Allan Bloom

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Allan Bloom (Indianapolis, 14 septembre 1930Chicago, 7 octobre 1992) est un philosophe américain. Il a été élève de Leo Strauss à l'Université de Chicago, et est connu principalement grâce à son pamphlet best-seller de 1987, The Closing of the American Mind (en) (traduit en français par L'Âme désarmée), qui a bénéficié d'une réception importante dans les médias internationaux[réf. nécessaire]. Cet ouvrage a été publié à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires aux États-Unis et de manière assez discrète en France. Bloom y critique le modèle de l'éducation libérale de l'après-Seconde Guerre mondiale et l'emprise de la culture de masse sur les esprits. Il est également connu pour ses positions pédagogiques et ses traductions de Platon et de Rousseau.

Allan Bloom est le personnage central du roman de Saul Bellow, Ravelstein, publié en 2000.

Biographie[modifier | modifier le code]

Allan David Bloom a été élevé dans les écoles publiques d'Indianapolis jusqu'à l'âge de 16 ans. À cette époque, sa famille déménage à Chicago, où Allan Bloom s'inscrit à l'Université, obtient son B.A. en 1949, son M.A. en 1953 et son Ph.D au Committee on Social Thought en 1955. Il a aussi étudié et enseigné à l'étranger, à Paris, pendant les années 1953-1955, où il suit les cours de André-Jean Festugière et rencontre Ernest Fortin ainsi qu'Alexandre Kojève. Il se rend ensuite à Heidelberg en 1957. Il a enseigné dans les universités américaines de Chicago, Yale et Cornell, ainsi qu'au Canada à l'Université de Toronto (en Ontario).

Après Toronto, Bloom retourne à Chicago où il est nommé professeur au Committee on Social Thought, jusqu'à sa mort en 1992. Bloom fut un professeur de la « pensée sociale » et un remarquable traducteur de Platon et de Rousseau.

Atteint du Sida, Bloom est décédé le 7 octobre 1992, à l'âge de 62 ans, après avoir été hospitalisé pour un ulcère et des complications au foie. Au moment de son décès, il était codirecteur du John M. Olin Center for Inquiry into the Theory and Practice of Democracy.

Idées[modifier | modifier le code]

Bloom pensait qu'une éducation libérale jointe à l'étude judicieuse des grands textes classiques était le cœur même de toute bonne éducation. En ce sens, il semble avoir adhéré à la doctrine de Mortimer Adler, représenté sur le campus de l'Université de Chicago par Robert Maynard Hutchins. Adler et Hutchins, qui avaient réfléchi à un programme d'études libérales, voyaient que les « Great Books » étaient le véhicule privilégié de ce qu'il y a d'essentiel dans la culture occidentale et de ce que la réflexion peut approcher de plus fondamental dans les questions permanentes et importantes auxquelles l'être humain est confronté[1].

Bloom croyait fermement qu'un individu ne saurait examiner vraiment la vie sans s'engager dans une étude sérieuse, et une pratique non moins sérieuse des grands textes classiques. Il croyait si fortement cela qu'il s'est appliqué à maîtriser le grec classique et la langue française, à la fois pour ses propres études et pour son enseignement ; ses traductions de La République de Platon et de l'Émile de Rousseau ont donné lieu à de multiples explorations ultérieures, qu'on retrouve certes dans L'Âme désarmée, mais surtout dans l'ouvrage posthume Love and Friendship (L'Amour et l'Amitié, tr. fr. Pierre Manent), dans lequel Bloom fait part de ses lectures de Platon, mais aussi de Rousseau, de Jane Austen, de Stendhal, de Tolstoï, de Shakespeare et de Montaigne. Sa philosophie et ses idées sont dans la lignée de celle de Strauss.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Shakespeare on Love & Friendship, Chicago : University Of Chicago Press, 2000.
  • Love and Friendship, New York : Simon & Schuster, 1993. Traduction française parue en 1996 aux éditions de Fallois sous le titre L'amour et l'amitié.
  • Giants and Dwarfs: Essays, 1960-1990, New York : Touchstone Books, 1991.
  • Closing of the American Mind, New York : Simon & Schuster, 1987. (ISBN 5-551-86868-0). Traduction française parue en 1987 chez Julliard sous le titre L'Âme désarmée.
  • Platon, Plato's Symposium, Chicago : University of Chicago Press, 2001. A translation by Seth Benardete with commentaries by Allan Bloom and Seth Benardete.
  • Avec Harry V. Jaffa, Shakespeare's Politics. New York : Basic Books, 1964.
  • Avec Steven J. Kautz éd., Confronting the Constitution: The challenge to Locke, Montesquieu, Jefferson, and the Federalists from Utilitarianism, Historicism, Marxism, Freudism, Washington, DC: American Enterprise Institute for Public Policy Research, 1991.

Traductions

  • Platon, Republic of Plato (translated with notes and an interpretive essay), New York: Basic Books, 1968 (2nd éd. 1991).
  • Jean-Jacques Rousseau, Emile, New York : Basic Books, 1979. Traduction et introduction.
  • Jean-Jacques Rousseau, Letter to d’Alembert on the theater in politics and the arts, Ithaca, N.Y. : Cornell University Press ; Agora ed, 1968. Avec Charles Butterworth, Christopher Kelly (édition et traduction)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Noam Chomsky juge très sévèrement cette conception éducative propre à « imposer la discipline à l'école et à empêcher les gens d'apprendre à penser par eux-mêmes » et juge le livre L'Âme désarmée d'une « stupidité ahurissante » (Comprendre le pouvoir : Tome III, Aden, 2006, p. 22-24).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]