Ferdinand Ferber

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Ferdinand Ferber
Ferber IX.jpg
L'avion Ferber IX
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Louis Ferdinand Ferber, né à Lyon le et mort accidentellement à Beuvrequen près de Boulogne-sur-Mer le , est un pionnier de l'aviation français, observateur, expérimentateur et auteur de publications sur les débuts de l'aviation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Polytechnicien à vingt ans, il fut un des pionniers de l'aviation en France. Officier d'artillerie, arme qui était chargée du développement de l'aéronautique militaire, capitaine en 1893, il s'est intéressé aux planeurs d'Otto Lilienthal dès 1898[1]. Malgré des tentatives de vol sur des planeurs de sa réalisation qui furent d'abord des échecs, il persista dans ses essais. Octave Chanute, Français émigré aux États-Unis, qui avait conseillé les frères Wright sur l'aérodynamique des plus lourds que l'air, contacté par Ferber en 1901, lui prodigua des conseils similaires.

Tenant compte de ses indications, il construisit son cinquième appareil biplan pesant 50 kg pour une envergure de 9,50 m et 33 m2 de surface. Au premier essai à Beuil (Alpes-Maritimes) en 1902, il parcourut 25 mètres puis 50 au deuxième. Les vols se succédèrent ensuite mais il pressentit la nécessité d'un moteur pour voler plus loin. Pour pallier le manque de puissance des moteurs dont il pouvait disposer, il mit au point un manège de 18 m de hauteur et 30 m de diamètre qu'il appela aérodrome permettant une trajectoire circulaire, malheureusement peu efficace. En contact avec les frères Wright, Ferber fut le premier à chercher à les faire connaître en France, à une époque où l'annonce du vol réussi de leur Flyer, en 1903, ne soulevait encore que l'incrédulité[2].

Le il effectue à Chalais-Meudon le premier vol motorisé en France avec son aéroplane no 6[3]. Sous motorisé, il commande alors, sur plan, à Léon Levavasseur un moteur de 24 ch ne devant pas dépasser 100 kg pour équiper son aéroplane no 8. Ce moteur devait entraîner deux hélices coaxiales, contra-rotatives, ce qui permettait d’éliminer le couple de renversement.

Fréquemment en butte à des difficultés pour organiser ses essais à une époque où seule l'aérostation avait un statut officiel, il demande son congé temporaire de l'armée pour se consacrer à l'aviation. Embauché par Levavasseur comme ingénieur, il mit au point une série de groupes propulseurs (moteurs et hélices) pour la société « Antoinette ».

Son aéroplane n° 8 ayant été détruit faute de hangar par une tempête en novembre 1906[4], il devra attendre 1908 pour faire construire chez Antoinette son dernier aéroplane, le n°9, avec lequel il réalise quelques vols en juillet 1908 à Issy-les-Moulineaux, "avec une stabilité parfaite montrant ce qu'il aurait fait dès 1905".

En septembre 1909, à Boulogne-sur-mer, où l'on avait dû annuler un meeting d'aviation trop hâtivement organisé mais où il avait accepté de donner quelques séances de démonstration[5], il fut victime d'un des premiers accidents d'avion. L’aile gauche de son biplan Voisin toucha le sol dans un virage, les roues prirent contact avec le sol puis vinrent se caler dans une rigole, provoquant le basculement de tout l'appareil. Ferber prit sur l'abdomen tout le poids du moteur[6]. Il put se dégager lui-même, commentant l'accident d'un « c'est bête, c'est bête ... », mais perdit connaissance au bout d'un quart d'heure, avant de succomber à une hémorragie interne[7].

Il participait aux meetings sous le pseudonyme de « de Rue », sur l'origine duquel il semble s'être amusé à laisser planer le mystère[6]. Sa famille possédait une propriété dans la ville de Rue, en Suisse. Il laissait une veuve, Marthe Ferber de Stoutz (1868-1952) future baronne de Dampierre, et un fils, Robert Ferber, qui s'illustra comme pilote pendant la Première Guerre mondiale et qui devint par la suite constructeur amateur dans le domaine aéronautique[8].

Plan et élévation des aéroplanes n° 8 et n° 9

Publications[modifier | modifier le code]

Important pionnier de l'aviation mais peu connu, il est l'auteur de nombreuses publications décrivant et analysant les travaux des pionniers : Lilienthal, Chanute, les frères Wright :

  • Les progrès de l'aviation par le vol plané[9], où il insiste sur le soin qu'avaient mis ces pionniers à contrôler la stabilité du vol plané avant de passer à la motorisation.
  • L’aviation, ses débuts, son développement[10], cet ouvrage important contient nombre de réflexions visionnaires sur l'usage de l'aviation aussi bien dans ses applications civiles que militaires.

Citations[modifier | modifier le code]

La portance "est une fleur qui naît de la vitesse"[11].

"Concevoir une machine volante n'est rien; Fabriquer est peu; L'essayer est tout"[12].
Cette citation, ainsi que sa traduction en d'autres langues, est souvent attribuée à Otto Lilienthal, car Ferber, par modestie[13] l'avait attribuée à Lilienthal.
Pour Ferber ces "quelques mots résumaient dans ma pensée la seule méthode qui devait conduire au succès". Une citation comparable, tirée du même ouvrage que la précédente, est plus longue : "... il résultait des expériences que la conception d'un aéroplane ne signifiait pas grand'chose, que sa construction valait déjà mieux, ... mais que tout cela enfin n'était rien si l'on ne possédait pas le moyen d'expérimenter et de recommencer l'expérience."[14].

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Chevalier de la Légion d'honneur[15] en 1904.

Médaille d'or de l'aéronautique, hommage en 1909 de l'Académie des sciences « au capitaine Ferber, mort récemment victime de son dévouement à l'Aéronautique, qui fut en France un des premiers croyants en l'avenir des aéroplanes, et dont les travaux théoriques et expérimentaux resteront dans l'histoire de l'Aviation »[16].

Une statue à la mémoire de Ferdinand Ferber se trouve à Nice, entre l'aéroport et le centre-ville. Elle a été érigée sur l'initiative de l'Aéro-club de Nice et par souscription publique, et inaugurée le . Cette haute statue, un peu perdue entre les palmiers sur un terre-plein entre les voies de la promenade des Anglais, a donné son nom au quartier. Ferdinand Ferber avait fait à Nice ses premiers essais d’aviation, en 1900 [17].

Un monument au capitaine Ferber est inauguré sur le boulevard Sainte-Beuve à Boulogne-sur-Mer en juillet 1911. Sculpté par Paul Graff, il représente un globe terrestre d'où s'envole un aigle aux ailes étendues[18].

L’arrêté du , approuvé par le décret du , a donné le nom de rue du Capitaine-Ferber à une voie publique du 20e arrondissement de Paris (quartier Saint-Fargeau).

Le Lioré et Olivier LeO-212 F-AIFD, mis en service à Air Union en 1926, est baptisé "Capitaine Ferber"[19].

En avril 1931 la Société française de vol à voile ouvre à Plaisir-Grignon[20]un centre de vol à voile qu'elle baptise "Centre capitaine Ferber"[21].

Une plaque est posée sur sa maison natale à Lyon le [22]. Il y a également un collège Ferber.

Caluire a inauguré en mars 2012 sa maison des associations, baptisée "maison Ferber", dans l'ancienne maison des grands-parents de Ferdinand Ferber[23]. La rue où se trouve la maison portait déjà le nom de rue du Capitaine-Ferber.

Issy-les-Moulineaux, Le Mans, Lille, Saint-Étienne-du-Rouvray, Suresnes, Viry-Châtillon, Wimereux, ont également une rue du Capitaine-Ferber. Brest a une rue du Capitaine-Ferdinand-Ferber.

Les planeurs « Ferber »[modifier | modifier le code]

Aéroplanes « Ferber »[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Carlier, « Ferdinand Ferber, officier d'artillerie de pionnier de l'aviation », ARTI, no 14,‎ , p. 44-46 (lire en ligne)
  2. Sylvain Champonnois, « Les Wright et l’armée française : les débuts de l’aviation militaire (1900-1909) », Revue historique des armées, no 255,‎ , p. 108-121 (lire en ligne).
  3. Charles Dollfus, L'homme, l'air et l'espace, Editions de l'illustration, Naissance de l'aviation, page 117
  4. F. Ferber, L'aviation, ses débuts, son développement, Berger-Levrault et Cie, , p. 81 disponible sur Gallica
  5. « Au jour le jour : la mort du capitaine Ferber », Le Temps, no 17620,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  6. a et b « Dernières nouvelles : mort de l'aviateur de Rue (capitaine Ferber) », Le Temps, no 17619,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  7. Stéphanie Meyniel, « Le 22 septembre 1909 das le ciel : mort de Ferdinand Ferber au meeting de Boulogne-sur-Mer », sur Air-journal.
  8. « Ferdinand Ferber », sur Fan d'avions (consulté le 14 juin 2014).
  9. F. Ferber, Les progrès de l'aviation depuis 1891 par le vol plané, Berger-Levrault, , 2e éd., 55 p. (lire en ligne).
  10. F. Ferber, L’aviation - ses débuts - son développement : de crête à crête, de ville à ville, de continent à continent, Berger-Levrault, , 250 p. (lire en ligne).
  11. dans L’aviation, ses débuts, son développement, page 6. Ferber n'utilise pas le terme portance, mais ascension. C'est la terminologie de l'aérostation qui est dominante à cette époque.
  12. dans "Les progrès de l'aviation depuis 1891 par le vol plané", Rvue d'Artillerie, mars 1904
  13. et suivant le conseil de son supérieur hiérarchique
  14. dans L’aviation, ses débuts, son développement, Préface, parlant des apports de Lilienthal
  15. Décret du 29 décembre 1904, cf. « Cote LH/956/25 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  16. « Médaille de l'aéronautique », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 149, no 25,‎ , p. 1296 (lire en ligne).
  17. Photos du monument en ligne : « Capitaine Ferber », sur Aérostèles (consulté le 11 juin 2014).
  18. « Capitaine Ferber », sur Aérostèles (consulté le 11 juin 2014).
  19. « Le "rayon d'or" », sur hydroretro (consulté le 13 juin 204).
  20. « Les débuts de l'aérodrome de Beynes-Thiverval (1931) », sur cab.asso.fr (consulté en 18 aouût 2017)
  21. « Histoire », sur avions.brochet (consulté le 13 juin 2014).
  22. « Lieu de naissance de Ferdinand Ferber », sur Aérostèles (consulté le 11 juin 2014).
  23. « Un nouvel élan pour notre vie associative », Rythmes, no 280,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]