Amédée Bollée

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Amédée Bollée
Amédée Bollée père.jpg

Amédée Bollée père.

Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Enfant
Amédée (fils), Léon, Camille

Amédée Bollée, né le à Sainte-Croix (Sarthe)[1] et mort le à Paris, est un fondeur de cloches, et inventeur français, spécialisé dans le domaine de l’automobile. Il est considéré comme le premier constructeur à avoir commercialisé des automobiles.

Il eut trois fils dont deux furent également des constructeurs d'automobiles : Amédée, né le [2] au Mans et mort en décembre 1926), et Léon.

Amédée Bollée père[modifier | modifier le code]

Amédée est le fils d'Ernest-Sylvain Bollée (1814-1891)[3], fondeur de cloches, d'abord itinérant, puis installé en 1842 au Mans. Ernest-Sylvain crée trois entreprises, qu’il cède à ses trois fils Amédée, Ernest et Auguste. Une de ces entreprises, cédée à Auguste, fabriquait les éoliennes Bollée.

Constructeur d'automobiles[modifier | modifier le code]

'L'Obéissante' de 1873, en fait première "automobile" méritant réellement ce titre : entre son père et l'un de ses frères, Amédée père la conduit, avec à l'arrière son épouse et sa belle-sœur.
« L'Obéissante » de 1873, en fait la première réelle automobile : entre son père et l'un de ses frères, Amédée père la conduit, avec à l'arrière son épouse et sa belle-sœur.
« La Mancelle », voiture à vapeur, de 1878.
La famille Bollée en 1879, à bord cette fois de « La Marie-Anne » à vapeur.
'La Nouvelle', voiture à vapeur d'Amédée Bollée en 1880.
« La Nouvelle », voiture à vapeur d'Amédée Bollée en 1880.
'La Nouvelle', pilotée par Amédée Bollée père au 'Paris-Bordeaux-Paris' de 1895 (classée 9e; ici au retour de la course).
« La Nouvelle », pilotée par Amédée Bollée fils entre Paris et Bordeaux-Paris en 1895 (classée 9e de la course), ici au retour de l'épreuve.
« La Rapide », voiture à vapeur de 1881.
Le « Mail-coach » à vapeur Amédée Bollée, appartenant au marquis Hervé de Broc en 1885.

Amédée Bollée père fabrique sa première voiture en 1873, appelée l'Obéissante. C'est un véhicule à vapeur, remarquable par son silence de fonctionnement, sa maniabilité, et disposant déjà de la plupart des solutions mécaniques de l'automobile du futur :

  • quatre roues,
  • une direction à double pivot,
  • une propulsion par les roues arrière,
  • une suspension à quatre roues indépendantes.

Il est d'usage de la considérer comme le premier véhicule automobile pour particuliers (ce d'autant plus que le mot "automobile" -« qui se meut par soi-même »- apparait pour la première fois dans les travaux de l'Académie française en 1875, cette dernière se prononçant alors sur son genre -masculin en l'occurrence!-).

En 1875 encore, le 9 octobre, Amédée parcourt en dix-huit heures, à bord de l'Obéissante, les 250 kilomètres qui séparent Le Mans de Paris[4]. La réglementation ne prévoyant pas la circulation de voitures sans chevaux, soixante-quinze procès-verbaux lui sont dressés lors de son arrivée à Paris. L'intervention du préfet de police met fin à cette mésaventure[5].

En 1878, il conçoit et commercialise "la Mancelle", encore à moteur à vapeur, situé à l’avant, avec une boîte de vitesses et un différentiel. Cette voiture est considérée comme la première voiture construite en série : une petite cinquantaine d'exemplaires ont été fabriqués et vendus.

En 1880, il perfectionne ses voitures en construisant, "La Nouvelle", une des toutes premières conduites-intérieur.

En 1881, "La Rapide" fut construite. Cette voiture était capable de dépasser le seuil psychologique d'un kilomètre par minute en atteignant la vitesse, jusque-là jamais obtenue, de 62 km/h !

Un train routier[modifier | modifier le code]

En 1879, il reçut une commande pour un train routier. Il réalisa alors la "Marie-Anne" : la puissance de son moteur, toujours à vapeur, était de cent chevaux, les roues des deux premiers wagons et du tender étaient motrices. Le poids transporté sur terrain plat pouvait atteindre cent tonnes, mais était limité à trente-cinq tonnes en côte de 6 %.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Amédée père fut Président d'honneur de l'Automobile Club de l'Ouest (ACO) dès sa création, en 1906.

Amédée Bollée fils[modifier | modifier le code]

Amédée Bollée père encourage son fils aîné Amédée à expérimenter les moteurs à combustion interne. Il essaye alors toutes sortes de solutions techniques dont une turbine, mais les matériaux disponibles à l'époque ne permettent à cette turbine de fonctionner que pendant deux heures, et un moteur à deux temps, à chargement par ventilateur.

Au cours de ces expériences, il met au point, entre autres, le carburateur à gicleur noyé (le gicleur se trouve sous le niveau de la cuve de carburant). À la fin de cette période de recherches et d'inventions, ses créations et sa renommée montrent qu'il était un des meilleurs ingénieurs du domaine de l'automobile.

Constructeur d'automobiles[modifier | modifier le code]

En 1896, Amédée Bollée fils, fabrique sa première voiture à essence et aligne sa « Type A » sur la ligne de départ de la course Paris-Marseille-Paris, puis, en 1898, pour la course Paris-Amsterdam-Paris, il construit la première voiture aérodynamique, le « Torpilleur Type B », avec une carrosserie en aluminium[6].

En 1899, pour le premier Tour de France automobile, il met au point une voiture de course révolutionnaire : elle dispose d'un moteur monobloc, à quatre cylindres, de vingt chevaux, positionné horizontalement, à l’arrière, d'un châssis surbaissé, et d'une carrosserie profilée, en aluminium. Ces voitures atteignent 90 km/h sur les routes empierrées de cette époque. De Castelnau terminera cinquième.

Ses trois principaux pilotes en compétition sont Paul Jamin (vainqueur des épreuves de Paris-Dieppe et de Paris-Trouville en 1897), René Loysel (vainqueur de Bordeaux-Biarritz en 1898 et 5e de Paris-Amsterdam-Paris la même année avec la voiture en aluminium), et Louis Bouvier (2e de Verona-Brescia-Mantua-Verona, de Reggio Emilia, et de Bologna-Poggio Renatico-Malalbergo-Bologna en 1899, 6e la même année de Limone-Cuneo-Torino)[7].

De 1900 à 1923, il construit des voitures haut de gamme en petite série d'un maximum de cinquante par an. Il continue également ses recherches et ses expériences, et met au point un système de rattrapage automatique du jeu des soupapes, encore utilisé. À partir de 1923, il se spécialise dans la fabrication de segments pour les pistons, et sa société existe toujours : Le Segment AB, basée à Arnage, ce qui en fait la plus ancienne société spécialisée dans l'automobile du monde. En effet cette société est directement issue de la société créée par Amédée Bollée père en 1873.

Coureur automobile[modifier | modifier le code]

(les voitures Bollée évolueront en compétition des origines du sport automobile -1895 exactement-, à 1900)

Léon Bollée[modifier | modifier le code]

Léon Bollée, le frère cadet d'Amédée, invente à l'âge de dix-neuf ans une machine à calculer, puis il fonde une entreprise d’automobiles (qui opérera jusque dans les années 1930).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Amédée Bollée fils.
  1. D'après le registre d'État-civil de la commune de Sainte-Croix, acte no 2 de 1844, consultable en ligne ici.
  2. « Conseil Général de la Sarthe », sur Archives départementales de la Sarthe (consulté le 17 décembre 2014).
  3. Biographie d'Ernest-Sylvain Bollée, sur le site de la DRAC du Poitou
  4. La Nature : Revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l'industrie, vol. 52, (lire en ligne), p. 143
  5. Jacques Rousseau, Histoire mondiale de l'automobile, Hachette, , 511 p. (lire en ligne), p. 10
  6. "Le Mans Un siècle de passion" de Michel Bonté François Hurel et Jean-Luc Ribémon (ISBN 2-9525462-0-7).
  7. Courses françaises de 1896 à 1902.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de l'automobile, Pierre Souvestre, éd. H. Dunod et E. Pinat, 1907 (ASIN B001BPBE58) (en ligne sur Gallica, 809p. - histoire officielle de l'ACF), rééd. MAXTOR en novembre 2014 : pages 123 à 138
  • Coll. du Chèque Tintin, Voir et Savoir, huit vignettes automobiles sur la famille Bollée (dessin de Jacques Martin, 1953, reprises en livre par Hergé et son personnage de sa main (direction technique et historique Jacques Martin), L'HISTOIRE de l'AUTOMOBILE des origines à 1900, éd. Casterman puis Septimus (1953 puis 1981) : Amédée père pages 27 (1873 - L'Obéissante), 29 (1878 - La Mancelle), 30 (1879 - La Marie-Anne), 31 (1880 - La Nouvelle), et 32 (1881 - La Rapide); Amédée fils page 35 (1885 - Le bourri du Bel-air) et 48 (1896 - vis-à-vis); Léon page 46 (1896 - voiturette tricycle)
  • coll., Jeux et sports dans l'histoire (vol. 2), Paris, CTHS, 1992 (ISBN 2735502465)
  • René Plessix, Au berceau des sports mécaniques : Le Mans, p. 205-228 : notice biographique d'Amédée Bollée père p. 206-208, notice biographique d'Amédée Bollée fils, p. 208-209
  • Jack Ickx (père du pilote Jacky Ickx), Ainsi naquit l'automobile, éditions Lazarus, 1971
  • Jean-Pierre Delaperrelle, L'invention de l'automobile : Bollée : de la vapeur au turbo, éditions Cénomane, 1986 (ISBN 2-905596-11-2)
  • Gérard Bollée et Michel Bonté, Il était une fois les Bollée, éditions Le Mans Racing, 2011 (ISBN 978-2-9518737-9-7))

Liens externes[modifier | modifier le code]