Winfield Racing School

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La Winfield Racing School est une école de pilotage fondée à Magny-Cours en 1964 par Bill Knight et ses deux fils, Mike et Richard, avant d’ouvrir un second établissement au Circuit Paul Ricard au début des années 1970. Elle fut l'école de formation de nombreux pilotes connus des années 1970 au milieu des années 90 comme : Alain Prost[1], Damon Hill, Jacques Laffite, Yvan Muller, Christian Danner, Jean Alesi, Jean-Louis Schlesser, Marcel Fässler ou encore Olivier Panis[2].

Repères historiques[modifier | modifier le code]

Au tout début des années 60, Bill Knight, un pilote chevronné des courses de sable sur l’île de Jersey et propriétaire d’un circuit de karting à Majorque, se rapproche de l’école de pilotage monté par Jim Russell en 1956 à Snertterton pour le convaincre d’ouvrir une filiale en France. L’affaire est conclue et l’École Jim Russel ouvre en 1963 à Magny-Cours. Mike Knight et Richard Knight, les deux fils de Bill Knight viennent aider leur père dans la gestion et le développement de cette nouvelle école[3].

En 1964, la famille Knight arrête sa collaboration avec Jim Russell et décide de créer sa propre école de pilotage et sa propre marque. La « Winfield Racing School » est née. Le choix de Winfield se fait en souvenir du nom de la grand-mère maternelle des fondateurs. À cette période, ce sont des Lotus 18 qui sont utilisées dans l’école, mais celles-ci manquent cruellement de fiabilité. Pour résoudre ce problème, Bill Knight propose à son ami rencontré sur les courses de sable de Jersey Tico Martini de superviser l’aspect matériel de l’école qui s’appelait alors Winfield Motor Racing School[4].

Tico Martini, mécanicien de formation et pilote amateur, devient la personne qui conçoit les monoplaces de l’école de pilotage, dont la première voit le jour en 1967 : la MW1 (pour Martini – Winfield). Dès 1970, les monoplaces MW changent de nom, pour devenir MK (pour Martini-Knight). Les projets de Tico Martini présentent de gros avantages sur les Lotus 18 : elles sont solides et facilement réparables. Ces monoplaces innovantes et fiables font monter la notoriété et la réputation de la Winfield Racing School. Jusqu’alors uniquement destiné à l’école de pilotage, les monoplaces de Tico Martini commencent à avoir un succès commercial dans la catégorie Formule France (catégorie inférieure à la Formule 3, plus accessible et servant de tremplin pour les pilotes prometteurs). Dans la même année, ce sont 26 monoplaces Martini qui sortent de la Winfield Racing School à destination de plusieurs clients[3].

Dès 1963, le pétrolier Shell décide de patronner l’école et de créer le «Volant Shell » dans le but de détecter les pilotes talentueux de demain. Alors que l’école Winfield est encore connue sous le nom « École Jim Russel », Bill Knight rachète le nom « Volant Shell » et en assure les financements. 300 prétendants au titre s’inscrivent la première année[5].

En 1966, Bill Knight se retire de la Winfield Racing School et cède ses responsabilités à Tico Martini, ainsi qu’à ses deux fils Mike et Richard.

En 1968, le Volant Shell révèle un excellent pilote : Jean-Luc Salomon. Grâce à sa victoire, une monoplace lui sera offerte en 1969 pour une saison en championnat Formule France. Dans la même année, Jacques Laffite remporte le « Trophée Winfield », un programme crée par l’école de pilotage ayant pour but de donner une seconde chance aux pilotes prometteurs qui ont loupé leur victoire au « Volant Shell »[3]. A partir de 1974, le Volant Shell devient le « Pilote Elf », jusqu’à sa dernière édition en 1993 avec la victoire de Sébastien Boulet.


Winfield Racing School au Circuit Paul Ricard[modifier | modifier le code]

En 1970 naît un nouveau circuit dans le sud de la France : le Circuit Paul Ricard. Dès 1971, la filière Renault-Elf et le Circuit Paul Ricard se sont associés pour la création de l’école de pilotage portant leur nom.

En 1973, l’école de pilotage «Renault-Elf Circuit Paul Ricard » devient « Winfield Racing School », la deuxième école après celle de Magny-Cours, dirigée par Simon de Lautour. Elle marque le début de l’association avec Renault et Elf, pour ce qui deviendra le «Volant Elf-Winfield » en 1973. A la fin de chaque saison, des éliminatoires sont organisés par l’école de pilotage dans le but de faire concourir les cinq meilleurs élèves lors d’une finale. Le vainqueur bénéficie l’année suivante d’une monoplace et d’un financement complet d’une saison en Championnat de France Formule Renault. Plusieurs pilotes notables ont participé à ce concours, qui s’étendra jusqu’en 1994 : Bruno Saby, Jean Alesi, Damon Hill, Jacques Laffite, Olivier Panis, Bertrand Gachot, Stéphane Ortelli, Richard Dallest, et un certain Alain Prost

En 1985, L’Écurie Winfield voit le jour. Dirigée par Gérard Camili (finaliste du Volant Elf en 1971) dont les premiers pilotes seront Eric Bernard (vainqueur du Volant Elf-Winfield 1983) et Erik Comas (vainqueur du Volant Elf-Winfield 1984), l’écurie permet d’achever l’apprentissage des élèves les plus talentueux de l’école, jusqu’à leur accession en F3000.

Du milieu des années 1960 au milieu des années 1990, 30 000 élèves du monde entier sont passés par l’école de pilotage pour se former à la course en compétition et tenter de gagner le « Volant Elf-Winfield »[6].



Winfield Racing School aujourd’hui[modifier | modifier le code]

Relancée en 2016[7], la Winfield Racing School propose des stages de perfectionnement pour jeunes pilotes comme lors de sa création en 1964, mais aussi des programmes exclusifs de pilotages pour les entreprises et les particuliers[8] :

Le F1 Driving Experience, qui permet aux clients qui n'ont aucune expérience de conduire une voiture de Formule 1 moderne utilisée en championnat officiel en 2012[9]. Le programme permet une immersion totale en vivant, le temps d'une journée, dans la peau d’un pilote de course, où l’on découvre tous les aspects de ce sport et du métier, que ce soit à l’intérieur ou hors de la voiture[10].

Le F4 Driving Experience, un programme mis en place pour faire ses premiers pas au volant d'une monoplace pour apprendre les bases du pilotage et de la course automobile. Tout au long de la journée, les participants améliorent leurs compétences de conduite grâce aux conseils des instructeurs et des ingénieurs, mais aussi au temps passé sur la piste. Ce programme est soit à destination des kartmen ou kartwomen souhaitant commencer une carrière en monoplace, soit pour les particuliers voulant expérimenter la conduite en monoplace.

L'école de pilotage a également relancé en 2018 le « Volant Winfield »[11] et le « Trophée Winfield », des programmes de formation et de sélection en monoplace[12]. Le vainqueur du Volant Winfield 2018, le Brésilien Caio Collet, a été couronné champion de France FIA F4 la même année et est membre de la Renault Sport Academy depuis 2019[13]. Il participe à la Formule Renault Eurocup, une discipline permettant aux futurs champions de Formule 1 de faire leurs preuves. Théo Pourchaire, vainqueur du Trophée Winfield 2018[14], est quant à lui actuellement membre de l'équipe de France Circuit FFSA et de la Sauber Academy. Vainqueur du championnat de France de Formule 4 Junior en 2018 puis du championnat d'Allemagne de Formule 4 en 2019, il fait ses débuts en Formule 3 l'année suivante, au sein de l'écurie ART Grand Prix.



Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Marcus Simmons, « Winfield school that launched Prost's career revived with F4 prize », sur Autosport.com (consulté le 21 septembre 2020)
  2. « Winfield Racing School - Piloter une Formule 1, c'est possible ! », sur fr.motorsport.com (consulté le 21 septembre 2020)
  3. a b et c Patrick Camus, Tico Martini, artisan constructeur : du kart à la Formule 1, la réussite d'un mécanicien, Editions du Palmier, 160 p. (ISBN 978-2914920919)
  4. « LA FORMIDABLE AVENTURE DE TICO MARTINI », sur Autonewsinfo (consulté le 21 septembre 2020)
  5. « CLASSIC DAYS », sur Classic Days (consulté le 21 septembre 2020)
  6. « WIM - DORIANE PIN REMPORTE UN TEST F4 GRÂCE AU VOLANT WINFIELD ET À LA COMMISSION FIA WIM », sur Federation Internationale de l'Automobile, (consulté le 21 septembre 2020)
  7. (en-GB) Connor Jackson, « Iconic Winfield Racing School Returns for 2016 », sur The Checkered Flag, (consulté le 21 septembre 2020)
  8. « Winfield, la renaissance », sur Var-Matin, (consulté le 21 septembre 2020)
  9. « VIDEO. On a roulé sur le tracé du Grand Prix de France au Castellet avant le retour des F1 », sur Var-Matin, (consulté le 21 septembre 2020)
  10. « Devenez pilote de F1 le temps d’une journée ! », sur Autoplus.fr (consulté le 21 septembre 2020)
  11. Gilles GAIGNAULT, « RENAISSANCE DU ‘VOLANT WINFIELD’ AU CIRCUIT ‘PAUL RICARD’ ! », sur autonewsinfo.com, (consulté le 21 septembre 2020)
  12. « Le Volant Winfield passe la deuxième », sur Nice-Matin, (consulté le 21 septembre 2020)
  13. « Caio Collet du Volant Winfield à la Renault Sport Academy », sur fr.motorsport.com (consulté le 21 septembre 2020)
  14. Mickael Guilmeau, « Le volant Winfield revient pour une nouvelle édition », sur France Racing, (consulté le 21 septembre 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]