Consonne fricative dentale sourde

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Consonne fricative dentale sourde
Symbole API θ
Numéro API 130
Unicode U+03B8
X-SAMPA T
Kirshenbaum T

La consonne fricative dentale sourde est un son consonantique assez peu fréquent dans les langues parlées. Le symbole dans l’alphabet phonétique international est [θ]. Ce symbole est celui de la lettre grecque thêta, qui se réfère au même son, en grec moderne du moins. Il est semblable à la lettre latine o minuscule avec tilde médian.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Voici les caractéristiques de la consonne fricative dentale sourde :

  • Son mode d'articulation est fricatif, ce qui signifie qu’elle est produite en contractant l'air à travers une voie étroite au point d’articulation, causant de la turbulence.
  • Son point d’articulation est dentale, ce qui signifie qu'elle est articulée avec la langue sur les dents inférieures ou supérieures, ou les deux.
  • Sa phonation est sourde, ce qui signifie qu'elle est produite sans la vibration des cordes vocales.
  • C'est une consonne orale, ce qui signifie que l'air ne s’échappe que par la bouche.
  • C'est une consonne centrale, ce qui signifie qu’elle est produite en laissant l'air passer au-dessus du milieu de la langue, plutôt que par les côtés.
  • Son mécanisme de courant d'air est égressif pulmonaire, ce qui signifie qu'elle est articulée en poussant l'air par les poumons et à travers le chenal vocatoire, plutôt que par la glotte ou la bouche.

En français[modifier | modifier le code]

Le français ne possède pas ce son; de même, plusieurs langues communes, comme l'allemand, le japonais, le chinois. Beaucoup de locuteurs de ces langues le remplacent par un [s], un [f] ou un [t̪].

Autres langues[modifier | modifier le code]

L'arabe possède ce son, qui correspond à la lettre tha (ث) selon les pays ou les régions de manière plus ou moins emphatique.

L'arpitan possède ce son qui s'écrit ch (pour des raisons étymologique).

L'anglais possède ce son qui s'écrit th (ce digramme peut aussi se prononcer [ð]). En vieil anglais, ce son s'écrivait avec la lettre edh ‹ ð › ou avec la lettre thorn ‹ þ ›, représentant aussi le son [ð].

Le breton possède la graphie ‹ zh › qui renvoie très majoritairement à un ancien [θ] qui peu à peu s'est transformé en z dans l'ouest et le nord et en [x] ou [h] dans l'est du domaine bretonnant.

L'islandais a conservé la lettre þ pour écrire ce son. L'albanais et le gallois l'écrivent th, et le same du Nord ŧ.

L'espagnol utilise la lettre z (ou c devant i et e) ; l'évolution du son provient d'un [ts] originel. L'espagnol d'Amérique latine et des zones de seseo en général ne connaît pas ce son ; z et c sont prononcés [s]. Au contraire, dans les zones de ceceo (dans certaines zones d'Andalousie), l'opposition entre [s] et [θ] disparaît, les deux confondues en un seul phonème dont la réalisation est proche du [θ] des autres zones hispanophones de la péninsule.

En grec moderne, la lettre thêta se prononce ainsi.

Voir aussi[modifier | modifier le code]