Forteresse de Beaufort

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Forteresse de Beaufort
Image illustrative de l'article Forteresse de Beaufort
Fin construction 1260
Coordonnées 33° 19′ 26″ N 35° 31′ 55″ E / 33.323814, 35.532044 ()33° 19′ 26″ Nord 35° 31′ 55″ Est / 33.323814, 35.532044 ()  
Pays Drapeau du Liban Liban

Géolocalisation sur la carte : Liban (administrative)

(Voir situation sur carte : Liban (administrative))
Forteresse de Beaufort

La forteresse de Beaufort, appelée Qala'at ash-Shqif[1] est un château fort ancien du Moyen-Orient, reconstruit au XIIIe siècle et appelé 'Beau fort' par les croisés. Il est situé à environ un kilomètre au sud-sud-ouest du village d'Arnoun, dans le Liban actuel.

Nom[modifier | modifier le code]

Le château a été nommé « Beau fort » par les croisés qui l'occupèrent pendant le XIIe siècle. Le nom Arabe Qala'at ash-Shqif signifie Château du Haut Rocher, son nom complet étant Qala'at ash-Shqif Arnoun[2] qui est une combinaison du mot arabe Qala'at (château) avec le mot syriaque Shqif Arnoun (Shqif voulant dire haut rocher).

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

On ne sait que peu de choses à propos du site de Beaufort avant sa capture par les croisés en 1139, bien que certains historiens supposent que l'éperon rocheux de sept cent mètres d'altitude sur lequel le château est implanté représentait déjà une position stratégique pendant les périodes biblique et romaine[3].

Le château a été pris par Saladin en 1190 après un siège qui dura toute une année. En 1240, Ismâ'îl, le malik de Damas, sollicita une aide militaire de la part des Francs contre la coalition du jeune sultan égyptien 'Adil II avec le malik de Transjordanie. En contrepartie, il proposa de leur rétrocéder tout l'ancien royaume de Jérusalem jusqu'au Jourdain. Dans un premier geste, le malik de Damas rendit immédiatement aux Francs un vaste territoire allant de Sidon à Tibériade, comprenant la forteresse de Beaufort. Cette cession ne fut pourtant pas facile, la garnison refusant de céder la place. Ismâ'îl dut lui-même mener un siège pour ensuite céder le tout au comté de Sidon[4]. La possession devint templière lorsque Julien de Sidon leur vendit Beaufort en 1260, ainsi que Sidon et les terres environnantes, n'ayant pas les ressources financières nécessaires à la reconstruction de cette dernière, ceci après les représailles mongoles suite à certaines de ses exactions[4]. Les Templiers perdirent le château le 15 avril 1268 suite à une attaque menée par le sultan Baybars, notamment avec 26 machines de siège[4]. Beaufort ne connut des moments plus calmes qu'à partir du XIVe siècle et jusqu'au XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, Fakhr-al-Din II inclut le château dans son réseau de fortifications mais l'émir est ensuite défait par les Ottomans, lesquels détruisirent la partie supérieure de la citadelle. Le château demeura sous le régime féodal jusqu'en 1769[5].

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

Beaufort en 1982.
Château de Beaufort en août 2007
Beaufort 2003

En 1782, le gouverneur d'Acre assiégea le château, le captura et détruisit une grande partie des fortifications restantes. Un tremblement de terre en 1837 se chargea du reste de celles-ci. Par la suite, il est utilisé comme carrière ou encore comme abri pour moutons[5].

La restauration de la forteresse de Beaufort commence lors du premier mandat français au Liban en 1920 et se poursuit après l'indépendance du pays en 1943[5].

La position stratégique du château, duquel on peut voir la majeure partie du sud-Liban mais aussi du nord d'Israël, représenta un intérêt certain lors des conflits récents.

À partir de 1976, durant la guerre civile libanaise, le château était tenu par l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) qui s'en est servi pour tirer des obus sur le nord d'Israël[6]. Entre 1976 et 1980 les positions de l'OLP dans la citadelle ont été attaquées de nombreuses fois par l'armée israélienne (Tsahal).

Le 6 juin 1982, au début de l'intervention militaire israélienne au Liban, les positions de l'OLP dans le château de Beaufort ont été durement bombardées avant d'être prises finalement par les forces de défense israéliennes le 8 juin 1982. Tsahal renforça alors les fortifications de la zone avec des bunkers et des blocs de béton, ce qui n'empêcha pas que Beaufort ait été attaquée à plusieurs reprises par le Hezbollah.

État[modifier | modifier le code]

En mai 2000, Tsahal évacua sa zone de sécurité au Sud-Liban, abandonnant le château et en détruisant la base militaire, ceci afin qu'il ne puisse être utilisé par le Hezbollah[6] même s'il l'est toujours.

En juillet 2010, la revue économique libanaise Le Commerce du Levant indiquait que l'édifice allait être rénové sur une période de 2 ans pour un montant de 3 millions de dollars[7]. Les travaux de réhabilitation comprennent des travaux de soutènement, de déblayage, de protection du site des eaux de pluie et de leur évacuation, de reconstruction de la tour principale et des entrées, ainsi que d'éclairage.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. arabe : qalaʿa aš-šqīf, قلعة الشقيف
  2. arabe : qalaʿa aš-šqīf ʾarnūn, قلعة الشقيف ارنون
  3. [1] (en) Tourisme au Liban
  4. a, b et c René Grousset, Histoire des croisades et du royaume franc de Jérusalem, Paris, Perrin,‎ 1936 (réimpr. 1999).
  5. a, b et c * (en) La restauration du château de Beaufort (Sud-Liban) Une reconstitution selon la documentation historique, Pierre Grussenmeyer & Jean Yasmine, Lebanese Directorate General of Antiquities
  6. a et b [2] (en) In the Party of God, Jeffrey Goldberg, The New Yorker Magazine, 14 octobre 2002
  7. http://www.lecommercedulevant.com/node/16175

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Film[modifier | modifier le code]

Le film israélien Beaufort, filmé à la forteresse de Nimrod, réalisé par Joseph Cedar en 2007, retrace les derniers jour de l'occupation de la forteresse par les forces israéliennes, en 2000.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]