Angiographie

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L’angiographie est une technique d'imagerie médicale dédiée à l'étude des vaisseaux sanguins qui ne sont pas visibles sur des radiographies standards. On parle d’artériographie pour l'exploration des artères et de phlébographie pour celle des veines. L'angiographie est un examen basé sur l'injection d'un produit de contraste lors d'une imagerie par rayons X. Sa signification littérale est "imagerie des vaisseaux". L'angiographie est un examen invasif.

Objectifs et principe de l'angiographie[modifier | modifier le code]

L'angiographie permet de réaliser des examens à visée soit diagnostique, soit interventionnelle[1].

  • Les examens à visée diagnostique ont pour objectif d'identifier des pathologies vasculaires afin d'aider à un traitement ultérieur qu'il soit endo-vasculaire, chirurgical ou médicamenteux. C'est aussi une source d'informations utilisée avant une intervention chirurgicale afin de repérer précisément le trajet des vaisseaux. Au niveau artériel, elle recherche des anomalies telles que des rétrécissements (sténoses) ou d'autres obstacles à l'écoulement du sang. On peut explorer les artères rénales, pulmonaires, cérébrales, de la rétine, des membres… Au niveau veineux, elle fait partie du bilan de thrombose veineuse profonde (phlébite) et en détermine les conséquences.
  • Les examens à visée interventionnelle auront pour objectif de minimiser voire de supprimer la pathologie identifiée, grâce à l'introduction d'instruments spécifiques par le point de ponction. Par exemple une dilatation du vaisseau peut être pratiquée dans la partie rétrécie : on parle alors d'angioplastie. Le point de ponction lors d'une artériographie est, soit fémorale (artère fémorale, partie haute de la cuisse), soit radiale (artère radiale, bras). Le point de ponction lors d'une phlébographie est, par exemple, le pouce du pied pour les membres inférieurs.

L'examen[modifier | modifier le code]

Principe et procédure[modifier | modifier le code]

Le principe est de rendre visibles (ou opaques) les vaisseaux artériels ou veineux aux rayons X, grâce à un produit de contraste ; de l'iode qui est radio-opaque et éliminé par les reins ou du dioxyde de carbone (CO2), absorbé par les tissus.
Un cathéter est introduit dans le vaisseau pour injecter le produit de contraste dans la « lumière » du vaisseau sanguin. Le produit se mélange au sang ; le système vasculaire devient alors visible sur les clichés radiologiques.

L'artériographie peut concerner n'importe quelle artère du corps ou le corps entier. Durant l'injection du produit iodé, des rayons X sont produits sous la table d'examen. Ils traversent le corps du patient et ceux qui ne sont pas arrêtés par le produit de contraste sont enregistrés par la caméra placée au-dessus du corps.
Un écran de contrôle permet la visualisation des artères. Un bras mobile peut être déplacé autour du corps pour obtenir des vues différentes de la même artère. Les images numériques sont mémorisées.
En cas d'exploration cardiaque, on parlera de coronarographie ; lorsqu'il s'agit d'une exploration carotidienne et céphalée, on parlera de neuro-angiographie.

D’un point de vue général l'examen n'est pas douloureux. Cela reste néanmoins un examen invasif. Ainsi le moment le plus désagréable correspond à la mise en place du cathéter. Une anesthésie locale par injection réduit cette sensation.
L’introduction du liquide de contraste à travers le cathéter crée une légère sensation de chaleur, réaction normale et limitée dans le temps.

Le cathéter[modifier | modifier le code]

Le cathéter est un tube long et souple de 80 cm à 150 cm, d'un diamètre extérieur pouvant aller de 0,67 mm à plusieurs mm. Il contient un guide métallique amovible (il peut être retiré puis réinséré par le médecin en cours d'examen) le rigidifiant et permettant sa progression dans les vaisseaux. Le cathéter permet de véhiculer jusqu'au niveau de la lésion : produit de contraste, produit de traitement, outil interventionnel.

Déroulement de l'examen[modifier | modifier le code]

Le radiologue, assisté d'un manipulateur radio, est généralement en charge de l'examen.

Une prise de sang peut être préalablement indiquée pour vérifier le taux de coagulation sanguine. Cet examen s’effectue à jeun (6 heures) (tabac, nourriture, boisson).

De son lit le patient est amené sur la table d'examen. Des électrodes sont placées sur le thorax pour enregistrer l'activité du cœur durant toute la partie de l'examen. Le site de ponction de l'artère (normalement l'artère fémorale) va être désinfecté. On procède à une anesthésie locale de la peau et des tissus avoisinant l'artère. L'artère est directement ponctionnée après l'anesthésie et un cathéter est introduit dans l'artère. Ce cathéter va ensuite être positionné sur les zones d'intérêt ou introduit directement dans l'artère malade. Un produit de contraste iodé sera injecté par une pompe au travers du cathéter, directement dans l'artère choisie par le médecin. Ce produit va provoquer une sensation de chaleur de courte durée. Il sera demandé régulièrement d'arrêter de respirer quelques secondes afin d'obtenir des images immobiles et nettes.

Juste après l’examen le radiologue pourra faire ses premiers commentaires. Néanmoins le diagnostic final sera donné après une analyse postérieure du médecin qui fournira au patient un compte rendu d’analyse.

Risques et effets secondaires[modifier | modifier le code]

Risques[modifier | modifier le code]

  • Infection due à l’introduction du cathéter.
  • Réactions allergiques dues au produit de contraste (choc anaphylactique)
  • D'hémorragie au site de ponction, pendant environ 24 heures.

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Quelles sont les contre-indications ?[modifier | modifier le code]

Usage courant de l'angiographie[modifier | modifier le code]

L'angiographie est un examen invasif, comportant des risques et il n'est réalisé qu'en dernier recours, lorsqu'un traitement médical n'est plus suffisant.

Liste non exhaustive des pathologies vasculaires identifiables lors d'une angiographie[modifier | modifier le code]

  • sténose: rétrécissement voire obstruction totale d'une artère.
  • shunt artério-veineux: malformation congénitale consistant en un court-circuit local des flux veineux et artériels.
  • malformation artério-veineuse: réseau artériel constitué par une tumeur, malformation congénitale consistant en un réseau diffus d'artérioles.
  • anévrisme: hernie artérielle pouvant conduire à un éclatement, et à une hémorragie locale, par exemple intra-crânienne ou aortique.

Liste non exhaustive des interventions réalisables lors d'une angiographie[modifier | modifier le code]

  • dilatation d'une sténose: un ballon gonflable du diamètre exact du vaisseau est placé au niveau du rétrécissement puis gonflé; il est possible d'insérer autour de ce ballon un stent, sorte d'anneau cylindrique au maillage hélicoïdal qui restera en place après gonflage du ballon et maintiendra ouverte la lumière du vaisseau.
  • comblement d'anévrisme: plusieurs coils, morceaux de métal de forme hélicoïdale et ultra-souples, sont amenés jusqu’à l'intérieur de la lésion et laissés en place. Leur intrication forme alors une barrière réduisant la pression sanguine à l'intérieur de l'anévrisme, et réduisant de fait les risques de dilatation ultérieure de l'anévrisme et donc de son saignement.
  • embolisation de malformation artério-veineuse: (MAV) (de la colle à prise rapide va être amenée sur le lieu de la MAV, afin de combler les artérioles et de supprimer toute circulation ; lorsque ces artérioles alimentent une tumeur, l'objectif est de tuer la tumeur en l'asphyxiant / nécrose des tissus ; lorsque ces artérioles alimentent une MAV qui saigne, l'objectif est de stopper le saignement.
  • d'autres interventions ont pour visée de corriger des malformations congénitales comme la veine de Galien (pédiatrie) ou de restituer une circulation au travers d'un foie cirrhotique (PTCA).

Angiographie cérébrale[modifier | modifier le code]

Elle est l’application de la méthode de l’angiographie au niveau cérébral. Elle est utilisée en diagnostique et en interventionnelle. Les principales pathologies sont des dilatations des vaisseaux (anévrismes), le rétrécissement de vaisseaux (sténose) ou le blocage.

Diagnostique[modifier | modifier le code]

Elle est utilisée pour diagnostiquer des anomalies sur les vaisseaux sanguins du cerveau ou menant au cerveau (carotides). Ces différentes pathologies vasculaires peuvent être : un blocage (thrombose) ou un rétrécissement (sténose) d’un vaisseau, un anévrisme, une malformation artério veineuse. On peut réaliser cet examen en pré opératoire afin d’observer le système d’irrigation du cerveau. L’angiographie cérébrale permet également de diagnostiquer des pathologies non directement liées au système vasculaire mais ayant un influence sur celui-ci. Elle permet de visualiser des tumeurs, des œdèmes, des hernies, vasospasme, l’augmentation de la pression intra crânienne et l’hydrocéphalie.

Evolution technique[modifier | modifier le code]

L’apparition de nouvelles techniques d’imagerie a réduit l’importance de l’utilisation de l’angiographie cérébrale. Elles ont l’avantage d’être non invasives, on peut citer l’angioscanner, l’échographie doppler, l’angio imagerie par résonance magnétique. Mais l’angiographie peut être recommandée après un examen précédent, afin d’apporter des informations complémentaires qui sont pas visibles par les nouvelles technologies. L’angiographie cérébrale reste l’examen le plus précis dans l’étude de la morphologie des vaisseaux sanguins, ainsi que pour fournir des données dynamiques sur la circulation.

Complications[modifier | modifier le code]

Toutes interventions invasives produit un risque. Les complications sont rares surtout avec les moyens mis à la disposition, et l’expérience acquises avec le temps sur ce type d’examen. Du fait du lieu de l’angiographie cérébrale, les complications sont tout de suite beaucoup plus graves. Elles peuvent être liées à l’angiographie par elle-même, en produisant un hématome au niveau du lieu de ponction sur l’artère ou en produisant une infection. Il y’a des risques liés à la production des images radiographiques par l’exposition aux rayons X, due à une accumulation de radiographie. L’autre risque est d’avoir une réaction allergique au produit de contraste (allergie à l’iode). Les risques spécifiques à l’angiographie cérébrale sont neurologies. Lors du passage du cathéter dans les artères cérébrales, il peut provoquer la migration d’une plaque d’artériosclérose et provoquer le blocage d’un vaisseau. Il peut se former un caillot au contact de la sonde pouvant migrer en provoquer une embolie.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Ecoiffier et al., Précis de techniques spécialisées en radiodiagnostic, Paris, Masson,‎ 1979, 784 p. (ISBN 9782225638992)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]