Conférence de Stresa

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La conférence de Stresa est une conférence franco-anglo-italienne qui se tint, du 11 au 14 avril 1935, à Stresa, au bord du Lac majeur. Elle siégea au palais des Princes Borromée, sur Isola Bella.

Historique[modifier | modifier le code]

Les réunions sont présidées par Mussolini, également ministre des Affaires étrangères, accompagné de son sous-secrétaire d'État Suvich (it) et de l'ambassadeur directeur de son cabinet, le baron Aloisi. La délégation britannique comprend le Premier ministre Ramsay MacDonald, le secrétaire d'État sir John Simon et le secrétaire permanent du Foreign Office sir Robert Vansittart. Pierre-Étienne Flandin, président du Conseil, et Pierre Laval, ministre des Affaires étrangères représentent la France. Alexis Léger, secrétaire général du Quai d'Orsay et Léon Noël, secrétaire général de la présidence du Conseil, complètent la délégation française.

La conférence faisait suite au rétablissement de la conscription annoncée par le Troisième Reich le 16 mars 1935. Un accord y fut signé dont l'objectif était de pérenniser le Traité de Locarno et d'assurer que l'indépendance autrichienne « continuerait d'inspirer une politique commune des pays participants ». L'accord visait à empêcher toutes futures tentatives allemandes de modifier le Traité de Versailles et à isoler Hitler.

Le texte final de la conférence est frappé d'ambiguïté. Mussolini souhaitait en effet négocier sa participation à la défense du Traité de Versailles contre la validation par la France de ses ambitions coloniales en Éthiopie. La France n'exprima pas de position claire sur ce sujet et les Britanniques ne prirent aucun engagement. La formule du document final manifeste l'absence de consensus, dans le détail, entre les trois pays : « Les trois puissances dont la politique a pour objet le maintien collectif de la paix dans le cadre de la Société des Nations constatent leur complet accord pour s’opposer par tous les moyens appropriés à toute répudiation unilatérale de traités susceptibles de mettre en danger la paix de l’Europe. »

Les Anglais poursuivirent des négociations unilatérales avec l'Allemagne. La signature d'un accord naval entre les deux pays le 18 juin 1935 affaiblit la cohésion du Front de Stresa face au Troisième Reich. L'invasion de l'Éthiopie par Mussolini et la dénonciation conséquente de cet événement par les démocraties occidentales le dissout.

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