Candidose

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Candidose
Classification et ressources externes
Candida albicans PHIL 3192 lores.jpg
Gélose pour dénombrement de Candida albicans
CIM-10 B37
CIM-9 112
DiseasesDB 1929
MedlinePlus 001511
eMedicine med/264  emerg/76 ped/312 derm/67
MeSH D002177
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

Une candidose est une infection fongique causée par des levures du genre Candida. Le terme peut désigner tout une gamme de manifestations pathologiques ayant pour facteurs ces champignons levuriformes.

Candida albicans, l'espèce la plus fréquente, fait partie de la flore habituelle de l'oro-pharynx ou du tube digestif, et peut aussi être présent en faible quantité dans la flore vaginale normale.

Candidoses cutanéomuqueuses[modifier | modifier le code]

Observation au microscope d'une candidose de la muqueuse oesophagienne. Acide periodique de Schiff
Observation au microscope d'une candidose de la muqueuse oesophagienne. Acide periodique de Schiff

La chaleur et l'humidité sont responsables de candidoses locales, souvent au niveau des plis cutanés, entraînant rougeur, douleurs, et prurit grands plis (aines, fessier, aisselles) ; petits plis (orteils) et perlèches.

La candidose buccale est la manifestation muqueuse la plus courante, et sa fréquence augmente parallèlement au déficit immunitaire, pouvant prendre la forme de candidose oropharyngée ou œsophagienne dans le cadre de l'infection à VIH : muqueuse buccale (muguet du nourrisson) ; et langue villeuse noire.

D'autres muqueuses peuvent être atteintes : muqueuse anale (anite) et muqueuse génitale. Chez la femme, on se trouve en présence d'une vulvovaginite avec prurit, leucorrhées blanchâtres, dyspareunie, œdème vulvovaginal. Si les récidives se succèdent, il faut rechercher un facteur favorisant local (Voir l'article Vaginite candidosique) : une colonisation digestive, un diabète sucré, une infection par VIH et une recontamination par le partenaire non traité.

Chez l'homme, l'infection est le plus souvent asymptomatique, mais peut se présenter sous la forme d'une urétrite parfois associée à une balanite.

Candidose oesophagienne[modifier | modifier le code]

La candidose oesophagienne peut entrainer une inflammation aigue et une ulcération de la muqueuse oesophagienne.

Candidoses systémiques[modifier | modifier le code]

Les candidoses systémiques sont rares mais graves, avec un pourcentage de décès avoisinant les 50 %. Il s'agit des manifestations les plus graves des Candida. Les facteurs favorisants sont : les cathéters intraveineux pour nutrition parentérale, l'ulcération des muqueuses, les interventions chirurgicales digestives, l'antibiothérapie massive, patients de réanimation et grands brûlés.

Septicémie à Candida[modifier | modifier le code]

Définition[modifier | modifier le code]

La septicémie à Candida, autrefois considérée comme manifestation très rare de l'action pathogène de la levure, occupe actuellement une place de premier plan du fait de son caractère nouvellement acquis de maladie iatrogène. Elle apparaît en effet avec une fréquence croissante chez les malades hospitalisés dans les services d'assistance respiratoire, d'hématologie et de chirurgie où, par son taux de mortalité, elle prive la moitié de ceux qu'elle atteint du bénéfice de leur cure.

Biologie[modifier | modifier le code]

Les candida responsables sont non seulement Candida albicans (70 % des septicémies à fungi), mais aussi plusieurs autres espèces qui étaient considérées jusqu'à présent comme inoffensives : Candida parapsilosis est actuellement considéré comme une cause significative de septicémies et d'infections de tissus chez des patients immuno-compromis tandis que les Candida tropicalis, Candida krusei et Candida guillermondii entraînent rarement de réels problèmes chez l'homme. Actuellement, des levures non candidosiques peuvent être responsables de telles septicémies : Torulopsis glabrata en particulier est considéré comme étant une mycose opportuniste hautement pathogène du tractus urogénital et du torrent sanguin (10 % des septicémies fongiques).

La septicémie peut être d'origine endogène ou exogène :

Clinique[modifier | modifier le code]

Dans les deux cas, le résultat est une septicémie classique non pathognomonique aboutissant parfois à des localisations endocarditiques de pronostic fatal à l'heure actuelle quelle que soit la thérapeutique utilisée.

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Il repose sur la recherche et l'isolement de la levure sur des prélèvements, soit tissulaires, soit de sites habituellement stériles : cela signifie qu'un prélèvement sanguin se positivant a une valeur diagnostique, à l'inverse, la présence de Candida sp. dans les sécrétions provenant des voies aériennes inférieures, y compris le lavage broncho-alvéolaire, n’a pas de valeur diagnostique[1]. Les prélèvements doivent être répétés jusqu'à leur positivité.
Les hémocultures sur flacons modernes sont positives dans 50 % des candidoses systémiques, mais la présence de la levure dans le sang suffit au diagnostic[1].
L'immunofluorescence indirecte, pratiquée avec la levure isolée et pour C. albicans, sur des souches de référence, permettra de séparer une simple lévurémie des septicémies vraies, et de typer le candida (sérotype A ou B).

Traitement[modifier | modifier le code]

Tous les foyers détectés doivent être traités simultanément afin d’éviter les récidives. Le traitement des candidoses se fait le plus souvent local par un antifongique local (Amphotéricine B ou le Fluconazole)[2], les candidémies nécessitent dans un premier temps de changer les cathéters (parfois source de l'infection si présents) ainsi que l’utilisation d’un antifongique systémique. ( Echinocandines en IV avec dose de charge de 70 mg le 1er jour, puis 50 mg les jours suivants pendant 10 jours. Au-delà, on complète par du fluconazole si toutefois l'espèce Candida en question est sensible à ce traitement). La décision thérapeutique doit tenir compte de la localisation, des conditions de terrain, parfois de l’ancienneté et du caractère récidivant des lésions.

Les traitements non-allopathiques proposés sont entre autres l'argent colloïdal et les extraits de pépins de pamplemousse[3],[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :