Paul Cornu (inventeur)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cornu.
Paul Cornu
Paul-Cornu-1.jpg

Paul Cornu aux commandes de son hélicoptère.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 62 ans)
LisieuxVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Paul Cornu, né le à Glos-la-Ferrière (Orne) et mort le 6 juin 1944 à Lisieux (Calvados), est un inventeur et aviateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Glos-la-Ferrière, dans l’Orne, près de L'Aigle, Paul Cornu était l’aîné d'une famille de 15 enfants. Il a neuf ans en 1890 quand sa famille s’installe à Lisieux. Son père, Jules, était très habile. Il savait dessiner et avait fait lui-même quelques inventions ; en 1884, il a notamment établi un projet de dirigeable qui présente plusieurs analogies avec certains dispositifs du Zeppelin. C’est lui qui lancera son fils[1].

Certificat d'études en poche, Paul réalise sa première invention à 14 ans : un régulateur de température pour couveuse. Pour faire bouillir la marmite, les Cornu père et fils réparent vélos et machines à coudre dans leur atelier, près de la gare. Ils sont bien connus et estimés des nombreux chauffeurs parisiens qui roulent vers la côte normande.

Parallèlement, ils mettent au point un vélo à moteur, un tricycle à vapeur, une pendule thermique, une moto... Grâce à la publication de leurs travaux dans des revues, ils se font connaître. En 1904, ils réalisent une « voiturette ultralégère » à deux moteurs (un pour chaque roue arrière) ; elle atteint 70 km/h. Ils reçoivent des commandes d’industriels d’Ukraine, de Roumanie ou d’Angleterre… mais aussi de médecins de campagne. Elle ne sera pourtant jamais commercialisée ; les Cornu n'ont pas le sens des affaires[2].

En 1905, Paul Cornu commence à s’intéresser à l’aviation et au décollage vertical. Des quantités de maquettes avaient déjà volé, mais pas de modèle grandeur nature. Un an plus tard, l’inventeur tente un essai devant les notables de la ville, ce qui lui permet d’obtenir 12 000 FRF de souscriptions pour construire le modèle définitif[3]. L’engin ressemble à un gros insecte équipé de deux hélices montées sur de grandes roues de bicyclette.

Comme un millier de Lexoviens, il meurt à Lisieux en 1944, écrasé sous les bombardements alliés, il avait 62 ans. Sous les décombres ont disparu les quelques éléments de l’hélicoptère qu’il avait conservés, les plans, et une grande maquette. Heureusement, une caisse de documents a été sauvée, elle contenait le journal manuscrit des expériences, une importante correspondance, des coupures de journaux, des articles de revues françaises et étrangères, et beaucoup de photos et de cartes postales[4]. Tous ces documents ont été déposés par la famille de Paul Cornu au musée d'art et d'histoire de Lisieux[5].

La ville de Lisieux n’a jamais oublié Paul Cornu ; depuis 1969, un des deux principaux lycées de la ville, le lycée technique, porte son nom.

L’hélicoptère[modifier | modifier le code]

L'inventeur et son hélicoptère
L'hélicoptère de Paul Cornu.

L’aéronef à hélice sustentatrice est né des mains et dans la tête de cet ingénieux bricoleur qui avait inventé la bicyclette à moteur et la voiturette[6].

Il est le premier à avoir décollé à bord d’un hélicoptère de sa fabrication dans un champ de Coquainvilliers, près de la rivière Touques, dans les environs de Lisieux, le . L’après-midi, ce jour-là, à la seconde mise en marche, l’appareil se soulève avec son sac de 55 kg (figurant le pilote). Paul Cornu essaie de le maintenir mais il se trouve enlevé. Son frère, Jacques, resté accroché au bâti de l’engin, est presque enlevé, lui aussi. Il s’en faut de peu pour que l’appareil leur échappe. Paul Cornu saute alors à plat ventre sur l’une des poignées et, se cramponnant d’une main au châssis, il parvient de l’autre à diminuer l’avance à l’allumage[6].

L’appareil retouche le sol sans aucun dégât. Ce ne fut pas une odyssée au firmament, juste quelques secondes de lévitation à 1,50 m de haut. Ce fut néanmoins un vol historique, un saut de puce et de géant à la fois. Pour la première fois, une machine s’est affranchie du sol sans élan avec un homme à bord. Il y avait du rêve d’Icare dans la trouvaille de Paul Cornu, alors âgé de 26 ans[6].

Cette date du est citée dans toutes les histoires de l’aviation, comme étant celle du premier vol libre d’un hélicoptère avec son pilote[6].

En réalité, le premier vol vraiment contrôlé aura lieu, d’après le journal des essais, quelques jours plus tard (l’appareil est alors retenu par des cordes : ce n’est donc pas un « vol » libre). Mais on comprend que, après les émotions du 13 novembre, les autres expériences aient fait figure de « vols de routine »[6].

Pour les essais, l’installation était simple : un plancher dans un herbage sur lequel était posé l’engin.

L’hélicoptère Paul Cornu était muni d’une selle, de quatre roues de vélo et de deux hélices sustentatrices de six mètres de diamètre en guise de rotor. Son moteur était un Antoinette de 24 ch. C’est une immense courroie de 22 mètres qui actionne les deux hélices. À chaque extrémité de l’appareil, un plan inclinable reçoit l’air refoulé par l’hélice et assure la propulsion horizontale. Le poids de l’appareil atteignait 330 kg (avec le pilote)[6].

Quelques mois avant Paul Cornu, deux autres Français, Louis Breguet et Maurice Léger, avaient réussi des expériences comparables mais la mémoire collective a retenu celle du Normand. Peut-être à cause du côté autodidacte du personnage et parce que toute une ville était derrière son projet. Mais à vrai dire, parler de vol à propos de cet exploit paraît très exagéré à Paul Cornu lui-même[6].

D’après L’Histoire de l’hélicoptère de Jean Boulet (France Empire 1991), il y aurait eu simplement un « effet de sol »[6].

Par la suite, Paul Cornu continue de travailler dans l’atelier familial et poursuit ses expériences, notamment sur les hélices et brevète un système permettant la variation cyclique d’incidence des pales. Après la Première Guerre mondiale, il se découvre une nouvelle passion : la construction de postes de radio[6].

Autres inventions[modifier | modifier le code]

L’hélicoptère ne fut pas le seul centre d’intérêt de Paul Cornu qui fit preuve d’inventivité à propos de beaucoup d’autres applications mécaniques[6] :

  • 1898 : bicyclette à moteur ;
  • 1899 : brevet de moteur rotatif ;
  • 1900 : moteur à course de piston variable ;
  • 1901 : horloge thermique ;
  • 1902 et 1903 : tricycle à vapeur et moto ;
  • 1904 : voiturette.

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biot, p. 62.
  2. Biot, p. 63.
  3. Biot, p. 65.
  4. Quellien, p. 32.
  5. Un précurseur et inventeur : Paul Cornu - L'étude la plus complète de ce fonds, par A. Carvin
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Carvin

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]