Robert Vansittart (1er baron Vansittart)

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Robert Gilbert Vansittart (25 juin 188114 février 1957), 1er baron Vansittart, est un haut fonctionnaire et diplomate britannique qui dirigea le Foreign Office dans les années 1930 et s’opposa à la politique d’apaisement contre l’Allemagne nazie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève d’Eton College, il entra dans le service diplomatique en 1902 et fut attaché d’ambassade à Paris entre 1903 et 1905 et participa à la conférence de la Paix à Versailles en 1919.

Vansittart devint premier secrétaire particulier du premier ministre de 1928 à 1930, puis secrétaire permanent du Foreign Office de 1930 à 1938. Méfiant vis-à-vis d’Adolf Hitler dès l’arrivée au pouvoir des nazis, il s’opposa dans les années 1930 à la politique d'apaisement et poussa au réarmement et à l’alliance avec la France et la Russie. Il affronta des membres de la Chambre des lords, notamment Lord Lothian, Lord Cecil ou Lord Londonderry, qui étaient en contact avec Joachim von Ribbentrop, alors conseiller diplomatique principal d’Adolf Hitler, et considéraient que l'opinion britannique souhaitait une alliance avec l'Allemagne ; Vansittart écrivit des mots très durs contre ces Lords qu’il qualifiait d’« amateurs ambulants ». Il faisait partie des conseillers officieux de Winston Churchill, alors très isolé dans son opposition à la politique d’apaisement et qui partageait ses idées, en lui fournissant des informations importantes.

Ses critiques antinazies devinrent trop virulentes aux yeux du premier ministre Arthur Neville Chamberlain, qui les qualifiait d’« hystériques ». Le 1er janvier 1938, il fut destitué du Foreign Office et remplacé par Alexander Cadogan, et reçut le titre honorifique, mais sans pouvoir, de premier conseiller diplomatique du Gouvernement. Churchill fut consterné par son éviction et la considéra comme une victoire du lobby pacifiste.

Robert Vansittart a résumé devant des membres du Parlement, en septembre 1939, ce qu’il voyait comme les causes de la Seconde Guerre mondiale qui commençait : « Nous sommes en guerre à nouveau parce que, depuis vingt ans, nous avons pris les Français pour des Allemands et les Allemands pour des Français ! » Il signifiait par cette boutade que le Royaume-Uni avait commis l’erreur de penser que la France était redevenue une puissance dominante en Europe et qu’il fallait compenser ce retour en force de la France en s'appuyant sur l’Allemagne. Cette politique sur-estimait la France, gravement affaiblie malgré sa victoire de 1918, et sous-estimait également la puissance du Reich, restée intacte malgré la défaite.

Durant la guerre, il soutint la thèse par laquelle tous les Allemands, nazis ou pas, soutenaient la politique d’Hitler et devint l’inspirateur du plan Morgenthau, qui visait à transformer le Reich allemand en pays agricole, après le démantèlement total de son industrie et la division de son territoire.

Références[modifier | modifier le code]

  • Maurice Cowling, The Impact of Hitler: British Policy and British Politics 1933-1940, Chicago University Press, Chicago, 1977, p. 156-159.