, les combats font rage en septembre et octobre 1944. Metz ne tombera qu'en novembre 1944[43], après des combats acharnés[44]. La bataille des Ardennes, puis l'opération Nordwind au Nord-Est de la Moselle repousseront la libération à mars 1945. L'opération Undertone menée du 15 au 24 mars 1945, permettra de libérer, après d'intenses bombardements, les secteurs de Forbach[45] et de Bitche[45]. La guerre marquera profondément la Lorraine et sa population. La liste des nécropoles militaires en Lorraine rappelle la dureté des combats, durant les trois derniers conflits entre la France et l'Allemagne.

La Lorraine depuis la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Haut-fourneau à Uckange
Houillère de Petite-Rosselle

Hormis durant la Seconde Guerre mondiale, la production industrielle ne va pas cesser de croître jusqu'en 1960 où :

  • la production de houille dépasse les 15 millions de tonnes, soit 24 % de la production française de charbon. Cette industrie emploie plus de 40 000 mineurs qui, avec 3 tonnes extraites par homme et par jour ont un rendement approximativement deux fois supérieurs à la moyenne française.
  • les mines de fer produisent 46 millions de tonnes par an, soit 90 % de la production française et emploient 25 000 mineurs. La France est alors le troisième producteur mondial d'acier.
  • la sidérurgie emploie 100 000 personnes dont 70 000 ouvriers et produit 11 millions de tonnes de fonte, 12 millions d'acier et 9 millions de produits finis, soit approximativement 70 % de la production française.
  • l'industrie textile représente plus de 25 % de la production française et emploie plus de 60 000 personnes.
  • parallèlement, l'agro-alimentaire emploie environ 110 000 personnes, le bâtiment 100 000, le bois et le papier 22 000, la chimie 10 000.

Cette forte demande en main-d'œuvre implique un important flux migratoire, à la fois d'autres régions françaises et de l'étranger, principalement d'Italie et de Pologne. La population s'est accrue de 500 000 habitants en 30 ans. Cela implique une tension considérable sur le marché de l'immobilier. En 1965, on estime qu'il manque encore plusieurs dizaines de milliers de logements et qu'environ 30 % des Lorrains souffrent de surpopulation.

La Lorraine est alors, après l'Île-de-France et le Nord-Pas-de-Calais, le troisième pôle économique de la France.

Création de la région administrative[modifier | modifier le code]

Le nord de la région semble alors se développer plus rapidement que le sud et Nancy craint alors de voir la Lorraine basculer dans l’orbite de Sarre et du Luxembourg. On assiste alors à un regain des tensions entre les villes de Metz et Nancy.

C'est en 1956, avec la création des circonscriptions du programme d'action régional, qu'est défini le périmètre de la future région administrative de Lorraine. Il est décidé de conserver les limites départementales. Si le regroupement des Vosges, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle s'impose rapidement, les administrations de la Moselle coopèrent de façon équivalente avec Nancy et Strasbourg. Il est finalement décidé de regrouper les quatre départements[46].

À partir de 1964 la Commission de développement économique régionale (Coder) siège à Metz et le préfet de Moselle devient préfet de région. Sur le plan des aménagements le tracé de l’autoroute française A4 au nord de Metz, ou les projets de l’ORÉAM (Organisations d'études d'aménagement des aires métropolitaines) d’un aéroport à Morhange ou d’un centre de distribution à la frontière allemande provoquent également des tensions[47]. Pour Nancy le traumatisme est important et son maire, Pierre Weber, démissionne en 1969.

On voit progressivement apparaître la tentation de ne plus avoir à choisir entre les deux villes. Dans les années 1960 l’État lance une politique de métropole d'équilibre, le pouvoir politique imposera en Lorraine une conurbation Nancy-Metz-Thionville[48]. L’aéroport Metz-Nancy-Lorraine est construit à peu près à équidistance, tout comme, plus récemment la LGV Est européenne.

La crise économique[modifier | modifier le code]

À partir des années 1970, le charbon est progressivement remplacé par le gaz, le pétrole puis l'énergie nucléaire. Le développement du transport maritime permet à de nouveaux pays d'exporter leur production de fer et de charbon, venant souvent de gisements beaucoup plus rentables que les mines lorraines. La sidérurgie est alors de plus en plus concurrencée par les usines portuaires, puis par les nouvelles installations des pays exportateurs de minerais. Simultanément, l'industrie textile doit elle également affronter la concurrence de nouveaux pays à faibles coûts de main-d'œuvre.

On entreprend par ailleurs d'effacer certaines traces encore visibles de l'annexion allemande. En 1972, l'Académie de Nancy-Metz est créée, mettant fin au rattachement de la Moselle à l'Académie de Strasbourg[49]. L'année suivante la cour d'appel de Metz est restaurée[50].

La reconversion[modifier | modifier le code]

Avec le soutien de l'État, la région entame une reconversion avec le développement de l'automobile, de l'agro-alimentaire, de la logistique, de la plasturgie… En 1984 Jacques Chérèque est nommé préfet délégué à la reconversion industrielle de la Lorraine.

Si certaines initiatives, comme l'implantation d'une filière dédiée à l'électronique échouent, la Lorraine retrouve un taux de chômage dans la moyenne nationale.

Ce redressement est également dû en grande partie au développement de l'emploi transfrontalier. Les coopérations internationales se développent avec la création de la grande région Saar-Lor-Lux ou du QuattroPole Luxembourg, Metz, Sarrebruck, Trèves.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Chronologie de la Lorraine Pierre Brasme
  2. Limites de la Province lingonnaise, Mémoires de la Société historique et archéologique de Langres, t.2, Musée de Langres / 1862 (lire en ligne)
  3. Musée Lorrain, Nancy
  4. a, b et c Jean-Louis Masson, Histoire Administrative de la Lorraine, 1990, p. 17 (ISBN 978-7-6300-0406-6)
  5. Vivre à la romaine, Voyage dans les Vosges antiques, La Gazette lorraine, 2014, p. 9
  6. Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne p101 Eugène Rougebief 1851
  7. Pierre Brasme, La Lorraine des origines à nos jours, 2012, Ouest France, p. 21
  8. Ibidem
  9. Jean-Louis Harouel, Jean Barbey, Eric Bournazel, Jacqueline Thibaut-Payen, Histoire des institutions de l'époque franque à la Révolution, Paris, PUF, 1987, pp. 63-64.
  10. Pierre Brasme, La Lorraine des origines à nos jours, p. 31.
  11. Pierre Brasme, ibid. p. 32.
  12. Cette montée en puissance est aussi due à des privilèges accordés tout d'abord à l'évêque de Metz par Charlemagne (tels que la perception de l'impôt et le pouvoir judiciaire au sein de son diocèse), et ensuite à ceux de Toul et de Verdun par Louis le Pieux. Source : La Lorraine pour les Nuls
  13. Jean Schneider: Histoire de la Lorraine, coll. Que sais-je, Vendôme, 1951 (p.28-29)
  14. Encyclopédie méthodique, Économie politique et diplomatique, tome 4 p. 57, Jean Nicolas Démeunier, 1788.
  15. Le maître-échevin Jacques de Gournay eut une entrevue privée avec Henri II à la suite de l'occupation des abords de la ville de Metz.
  16. Histoire de Lorraine p. 172 Auguste Digot 1856
  17. Exploration et colonisation de l'Amérique du Nord sur medarus.org.
  18. Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Histoire de la Lorraine » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)
  19. Pierre Brasme, p. 73
  20. Pierre Brasme, ibid.
  21. Jean-Louis Masson, Histoire administrative de la Lorraine : des provinces aux départements (1982)
  22. Rauwiller
  23. Michel Parisse, Histoire de la Lorraine, 1977, p. 357.
  24. Parisse, op. cit., p. 366
  25. a et b Parisse 1977 p379
  26. www.musee-minesdefer-lorraine.com/dossier%20enseignant.doc
  27. Après la signature du traité, reconnu de jure par les autres Nations, il ne fut juridiquement plus question de parler d'annexion pour ces territoires qui devinrent alors Terre d'Empire (Reichsland).
  28. Histoire de Metz, p. 201 René Bour 1979
  29. Jacques Bouillon ; Françoise Brunel ; Anne Marie Sohn : « 1914-1945 ; le monde contemporain », Bordas, Paris, 1980 (p. 8-9)
  30. Le 145e régiment d'infanterie du roi (6e Lorrain) du XVIe corps d'armée allemand notamment participe à ces combats fratricides dans la Meuse. Des familles resteront à jamais déchirées par ce conflit meurtrier.
  31. Jean-Noël Grandhomme ; Francis Grandhomme:« Les Alsaciens-Lorrains dans la Grande Guerre », La Nuée Bleue, Strasbourg, 2013.
  32. a et b 1914-18 : La grande guerre sur memorial-alsace-moselle.com
  33. Les expulsions et les transplantations en Moselle de 1940 à 1945 Henri Hiegel 1982
  34. Auteur de Die Katrin wird Soldat, un roman paru en 1930, dont l’intrigue se situe à Metz, et qui sera brûlé par les nazis pour son « pacifisme ».
  35. Alfred Pellon (1874 ; † 1949) dira à la fin de sa vie : « Nous autres Lorrains, nous n’avons pas de Patrie. »
  36. Jacques Lorraine, Les Allemands en France : la théorie du sang et la France, la zone interdite Est, la Bretagne, l’Alsace et la Lorraine, terre d’épreuve, éd. du Désert, 327 p., Alger-Oran, 1943–1945.
  37. Meißner Otto, Elsaß und Lothringen, Deutsches Land, Verlkagsanstalt Otto Stollberg, 324 p., Berlin, 1941.
  38. Méthode Thomas-Gilchrist
  39. Moselle - Le magazine du Conseil général de la Moselle N°54 - novembre 2009.
  40. Jacques Lorraine, Les Allemands en France : l'Alsace et la Lorraine, la zone interdite (IIe partie), éd. du Désert, Alger-Oran, 1945 (p. 35-42, 49-52 et 69-78).
  41. Alors que la Hitlerjugend devient obligatoire pour les jeunes mosellans le 4 août 1942, une ordonnance instituant le service obligatoire dans l'armée allemande pour les Mosellans est promulguée le 19 août 1942. Dix jours plus tard, une seconde ordonnance, portant sur l'octroi de la nationalité allemande, rend applicable l'incorporation des Mosellans dans l'armée allemande, les futurs « malgré-nous ».
  42. Hugh M. Cole, The Lorraine campaign, Washington, 1950.
  43. Le dernier fort de Metz, le groupe fortifié Jeanne d’Arc, se rendra le 13 décembre 1944, après trois mois de siège.
  44. René Caboz, La Bataille de Metz. 25 août - 15 septembre 1944, Sarreguemines, 1984.
  45. a et b Forbach; 105 jours de siège, 130 civils tués et Un hiver terrible; Cent jours pour libérer le Pays de Bitche in 1944-1945, Les années liberté, Le Républicain Lorrain, Conseil Général de la Moselle, Metz, 1994 (p.50-52)
  46. « Les dessous de l'actuelle carte des régions », Michel Feltin, l'Express 25 février 2009
  47. Histoire de Metz, p. 280 René Bour 1979
  48. http://strates.revues.org/document556.html#tocto1
  49. [1]
  50. www.carte-judiciaire.justice.gouv.fr/art_pix/contribution_carte_judiciaire_ca-metz.pdf

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l'Ancien Régime, Presses universitaires de France, 1996, 1384 pages - (ISBN 2-13-047731-3)
  • Jean-Claude Bonnefont (dir.), Histoire de la Lorraine de 1900 à nos jours, collection Le passé présent, Toulouse, Privat 1979
  • Pierre Brasme, Histoire de la Lorraine des origines à nos jours, Éditions Ouest-France, Histoire des provinces, 2012
  • Gérard Cabourdin, Claude Gérard, Lorraine d'hier, Lorraine d'aujourd'hui, Nancy (PUN) - Metz (Serpenoise), 1987
  • René Caboz, La bataille de Nancy : Lunéville, Château-Salins, Faulquemont : 25 août-17 novembre 1944, Éditions Pierron, Sarreguemines, 1994
  • « Les chasseurs paléolithiques de Lorraine », catalogue La Lorraine d'avant l'Histoire, Musée de Metz, 1986
  • Auguste Digot : Histoire de la Lorraine, en 6 tomes (de plus de 400 pages chacun) publiés initialement en 1856, chez Vagner à Nancy - reprint Ed. Lacour-Ollé, 2002 - (ISBN 2-84149-253-2)
  • Jérôme Estrada et François Moulin: Histoire de la Lorraine : 100 lieux pour comprendre, L'Est Républicain, 144 pages, 2011
  • Robert Parisot, Histoire de la Lorraine, Paris, Picart, 1919-1924, 4 volumes
  • Michel Parisse (dir), Histoire de la Lorraine, Privat, Toulouse, 1977
  • François Roth, Histoire de la Lorraine et des Lorrains, Metz, Serpenoise, 2006
  • René Taveneaux et Jean Lanher (dir.) : Encyclopédie illustrée de la Lorraine, dans Encyclopédie illustrée de la Lorraine; Histoire de la Lorraine, Serpenoise ; Presses universitaires de Nancy, Metz, Nancy, 1990-1994
  • Jean Thomas, Lorraine, 2000 ans d'histoire, Gérard Louis, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]