Économie-monde

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La notion d'économie-monde conformément aux idées taylorienne et fordienne est définie par l'historien moderniste Fernand Braudel comme « un morceau de la planète économiquement autonome, capable pour l'essentiel de se suffire à lui-même et auquel ses liaisons et ses échanges intérieurs confèrent une certaine unité organique[1] ». Une économie-monde est un système organisé par un centre, lequel exerce une domination ou une influence sur des périphéries et des marges[2]. L'économie mondiale des Temps modernes comprend plusieurs économies-mondes  : la Méditerranée du XVIe siècle , avec comme centres déjà déclinant, Gênes et Venise d'une part et Anvers, en Mer du Nord, par exemple. On peut définir la mondialisation contemporaine comme la formation d'une seule économie-monde à l'échelle du monde. La notion de système-monde est due au sociologue Immanuel Wallerstein.

Une économie-monde est un espace qui est économiquement autonome, c’est-à-dire qu'il peut se suffire à lui-même pour l'essentiel. Il est délimité dans sa taille par le temps de déplacement de ses occupants, des objets et des communications. En effet, cet espace doit acquérir une cohérence et pour ce faire, doit créer un réseau de communications suffisamment dense pour permettre des relations entre tous les points de l'espace, la taille d'une économie monde dépendra alors des technologies existantes en communication (ex : cheval, barque, train, avion ; pigeon voyageur, télégraphe, téléphone, internet). Cette économie-monde est constituée d'espaces politiques et culturels différents, qu'elle englobe. Malgré cette hétérogénéité de constitution, elle possède un système propre qui la démarque de l'extérieur. Une économie-monde est disposée de façon bien spécifique avec quatre grandes parties : le cœur, le centre, la périphérie, et la marge. Une économie-monde est généralement dominée par une ville-monde ou « superville » : « les informations, les marchandises, les capitaux, les crédits, les hommes, les ordres, les lettres marchandes y affluent et en repartent[3] ».

L'évolution des économies-mondes[modifier | modifier le code]

La drachme athénienne
L'empire britannique en 1886
Le dollar des États-Unis

Selon Jacques Attali, différentes cités marchandes, de Tyr et Sidon, en Phénicie au VIIIe siècle av. J.-C., jusqu'à New York au XXe siècle, puis Shanghai, au tournant du XXIe siècle, ont exercé cette fonction de pôle dominant qui consiste à entraîner le reste du monde par des innovations scientifiques, financières et commerciales, avant de transmettre cette faculté d'innovation à une autre cité.

Ces innovations consistent, par exemple, en l'invention du chèque par les Arabes, au VIIIe siècle (saq lettre de change), la création d'un système bancaire et de comptabilité en partie double, par les cités italiennes au XIIe siècle, d'une bourse des valeurs, à Anvers au XVIe siècle, d'un marché à terme, à Amsterdam, au XVIIe siècle , du métier à tisser et de la machine à vapeur, en Angleterre, au xviie siècle, d'un câblage télégraphique transatlantique entre Londres et New York, au XIXe siècle, du système internet aux Etats-Unis au xxe siècle.

Deux cités peuvent cohabiter : ainsi Rome et Alexandrie du IIe siècle av. J.-C. au IIe siècle, Gênes et Venise entre les XIIe et XVIe siècles, Anvers et Amsterdam au XVIe siècle, Amsterdam et Londres entre les XVIIe et XVIIIe siècles, Londres et New York au XXe siècle, New York et Shanghai à l'aube du 3e millénaire. Cependant, une des deux cités finit par l'emporter : Rome au IIe siècle, Venise vers 1380, Amsterdam vers 1620, Londres vers 1780, New York après 1945 et peut-être Shanghai depuis 2010, sont devenues chacune le pôle dominant.

Principales économies-mondes[modifier | modifier le code]

La formation d'une seule économie-monde[modifier | modifier le code]

La mondialisation contemporaine, depuis la fin du XXe siècle, peut être définie comme la formation d'une seule économie-monde à l'échelle du monde[2]. L'économie mondiale ne forme plus qu'une seule économie-monde, mais elle est multipolaire.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme : XVe-XVIIIe siècle, Paris, A. Colin,‎ 1967 (notice BnF no FRBNF32932311s).
  2. a et b Laurent Carroué, « La mondialisation en débat », Documentation photographique, n° 8037, La documentation française, Paris, 2004, p. 4.
  3. Fernand Braudel, Civilisation matérielle, économie et capitalisme, XVe-XVIIIe siècle, Paris, 1979, p. 20.

Articles connexes[modifier | modifier le code]