René Gaston Baco de La Chapelle

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Portrait de René Gaston Baco de La Chapelle, anonyme, vers 1793.

René-Gaston Baco de la Chapelle, né le à Nantes[1], mort le en Guadeloupe, est un juriste et un homme politique français, député de la Loire-Inférieure de 1789 à 1791, maire de Nantes en 1792-1793, notamment lors de l'attaque vendéenne de juin 1793.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

René Gaston Baco est le fils de Pierre Baco, négociant et capitaine de navires[2], et d'Anne Thérèse de la Ville de la Fouscherie[3].

Sous l'Ancien Régime, il est procureur du roi au présidial de Nantes et avocat au parlement de Bretagne[4],

Les premières années de la Révolution (1789-1792)[modifier | modifier le code]

Pendant la campagne électorale pour les États généraux, René Gaston Baco se montre passionné et combatif.

En avril 1789, il est un des huit députés du tiers état de la sénéchaussée de Nantes. A l'Assemblée, il intervient peu oralement, ne prononçant que deux discours pendant toute la session. En revanche, il écrit beaucoup ; dès l'ouverture des États généraux, il devient un des principaux rédacteurs du Journal de correspondance de Nantes, créé par le libraire nantais Augustin-Jean Malassis, qui apporte aux Nantais les nouvelles sur les délibérations de l'Assemblée. Il y tient une correspondance très suivie avec ses compatriotes. Cela rassure ses lecteurs et concitoyens à qui il demande d'être patients et de ne pas écouter « les penseurs à bile noire » qui complotent contre lui.

René Gaston Baco revient à Nantes après la séparation de l'Assemblée constituante en septembre 1791. En novembre 1791, lors de l'élection comme maire de Pierre Giraud du Plessis, 31 voix se portent sur son nom[5].

En 1792, il est proche du parti girondin.

Maire de Nantes sous la République (1792-1793)[modifier | modifier le code]

L'élection de la municipalité Baco (décembre 1792)[modifier | modifier le code]

Après la proclamation de la République le , de nouvelles élections municipales ont lieu le 10 décembre 1792 : le maire sortant obtient 326 voix sur 772 ; Réné Baco est quatrième avec 56 voix derrière Alexis Mosneron et Christophe-Clair Danyel de Kervégan. Mais Pierre Giraud refuse la charge. Le 11, Baco est second avec 86 voix sur 876 derrière Alexis Mosneron (88) ; le 12, il est premier avec 156 voix sur 867 ; enfin, le 13, il est élu avec 422 voix sur 802 contre 380 à Maussion[6]. Il accepte la charge, mais sa lettre d'acceptation montre qu'il ne le fait pas avec enthousiasme : "Cet espoir [obtenir un jour l'estime de ses concitoyens] me suffit pour braver les calomniateurs qui déjà préparent leur poison. J'accepte."[7].

Dans la municipalité de René Baco, on trouve, parmi les officiers municipaux : Julien-François Douillard (architecte), Peccot (père)[8], Jacques Barre (pasteur protestant), Louis Morel ("Américain"[9]) ; parmi les notables : A.-F. de la Ville, Pierre-Frédéric Dobrée (négociant), Antoine Crucy[10] et son beau-père Julien-Mathurin Leroux (négociant[11]), Guillaume François Laennec[12] (médecin), Pierre Giraud du Plessis. L'assemblée municipale compte un certain nombre d'artisans (tonnelier, arquebusier, tailleur, tapissier). Le procureur de la commune, élu par 480 voix, est Jean-Marie Dorvo et le substitut Hyacinthe-René Nouel[13].

L'attaque vendéenne contre Nantes (juin 1793)[modifier | modifier le code]

Deux mois après son élection commencent les troubles en Vendée, Maine-et-Loire et dans le sud de la Loire-Inférieure. L'insurrection atteint le vignoble nantais et le pays de Retz, y compris des communes très proches de Nantes : Saint-Sébastien, Vertou, Les Sorinières. En juin 1793, les armées insurgés se concentrent autour de Nantes par le sud (Charette) et par l'est (Cathelineau).

Pendant le siège de Nantes, René Baco, bien qu'hostile aux représentants en mission[14] envoyés par la Convention, se montre un acteur essentiel de la défense de la ville, aux côtés du général Jean-Michel Beysser.

La Terreur (1793-1794)[modifier | modifier le code]

Le danger passé, les disputes avec les envoyés de la Convention reprennent. Pour finir, René Baco est dénoncé comme fédéraliste. Le général Beysser est destitué, rappelé à Paris et mis en accusation. René Baco l'accompagne pour plaider sa cause. La Convention accepte sa comparution à la barre ; devant les Conventionnels, il se met à lire une sorte de cahier de remontrances. Il conseille entre autres à la représentation nationale de resserrer dans des bornes plus étroites l'autorité de ses comités et de ses commissaires. Sa mission terminée, il conseilla de remettre les rênes du gouvernement dans des mains plus heureuses. La Convention s'émeut et le fait arrêter[réf. nécessaire].

Il est libéré après le 9 thermidor an II ().

Carrière ultérieure (1794-1800)[modifier | modifier le code]

En 1794, il est envoyé comme commissaire du gouvernement à l'Île-de-France (Ile Maurice), où les colons se montrent de plus en plus hostiles à la Révolution et contrarient systématiquement les décisions prises par la Convention. Au lendemain de son arrivée, René Gaston Baco annonce la mise en vigueur immédiate du décret relatif à l'abolition de l'esclavage que les colons refusent d'appliquer. René Gaston Baco est capturé et mis sur un navire dont le capitaine a ordre de le laisser sur la première île déserte rencontrée[réf. nécessaire]. Cependant, les matelots ont de la compassion pour l'ancien maire de Nantes et décident[réf. nécessaire], malgré les protestations du capitaine[réf. nécessaire], de le ramener en France.

Le Directoire lui offre le poste de codirecteur de l'Opéra. On ignore quelle part il a prise dans la gestion de cet établissement.

En 1799, il est de nouveau nommé « commissaire du gouvernement » à la Guadeloupe. Il y meurt peu de temps après son arrivée.

Hommages[modifier | modifier le code]

Son nom a été attribué par arrêté du maire du 31 août 1848, l'allée Baco à Nantes, anciennement « quai Baco » qui longeait un bras de la Loire comblé depuis, près du pont de la Rotonde[15].

Un buste de marbre de René Gaston Baco de La Chapelle, œuvre d'Amédée Ménard, se trouve dans l'hôtel de ville de Nantes[16].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Perthuis et Stéphane de La Nicollière-Teijeiro, Le Livre doré de l’hôtel-de-ville de Nantes, Tome II, Imprimerie Grinsard, 1873, pages 32-35.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance : Saint-Nicolas, vue 86, AMN Registres paroissiaux.
  2. Il est "en voyage" au moment de la naissance de René Gaston (acte de naissance).
  3. Livre doré II, page 33. René Baco est donc apparenté à un ancien maire, Pierre de la Ville de Chambardet (de 1772 à 1776).
  4. Comme son grand-père, Louis Baco.
  5. Livre doré II, page 30.
  6. Livre doré II, page 32. Le prénom de son concurrent n'est pas précisé.
  7. Ibidem, page 33.
  8. Lié à la famille Crucy.
  9. Le mot "Américain" désigne les planteurs des Antilles.
  10. Frère de Mathurin Crucy.
  11. Selon le Livre doré ; il est surtout le chef d'une importante entreprise de tannerie dans le quartier Saint-Similien.
  12. Oncle de René Laennec
  13. Livre doré II pages 34-35.
  14. Notamment Albert Ruelle
  15. « Baco (quai) », sur catalogue.archives.nantes.fr, archives municipales de Nantes (consulté le 23 novembre 2013).
  16. Bernard Le Nail, Dictionnaire biographique de Nantes et de Loire-Atlantique, Pornic, Le Temps éditeur,‎ 2010, 414 p. (ISBN 978-2-363-12000-7), p. 24-25.


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