Orville et Wilbur Wright

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Orville Wright (1871-1948)
Wilbur Wright (1867-1912)

Les frères Orville Wright ( - ) et Wilbur Wright ( - ) sont deux célèbres pionniers américains de l'aviation, à la fois chercheurs[1], ingénieurs, concepteurs, constructeurs et pilotes.

Après des vols de mise au point sur planeurs, ils affirment avoir effectué, en 1903, leur premier vol motorisé. Ils se sont distingués de leurs prédécesseurs et de leurs contemporains par leur approche analytique et expérimentale du problème. Leur contribution essentielle sera d'avoir correctement analysé la mécanique de vol du virage et d'avoir réalisé, en 1902, les premiers vols contrôlés grâce au couplage de la gouverne de direction et du gauchissement (obtenu par vrillage) des ailes. Maîtrisant le pilotage, ils effectuent en 1905 les premiers vols pouvant être qualifiés de « stables », de longue durée, avec des virages inclinés et non dérapés.

Cependant, leur obsession du secret autour de leurs machines et de leurs capacités à réaliser un vol motorisé contrôlé (qu'ils maintiendront presque totalement jusqu'à l'obtention de brevet d'invention en 1905) entraînera un scepticisme général, en particulier en Europe, quand ils commenceront à communiquer en 1905 tout en exigeant un contrat commercial ferme avant toute démonstration. Cela explique le décalage de plusieurs années entre les premiers vols contrôlés de 1905, à l'écart de tout spectateur dans les dunes de Caroline du Nord, et les vols publics de 1908 où leur maîtrise du pilotage sera reconnue.

Consacrant leur énergie à protéger leur invention et à des luttes de brevets, ils ne remettent pas en cause la configuration atypique de leur machine (configuration canard, pas d'ailerons, pas de roues, hélices à l'arrière), qui est obsolète en 1910 et ne sera pas poursuivie.

Historique[modifier | modifier le code]

Premier vol motorisé des frères Wright le 17 décembre 1903 sur Flyer.
Wright Flyer II en Ohio, 1904.
Wright Flyer à Fort Myer (Virginie) en 1908.

Les frères Wright sont originaires de Dayton, dans l'Ohio, aux États-unis, où ils possèdent un atelier de bicyclettes[2]. Une légende veut que ces modestes fabricants de vélos, s'ennuyant sur leur atelier, aient inventé l'avion par hasard, sans aide extérieure. En réalité, les frères sont des ingénieurs doués. Ils se sont inspirés de pionniers de l'aviation, tels qu'Otto Lilienthal ou Octave Chanute, pour concevoir le Flyer après cinq années d'expérimentations (cerfs-volants, planeurs, soufflerie), de recherche et de vols d'essais[3].

En relation avec Octave Chanute, ils réalisent, en 1899, un planeur à échelle réduite de type cellulaire (biplan à haubans) et, innovation majeure, muni d'un contrôle du gauchissement de la voilure. Ce planeur est essayé en vol comme un cerf-volant, « piloté » depuis le sol. Dès le début, et suivant les recommandations d'OctaveChanute, les frères Wright ont compris l'importance et la nécessité de l'expérimentation et du contrôle du pilotage de la machine.

Planeurs, de 1900 et 1902[modifier | modifier le code]

En 1900, ils réalisent un planeur de plus grande dimension (5,30 mètres d'envergure), capable de porter un pilote. Ce planeur, qui comporte maintenant une gouverne de tangage placée à l'avant, est essayé d'abord en cerf-volant, puis piloté pour la première fois le 20 octobre 1900. Ces essais en vol plané amènent des modifications : pour mieux planer, l'envergure est augmentée à 6,70 m. Pour étudier le profil qui convient à la portance des ailes, ils construisent la première soufflerie dans leur atelier dès 1901. D'autres essais, cette même année, montrent la nécessité d'augmenter encore l'envergure (la portant à 9,75 m) et d'installer une gouverne de direction, disposée à l'arrière, pour contrôler la trajectoire. Grâce à cette modification[4], ils arrivent à maîtriser la trajectoire de vol de leur planeur, et effectuent, en 1902, environ sept cents vols planés, d'une longueur de 150 à 200 mètres[5]. Bien que cela soit rarement souligné, la « pilotabilité » de ce planeur représente en fait l'avancée majeure des frères Wright au début de l'aviation.

Flyer[modifier | modifier le code]

Capables de concevoir et de réaliser une machine qui vole et dont on maîtrise le pilotage, lLes frères Wright s'attaquent alors au problème de la propulsion, et construisent dans leur atelier leur propre moteur et les hélices. Ils vont effectuer les essais de leur appareil baptisé Flyer, à Kitty Hawk, en Caroline du Nord. Après un premier essai infructueux[6] de Wilbur[7], le , ils réussissent leurs premiers vols motorisés le [8].

Flyer II[modifier | modifier le code]

L'année suivante, avec un nouvel appareil au pilotage également difficile, le Flyer II, ils parviennent à effectuer des virages. Orville Wright effectue, le 20 septembre 1904, le premier vol en circuit fermé de l'histoire.

Flyer III[modifier | modifier le code]

Les premiers essais ne sont pas satisfaisants, mais après une mise au point de plusieurs mois, le succès arrive : le Flyer III de 1905 vole mieux et effectue un vol record de 39 minutes. Conscients de leur réussite, et pour protéger les droits sur leur invention, les frères Wright n'ont convié aucun témoin ni journaliste pour attester de la réalité du vol motorisé contrôlé. Ils ne communiquent ni plan, ni photographie.

En 1906 et 1907, les frères Wright se consacrent à la gestion de leur affaire. Plus aucun vol n'est réalisé, dans l'attente de l'octroi d'un brevet d'invention. Cette discrétion, volontairement entretenue par les frères Wright, fera que beaucoup pourront, de bonne foi, douter des possibilités réelles du Flyer ; les Wright devront par la suite procéder à des vols de qualification exigeants lorsqu'ils démarcheront des clients pour vendre leur invention.

Flyer Model A[modifier | modifier le code]

Prenant des contacts avec l'US Army en 1908, ils vont pouvoir montrer leur savoir-faire avec un modèle plus puissant, et biplace.

Démonstrations aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Orville Wright réalise des démonstrations de plus en plus spectaculaires sur le site de Fort Myer (Virginie), emportant un passager à plusieurs reprises. Un incident (rupture d'une hélice) va avoir une conséquence tragique : le 17 septembre 1908, son avion s'écrase. Le passager, Thomas Etholen Selfridge, est tué, et Orville est gravement blessé.

Démonstrations en France[modifier | modifier le code]

Statue en hommage à Wilbur Wright, au Mans, installée place des Jacobins jusqu'en 2012.

En même temps, un contrat est conclu avec la Compagnie générale de navigation aérienne de Lazare Weiller pour un accord de licence sur le Flyer, sous réserve de performances et de formation de trois pilotes. Wilbur Wright a transporté un « Model A » en France et, installé au Mans depuis le 15 juin, le fait voler à partir d'août 1908, notamment aux Hunaudières.

Spectateurs et concurrents[modifier | modifier le code]

Le Flyer vole, d'un part, le 8 août, aux Hunaudières, en présence d'une centaine de personnes, dont Louis Blériot et René Gasnier, membres de l'Aéro-Club de France, et d'autre part au Camp d'Auvours, à Champagné, près du Mans[9], où l'appareil est hébergé par les frères Amédée et Léon Bollée.

Parmi les personnes qui assistent aux vols : Paul Cornu et Ponton d'Amécourt, inventeurs de l'hélicoptère, Simon Lake, inventeur des sous-marins, Paul Jamin, vainqueur du Paris-Dieppe, puis du Paris-Trouville en 1897, etc. En octobre, on remarquera dans l'assistance les aviateurs Henri Farman, Léon Delagrange, Robert Esnault-Pelterie, René Gasnier.

Passagers[modifier | modifier le code]

L'aviateur Ernest Zens sera le premier passager français de Wilbur Wright, au Camp d'Auvours (15 septembre 1908). Paul Tissandier, présent au Mans pendant trois semaines, sera son compagnon de bord le 28 suivant : « C'est vraiment à n'y pas croire, dira-t-il. Les détracteurs des frères Wright [...] changeraient immédiatement d'avis s'ils pouvaient [...] comme moi tout à l'heure, s'envoler dans cet admirable engin. »

École de pilotage[modifier | modifier le code]

Stèle au nom de la première école au monde de pilotage, devant l'aéroport de Pau-Pyrénées

Deux élèves-pilotes français ont commencé leur formation sur le Flyer, dès l'automne 1908, au Camp d'Auvours avec Wilbur Wright : il s'agissait du comte Charles de Lambert et du capitaine Lucas-Girardville, du parc aérostatique de Chalais-Meudon.

La formation progressant lentement à cause de conditions aéro-météorologiques défavorables, au Mans, à l'automne 1908, Wilbur Wright accepte la proposition du Comité d'aviation de Pau de poursuivre les vols sur la lande du Pont-Long, près de Pau. En effet, les conditions aérologiques hivernales y sont généralement favorables, comme l'attestent les relevés (effectués par le Dr Meunier depuis plusieurs années) qui sont présentés à Wilbur Wright.

Le premier janvier, l'aviateur américain commence ses préparatifs de départ. Le Flyer sera démonté et expédié à Pau. Rejoint par Orville, convalescent à la suite de son accident de Fort Myer, Wilbur organise la reprise de ses démonstrations en janvier 1909, à Pau. Il reprend ses vols le 3 février 1909, au Pont-Long, où il jette les bases de l'école de pilotage en poursuivant la formation de Charles de Lambert et du capitaine Lucas-Girardville, auxquels s'ajoute Paul Tissandier, qui débute[10].

Au début de mars 1909, à Pau-Pont Long, l'aviateur américain achèvera la formation de Paul Tissandier, auquel les frères Wright transmettent la responsabilité de l’École de pilotage Wright.

Après le départ définitif des frères Wright (Wilbur quitte la France le 24 mars 1909), l’École Wright continuera son activité jusqu'en 1910 sous la direction de Paul Tissandier. Celui-ci, à son tour, emmènera son premier élève, l'aéronaute et aviateur René Gasnier, d'Angers. Ce dernier obtiendra son brevet de pilote aviateur le 8 mars 1910.

Paul Tissandier formera également sur appareil Wright A le capitaine Albert Etévé, le capitaine Largier et le comte E. Malynski.

Records[modifier | modifier le code]

Le 13 novembre 1908, Wilbur Wright gagne le prix de la hauteur de la Sarthe ; il dépasse facilement les 30 mètres imposés, en atteignant 45, puis 60 mètres d'altitude[11].

Le 31 décembre 1908, Wilbur Wright vole une dernière fois à Auvours pendant deux heures, vinght minutes et vingt-trois secondes. Il couvre une distance de 124,7 km et remporte la Coupe Michelin Internationale[12].

La première photo en aéroplane[modifier | modifier le code]

Elle aurait été prise par M. Bonvillain, de la maison Pathé, à Auvours.

La « Wright Company »[modifier | modifier le code]

Après d'autres démonstrations, en Italie, les frères Wright rentrent aux États-Unis en mai 1909, et fondent la « Wright Company ». Mais leur conception n'a pas beaucoup évolué ; elle est maintenant dépassée. Les frères Wright devront modifier leurs modèles.

Wilbur Wright meurt de la typhoïde en 1912 ; en 1915, Orville vend la Wright Company à des investisseurs de New York. Elle fusionnera plus tard avec la « Glenn L. Martin Company » pour former la « Wright-Martin ». Elle subsiste actuellement dans la Curtiss-Wright Corporation.

Orville Wright fut lauréat de la Médaille Franklin en 1933. Il décède en 1948.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

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En mémoire de ces deux pionniers de l'aviation, les studios Disney ont appelé Wilbur et Orville deux albatros des dessins animés Les Aventures de Bernard et Bianca et Bernard et Bianca au pays des kangourous[13].

En collaboration avec la cité de Kitty Hawk (États-Unis), ville où les frères Wright ont réalisé leur premier vol, la ville de Coulaines, en Sarthe, a édifié une réplique du hangar qui servit à la fabrication du Flyer pour le centenaire du premier vol de ce dernier. Ce hangar, situé sur le site sportif de la commune, sert au club sportif de roller.

Les frères apparaissent dans le film Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Frank Coraci.

Un monument art déco périmorphe a été érigé en leur honneur en 1932 à Kill Devil Hills en Caroline du Nord, lieu du premier vol de 1903.

Ils font partie des personnalités dont John Dos Passos a écrit une courte biographie, au sein de sa trilogie U.S.A.

Les frères Wright apparaissent dans une vidéos des Epic Rap Battle of History où ils affrontent les « Frères Mario ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Wilbur Wright en France, au début août 1908.
  1. Ils ont réalisé une soufflerie fin 1901 pour tester différents profils d'aile.
  2. « Wilbur Wright travaillant dans le magasin de bicyclettes », sur World Digital Library, (consulté le 22 juillet 2013).
  3. (en) Richard M. Haynes, The Wright brothers, Silver Burdett Press, , p. 38.
  4. L'appareil a été muni d'un stabilisateur vertical fixe puis d'une gouverne de direction mobile.
  5. Icare no 147, « Les frères Wright », pages 27 à 41.
  6. (en) Charles Harvard Gibbs-Smith, The Wright Brothers, NMSI Trading Ltd, , p. 10.
  7. Il a gagné le droit de piloter le premier lors d'un tirage d'une pièce au pile ou face.
  8. « Télégramme d'Orville Wright à Kitty Hawk, en Caroline du Nord, adressé à son père annonçant quatre vols réussis, 17 décembre 1903 », sur World Digital Library, (consulté le 21 juillet 2013).
  9. Michel Guy Buaillon, « Wilbur Wright - Les débuts de l'aviation au Mans(1908) », Revue historique et archéologique du Maine, Le Mans, 1998, p. 257-304.
  10. Les frères Wright inaugurent l'école de pilotage de Pau le 19 janvier 1909 par l'association Pau Wright Aviation.
  11. « Le 13 novembre 1908 dans le ciel : Wright remporte le prix de hauteur de la Sarthe », air-journal.fr, 13 novembre 2013.
  12. Règlement général de la Coupe Michelin publié le 22 février 1911.
  13. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 465.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]