Yvonne Choquet-Bruhat

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Yvonne Choquet-Bruhat
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Yvonne Choquet-Bruhat à l'Institut de recherches mathématiques d'Oberwolfach (Allemagne) en 2006

Nom de naissance Yvonne Suzanne Marie-Louise Bruhat
Naissance (93 ans)
Lille (France)
Nationalité Drapeau de la France Française
Domaines Mathématiques, physique
Institutions CNRS
Institute for Advanced Study
Université de Marseille
Faculté des sciences de Paris
Université Pierre-et-Marie-Curie
Formation École normale supérieure de jeunes filles
Directeur de thèse André Lichnerowicz
Distinctions Première femme membre de l'Académie des sciences française (1979)
Membre de l'Académie américaine des arts et des sciences (1985)
Grand-croix de la Légion d'honneur (2016) et de l'ordre national du Mérite (2015)

Compléments

Fille de Georges Bruhat, sœur de François Bruhat, épouse de Gustave Choquet et mère de Daniel Choquet

Yvonne Choquet-Bruhat, née le à Lille, est une mathématicienne et physicienne française.

Ses travaux se situent à la frontière des mathématiques et de la physique, et porte notamment sur les mathématiques de la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein. Elle est d'ailleurs connue pour avoir apporté la première preuve mathématique de l'existence de solutions aux équations d'Einstein. Ses travaux sont utilisés pour les détecteurs d'ondes gravitationnelles.

Titulaire de nombreux prix mathématiques et de décorations honorifiques, elle est la première femme élue à l'Académie des sciences française en 1979.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Yvonne Suzanne Marie-Louise Bruhat est née le à Lille dans le département du Nord. Elle est la fille de Berthe Hubert, professeur agrégé de philosophie, et de Georges Bruhat, professeur de physique à la faculté des sciences de Paris, mort en déportation au camp de concentration Oranienburg-Sachsenhausen[1]. Elle est la sœur du mathématicien François Bruhat[2].

Elle obtient le baccalauréat en 1941 et remporte le second prix de physique au concours général, un concours récompensant les meilleurs lycéens du pays[1]. De 1943 à 1946, elle est étudiante à l'École normale supérieure de jeunes filles à Sèvres[3] où elle a pour maîtres les mathématiciens Georges Darmois, Jean Leray et André Lichnerowicz. En 1946, elle est reçue première de l'agrégation de mathématiques[4],[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

À partir de 1946, elle est professeur assistante à l'École normale supérieure. De 1949 à 1951, elle est assistante de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et à cette issue obtient son doctorat en sciences pour sa thèse Théorème d'existence pour certains systèmes d'équations aux dérivées partielles non linéaires écrite sous la direction d'André Lichnerowicz. De 1951 à 1952, elle est chercheuse postdoctorale à l'Institute for Advanced Study de Princeton aux États-Unis[1],[2],[5],[6] et assiste le mathématicien Jean Leray. Elle y rencontre le physicien Albert Einstein et lui expose ses travaux basés sur sa théorie de la relativité générale[7]. Elle rejoint l'université de Marseille en 1953 en tant que maître de conférences. Elle retourne à l'Institute for Advanced Study de Princeton durant l'année scolaire 1955-1956. Elle enseigne à l'université de Reims de 1958 à 1959, puis devient professeur titulaire de la chaire de mécanique analytique et mécanique céleste à la faculté des sciences de Paris de 1960 à 1970. À la suite du démantèlement de cette dernière, elle enseigne à la nouvelle université Pierre-et-Marie-Curie (UPMC) de Paris à partir de 1971. Elle prend sa retraite en 1992 et se voit accordé le titre de professeur émérite[1],[2],[5],[6].

Elle reçoit la médaille d'argent du CNRS en 1958, puis le Prix Henri de Parville de l'Académie des sciences en 1963. Élue correspondante de l'Académie des sciences française le , elle est la première femme à en devenir membre le dans la section « Sciences mécaniques et informatiques ». Membre depuis 1965 du Comité international de relativité générale et gravitation, elle en prend la présidence de 1980 à 1983. Elle devient membre de l'Académie américaine des arts et des sciences en 1985. Elle est conférencière Noether en 1986 et en 2006. Elle reçoit le Prix Dannie Heineman pour la physique mathématique de la Société américaine de physique et de l'American Institute of Physics en 2003, et le Marcel Grossmann Award en 2004[3],[5],[6],[8].

Elle est nommée Officier de l'ordre national de la Légion d'honneur le [9]. Elle est promue Commandeur le , puis Grand officier par décret du [10] et enfin Grand-croix par décret du [11]. Elle est nommée Grand officier de l'ordre national du Mérite le et promue Grand-croix par décret du [12].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Yvonne Choquet-Bruhat et Gustave Choquet à Berkeley en 1974.

Elle se marie une première fois avec le mathématicien Léonce Fourès, et de cette union naît une fille, Michelle Fourès. Elle épouse en secondes noces le mathématicien et académicien des sciences Gustave Choquet, avec qui elle a deux enfants, Geneviève et le neurobiologiste Daniel Choquet[2].

Travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux d'Yvonne Choquet-Bruhat sont à la frontière entre les mathématiques et la physique[3],[4].

Elle est l'une des pionnières des mathématiques de la relativité générale, un ensemble de structures et techniques mathématiques utilisées par la théorie de la relativité générale d'Albert Einstein. Elle a été la première à apporter en 1952 la preuve mathématique de l'existence de solutions aux équations d'Einstein. Ses travaux dans ce domaine ont conduit à des progrès dans la relativité numérique, comme le calcul des ondes gravitationnelles émises lors de l'effondrement et de la fusion de deux trous noirs. Ces résultats sont utilisés pour les détecteurs d'ondes gravitationnelles tels que Virgo ou LIGO[2],[3],[13].

Elle a également travaillé sur de nouvelles méthodes mathématiques qui ont fourni une base solide pour l'étude de plusieurs théories physiques, comme l'hydrodynamique relativiste (dynamique des fluides), les théories de jauge non-abéliennes et la théorie de la supergravité[2],[3].

Publications[modifier | modifier le code]

Yvonne Choquet-Bruhat est l'auteur de plus de 200 publications scientifiques et de plusieurs livres dont Analysis, manifolds and physics qui est devenu un ouvrage de référence pour les chercheurs et étudiants[3].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Nina Byers et Gary Williams, Out of the shadows : contributions of twentieth-century women to physics, Cambridge, Cambridge University Press, , 471 p. (ISBN 9780521821971, notice BnF no FRBNF41094075, lire en ligne).
  2. a, b, c, d, e et f (en) Ioana Fechete, « Accomplishments of Yvonne Choquet-Bruhat: The first woman member of the French Academy of Sciences », Comptes Rendus Chimie, Académie des sciences et Elsevier,‎ (ISSN 1631-0748, lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e et f [PDF]« Communiqué de presse - Marcel Grossmann Award pour Yvonne Choquet-Bruhat », sur le site de l'Académie des sciences,‎ (consulté le 13 novembre 2016).
  4. a et b « Yvonne Choquet-Bruhat, première femme à entrer l'Académie des sciences », sur le site de Canal Académie (consulté le 13 novembre 2016).
  5. a, b, c et d (en) « Biographie d'Yvonne Choquet-Bruhat », sur le site de l'Association for Women in Mathematics (consulté le 13 novembre 2016).
  6. a, b et c Fatima Rahmoun et Sophie Edouard, « Une femme à l'Académie des Sciences », sur le site de l'INA,‎ (consulté le 13 novembre 2016).
  7. Azar Khalatbari, « Yvonne Choquet-Bruhat : cette scientifique a connu Einstein et l'évoque pour Sciences et Avenir », sur le site de Sciences et Avenir,‎ (consulté le 13 novembre 2016).
  8. « Yvonne Choquet-Bruhat », sur le site de l'Académie des sciences (consulté le 13 novembre 2016).
  9. « Ordre de la légion d'honneur - Décret du 11 juillet 1997 portant promotion », sur Légifrance,‎ (consulté le 13 novembre 2016).
  10. « Décret du 11 juillet 2008 portant élévation aux dignités de grand-croix et de grand officier », sur Légifrance,‎ (consulté le 13 novembre 2016).
  11. « Décret du 13 juillet 2015 portant élévation aux dignités de grand-croix et de grand officier », sur Légifrance,‎ (consulté le 13 novembre 2016).
  12. « Décret du 14 novembre 2012 portant élévation aux dignités de grand-croix et de grand officier », sur Légifrance,‎ (consulté le 14 novembre 2016).
  13. (en) James Isenberg, « A brief assessment of the work of Yvonne Choquet-Bruhat », sur le site de l'IHES (consulté le 14 novembre 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]