Mavic

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Mavic

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Création 1889[1]
Dates clés 2005
Fondateurs Léon et Laurent Vielle
Personnages clés Bruno Gormand
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Drapeau de France Metz-Tessy[2] (France)
Direction Bernard Millaud[3]
Activité Équipementier de l'industrie du cycle
Site web www.mavic.fr
Un équipement de la marque

Mavic est un équipementier de l'industrie du cycle. Cette société créée à Lyon en 1889 est détenue depuis 2005 par la société finlandaise Amer Sports qui possède également les marques Atomic, Wilson, Suunto, Precor et Salomon. Elle a son siège à Metz-Tessy dans la communauté de l'agglomération d'Annecy en Haute-Savoie.

C'est sous la direction de Bruno Gormand de 1962 à 1985 que la marque prendra réellement son essor pour devenir un acteur important du cyclisme sportif. Son succès s'est appuyé sur une assistance gratuite et neutre des coureurs du Tour de France, ce qui la rendit visible sur les étapes couvertes par la télévision.

Mavic est l'acronyme de Manufacture d'Articles Vélocipédiques Idoux et Chanel.

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1922, à Lyon, Charles Idoux et Lucien Chanel créent une société alors spécialisée dans la fabrication de garde-boue et d’articles vélocipédiques. Henri Gormand, qui en était le fondé de pouvoir à sa création, en devient actionnaire majoritaire en 1924, lorsque l’entreprise fut transformée en société anonyme et prit le nom d’Établissements Mavic (sigle de Manufacture d’articles vélocipédiques Idoux et Chanel). Parallèlement, en 1929, avec d’autres investisseurs, Henri Gormand rachète la société EMR dont il devient administrateur avant d’en prendre le contrôle, en 1932.

L’origine des EMR remonte à 1889, lorsque deux frères, Léon et Laurent Vielle, créent à Lyon une activité de nickelage de métaux. En 1905, ils s’associent avec Vital Artaud et Joseph Amargain dans une société en nom collectif Artaud, Amargain & Cie spécialisée dans la fabrication de guidons, en collaboration avec l’atelier des frères Vielle pour le polissage et le nickelage. Les deux sociétés fusionnent en 1907 sous le nom de Vielle frères & Cie. La société connaît alors une croissance rapide, portée par le marché du vélo, et devient, en 1917, une société en commandite par actions et prend la dénomination d’Établissements métallurgiques du Rhône (EMR) qui commercialiseront des guidons et des jantes en acier sous la marque AVA. Suite aux difficultés économiques de l’après-guerre, la société, probablement endettée, est cédée à Henri Gormand. Sous sa direction, les activités des EMR et de Mavic seront dès lors étroitement liées jusqu’à sa mort.

En 1930, soit deux ans après le dépôt du premier brevet pour une jante creuse en Duralumin par Charles Dieu et André Lestradet (jante Méphisto), Mavic développe sa première jante en dural et c’est pour pouvoir la produire en série que H. Gormand achète les EMR, ce qui lui permet d’accéder à un équipement industriel moderne. En 1932, les EMR proposent déjà un guidon en dural et c’est en 1934 que les jantes Mavic dural font leur apparition sur le Tour de France. Elles sont cependant peintes façon bois car les jantes en aluminium ne sont pas autorisées par les organisateurs, ce qui n’empêche pas Antonin Magne de remporter l’épreuve avec elles cette année-là. Elles ne pèsent que 700 g, soit deux fois moins que la concurrence grâce au système des œillets faisant reposer la tension du rayon à la fois sur la partie supérieure et inférieure de la jante. Le procédé a été inventé par un Italien, Mario Longhi et déposé en janvier 1934, « deux heures avant Mavic » selon la légende. Mavic exploitera donc le procédé sous licence. Dès lors les coureurs réclament l’autorisation d’utiliser ces jantes et, sur le Tour 1935, toutes les jantes sont des Mavic « Dura ». Mais de nombreux accidents lors de l’épreuve, dont certains dramatiques (mort de l’Espagnol Cépéda dans la descente du Galibier) montrent que les colles à boyau, prévues pour le bois, doivent être adaptées pour l’aluminium, ce qui sera fait à partir de l’étape de Nice. Les jantes Mavic remportent ainsi le Tour de France et de nombreuses autres épreuves cette année-là. C’est le début de la domination des jantes Mavic dans les épreuves sportives.

En vue de sa diversification, Mavic rachète en 1955 la société Moreau & Cie, transformée en « département Mavic freins », qui cessera cependant son activité en 1961 en raison de pertes importantes.

La mort de Henri Gormand, en 1963, crée une crise de succession. Parmi ses huit enfants, Louis apparaît comme le successeur désigné par son père puisqu’il a été administrateur des EMR dès 1942 et associé à la gestion de Mavic à partir de 1950. Mais Bruno Gormand, qui a été en procès avec son père et avec Louis, s’y oppose, accusant son frère de vouloir rejoindre Rigida (le principal concurrent) et la famille se trouve alors divisée en deux camps. Cette crise de succession se double de difficultés financières : Mavic est en déficit constant de 1959 à 1964, cumulant au cours de ces années plus de 5,5 millions de F de pertes. Finalement, Louis conservera l’entreprise la plus saine, les EMR, et Bruno héritera de Mavic.

Les EMR seront pourtant rachetés dès 1965 par la société mère de Rigida et seront dissous en 1968. Quant à la marque AVA, elle disparaît vers 1981. Ironie de l’histoire, Rigida sera à son tour rachetée par un autre fabricant de jantes, Wolber, lui-même cédé en 1994, pour un franc symbolique, à... Mavic.

En 1966, Bruno fonde Mavic SA, à Saint-Trivier-sur-Moignans (Ain) par fusion des anciens Établissements Mavic. La société, qui n’avait jamais compté plus d’une cinquantaine de salariés, connaît à partir de là un développement important grâce à une politique commerciale et technique innovante.

En 1973, Mavic développe la première roue lenticulaire destinée à améliorer l’aérodynamisme. Elle ne sera cependant jamais autorisée dans les pelotons professionnels.

En 1975, Mavic met au point la jante Module E, première jante double paroi à crochets pour pneu haute pression (pneu Elan Michelin notamment). La jante à pneu s’impose peu à peu dans le milieu des courses. En 1978, Mavic produit 4 000 jantes par jour et occupe 65 % du marché mondial.

En 1980, pour la première fois une équipe équipée « tout Mavic » fait son apparition dans le Tour de France. En 1989, c’est avec des vélos « tout Mavic » que Greg LeMond l’emporte de 8 secondes sur Laurent Fignon et que Jeannie Longo remporte le Tour féminin.

Suite à la mort accidentelle de Bruno Gormand, en 1985, l’entreprise est gérée par son épouse, Cécile Gormand. En 1990, elle est rachetée par quatre cadres, associés à l’entreprise depuis les années 1970, et dirigée par l'un d'entre eux, Jean-Pierre Lacombe. Mavic est cédé en 1994 au groupe Salomon, lui-même à son tour racheté en 2005 par le groupe finlandais Amer Sports[4].

Dans les années 1990, Mavic investit le secteur du dérailleur électrique en équipant, en 1992, des équipes du Tour de France avec le ZMS (Zap Mavic System) mais la fabrication sera suspendue en raison de problèmes notamment sur route humide. Une seconde génération est proposée en 1999 avec le Mektronic qui offre la transmission sans fil par ondes radios. Cette fois-ci, c’est en raison de problème d’autonomie que le système ne parviendra pas à s’imposer.


Bien qu’associée à l’idée d’innovation technologique, Mavic n’est pas véritablement une entreprise d’ingénieurs. Pendant longtemps, elle ne disposera pas de bureau d’étude et n’embauchera son premier ingénieur qu’en 1991 (Hubert Charpin, un ancien de Peugeot). Mavic aura donc surtout bénéficié des innovations et des recherches des fabricants de matériaux et des constructeurs (Péchiney, Renault, Peugeot, Michelin...). L’assistance neutre et gratuite qu’elle propose lors des grandes courses cyclistes (les voitures et les motos jaunes qui encadrent le peloton) lui permet aussi, outre une forte présence médiatique, d’être au contact des besoins et des spécificités du monde du cyclisme professionnel.

Production[modifier | modifier le code]

Mavic produit:

  • Jantes
  • Roues de route, VTT et piste
  • Pneus pour vélos
  • Pédales
  • Accessoires et textiles (Casques, chaussures et vêtements)

Sponsoring[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historique de la société
  2. Mentions légales
  3. Information sur la société
  4. http://www.skipass.com/news/-Rachat-de-Salomon-par-Amer-Sports.html "Rachat de Salomon par Amer Sports", "Skipass", 29/11/2005

Liens externes[modifier | modifier le code]

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