Abbaye de Cambron

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Ancienne abbaye de Cambron
Tour de l'abbatiale de Cambron (1775)
Tour de l'abbatiale de Cambron (1775)

Ordre (anciennement) Cistercien
Abbaye mère Abbaye de Clairvaux
Fondation 1148
Fermeture 1789
Fondateur Anselme de Trazegnies
Bernard de Clairvaux
Personnes liées Fastré de Cambron
Protection Icône du bouclier bleu apposé sur un immeuble classé de la Région wallonne Patrimoine classé (1982, 2009, La remise à chariots et du pigeonnier et le château néo-classique édifié par l'architecte Limbourg en 1854 (monument) ainsi que l'ensemble formé par divers édifices du domaine de l'ancienne abbaye de Cambron-Casteau et leurs abords (site), no 51012-CLT-0004-02)
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Commune Brugelette
Coordonnées 50° 35′ 09″ N 3° 53′ 11″ E / 50.5858, 3.8865 ()50° 35′ 09″ Nord 3° 53′ 11″ Est / 50.5858, 3.8865 ()  

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Ancienne abbaye de Cambron

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Ancienne abbaye de Cambron

L’ancienne abbaye de Cambron (son nom d’origine étant Abbaye Notre-Dame de Cambron) était une abbaye cistercienne fondée en 1148 sur la Dendre orientale, à Cambron-Casteau, dans le Hainaut (Belgique). Fille directe de l’abbaye de Clairvaux (saint Bernard) elle fut supprimée en 1789.

Le site de l’abbaye est aujourd’hui entièrement contrôlé - et exploité - par la SA Parc Paradisio sous l'appellation Pairi Daiza.

Histoire[modifier | modifier le code]

Premier siècle héroïque[modifier | modifier le code]

Douze moines de Clairvaux arrivent à Cambron en 1148. Ils sont envoyés par Saint Bernard, abbé de Clairvaux, sur invitation de Anselme de Trazegnies, seigneur de Péronnes-lez-Binche, chanoine et trésorier du chapitre collégial de Soignies, qui, pour la fondation d’une abbaye, leur offre une terre au bord de la Dendre. Les conditions de vie sont très rudimentaires. Mais les moines cisterciens ont déjà un grand prestige. Un des leurs, abbé de Tre Fontane, vient d’être élu pape sous le nom d’Eugène III.

Saint Bernard visite Cambron en 1150, alors que les moines font déjà face à de graves difficultés. La donation de Anselme de Trazegnies est contestée par son frère, Gilles de Silly. L’abbaye gagne le procès cependant. Ses premiers abbés sont de bons administrateurs et des religieux alliant une grande compétence avec une remarquable vigueur spirituelle. En particulier Fastré de Gaviamez, qui deviendra le second successeur de Saint Bernard à Clairvaux.

Bientôt l’abbaye essaime et fonde d’autres monastères : Notre-Dame du Verger à Cambrai, l’abbaye de Fontenelle à Valenciennes, du Refuse Sainte-Marie à Ath, d’Épinlieu à Mons, de Beaupré près de Malines, de Baudeloo, à Saint-Nicolas, et du Nouveau-Bois dans le diocèse de Gand.

Attirés par la sainteté des lieux deux évêques, pour des raisons différentes y prennent leur retraite. Didier, évêque de Thérouanne, désire consacrer les dernières années de sa vie à la prière et la contemplation. Il les passe à Cambron où il meurt en 1196. Un autre, Henri, évêque mondain et corrompu, est terrifié par une vision du châtiment qui l’attend dans l’autre monde. Il se convertit, abdique sa charge, et termine sa vie comme simple moine à Cambron.

Lorsque Fastré de Gaviamez est élu à Clairvaux, Gérard de Bourgogne (un parent de Saint Bernard) le remplace à Cambron. Il démissionne après huit ans. Le bienheureux Daniel de Grammont est alors élu troisième abbé ; il le sera jusqu’à sa mort en 1196.

Siècle de savants[modifier | modifier le code]

À la fin du XIIIe siècle, Baudouin de Boussu, docteur en théologie, est appelé à succéder à Thomas d’Aquin à l’université de Paris. Il compose un commentaire sur le livre des « Sentences » et a laissé des recueils de sermons. Comme onzième abbé de Cambron, il y est le grand promoteur et organisateur des études en sciences sacrées. Tout au long de l’Histoire, Cambron produira de nombreux théologiens et intellectuels. Plusieurs seront renommés.

Notre-Dame de Cambron[modifier | modifier le code]

En 1322 se produit un incident grave à Cambron[1]. Une image de la Vierge Marie est profanée. On soupçonne un juif ayant simulé une conversion au christianisme. L’affaire fait du bruit et émeut le peuple chrétien. Des cérémonies de réparations ont lieu. Ainsi prend naissance la dévotion à Notre-Dame de Cambron. Suite à une demande faite par le roi de France Philippe de Valois, le pape Benoît XII envoie une bulle accordant des indulgences aux pèlerins de Cambron. Le pèlerinage à la Vierge de Cambron est né ; la procession solennelle a lieu chaque année, le troisième dimanche de Pâques.

Parmi les pèlerins et visiteurs se trouvent des personnages illustres, tel l’empereur Maximilien Ier qui, de passage en Belgique, au début du XVIe siècle, visite le sanctuaire de Notre-Dame de Cambron. Il y laisse un don royal qui permet de faire appel à un artiste pour restaurer l’ancienne peinture sur bois.

En 1581, sous l’abbatiat de Robert d’Ostelart, une troupe de 600 huguenots est prête à prendre d’assaut l’abbaye. Ils quittent cependant les lieux sans faire de tort ni de dégâts. Ce fait quasi miraculeux est attribué par les moines à la protection que leur donne Notre-Dame de Cambron. Cela renouvelle la dévotion à la Vierge.

Renaissance[modifier | modifier le code]

À la fin du XIVe siècle , l’abbaye de Cambron compte plus de 70 religieux et poursuit sa mission charitable. Les moines se font progressivement aider par des frères convers chargés des travaux des champs. En apprenant aux paysans les techniques agricoles, elle contribue à l’affranchissement des classes rurales et à l’économie de cette région.

Après un XVe siècle difficile, l’abbaye contribue à la renaissance des lettres et de la théologie au XVIe siècle. Le maître des novices, André Enobarb, est un humaniste distingué, lequel correspond avec Érasme et compose une tragédie latine sur le miracle de Notre-Dame de Cambron. L’abbé Robert d’Ostelart (mort en 1613) soutient financièrement le collège d’Ath et accorde des bourses d’études à des étudiants en théologie à Louvain. Nous trouvons d’autres éminents moines à Cambron. Jean d’Assignies et Grégoire de Lattefeur deviendront tous deux abbés de Nizelles. Baudouin Moreau, auteur d’un commentaire renommé de la règle de saint Benoît, est procureur de l’ordre cistercien à Rome. Jean Farinart (de Chièvres), successeur de Robert d’Ostelart, est un excellent théologien (docteur en théologie de Douai). Antoine Le Waitte, auteur d’une histoire de l’abbaye de Cambron (1672), est responsable de la bibliothèque de l’abbaye et l’enrichit considérablement.

XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, le fruit du travail de la terre, les donations des fidèles et l’héritage des moines issus de la noblesse ont considérablement accru les richesses du monastère. L’abbaye a un grand prestige mais l’austérité primitive s'est relâchée. Les richesses de l’abbaye attirent les convoitises. À la fin du XVIIe siècle, les guerres du roi Louis XIV ruinent le Hainaut et provoquent un premier déclin de l’abbaye.

Remise à chariots de Cambron

La paix revenue, au début du XVIIIe siècle, permet une renaissance de l’abbaye avec de nouvelles constructions ou rénovations. La plupart des vestiges visibles aujourd’hui datent de cette époque. Le portail d’entrée du monastère est surmonté d’une gracieuse niche où se trouve la statue de la Vierge Marie. La tour de l’abbatiale, réalisée par l'architecte Jean-François Wincqz[2]est réalisée dans un style néoclassique simple et très pur. La remise à chariot aux cinq arcades, avec au centre un colombier, est un bâtiment unique en ce genre. Le splendide escalier monumental fait penser à un jardin seigneurial plutôt qu’à un monastère.

Suppression et fin de l’abbaye[modifier | modifier le code]

En 1783, l'empereur d'Autriche Joseph II - ‘despote éclairé’ - classe Cambron parmi les monastères et couvent "inutiles". Elle est donc supprimée. La décision entre en vigueur en 1789. Le 27 mai 1789, les moines sont expulsés sans ménagements de leur abbaye et partent en exil aux Pays-Bas.

La fin du pouvoir autrichien, amenée par la révolution brabançonne et les éphémères États belgiques unis, permet aux moines de revenir quelque temps chez eux (décembre 1789). Une grande partie du mobilier a déjà été volée. Cependant, l’occupation française met fin à neuf siècles de vie cistercienne : chassés par le pouvoir révolutionnaire, les moines quittent définitivement l’abbaye en 1797. Le 44e et dernier abbé de Cambron, Florent Pépin, meurt aux Pays-Bas le 16 novembre 1795. Les biens de l’abbaye sont vendus et les bâtiments démantelés par les propriétaires successifs.

Aujourd’hui[modifier | modifier le code]

chateau des Beaulieu

La famille des comtes du Val de Beaulieu achète le domaine abbatial pour en faire sa résidence. Un splendide château y est construit. Cambron reste propriété de la famille jusqu'à son acquisition par la famille Domb, les fondateurs du parc Paradisio en 1993 devenu Pairi Daiza. L'ensemble du site est classé depuis 1982.

Depuis le 30 mars 2013, le site de l'abbaye accueille à nouveau la brasserie de Cambron qui renoue ainsi avec le passé brassicole du lieu. En effet, le patrimoine brassicole du domaine remonte à 1770. La brasserie a été reconstruite sur ses propres ruines avec les matériaux de l'époque cistercienne. Quatre bières d'abbaye reconnues y sont produites en association avec la brasserie Dubuisson et en utilisant l’eau de la source Saint-Bernard. Ces bières sont en vente dans le parc d'attraction[3] :

  • l’Abbaye de Cambron Blonde titrant 5,5 % alcool.
  • l’abbaye de Cambron Brune titrant 7,5 % alcool.
  • la Cambron Blanche.
  • la Cerise de Cambron.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le récit de cet évènement est relaté par un anonyme dans l'Histoire admirable de Notre-Dame de Cambron, publiée à Mons en 1726 (cité par D. Martens, « Iconoclasmes et malentendus. Une image méconnue du Sacrilège de Cambron », dans Zeitschrift für Kunstgeschichte, 70 (2007), pp. 215-236).
  2. Jean-Louis Van Belle, Une dynastie de Bâtisseurs, les Wincqz, éditions CIACO, 1990
  3. http://www.lalibre.be/archive/brasserie-de-cambron-pairi-daiza-520ef10f3570e91703f5458f

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • C. Monnier, Histoire de l'abbaye de Cambron, Mons, I, 1876; II, 1884.
  • U. Berlière, Monasticon belge, I: Provinces de Namur et de Hainaut, Maredsous, 1890-1897, pp. 343-357.
  • R. Paternotte, Histoire de Notre-Dame de Cambron et de son culte, précédée d'une notice sur l'abbaye, Bruxelles, 1913.
  • J.-M. Canivez, L'Ordre de Cîteaux en Belgique, Forges-lez-Chimay, 1926.
  • S. Brigode, R. Brulet, J. Dugnoille et R. Sansen, « L'abbaye cistercienne de Cambron », dans Annales du Cercle royal d'Histoire et d'Archéologie d'Ath et de la région et Musées athois, 46, 1976-1977, pp. 30-111.
  • J. Bastien, Les grandes heures de l'abbaye cistercienne de Cambron, Cambron-Casteau, 1984.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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