Le socle hercynien du massif des Vosges comporte un certain nombre de roches volcaniques (andésites, orthophyres, kératophyres,...) et pyroclastiques (tufs et brèches) variées[2],[3],[4],[5].
L'altitude de la commune varie entre 355 et 400 mètres.
La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ru de Grandrupt, le ruisseau du Voe, le ruisseau du Vieux Moulin et le ruisseau le Courade[7],[Carte 1].
Le ru de Grandrupt, d'une longueur totale de 10,2 km, prend sa source dans la commune de Grandrupt et se jette dans le Rabodeau à La Petite-Raon, aprèLs avoir traversé quatre communes[8].
Réseaux hydrographique et routier de Vieux-Moulin.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,3°C, avec une amplitude thermique annuelle de 16,9°C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 147 mm, avec 12,7 jours de précipitations en janvier et 10,6 jours en juillet[9]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, «Ban-de-Sapt», sur la commune de Ban-de-Sapt à 6 km à vol d'oiseau[11], est de 10,3°C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 027,3 mm.
La température maximale relevée sur cette station est de 36,9°C, atteinte le ; la température minimale est de −17°C, atteinte le [Note 1],[12],[13].
Le nom de la localité est attesté sous les formes Le Vieux Moulin (1695); Vieux-Moulins (1751); Vieumoulin (XVIIIe siècle)[21].
En patois «Vieux-Moulin» se prononce Vi Moli[22].
Le nom du village vient de la présence d'un moulin à eau.
Il faut faire cependant une place à part au toponyme «Vieux Moulin». C’est par dizaines que l’on en relève des exemples dans presque tous les départements. Il y aurait à tenter une étude, qui ferait apparaître la densité de
l’implantation des moulins à eau ou à vent. Plus délicate serait sans doute l’interprétation de «vieux»: s’agit-il d’un établissement simplement ancien, l'ancien moulin situé au hameau Les Frenots sur le ruisseau des Gollots, ou d'un moulin véritablement hors d’usage, et remplacé.[réf.nécessaire]
Le hameau des Frenots, attesté sous la forme Au Feurnot en 1821[23], porterait son nom quant aux Frênes.
Le Plateau Saint-Maurice de sa hauteur par rapport au centre du village et par la dédicace de l'église paroissiale Saint Maurice, dont la circonscription comprenait Ménil, Senones et Vieux-Moulin[23].
Pour le Senneçon, il semble que cela vienne d'une déformation de Senones vers lequel le hameau tend. Ce nom pourrait venir de celui du peuple gaulois des Sénons, «les Anciens» (du gaulois senos signifiant «vieux, ancien»[24]) qui, avant de fonder Sens près de l'Yonne, auraient pu passer par les Vosges en venant de l'Est et laisser quelques implantations sur leur passage. Ou du nom de plante Séneçon qui dérive du latinSenex, senecio qui signifie «vieillard».
Vieux-Moulin faisait partie du domaine de l'abbaye de Senones depuis le VIIe siècle et l'arrivée de Saint Gondelbert, les territoires abbatiaux sont protégés par un "avoué" c'est-à-dire un protecteur laïque qui à partir de 1111 est le comte de Salm. Cette circonscription abbatiale protégée par les De Salm va réellement devenir comté de Salm le par un coût d'Etat des 2 comtes indivisaires protestants et catholique contre l'abbaye catholique puis principauté de Salm(Saint-Empire Romain Germanique) à partir du lorsque le comte Philippe-Othon abjure le protestantisme en échange de l'érection en principauté de ses terres. La commune s'est agrandie d'une partie de l'ancien village de Saint-Maurice-lès-Senones. La principauté, dont la moitié de l'indivision deviendra Lorraine sera refondée en 1751 avec un seul prince et devient un Etat indépendant à part entière.
En 1678 on détacha de la paroisse Saint-Maurice-de Senones les villages de Saint-Jean-du-Mont, Le Saulcy, Belval, Le Mont, Le Puid, Le Vermont et Le Harcholet pour en faire la paroisse de Saint-Jean-du-Mont.
Le , la Principauté de Salm à laquelle le village appartient est annexée à la République française, après un blocus économique (la principauté était totalement enclavée dans le territoire français, ne pouvant plus vendre ses bois et métaux en échange de nourriture en suffisance). Les impôts y étaient plus bas qu'en France et le prince Constantin-Alexandre avait même réduit le train de vie de sa Cour pour ne pas les augmenter, mais pour ne pas mourir de faim, les salmiens renoncent à leur indépendance[25].
Le 2 août 1914 à 17h, le tocsin sonne partout dans la vallée du Rabodeau: la mobilisation générale est décrétée. Après plusieurs vastes offensives sur les montagnes Vosgiennes, le front s'enterre en septembre et se fixe: les allemands tiennent Senones, la Roche Mère Henry, Vieux-Moulin et Ménil, ainsi que Laître et une partie de Ban-de-Sapt et Châtas; les francais tiennent la crête de Moyenmoutier, La Prelle, Les Voitines, La Forain, Le Paire et La Chapelle, Le Palon et La Fontenelle ainsi que le reste de Ban-de-Sapt jusqu'au col d'Hermanpaire. La vallée est coupée en 2 et Vieux-Moulin en plus de la proximité avec le front subira l'occupation et les réquisitions allemandes durant toute la guerre. Les messes et offices de la semaine Sainte et de Pâques 1916 sont interdites à Senones par l'armée allemande (à majorité protestante, et ayant peur des foules), les senonais se rendent à l'Eglise Saint-Maurice de Vieux-Moulin pour vivre les sacrements. Le , l'armistice prend effet[26].
Dans la nuit du 5 au , après l'échec de l'opération Loyton, le village a été, comme d'autres communes de la vallée, cerné par l'armée allemande appliquant la stratégie de la terre brûlée (les alliés étant à Rambervillers). Tous les hommes valides ont été arrêtés, parqués dans les bâtiments abbatiaux de Senones et au château de Belval (Le Saulcy) avec des centaines d'hommes principalement de Senones et Ménil ainsi que d'autres villages de la vallée, puis déportés au matin vers le camp de concentration de Dachau[27] en passant par la gare de Rothau, de l'autre côté du Hantz. Trente-trois hommes (les hommes valides, de 16 à 60 ans, trouvés lors de la grande arrestation) ont été emmenés, sept seulement sont revenus pour une population de moins de 250 personnes... En même temps, une grande partie du village a été incendiée.
Commerce et services de proximité: Animalerie d'oiseaux (Les oiseaux de Vieux Moulin), Esthéticienne, Garage; Industrie laitière (les yaourts de Salm)[30].
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10000habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinqans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[36]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[37].
En 2023, la commune comptait 326 habitants[Note 5], en évolution de +1,88% par rapport à 2017 (Vosges: −2,84%, France hors Mayotte: +2,36%).
Église Saint-Maurice XIXesiècle, reconstruite en 1749, l'église fut le siège de la paroisse de Senones jusqu'en 1860, partagée avec Ménil-de-Senones[43].
Monument aux morts[44]. Cet obélisque sur socle est décoré de la Croix de Guerre, et monument de la déportation[45]. Des cendres de Dachau y sont déposés
Tombe monumentale de Jean VAULTRINAmbroise Pelletier (1703-1757), moine de l'abbaye de Senones, peintre, historien et généalogiste, ami du célèbre Dom Calmet et qui fut aumônier du Duc de Lorraine, a aussi été curé de paroisse de l'église de Saint-Maurice de Vieux-Moulin de 1748 à sa mort[46].
Jean François Mathurin Vaultrin (?-1829), gérant des manufactures Saint-Maurice (filature de l'abbaye de Senones), et fondateur des oeuvres de Saint-Maurice, a sa tombe monumentale dans le cimetière de Vieux-Moulin.
Un dicton en patois, utilisé encore quelquefois au siècle dernier par les habitants de Vieux-Moulin disait, pour qualifier le ménilois de moqueurs et d'orgueilleux:
"ki vé é minhni san êt' moké, vé é Péri san se r'touné"[47]
"Qui va à Ménil sans être moqué, va à Paris sans se retourner"
La plupart de ces dictons sont donnés par Marc Brignon dans ses ouvrages sur le patois local, ces dictons varient de villages en villages et sont ceux donnés par les habitants de vieux moulin qui parlaient encore un peu patois à la fin du XXe siècle.
"i bran d'trouan vâ ènn jouneille d'bô'n ôvré": un instant de fainéant vaut une journée de travailleur (un fainéant dépense autant d'énergie chaque instant qu'un honorable travailleur en une journée)
"ô knon li bonz ovréï é lé taille": on reconnait les bons ouvriers à la table (au peu de temps qu'ils y passent)
"min d'pètt": main de chiffon (désigne les personnes précieuses et délicates qui refusent de se salir)
"vôrâ meu li chorchi lo dô ké d'li rinpié lé panss": vaudrait mieux lui charger le dos que de lui remplir la panse (se dit des gloutons et/ou des ivrognes)
"ké pran so vozi rég'voss sô jodi": qui prend son voisin rengrosse son jardin (qui se marie avec un autre viducalinois assure un bon patrimoine)
"ô n'heuch mi ènn vèch "vèch" san k'èl n'in n'évoeus li tèch": on n'appelle pas un vache "vache" sans qu'elle n'en ait les tâches (quand on critique une personne, ce n'est pas pour rien)
"lé piou do méti n'ébach mi lo pèlri": la pluie du matin n'ébahit pas le pèlerin (la météo ne doit jamais faire peur et modifier les activités prévues)
"s'o lo pieuvi dé sin jan, s'i n'vyin mi évan, i vyin éprè": c'est le pleuvain de Saint Jean: s'il ne vient pas avant, il vient après (une bonne pluie de plusieurs jours ("pleuvain") vient toujours avant ou après la Saint Jean (24 juin)
"tinâr in mârs, lô mârkeur di élâss": Tonnerre en mars, le vacher (marcaire) dit hélas (tonnerre en mars vaut risque de grêle sur les bourgeons et des récoltes mauvaises)
"wôrch noué, bianch pâk": Vert Noël, blanche Pâques (pas de neige à Noël vaut grêle à Pâques)
"Frâd pâm, châd pâk": Froids Rameaux, Chaude Pâques (dimanche des Rameaux froid, dimanche de Pâques chaud)
Coupé: au 1er de gueules à deux saumons adossés d'argent cantonnés de quatre croisettes du même, au 2d d'argent à une roue de moulin de sable, les augettes du champ, posée sur une rivière d'azur mouvant de la pointe et se déversant du même à dextre[48].
Détails
Le premier est aux armes de la principauté de Salm, dont dépendait le village, et le second évoque le nom de la commune. Le statut officiel du blason reste à déterminer.
(fr) Le patrimoine architectural et mobilier de la commune sur le site officiel du ministère français de la Culture (Bases Mérimée, Palissy, Palissy, Mémoire, ArchiDoc), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine (archives photographiques) diffusion RMN, et service régional de l'inventaire général de la direction de la Culture et du Patrimoine de la Région
↑Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de 200 mètres entre deux constructions) et comptant au moins 2 000 habitants. Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie.
↑Dans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50% de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Moyenmoutier comprend trois villes-centres (Étival-Clairefontaine, Moyenmoutier et Senones) et trois communes de banlieue.
↑Population municipale de référence en vigueur au 1erjanvier2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1erjanvier2025, date de référence statistique: 1erjanvier2023.
12Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, «Les types de climats en France, une construction spatiale», Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no501, (DOI10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )