Grammaire universelle

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La grammaire universelle, développé essentiellement par Noam Chomsky, défend la thèse selon laquelle il existe une grammaire universelle innée, qui serait le domaine de compétences spécifiques à notre espèce, ou encore, notre capacité cognitive propre.

Argumentaire[modifier | modifier le code]

Cette théorie a pour but de s'appliquer à n'importe quel langage humain, que ce soit sous sa forme écrite ou verbale. L'origine de cette conception, reconnue par Chomsky, réside dans la Grammaire générale et raisonnée contenant les fondements de l'art de parler, expliqués d'une manière claire et naturelle de Port-Royal, contrepartie de la Logique ou l'art de penser. La grammaire de Montague, une sémantique appliquée directement aux langages naturels développée par Richard Montague, est un autre exemple d'une telle grammaire universelle. Toutefois, l'approche de Montague et de Chomsky s'opposent radicalement: selon Montague, la sémantique fait partie de la logique, et non de la psychologie, et il n'est pas nécessaire qu'une règle syntaxique ou qu'une règle d'interprétation sémantique puisse être plausiblement imputable, comme chez Chomsky, à un locuteur[1].

Chomsky, dans son ouvrage Le langage et la pensée[2], fait l'hypothèse de ce qu’il appelle des « universels linguistiques », c’est-à-dire des structures communes à toutes les langues, inhérentes à l’esprit humain et à l’apprentissage du langage chez l’enfant.

Comment en arrive-t-il à cette affirmation ? En disant qu’on en a besoin pour expliquer le fait que les enfants sont capables d’apprendre une langue qui a une grammaire complexe en un laps de temps relativement court, et en se basant sur des données limitées. On ne peut en rendre compte par l’hypothèse des essais et erreurs; donc, il ne reste plus, selon Chomsky, que son hypothèse : tout se passe comme si nous étions prédisposés à apprendre une grammaire qui comporte ce genre de règles, et comme si cette connaissance était par conséquent déjà inscrite dans la structure de la faculté du langage.

On voit donc ici que la grammaire universelle est, pour Chomsky, l’hypothèse la plus explicative de l’apprentissage de la langue. Elle en rend compte : c’est donc qu’elle doit exister. Il existe bien des points communs à toute langue, et même, une structure universelle de la langue (plus précisément, du langage), et donc, de l’esprit humain lui-même.

Critiques[modifier | modifier le code]

Cette théorie nativiste, développée par Chomsky, est opposable au constructivisme, notamment grâce à l'apport de Jean Piaget sur les modes d'acquisition du langage chez les enfants, et au comportementalisme.

Leurs arguments sont, entre autres, la non-spécialisation des structures d'apprentissage ou une part plus importante dans le rôle des stimuli externes, des imitations (cas des "enfants sauvages",cf Apprentissage)...

L'ensemble de ces théories, réfutant l'existence d'un dispositif d'acquisition innée du langage, fut largement contredit par la psychologie cognitive et la neurobiologie (analyse de la structure innée de l'aire de Wernicke et de l'aire de Broca).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Vivian James Cook, Mark Newson, Chomsky's universal grammar: an introduction, Wiley-Blackwell, 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marconi, Diego, La sémantique des mondes possibles et le programme de Montague, chap. XVII de La philosophie du langage au XXe siècle, Lyber-L'Eclat, 1997 (en-ligne selon le principe lyber.
  2. Noam Chomsky, Le Langage et la pensée (1968), Payot, coll. "Essais", 04/02/2009, 336p.