Colin Turnbull

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Colin Turnbull (Lobsang Ridgol) tenant le bébé d'un ami, Gainesville, Floride, 1993

Colin Macmillan Turnbull ( - ) est un anthropologue britannique naturalisé américain qui a connu un certain succès avec deux de ses livres, Le peuple de la forêt consacré aux Mbutis, peuple pygmée du Zaïre), et Un peuple de fauves, consacré aux Iks d'Ouganda. Il a été l'un des premiers anthropologues à travailler dans le champ de l'ethnomusicologie. En 1991, il s'établit à Dharamsala en Inde où il est ordonné moine du bouddhisme tibétain par le 14e Dalaï-lama.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Né à Londres en 1924, il est élève à Westminster School puis étudiant au Magdalen College d'Oxford, où il étudie la philosophie et les sciences politiques. Après la Seconde Guerre mondiale, après deux années passées au département de religion et de philosophie indiennes au sein de la Benares Hindu University, Inde, il obtint un master en ces matières. Il étudia avec Sri Anandamayi Ma et Sri Aurobindo. En 1951, il est assistant au American Museum of Natural History et effectue un voyage dans l'actuelle République démocratique du Congo (alors Congo belge) où il commence à étudier le groupe pygmée des Mbuti à la suite des travaux fondateurs de Paul Schebesta[1]. À partir de 1954, il revint à Oxford pour entamer des études en Anthropologie. Pendant ces années d'étude, il se spécialise dans l'aire africaine. Il soutient son doctorat en 1964.

Par la suite, Colin Turnbull est chargé de l'ethnologie africaine à la section d'anthropologie de l'American Museum of Natural History. Par ailleurs fellow du British Royal Anthropological Institute de Londres, il est en fin de carrière professeur d'anthropologie à l'Université d'État de New York. Connu pour ses travaux sur les pygmées ainsi que par son ouvrage sur les Iks, qui a « largement été diffusé en son temps (1972) »[2], Colin Turnbull s'est également illustré en étant l'un des premiers anthropologues à défricher le champ de l'ethnomusicologie.

À la mort de son compagnon et collaborateur afro-américain le Dr. Joseph A. Towles (décédé du SIDA en 1988)[3], Colin Turnbull, fortement affecté, fait don de ses biens au United Negro College Fund. En 1989, il rejoint Bloomington, dans l'Indiana pour participer à la construction du Centre culturel tibétain avec son ami Thupten Jigme Norbu, frère aîné du 14e Dalaï-lama. À partir de 1991, il se rend régulièrement à Dharamsala en Inde où, en 1992, il est ordonné moine du bouddhisme tibétain par le Dalaï Lama[4]. Il prend alors le nom de Lobsang Ridgol[5]. Il meurt du SIDA en Virginie en 1994.

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Bahuchet « L'invention des Pygmées », Cahiers d’Études africaines, 1993, n° 129, pp. 174. [lire en ligne]
  2. Jean Malaurie, p. 328, in Les Iks. Survivre par la cruauté. Nord-Ouganda, trad. de l'Anglais par Claude Elsen, (1ère éd. 1972), Paris, Plon, coll. Terre Humaine, 1987.
  3. Chronology
  4. (en) Colin Turnbull, The mountain people, Pimlico, 1994, (ISBN 071265884X et 9780712658843) : « He was ordained in India as a full Buddhist monk by the Dalai Lama in 1992, although his first contact with Tibetan Buddhism was as far back as 1949. »
  5. Colin Turnbull. (Lobsong Ridgol) holding a friend's baby, Gainesville, Florida, 1993

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Roy R. Grinker, In the Arms of Africa: The Life of Colin M. Turnbull, Chicago, University of Chicago Press, 2000. ISBN 0226309045
  • (fr) Jean-Loup Amselle, « Les ethnologues, le ciel et l'enfer », Cahiers d’Études africaines, 1974, n° 54, pp. 393-396. [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]