Alliance franco-polonaise (1921)

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L'alliance franco-polonaise est une alliance militaire entre la Pologne et la France qui a été active entre 1921 et 1940.

Historique[modifier | modifier le code]

Article principal : Alliance franco-polonaise (1524).

Lors de la rivalité franco-habsbourgeoise, qui a commencé au XVIe siècle, la France avait essayé de trouver des alliés à l'est de l'Autriche, à savoir la Pologne. Jean III Sobieski aurait également eu l'intention de s'allier avec la France contre l'Autriche, mais la menace de l'empire ottoman le fit se battre pour la cause chrétienne lors de la bataille de Vienne. En 1795, la Pologne a cessé d'exister en tant que pays indépendant à l'issue des partages entre la Russie, la Prusse et l'Autriche, mais l'empereur des Français Napoléon Ier a recréé un État polonais dans le Duché de Varsovie. Avec la montée du pangermanisme au cours du XIXe siècle, la France et la Pologne ont toutes deux trouvé un nouvel ennemi commun.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Pendant l'entre-deux-guerres, l'alliance franco-polonaise a été l'une des pierres angulaires de la politique étrangère française. Vers la fin de cette période, avec l'Entente cordiale, il a été la base pour la création des Alliés de la Seconde Guerre mondiale. Au cours de la guerre russo-polonaise, la France a été l'un des soutiens les plus actifs de la Pologne, et a envoyé une mission militaire visant à soutenir et organiser la jeune armée polonaise[1].

Le pacte a été examiné par le chef de l'État polonais Józef Piłsudski et le président français Alexandre Millerand au début du mois de février à Paris et a été signé le 19 février, 1921 par le ministre polonais des Affaires étrangères, le comte Eustachy Sapieha et son homologue français Aristide Briand, dans le contexte des négociations qui ont mis fin à la guerre russo-polonaise (Traité de Riga). L'accord suppose une politique étrangère commune, la promotion de contacts économiques bilatéraux, la consultation pour tout nouveau pacte concernant l'Europe centrale et orientale, ainsi qu'une aide au cas où un des signataires serait attaqué. Comme telle, elle était une alliance défensive. Le pacte a été modifié le 21 février 1921, avec l'ajout d'une convention militaire secrète, qui a précisé que l'alliance vise toutes les menaces possibles provenant de l'Allemagne ou de l'Union soviétique.

L'alliance a été complétée par l'accord franco-polonais signé le 16 octobre 1925 à Locarno, dans le cadre des Accords de Locarno. Le nouveau traité inscrit tous les accords franco-polonais déjà signés dans le système de pacte commun de la Société des Nations.

Cette alliance était étroitement liée à l'alliance franco-tchécoslovaque. Les alliances de la France avec la Pologne et la Tchécoslovaquie étaient destinées à dissuader l'Allemagne d'utiliser la force pour parvenir à une révision du règlement d'après-guerre en veillant à ce que les forces allemandes fussent confrontées à la puissance combinée de ses voisins. Bien que la Tchécoslovaquie avait une économie et une industrie significative, et la Pologne une armée forte, le triangle franco-polono-tchécoslovaque n'a jamais atteint son plein potentiel. La politique étrangère tchécoslovaque d'Edvard Beneš a d'ailleurs hésité à signer une alliance formelle avec la Pologne qui aurait forcer la Tchécoslovaquie à prendre parti dans les différends territoriaux polono-allemands. L'influence de la Tchécoslovaquie a été affaiblie par les doutes de ses alliés quant à la fiabilité de son armée, l'influence de la Pologne a été à son tour, miné par les luttes intestines entre partisans et adversaires de Józef Piłsudski. Les réticences françaises à investir dans l'industrie de ses alliés (surtout polonais), le renforcement des relations commerciales avec l'Allemagne (achat de leurs produits agricoles) et le partage de l'expertise militaire affaiblirent encore l'alliance.

Dans les années 1930, l'alliance franco-polonaise est restée la plupart du temps inactive et son seul effet a été l'envoi de la Mission militaire française en Pologne, qui a continué à travailler avec l'état-major général polonais depuis la guerre russo-polonaise de 1920. Cependant, avec la montée de la menace nazie, dans la dernière partie de la décennie les deux pays ont commencé à discuter d'un nouveau pacte qui permettrait, non seulement de garantir l'indépendance de toutes les parties contractantes, mais aussi d'assurer une coopération militaire en cas d'une guerre avec l'Allemagne.

En 1939[modifier | modifier le code]

Enfin, une nouvelle alliance a été signée en 1939. La convention Kasprzycki-Gamelin signée le 19 mai 1939 à Paris (du nom du ministre polonais de la guerre le général Tadeusz Kasprzycki et du commandant de l'armée française Maurice Gamelin). Les deux pays s'engageaient à fournir une aide militaire à l'autre en cas de guerre avec l'Allemagne nazie. En mai, Gamelin promit une "offensive de secours franche" dans les trois semaines suivant l'attaque allemande.books.google.com Par la suite, des discussions d'état-majot des deux armées ont également été incluses dans le traité. Enfin, il a été complété par un volet politique, signé à Paris le 4 septembre 1939.

En dépit de toutes les obligations des traités, la France a fourni seulement une aide symbolique à la Pologne pendant la guerre défensive polonaise de 1939, matérialisée par l'offensive de la Sarre, une opération en territoire allemand très limitée, du fait de l'impossibilité structurelle de l'armée française de l'époque à lancer une offensive. Cela est souvent considéré comme un exemple de la trahison de l'Ouest. Toutefois, la partie politique de la convention a été une base de la recréation de l'armée polonaise en France en 1939.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Andrzej Ajnenkiel, Polsko-francuski sojusz wojskowy. Akademia Obrony Narodowej, Varsovie, 2000.
  • Piotr Stefan Wandycz, The twilight of French eastern alliances. 1926-1936. French-Czecho-Slovak-Polish relations from Locarno to the remilitarization of the Rheinland., Princeton University Press, 1988 (republished in 2001). ISBN 1-59740-055-6