Dérailleur

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dérailleur avant
Dérailleur arrière

Un dérailleur est un système qui permet le déplacement de la chaîne d’un vélo, pour en changer le développement par démultiplication ou multiplication. Il est généralement commandé par câble. Le dérailleur arrière comporte aussi un tendeur de chaîne, chargé d'adapter sa longueur au diamètre du pignon choisi.

Dérailleur avant[modifier | modifier le code]

Le dérailleur avant se charge de faire changer la chaîne de plateau pour choisir le braquet le plus avantageux. Le nombre théorique des vitesses d’un vélo est le produit du nombre de plateaux du pédalier par le nombre de pignons du moyeu arrière. Par exemple, un vélo avec 3 plateaux et 7 pignons aura 21 vitesses. Pour un tel nombre, il s’agit en fait de vitesses théoriques, car il est plus économique d'éviter de croiser la chaîne, c’est-à-dire de la tordre entre un pignon de gauche et un plateau de droite et réciproquement (les frottements dissipent de l'énergie et usent prématurément la chaîne) ; en outre, on peut obtenir des rapports très voisins selon les combinaisons de plateaux et de pignons.

Dérailleur arrière[modifier | modifier le code]

Le dérailleur arrière déplace la chaîne sur le pignon sélectionné. Si la plupart des dérailleurs offrent toujours l’option de changer de vitesse en mode friction, les dérailleurs indexés ou à commande automatique sont la norme. Les dérailleurs sont d’utilisation simple, mais doivent être réglés très précisément : la course latérale de la fourchette du dérailleur doit être limitée afin que la chaîne ne saute pas. Le dérailleur arrière comporte deux roulettes ou galets qui assurent simultanément la tension et le guidage de la chaîne lors du changement de vitesse. Le galet du haut est identifié par l'inscription « Puley » tandis que celui du bas comporte la mention « string ».

Histoire[modifier | modifier le code]

  • En 1869, un prototype de transmission par « dérailleur » a été présenté au Salon du vélocipède de Paris.
  • En 1890, pour changer de vitesse, les coureurs devaient retourner la roue arrière de leur vélo.
  • En 1895, Jean Loubeyre a conçu le « Polycelere », le premier vrai dérailleur, qui a été inscrit au catalogue de la Compagnie Générale des Cycles.
  • En 1897, apparition de la roue libre.
  • En 1908, l'arrivée sur le marché des premiers modèles, à savoir: le Perret; le Hervier; le Prével d'Arlay; le Boizot[1].
  • En 1912, alors que le Tour de France franchissait les cols des Alpes pour la première fois, un coureur, le stéphanois Joanny Panel, expérimenta sur son vélo « Le Chemineau » un changement de vitesse par dérailleur. Il fut ensuite interdit en compétition par Henri Desgrange, organisateur du Tour, mais adopté dans le cercle cyclotouriste de Vélocio.
  • En 1924, un autre Stéphanois, Albert Raymond, lança le Cyclo à transmission hélicoïdale, premier dérailleur produit en grande série[2].
  • En 1928, le Dijonais Lucien Juy créa le dérailleur Simplex à galet[3].
  • En 1930, Campagnolo inventait le dérailleur à baguette, qu’il commercialisa en 1933.
  • En 1935, Lucien Juy commercialisait le Super Simplex, le premier système à parallélogramme articulé[4].
  • En 1937, l’usage du dérailleur a été autorisé pour le Tour de France. Le seul modèle approuvé alors était le « Super-Champion » de l’ancien coureur cycliste Oscar Egg.
  • En 1946, le dérailleur « avant » fit son apparition dans les compétitions cyclistes.
  • En 1956, le japonais Shozabaro Shimano produisit son premier dérailleur. Il s’agissait en fait d’une copie du dérailleur Simplex de 1950.
  • En 1964, le japonais Nobuo Ozaki, chef de développement des produits chez Maeda (Suntour), inventa le dérailleur à parallélogramme penché (son brevet a expiré en 1984)[5]
  • À partir de 1985, Shimano diffuse mondialement son système intégré (fourniture aux constructeurs d'ensembles mécaniques complets : pédaliers, roulements, pignons, jeux de direction, freins…). Les années 1990 voient la disparition de nombreux fabricants nationaux : Favorit (Tchécoslovaquie), Fichtel & Sachs (Allemagne), Galli (Italie), Gipiemme (Italie), Huret (France), Mavic (France), Simplex (France), Sturmey-Archer (Royaume-Uni), Zeus (Espagne)[6]… Le marché est actuellement dominé par Shimano, Campagnolo et SRAM.
  • En 1992, Mavic introduit le dérailleur arrière à commande électrique (le Mektronic) qui équipera sur le Tour de France les équipes ONCE et RMO.
  • En 2009, Shimano diffuse des dérailleurs avant et arrière à commande électrique, les Di2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Document de l'association Véloxygéne de Saint-Rémy-lès-Chevreuse.
  2. M. Devun : L'industrie du cycle à Saint-Étienne, Revue de géographie alpine, 1947, vol. 35, no 1, p. 14, 27 et 30. Article téléchargeable à l'adresse [1] du site Persée du ministère français de l'Éducation nationale et de la Recherche.
  3. « http://www.too-velo.com/content/view/47/56/1/13/ » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  4. « http://cyclosportthionvillois.com/mecanique/DERAILLEUR1.doc » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  5. « http://www.users.globalnet.co.uk/~hadland/page35.htm » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  6. « http://www.users.globalnet.co.uk/~hadland/schmitzderailleurs.html » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :