Léon Delagrange

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Léon Delagrange
Léon Delagrange par Jules Beau.jpg

Léon Delagrange vers 1910.

Biographie
Naissance
Décès
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Activité
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Distinction

Ferdinand Marie Léon Delagrange, né à Orléans (Loiret) le [1] et mort à Croix d'Hins (Gironde) le , est un pionnier français de l'aviation.

Débuts[modifier | modifier le code]

Fils de parents manufacturiers de couverture, Léon Delagrange commence ses études au Petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin, près d'Orléans.

Il étudie la sculpture à l'Académie des beaux-arts de Paris et expose au Salon des artistes français. Le milieu artistique qu'il fréquente lui permet d'approcher celui encore balbutiant de l'aviation, qui devient pour lui une seconde passion.

Il construit lui-même un avion en 1906 et réussit un premier vol le 6 mai 1907 en s'élevant à une hauteur de 4 mètres sur une distance de 80 mètres.

La même année, il apprend à maîtriser, non sans casse, un engin commandé le 2 février 1907 à ses propres frais aux ateliers des frères Voisin, sur lequel il effectue son premier vol le 2 novembre. L'aéroplane en question est un biplan de 60 mètres carrés de superficie à moteur Antoinette de 50 chevaux, qui effectue sa première sortie dans les airs le 28 février 1907 avec aux commandes Gabriel Voisin, pour un vol d'essai. La mise au point de l'appareil nécessitera plusieurs essais avant la livraison définitive au sculpteur[2],[3].

Le temps des records[modifier | modifier le code]

Le 11 avril 1908, il bat les records de distance (3 925 m) et de temps de vol (6 minutes et 30 secondes) sur un appareil Voisin qu'il avait fait construire. Un peu plus d'un mois plus tard, le 29 mai, il bat de nouveau un record en Italie avec cette fois-ci 12,750 km parcourus en 15 minutes et 25 secondes de vol.

Le 8 juillet, à Turin, il emmène à bord de son aéroplane sa compagne Thérèse Peltier (également sculpteur), ce qui en fait la première femme à quitter le sol en avion. Elle effectuera quelques semaines plus tard un vol solo, devenant de ce fait la première femme pilote. Léon Delagrange crée cette même année sa propre compagnie d'aviation.

Le , il bat encore tous les records de distance et de durée de vols à bord du biplan Voisin no 3, faisant 15 fois et 1/2 le tour du terrain d'Issy-les-Moulineaux, soit 24,727 km parcourus en 29 minutes et 54 secondes.

Le [4], il fait partie des huit premiers pilotes brevetés par l'Aéro-club de France, sans examen et rétroactivement au . La liste est portée à seize noms en octobre et classée, pour ne pas établir de hiérarchie, par ordre alphabétique, c'est pourquoi Delagrange reçoit le no 3, après Louis Blériot et Glenn Curtiss, tandis que Wilbur Wright reçoit le no 15 (le 5 et le 10 ont un bis et le 13 n'est pas attribué)[5]. La même année, il est fait chevalier de la Légion d'honneur avec, entre autres « détails sur [ses] services extraordinaires », qu'il a battu les records des frères Wright en septembre 1908 et qu'il est « le premier aviateur français qui soit sorti de France pour vulgariser l'aviation à l'étranger »[6].

Fin tragique[modifier | modifier le code]

Le dernier vol de Delagrange

Le 4 janvier 1910, dans l'après-midi, Léon Delagrange est victime, sur l'aérodrome de Croix d'Hins près de Bordeaux, de la rupture d'une aile de son Blériot XI. On évoqua alors l'hypothèse d'une fatigue excessive de la structure de l'avion par le moteur Gnome de 50 ch, qui commençait à remplacer, sur le XI, le moteur Anzani de la traversée de la Manche, deux fois moins puissant[7]. Des accidents ultérieurs, dont celui de Geo Chávez en septembre 1910, firent découvrir à Blériot que les tensions auxquelles pouvaient être soumis les haubans supérieurs du monoplan avaient été sous-estimées[8].

Distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Médaille d'or de la Société d'encouragement à l'aviation (parmi quatre récipiendaires seulement : Blériot, Farman, Wright et lui) en 1908[9],[10].

Médaille de l'aéronautique (vermeil) décernée par l'Académie des sciences en décembre 1909[11].

Chevalier de la Légion d'honneur par décret du [6].

Le nom de Delagrange a été donné à une rue du 15e arrondissement de Paris, située à quelques centaines de mètres du terrain d'Issy-les-Moulineaux où il battit des records. Ce quartier restera profondément lié à l'aviation puisqu'il verra s'installer l'état-major de l'Armée de l'air, la direction générale de l'Aviation civile et l'héliport de Paris.

Son nom a été donné en outre au collège de Neuville-aux-Bois, à une rue d'Orléans, sa ville natale, à des rues de Tours et de Viry-Châtillon, ainsi qu'à des avenues à Marcheprime, Mios et Audenge. Montfermeil a une « avenue de l'Aviateur Delagrange ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance no 259 du
  2. « Le 2 février 1907 dans le ciel : Delagrange commande un aéroplane à Voisin », sur Air-journal.fr,‎
  3. « Le 28 février 1907 dans le ciel : 1er essai de l’aéroplane Voisin de Delagrange », sur Air-journal.fr,‎
  4. « La vie sportive : aviation », Le Figaro, no 42,‎ , p. 5 (lire en ligne)
  5. « Les cent premiers aviateurs brevetés au monde : Léon Delagrange », sur aviatechno
  6. a et b « Notice no LH/2794/38 », base Léonore, ministère français de la Culture
  7. « La mort de Léon Delagrange », La Revue aérienne, no 30,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  8. (en) « Monoplane Failures », Flight International,‎ (lire en ligne)
  9. « La vie sportive : aviation », Le Figaro, no 325,‎ , p. 7 (lire en ligne)
  10. « La vie sportive : aviation », Le Figaro, no 342,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  11. « Médaille de l'aéronautique », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences, t. 149,‎ , p. 1297 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Delagrange (préf. Louis Blériot), Léon Delagrange : le "Dandy Volant, Clichy, Editions Larivière, (ISBN 2-914-20575-9)

Liens externes[modifier | modifier le code]