Naturisme au Québec

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Union des Fédérations Québécoise et Canadienne de Naturisme (FCN/FQN)
Cadre
But promotion du naturisme au Canada
Zone d’influence Canada
Fondation
Identité
Siège 4545, avenue Pierre-de-Coubertin,
Montréal, Québec, H1V 0B2
Affiliation internationale Fédération naturiste internationale (INF-FNI)
Publication FQN: Au Naturel + FCN: Going Natural
Site web http://www.naturists.ca/

Le naturisme au Québec est représenté par l'Union des Fédérations Québécoise et Canadienne de Naturisme (FCN/FQN)

La Fédération québécoise de naturisme (FQN) fait la promotion du naturisme au niveau national et est aussi très active dans l'organisation d'activités récréatives pour ses membres de la région de Montréal. Ces activités, qui se tiennent surtout en hiver, comprennent de la baignade et des sports intérieurs (gymnase, quilles (bowling, etc.).

La ville de Québec a, depuis février 2010, son propre groupe naturiste, connu sous le nom de Groupe naturiste de Québec (GNQ). Ce groupe est une section régionale de la FQN. Ses activités comprennent des activités d'intérieur (piscine, spa, brunch, yoga), durant la saison froide, ainsi que sorties de groupe dans des centres naturistes ou sur des plages libres, en été. Ce groupe, quoique bien organisé, reste relativement marginal par rapport à ce que la FQN est à Montréal. Cela risque possiblement de changer avec l'avènement de jeunes pleins de bonnes intentions prêts à donner vie à ce groupe.

À cheval sur le Québec et l'Ontario, l'association ON/NO (Ottawa Naturists/Naturistes de l'Outaouais), bilingue quoique majoritairement anglophone, organise de la baignade intérieure en hiver et des sorties en été dans la région de la capitale fédérale. Elle compte plus d'une centaine de membres.

Par ailleurs, les forums de discussion de la Fédération québécoise de naturisme (FQN), et Activités et amitiés naturistes au Québec (AANQ) diffusent régulièrement de l'information sur les activités naturistes et sur les endroits fréquentés par la naturistes, partout au Québec. Sans tourner le dos au naturisme conventionnel en centre, ces forums portent une attention particulière aux pratiques en émergence, comme les plages libres, le naturisme en milieu sauvage et la randonnée. Toutefois, la prudence est de mise sur ces sites, ne pouvant pas contrôler les libertins, les voyeurs, les exhibitionnistes ou les faux naturistes aux intentions perverses comme peuvent le faire les centres accrédités. La FQN et Naturistes du Québec sont également présents sur les réseaux sociaux, alors que la Fédération québécoise de naturisme et le Groupe naturiste de Québec opèrent chacun un blogue.

Le naturisme au Québec est possible sur six espaces naturistes sur les 34 référencés par la Fédération canadienne de naturisme.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers efforts des naturistes québécois pour se regrouper datent environ de 1950. Quelques pionniers se réunissent dans leurs résidences de la région montréalaise, ou dans des chalets isolés dans les Laurentides. Mais le gouvernement Duplessis désapprouve le mouvement et les naturistes font face à la répression policière, parfois même dans leur propre résidence. Le petit noyau de militants est aussi miné par de graves conflits de personnalités.

Face au contexte local difficile, les Québécois créent des centres hors Québec à la fin des années 1950 et au début des années 1960, les plus notables étant Maple Glen (au Vermont) et, en Ontario, East Heaven et Le domaine des naturistes du Québec qui deviendra le Centre naturiste Richard Brunet en 1974 (fermé en 2009).

La Révolution tranquille et la libération des mœurs qui l'accompagne, dans les années 1960, permettent au naturisme de faire de nombreux adeptes, surtout grâce au bouche à oreille. Mais les lois restent très frileuses sur la question et l'ouverture de clubs naturistes au Québec reste impossible jusqu'au début des années 1970.

Un premier centre appelé Le paradis terrestre casse la glace, et c'est la ruée dans les années qui suivent. La plupart des centres encore en activité au Québec ont été fondés durant cette période. Notons L'Oasis, fondé en 1973, ainsi que La Pommerie, Loisir Air Soleil et Le Cyprès, tous fondés en 1976. Le Domaine soleil de l'Amitié a été fondé au milieu des années 1980 et La Vieille Ferme, à la fin des années 1990.

La multiplication des initiatives locales permet à la Fédération québécoise de naturisme (FQN), affiliée à la Fédération naturiste internationale (FNI), de voir le jour en 1977. Il s'agit d'une initiative de Michel Vaïs, un Québécois originaire de Tunisie, qui s'inspire de la structure et des pratiques de la Fédération française de naturisme. La FQN recrute ses premiers membres à La Pommerie, mais l'énergie de ses fondateurs, conjuguée à un contexte social très favorable, permet une expansion rapide.

Les années 1980 constituent une sorte d'âge d'or du naturisme au Québec. D'une part, les centres à vocation commerciale sont nombreux. D'autre part, la FQN organise des activités hivernales très populaires (piscine, surtout) dans de nombreuses régions : à Montréal et Ottawa (à partir de 1978), à Québec (1980), en Mauricie (1982), à Sherbrooke (1984) et Chicoutimi (1985). Mais ces activités sont organisées sous le chapeau centralisé de la FQN, sans structure club locale vraiment indépendante, et l'essoufflement des quelques bénévoles, combiné à un manque de relève, a raison de ces activités (sauf celles de Montréal) à la fin des années 1980.

Les années 1990 marquent un certain ressac. Les centres naturistes s'éloignent de plus en plus de la FQN et de ses politiques jugées trop centralisatrices. Les centres vont jusqu'à créer à la fin de décennie, leur propre organisation de promotion, l'Association des centres naturistes affiliés (ACNA) (inactive depuis 2000). Parallèlement, la FQN traverse une crise organisationnelle et financière qui fait un moment craindre pour sa survie.

Les années 2000 présentent un bilan nuancé. La FQN a retrouvé un certain équilibre, mais avec une liste de membres, une équipe et des ambitions réduites. Les fondateurs de centres ont vieilli et plusieurs d'entre eux ont fermé - faute de relève, en général, les clients ne manquent pas, bien que la clientèle prenne de l'âge. Par contre, la plage libre d'Oka, près de Montréal, malgré son organisation très informelle, s'affirme de plus en plus comme un point de ralliement et le lieu par excellence pour s'initier au naturisme.

Depuis 2008, les médias sociaux et les forums de discussion, en particulier, ont réussi à donner une voix à plusieurs naturistes qui se sentaient isolés. Ceci a renforcé l'intérêt pour la FQN, qui parvient, depuis 2009, à remplir les sept sièges disponibles au conseil d'administration. Mais cela a aussi relancé plusieurs débats difficiles, notamment sur l'acceptation des personnes seules (en particulier, des hommes seuls) dans les centres naturistes.

Ce changement de garde s'accompagne d'une évolution de la pratique. Les plages libres, par exemple, qui étaient autrefois marginales, attirent de plus en plus d'adeptes. Cet afflux provoque parfois des frictions avec les autorités locales et plusieurs plages libres sauvages ont été fermées. Mais les beaux jours d'été, la plage libre du parc Paul-Sauvé, à Oka, qui jouit d'une tolérance officieuse de la part des autorités de la SÉPAQ, attire plusieurs centaines de naturistes.

Ainsi, en 2012, il y a près de la moitié moins de centre qu'il y a dix ans. Ceci ne reflète pas forcément la désaffection des naturistes, mais plutôt le fait que plusieurs centres naturistes, créés dans les années 1970, ont changé de vocation lorsque leurs fondateurs ont revendu leurs installations. Le renforcement des lois environnementales et le vieillissement de la clientèle compliquent l'ouverture de nouveaux centres.

Par contre, lueur d'espoir, les naturistes des régions semblent vouloir s'organiser, comme l'ont fait ceux de la région de la Capitale-Nationale, qui ont créé, il y a sept ans, le Groupe naturiste de Québec (GNQ).

Enjeux actuels[modifier | modifier le code]

La FQN est, depuis longtemps, officiellement reconnue comme organisation de loisirs par le gouvernement du Québec. Malgré tout, en dehors des centres naturistes commerciaux, il n'existe aucun endroit officiellement reconnu pour la pratique du naturisme. Les plages libres existent en dépit de la volonté des autorités, ou subsistent en raison de leur indifférence. Par ailleurs, les rapports entre les centres naturistes et les plages libres sont souvent ténus, voire inexistants. Le naturisme souffre de cette atomisation.

De plus, la clientèle vieillit. Les centres actuels, conçus en fonction d'une clientèle de baby boomers, offrent peu d'attraits pour une jeunesse plus urbaine, moins mobile (écologie, rejet de la culture de l'auto) et plus individualiste que la génération précédente. Le discours naturiste traditionnel et l'aménagement souvent très « bétonné » des centres rejoit mal ces préoccupations.

Enfin, le développement de la pratique est freinée par les politiques, adoptées par la plupart des centres, qui en interdisent l'accès aux personnes seules et même, dans certains cas, aux couples de même sexe ou aux familles monoparentales. Cette forme de discrimination est interdite par les articles 10 et 15 de la Charte des droits et libertés de la personne[1], mais subsiste parce que les naturistes lésés n'osent pas porter plainte. Elle nuit aussi à la promotion, en ceci qu'elle contredit l'idéal d'égalité et de tolérance du naturisme et qu'elle complique la vie aux personnes, souvent seules, qui souhaitent faire une première expérience naturiste.

Centres naturistes québécois[modifier | modifier le code]

  • Domaine Le Cyprès, à Notre-Dame-de-Montauban, en Haute-Mauricie, reconnu pour son site naturel de 700 hectares sur la rivière Batiscan.
  • Domaine Soleil de l'Amitié (DSA), à Saint-Cyrille-de-Wendover, dans le Centre-du-Québec.
  • Club naturiste Loisirs Air Soleil inc., à L'Avenir, dans le Centre-du-Québec.
  • Centre naturiste Oasis inc., à Terrebonne (ancien secteur de La Plaine), dans Lanaudière.
  • Centre écologique et naturiste La Pommerie inc., à Saint-Antoine-Abbé, dans le sud de la Montérégie, aménagé sur 200 hectares dans un ancien verger.
  • La Vieille ferme, à Rimouski, dans le Bas-Saint-Laurent. Le plus petit centre québécois.
  • Camping Les amis de la nature (ADLN), à Rouyn-Noranda, en Abitibi-Témiscamingue.
  • Camping de la fierté, à Ste-Julienne (Rawdon) dans Lanaudière

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • James Woycke, Au Naturel, the History of Nudism in Canada, « 8 », p. 151-178.
  • Michel Vaïs, Éditions Triptyque, Montréal, mars 2012, 212 pages, ill., Nu, simplement. Nudité, nudisme et naturisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charte des droits et libertés de la personne, art. 10, 15. [lire en ligne (page consultée le 8 avril 2012)].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]