Universaux linguistiques

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Quelle que soit la culture, les universaux linguistiques constitueraient des unités de sens primitives liées à l'expérience commune que les êtres humains ont du monde (expérience à laquelle participeraient à la fois les structures innées et les connaissances acquises). Quelques exemples de ces unités de sens minimales sont : animé / inanimé, action, propriété, etc. De nombreux chercheurs multiplient d'ailleurs les taxonomies et font varier les listes de ces termes. La question des universaux linguistiques avait été déjà formulée dans la scolastique médiévale et avait donné lieu à la querelle des universaux.

Les types d'universaux[modifier | modifier le code]

Les linguistes distinguent deux types d'universaux: Absolus et implicationnels. Les universaux absolus s’appliquent à chaque langue connue et sont très rares ; par exemple, toutes les langues ont des pronoms. Les universaux implicationnels s’appliquent à toutes les langues qui ont une caractéristique toujours accompagnée d’une autre caractéristique.

Aussi en contraste aux universaux absolus sont les tendances. Les tendances sont les déclarations qui ne sont pas vraies pour toutes les langues, mais qui sont assez communes de n’être pas le produit du hasard. Ils ont les formes implicationnelles et non-implicationnelles. Un exemple d’une tendance non-implicationnelle est La majorité des langues ont des consonnes nasales. Cependant, la majorité des tendances, comme leurs homologues universaux, sont implicationnelles. Un exemple d’une tendance implicationnelle est La plupart des langues avec l’ordre SOV sont postpositionnelles. Mais c’est une tendance parce qu’on peut trouver des exceptions, comme le latin qui est une langue SOV avec des prépositions ; toutefois il s'agit d'un état transitoire entre l'indo-européen postpositionnel et les langues romanes de type SVO.

Les universaux peuvent aussi être unidirectionnel ou bidirectionnel. Dans les universaux bidirectionnels, les deux caractéristiques s’impliquent mutuellement. Par exemple, les langues avec les postpositions fréquemment ont l’ordre SOV, et inversement les langues avec l’ordre SOV ont souvent les postpositions. Par contraste, les universaux unidirectionnels ont une caractéristique qui implique une deuxième caractéristique, mais la deuxième n’implique pas la première. Par exemple, les langues qui placent les propositions relatives avant le nom qu’ils modifient ont souvent l’ordre SOV ; les propositions relatives prénominales impliquent l’ordre SOV. Néanmoins, les langues SOV, n'ont pas partout dans le monde une préférence à placer les propositions relatives avant le nom, car c’est un universel unidirectionnel[1].

Les universaux sémantiques[modifier | modifier le code]

La recherche d’universaux dans la façon dont les langues naturelles expriment des signifiés est un développement relativement récent de la linguistique. La plupart des travaux sur la question des universaux linguistiques se sont en effet concentrés sur les aspects phonologiques, morphologiques et syntaxiques des langues. Pour Kai von Fintel et Lisa Matthewson, cette situation n’est pas due à des raisons structurelles, à savoir le fait que les signifiés seraient incommensurables de langue à langue, selon l’hypothèse Sapir-Whorf, mais à des raisons plus conjoncturelles : la sémantique est en effet une branche particulièrement jeune de la linguistique, et, de ce fait, les travaux de typologie sont encore à l’état embryonnaire[2].

Dans la syntaxe, les universaux sont parfois utilisés comme evidence pour la grammaire universelle, bien que les arguments épistémologiques sont plus communs. Des autres explications pour les universaux linguistiques ont été proposés. Par exemple, les universaux linguistiques généralement servent à aider la communication. Il a été proposé que si une langue manquait ces caractéristiques, elle évoluerait vers une langue qui les contient[1].

La sémantique a trois objectifs : établir le sens des morphèmes, rendre compte de la façon dont le sens des phrases dépend de la combinaison du sens de ces morphèmes, et dévoiler les mécanismes pragmatiques qui enrichissent le sens littéral d’une phrase en contexte. Les recherches sur les universaux sémantiques ont naturellement porté sur ces trois domaines.

Universaux lexicaux[modifier | modifier le code]

Universalité des principes de composition[modifier | modifier le code]

Universaux pragmatiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Linguistic universal », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  2. von Fintel & Matthewson, 2008, p. 140

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kai von Fintel et Lisa Matthewson, « Universals in semantics », The Linguistics Review, no 25,‎ , p. 139-201
  • Evans, N., & Levinson, S. C. (2009). The myth of language universals: language diversity and its importance for cognitive science The Behavioral and Brain Sciences, 32(5), 429–448; discussion 448–494. doi:10.1017/S0140525X0999094X.

Voir aussi[modifier | modifier le code]