Aspergillose

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Aspergillose
Classification et ressources externes
Pulmonary aspergillosis (1) invasive type.jpg
Coupe histopathologique d'une aspergillose pulmonaire invasive chez un patient avec une pneumopathie interstitielle. Pièce autopsique. Coloration de Grocott.
CIM-10 B44
CIM-9 117.3
MedlinePlus 001326
eMedicine med/174 
MeSH D001228
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Une aspergillose est une infestation fongique, causée par certaines formes de champignons Aspergillus. Le germe le plus fréquent étant l'Aspergillus fumigatus. Il existe toute une gamme d'affections causée par le parasite, la plus répandue étant l'Aspergillose bronchopulmonaire allergique, l'aspergillose pulmonaire et l'aspergillose invasive. L'aspergillose se développe principalement chez les personnes immunodéprimées. C'est une cause fréquente de mortalité chez les patients atteints de leucémie aiguë ou ayant eu une transplantation de moelle osseuse.

Causes[modifier | modifier le code]

Les Aspergillus sont des champignons saprophytes, très répandus dans la nature et inhalés quotidiennement par la plupart des humains[1]. Ils sont ainsi présents dans les cavités naturelles accessibles aux poussières (arbre broncho-pulmonaire en premier, conduits auditifs externes parfois), sans exprimer de pouvoir néfaste.

Les Aspergillus peuvent acquérir un pouvoir pathogène pour déterminer des affections (aspergilloses) assez rares mais bien individualisées. C'est notamment le cas lorsqu'elles se développent chez une personne immuno-déprimée. L'aspergillose est donc une infection opportuniste.

On connaît comme agents responsables d'aspergilloses : l'Aspergillus fumigatus, l'Aspergillus flavus, l'Aspergillus nidulans, l'Aspergillus versicolor, l'Aspergillus niger et l'Aspergillus terreus.

Il existe deux types d'aspergilloses : l'invasive et la non invasive. La plus grave est la forme invasive. Dans ce cas, le champignon peut envahir le parenchyme pulmonaire à la recherche d'oxygène. Il diffuse alors dans les organes et entraîne un risque de lésion artérielle. S'ensuit alors un risque d'ischémie, de nécrose et enfin de destruction du parenchyme pulmonaire.

L'étude menée en 2000 par l'ANAES et la SFHH reconnaît deux principaux facteurs de risque de survenue d'une aspergillose invasive en contexte hospitalier : l'état d'immunodéficience de l'hôte d'une part, l'existence de facteurs exogènes liées à l'environnement d'autre part. Parmi ces derniers, la réalisation de travaux sur le site d'hospitalisation constitue une augmentation importante des risques. Les travaux de gros œuvre — terrassement, construction, démolition — mais également les petits travaux d'entretien multiplient par un facteur 1 000 les concentrations aériennes de spores d'Aspergillus fumigatus, flavus et niger, de manière brève et brutale[2].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Ils dépendent du type d'infection et la localisation. Elle peut être asymptomatique et découverte lors d'une radiographie thoracique. Parfois lorsqu'elle touche le poumon, elle cause communément une dyspnée (difficulté à respirer) et de la toux, avec éventuellement hémoptysie (expectoration de sang). On peut retrouver une fièvre, une douleur thoracique. Elle peut aussi atteindre la peau, par inoculation directe ou par métastase septique, dans le cadre d'une aspergillose invasive disséminée au point de départ le plus souvent respiratoire. Elle prend l'aspect de nodules fermes, de plaques érythémateuses ou de maculo-papules [3].

Elle peut être aussi cérébrale, chez les immunodéprimés ou après contamination locale (rachianesthésie par exemple), se manifestant par une méningite ou une encéphalite[4]. La mortalité dépasse alors un quart des patients[5].

Diagnostic positif[modifier | modifier le code]

  • Mycologique : prélèvement et mise en culture
  • Sérologique

Le taux de galactomannane et de 1,3-β-D-glucane peut être élevé dans le sang, et également dans le liquide céphalo-rachidien en cas d'atteinte cérébrale[6],[7].

Terrain[modifier | modifier le code]

Traitement[modifier | modifier le code]

La prise en charge a fait l'objet de la publication de recommandations par l'« Infectious Diseases Society of America » publiées en 2008[8].

Le traitement peut comporter[9] :

  • le Voriconazole en intraveinuse puis relais oral dès que possible
  • en seconde intention les dérivés lipidiques d'amphotéricine B liposomale IV
  • Caspofungine et posaconazole en seconde intention

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Chez les animaux[modifier | modifier le code]

L'aspergillose peut également infester les animaux, en particulier les bovins, les chevaux, les chats et les chiens. Chez le cheval, elle se loge préférentiellement dans les poches gutturales, organe spécifique à cette espèce. Elle peut être à l'origine d'hémorragies fatales et de troubles nerveux (dysphagie) en raison de la proximité de structures vasculaires et nerveuses importantes. Le diagnostic se réalise habituellement à l'aide d'un examen endoscopique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Segal BH, Aspergillosis, N Eng J Med, 2009;360:1870-1884
  2. [PDF] ANAES, SFHH, « Conférence de consensus. Prévention du risque aspergillaire chez les patients immunodéprimés (Hématologie, Transplantation). Texte de recommandations », Institut Pasteur de Paris,‎ 21 mars 2000 (consulté le 17 février 2014), p. 27
  3. M.-H. André et O. Lortholary, « Aspergillose cutanée », sur www.therapeutique-dermatologique.org,‎ août 2005 (consulté le 19 juillet 2012)
  4. Antinori S, Corbellino M, Meroni L et al. Aspergillus meningitis: a rare clinical manifestation of central nervous system aspergillosis: case report and review of 92 cases, J Infect, 2013;66:218-238
  5. Kourkoumpetis TK, Desalermos A, Muhammed M, Mylonakis E, Central nervous system aspergillosis: a series of 14 cases from a general hospital and review of 123 cases from the literature, Medicine (Baltimore), 2012;91:328-336
  6. Soeffker G, Wichmann D, Loderstaedt U, Sobottka I, Deuse T, Kluge S, 'Aspergillus galactomannan antigen for diagnosis and treatment monitoring in cerebral aspergillosis, Prog Transplant, 2013;23:71-74
  7. Mikulska M, Furfaro E, Del Bono V et al. (1-3)-β-D-glucan in cerebrospinal fluid is useful for the diagnosis of central nervous system fungal infections, Clin Infect Dis, 2013;56:1511-1512
  8. Walsh TJ, Anaissie EJ, Denning DW et al. Treatment of aspergillosis: clinical practice guidelines of the Infectious Diseases Society of America, Clin Infect Dis, 2008;46:327-360
  9. E. Pilly, Maladies infectieuses et tropicales, Collège des Universitaires de Maladie Infecieuses et tropicales, 2012, page 471

Voir aussi[modifier | modifier le code]