Arbre remarquable

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Un arbre remarquable est un arbre repéré pour diverses particularités.

Il relève donc d'un patrimoine par sa rareté, ses dimensions, sa position, son âge ou encore sa force symbolique. Le patrimoine en question est naturel, culturel, paysager…

Historique[modifier | modifier le code]

La raréfaction des surfaces occupées par les forêts primaires, le déboisement à des fins d’extension de pâturage ou de culture, la surexploitation qui conduit à des monocultures d’essences plus productives ou plus conformes aux besoins de l'économie du moment, la pollution destructrice, ont conduit l’homme à prendre conscience de la valeur patrimoniale particulière que peuvent représenter certains arbres.

Depuis longtemps, dans certaines cultures, des arbres plus grands ou plus gros que les autres sont réputés abriter les esprits d'ancêtres ou avoir des vertus particulières. D'autres sont appréciés pour leur ombre et peuvent abriter diverses cérémonies ou être un lieu de rencontre, de justice (« arbre à palabres », arbre de Saint-Louis…). Certains de ces arbres ont un nom qui parfois devient le nom du lieu-dit.

Un peu partout, à l'initiative d'individus, d'associations ou de collectivités, des recensements et inventaires sont menés et certains arbres sont classés comme monument et bénéficient de soins et de protection.

Éléments de définition[modifier | modifier le code]

Définir ce qui fait le caractère remarquable d’un arbre n’est pas aisé. Les critères varient selon les époques et les lieux et ils sont multiples et subjectifs. En dehors des qualités incontestables qui rendent certains individus exceptionnels, comme la longévité ou les dimensions, bien d’autres paramètres peuvent entrer en compte. Un arbre qui peut paraître quelconque parmi ses semblables au milieu d’une forêt, sera remarqué isolé et servant de repère visuel au milieu d’un paysage, planté au milieu d’une place de village il prendra une valeur symbolique et culturelle au voisinage des générations d’hommes qui le côtoieront, seul de son essence dans une région, il sera distingué pour sa rareté, etc.

Arbres de tous les records[modifier | modifier le code]

Le plus grand[modifier | modifier le code]

On trouve de très grands arbres sur la côte ouest de l'Australie et en Tasmanie.

Le plus vieux[modifier | modifier le code]

L’identité de l’arbre le plus vieux est plus difficile à déterminer. Les candidats sont plusieurs fois millénaires et leur âge ne peut qu’être évalué. De plus il faut distinguer les arbres issus d'une germination et ceux issus d'un rejet. L'âge de certains arbres peut être authentifié par dendrochronologie, soit parce qu'ils ont été abattus, soit par échantillon.

En avril 2008, des chercheurs de l'université d'Umeå (Suède) annoncent la découverte d'un épicéa, Picea abies, nommé Old Tjikko, qui mesure 40 mètres de haut, dont le système de racines serait âgé de 9 550 ans. La datation a été faite par la méthode du carbone 14. Cette découverte a été faite sur le mont Fulu en Dalécarlie (Dalarna en suédois), dans le centre de la Suède[1].

L'if de Fortingall, dont l'âge est estimé à entre 2 000 et 5 000 ans, est le plus vieil arbre d'Europe[2].

Le plus vieil arbre vivant connu sur Terre, hors système racinaire, fut pendant longtemps un pin de Bristlecone, Pinus longaeva nommé Mathusalem, qui aurait près de 4 700 ans et se trouve en Californie à plus de 3 000 mètres d'altitude. Sa localisation précise reste cependant secrète afin d'éviter tout acte de vandalisme. Un autre encore plus ancien, surnommé Prometheus a été abattu par erreur en 1964 alors qu'il avait 4 900 ans. Un Pinus aristata américain passe également pour avoir environ 4 700 ans, et un cèdre japonais 5 200 ans. Le plus vieil arbre non clonal actuellement connu est découvert dans les Montagnes Rocheuses en 2012 et est âgé de 5 063 ans, il s'agit d'un pin Bristlecone[3].

Bien d’autres peuvent prétendre au titre de champion dans leur essence ou variété ou dans une région, un pays ou un continent. Au Sri Lanka, on trouve un banyan sacré qui atteindrait 2 200 ans et dont la légende raconte qu'il aurait été touché par le Bouddha, bien que ce fait soit anachronique. L’âge de certains séquoias approcherait les 2 700 ans. Un cyprès de la ville d'El Tule au Mexique aurait quelques milliers d’années.

L'esthétique[modifier | modifier le code]

Un hêtre tortillard remarquable en Allemagne, âgé de plus de 200 ans.
  • Les qualités esthétiques d’un arbre dépendent d’abord de sa mise en valeur, de l’indice paysager en fonction de la place qu’il occupe dans l’environnement et de son impact visuel.
  • Un arbre isolé est plus facilement saisi du regard qu’un autre faisant partie d’un groupe. La compétition entre individus influence fortement la morphologie de l’arbre par la lutte pour l’appropriation des éléments indispensables à la croissance : l’eau, les minéraux, la lumière et même l’espace. Si la croissance horizontale des branches charpentières n’est pas entravée par la présence de proches voisins, la couronne peut s’étaler de manière harmonieuse et symétrique. Si les contraintes de l’environnement sont suffisamment faibles et que l’arbre n’a pas dû subir d’élagage inconsidéré, l’arbre peut développer le port caractéristique de son espèce et exprimer son potentiel génétique.
  • À l’inverse certains arbres remarquables arborent des formes insolites ou fantastiques parfois dues à des attaques pathogènes (maladies, insectes, ou champignons), à un âge avancé, ou bien souvent à des conditions de survie difficiles. On trouve par exemple à flanc de falaise des arbres qui ont du développer un système radiculaire étendu pour s’ancrer dans les moindres fissures de la roches et y puiser suffisamment de nutriments. Ou encore des arbres de désert ou d’altitude, exposés aux intempéries qui adoptent des formes trapues, rampantes ou naines.
  • L’art du bonsaï codifié par les japonais tend à reproduire toutes ces formes observées dans la nature, de la forme « rigoureusement verticale » à « forme rampante », « en cascade » ou « battue par les vents ». À l’origine, bien des plants étaient prélevés en montagne pour leurs formes naturellement intéressantes.

La valeur historique[modifier | modifier le code]

  • L’arbre immobile et durable survit aux générations. Certains sont associés à des personnages historiques qui ont soit vécu à leur ombre, soit les ont fait planter. Suivant la coutume ancienne de planter un arbre pour commémorer un évènement : naissance ou mort, bataille ou victoire, anniversaire, prise de pouvoir… on les met en terre pour la postérité. Ils sont souvent le seul élément du paysage à subsister après de longues années.
  • Qu’ils aient donné leur nom à un lieu-dit ou une localité, ou qu’ils aient servi de points de repère ou de bornes pour délimiter un terrain, on en retrouve parfois la trace dans des textes anciens ou dans des documents officiels. On les aperçoit sur des tableaux ou depuis la fin du XIXe siècle, sur des photographies ou des cartes postales. Témoins vivants de l’évolution d’époques révolues, ils font le lien avec les humains qui nous ont précédés.
  • D’autres encore, d’essence exotique, sont les premiers rapportés de leurs voyages par les navigateurs ou explorateurs des siècles passés.

La dimension spirituelle[modifier | modifier le code]

L’arbre a toujours été indispensable à l’homme. Il lui a fourni abri, nourriture, protection, matériaux et combustible. Tout cela, et plus encore, la forte impression que procure sa taille, son côté intemporel et pourtant bien vivant, explique sans doute la place particulière qu’il occupe, quelles que soient les civilisations, dans l’esprit humain. Les cultures animistes peuvent considérer certains arbres comme ayant un esprit, abritant des esprits (les esprits d'ancêtres éventuellement) et comme interagissant avec le quotidien.

L'arbre à clous de Herchies (Belgique).

Arbres de toutes les légendes et religions[modifier | modifier le code]

Demeure des dieux[modifier | modifier le code]

Les Nornes vivent dans les racines du frêne Yggdrasil

Arbres de pèlerinage et arbres guérisseurs[modifier | modifier le code]

Le tépescohuite est un arbre inscrit au patrimoine national du Mexique dont les caractéristiques sont de guérir les grands brulés grâce à son écorce. Il régénère de façon spectaculaire l'épiderme.

Arbres commémoratifs[modifier | modifier le code]

Certaines circonstances ou cérémonies particulières sont commémorées par la plantation d'un arbre, par exemple à l'occasion d'un mariage princier ou autre.

La rareté[modifier | modifier le code]

Les formes rares et originales rendent certains arbres particulièrement remarquables.

De tous temps les formes rares et originales de certains arbres ont fasciné.

Quelques photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Oldest Living Tree Found in Sweden
  2. (en) Martin K. Ettington, Physical Immortality. A History and How to Guide: Or How to Live 150 Years and Beyond, ECS Associates Inc,‎ 2010, p. 60
  3. (en) James Bidlack, Guide for Stern's Introductory Plant Biology, Cram101 Textbook Reviews,‎ 2013, p. 57

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jeroen Pater, Les Arbres remarquables d'Europe, Rodez, Éditions du Rouergue,‎ octobre 2006, 191 p. (ISBN 2841567834, OCLC 421638500)
  • Henri Gadeau de Kerville, Les Vieux Arbres de la Normandie ; étude botanico-historique, Paris, J.B. Baillière,‎ 1825-1932
  • Georges Feterman, Une histoire des arbres remarquables, Plume De Carotte,‎ 2014
  • Didier Mouchel, Les Vieux Arbres de la Haute-Normandie, Henri Gadeau de Kerville photographe, Bonsecours, Point de vues,‎ 2004, 160 p. (ISBN 2915548005, OCLC 493499642)
  • Annick Vallée, Arbres remarquables de Haute-Normandie, PTC,‎ 2010, 144 p. (ISBN 978-2-84811-124-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]