Saint-Rémy-de-Maurienne

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Saint-Rémy-de-Maurienne
Saint-Rémy-de-Maurienne
Pont de Saint-Rémy-de-Maurienne.
Blason de Saint-Rémy-de-Maurienne
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Savoie
Arrondissement Saint-Jean-de-Maurienne
Canton Saint-Jean-de-Maurienne
Intercommunalité Communauté de communes du canton de La Chambre
Maire
Mandat
Christian Rochette
2014-2020
Code postal 73660
Code commune 73278
Démographie
Gentilé Rémiliens
Population
municipale
1 282 hab. (2015 en augmentation de 0,79 % par rapport à 2010)
Densité 29 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 23′ 34″ nord, 6° 15′ 56″ est
Altitude Min. 394 m
Max. 2 760 m
Superficie 44,26 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.saintremydemaurienne.com/

Saint-Rémy-de-Maurienne est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Rémy-de-Maurienne se situe sur la rive gauche de l'Arc, à quelques kilomètres, en descendant la vallée, de la confluence avec la vallée des Villards et celle du Bugeon. Le territoire communal, intégralement situé sur la rive gauche, englobe également plusieurs vallons et sommets de la chaîne séparant la Maurienne de la vallée d'Allevard. Parmi les principaux sommets, retenons le pic du Frêne (2 807 m) et le Grand Miceau, parfois appelé Grand Pic de Saint-Rémy (2 619 m).

Si le fond de vallée est ample et plat, les contreforts sont abrupts et rocheux, et recouverts d'une dense forêt composée principalement de frênes, de châtaigniers et plus haut, de conifères, jusqu'aux environs de 1 700 m. Plus haut, s'étend une végétation de haute montagne avec d'amples pâturages vallonnés et moins abrupts. La faune sauvage est nombreuse sur la commune mais varie selon le milieu. Ainsi le fond de vallée (héron, canard, épervier, lapin sauvage, renard, couleuvre, lézards), les bois (chouette, chat-huant, grand-duc, sanglier, chevreuil) et les alpages (corbeau, choucas, aigle royal, marmotte, chamois et depuis peu quelques loups ont été observés) comptent des espèces variées. Le dernier ours y fut tué pendant la Première Guerre mondiale. Le roi de Piémont-Sardaigne, futur roi d'Italie, Victor-Emmanuel vint y chasser, selon des sources locales, avant que la Savoie ne devienne française.

Toponymie[modifier | modifier le code]

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Sin Rmi, selon la graphie de Conflans[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les mentions du village sous la Révolution parlent de deux bourgs appelés Arpingon (Saint-Rémy) et la Tour Marteau (Saint-Sulpice).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Christian Rochette UMP ...
Les données manquantes sont à compléter.

À la suite de la délibération du conseil municipal du 30 juillet 2012, la commune a intégré la communauté de communes de la Vallée du Glandon le 1er janvier 2014, se substituant au Syndicat intercommunal du canton de La Chambre, désormais dissout.

Industrie[modifier | modifier le code]

Anciens bâtiments de la râperie Horteur.

C'est sous sa forme mécanique qu'a commencé à Saint-Rémy l'ère de la houille blanche. En effet, quand a été créée en 1873 la Société des établissements Horteur, on ne savait pas encore convertir l'énergie d'une chute d'eau en électricité. Son fondateur, dont le service de diligences Chambéry-Suse était victime de la concurrence ferroviaire nouvellement établie par le tunnel du Fréjus, s'est inspiré des papetiers installés dans le proche Grésivaudan en créant une râperie de bois. Il a équipé par une chute de 50 mètres, portée en 1900 à 250, le ruisseau de la Lescherette descendu de la chaîne de Belledonne. Ayant fait le choix de se placer sur le créneau d'une pâte blanche, de qualité, il s'est approvisionné, pour l'essentiel, en bois de tremble dans les départements bourguignons et franc-comtois par le chemin de fer en gare des Chavannes distante de 1 km[2].

Photo de turbine pelton
Turbine Pelton.

L'affaire a perduré, le camion-grumier remplaçant peu à peu le wagon pour l'approvisionnement. La rente énergétique s'est perpétuée. La principale préoccupation a toujours été de s'assurer une clientèle dans le climat de concurrence des pâtes scandinaves et du plastique. Il a fallu sortir de l'isolement en liant son sort à une clientèle de grande fidélité. Ce furent, dans un premier temps, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, les Papeteries de Savoie, établies au Bourget-du-Lac avec lesquelles fut conclu un accord de leasing. Quand celles-ci furent contraintes à la fermeture en 1965, le hasard a voulu que les puissantes Cartonneries de La Rochette, en cours de reconversion, aient été intéressées par le rachat de la râperie. Elles en firent une filiale. Las ! Mises en demeure de se conformer aux normes environnementales rigoureuses, les Cartonneries ont préféré abandonner la fabrication polluante de l'emballage en carton ordinaire. En compensation, elles ont décidé de développer la production de cartonnette, à base de pâte blanche, et d'intégrer vers l'amont, la fabrication de la pâte elle-même avec l'objectif très ambitieux de 50 000 tonnes par an. A quoi bon, dans ces conditions, maintenir en service la râperie de Saint-Rémy (3 000 tonnes) dont le matériel était à renouveler ? Celle-ci a donc été fermée en 1968. La commune y a perdu 30 emplois mais le souvenir est resté vif de cette entreprise pionnière dont elle perpétue la mémoire en baptisant sa zone d'activité du nom de François Horteur[3].

Jonhson Electric a réinvesti les bâtiments en shed des anciennes tréfileries.

Avec la création des Filatures et Tréfileries de la Maurienne s'est ouverte, à la fin du XIXe siècle, une autre page de l'histoire industrielle de la commune. Tandis que la main-d'oeuvre quasi exclusivement masculine trouvait à s'employer dans les usines électrochimiques de la Basse Maurienne, de nombreuses femmes restaient disponibles pour l'embauche. C'est par le hasard du service militaire que le directeur de la râperie Horteur a rencontré un industriel lyonnais désireux de transférer à la campagne son fonds de guimperie. Cette simple affaire familiale s'est développée à la dimension industrielle et s'est muée en société anonyme avec, bientôt, comme actionnaire principal le Comptoir Lyon-Alemand, spécialiste du travail des métaux précieux. Le recrutement local s'avérant insuffisant, une Maison de famille accueillit une centaine de jeunes filles italiennes recrutées parmi les familles de mineurs lorrains. En 1926, au maximum de leur activité, les Tréfileries employaient 190 personnes et livraient plus de 10 000 tonnes de marchandises[4].

La reprise des affaires s'est confirmée après la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale mais avec un effectif réduit du fait de l'automatisation. Mais à partir de 1962 on a assisté à un rétrécissement inexorable du marché mondial. Les modes avaient changé. Après Vatican II l'Eglise faisait retour à la simplicité dans l'exercice du culte et l'ornementation des édifices ; du fait de la décolonisation se sont fermés des pays comme l'Inde ou le Maghreb amateurs de costumes chamarrés. C'est dans ce contexte de récession structurelle qu'a éclaté la crise de 1968 dont a découlé l'ajustement des salaires de la campagne sur celui des villes. Les dorures Louis Mathieu de Villeurbanne étaient mieux armées pour la concurrence internationale grâce en particulier à une grande intégration verticale de la fonderie des métaux à la tréfilerie et au tissage et à la passementerie. Elles ont fermé leur établissement de Saint-Rémy[5].

On assiste désormais à un changement d'époque. Les pesanteurs traditionnelles ont cessé de jouer en faveur des communes. C'est à elles qu'il appartient désormais de retenir l'attention des investisseurs par une publicité dynamique, par la mise à disposition de locaux, par la création de zones d'activité bien équipées. C'est un combat perpétuel car les stratégies des entreprises favorisent la mobilité géographique. La chance a d'abord souri à Saint-Rémy car la C.I.T.-Alcatel, peinant à recruter pour son usine d'Aix-les-Bains du fait de la concurrence du thermalisme, s'est montrée intéressée par la disponibilité immédiate des locaux des ex Filatures et par la qualité du personnel féminin. Elle s'est engagée pour 12 ans.Ses espoirs n'ont pas été déçus et elle a pu recruter par des services d'autocars dans toute la Maurienne jusqu'à 425 personnes en 1974. Mais elle n'a pas renouvelé son bail à son expiration en 1980, la commutation électronique rendant obsolète la téléphonie traditionnelle[6].

La commune a alors entrepris de gros travaux de rénovation des locaux et il s'est trouvé un repreneur dès 1984 avec la société piémontaise GATE, fabricante à Asti de systèmes de ventilation et de climatisation pour les voitures automobiles[7]. Vu l'importance de sa clientèle française, elle a trouvé commode d'avoir outre-monts une antenne de stockage à Saint-Rémy. Si les flatteuses perspectives d'emploi originelles (130 personnes en 1994) ne se sont pas confirmées, on peut tout de même se féliciter de la solidité de son ancrage savoyard puisque, devenue filiale de la Johnson Electric, elle emploie toujours en 2018 une trentaine de personnes. La même fidélité ne s'est pas confirmée pour la firme Spirel qui s'était installée sur la zone d'activité dès son ouverture en 1981 et avait recruté 60 des chômeurs de la C.I.T. Ce fabricant de petits moteurs pour la manœuvre des stores et rideaux, repris par la Somfy en 1992 avec 120 emplois, vient de délocaliser et a fermé ses portes en 2014[8].

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[10].

En 2015, la commune comptait 1 282 habitants[Note 1], en augmentation de 0,79 % par rapport à 2010 (Savoie : +3,19 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
495575567666834676941894870
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
819863874893888906874957958
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
8881 0501 014991887879897793891
1982 1990 1999 2006 2007 2008 2013 2015 -
8179629671 1701 1991 2281 2661 282-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Une base de loisirs comportant deux jolis lacs artificiels aménagés, l'un pour la baignade et l'autre pour la pêche, avec un grand jet d'eau, le plus grand jet naturel d'Europe, et un camping à côté.
  • L'église du village dédiée à saint Rémy est de style baroque et est monument historique.
  • Une jolie chapelle sur le carrefour principal.
  • Principaux hameaux de la commune, en aval (du nord au sud) : le Grivolley, le Grivolley-Barbois, le Pontet, les Étalons, le Sandrin, le Chef-lieu, le Verney du Pont, la Combe, les Perelles, Saint-Claude, les Gorges, la Tour, la Girard, Saint-Sulpice. Et en amont, de nombreux lieux-dits ne sont pas habités en permanence : le Beaufray, la Soif, les Grangettes, Montfront, la Grangette, Noire Combe, Varrat, Biomont, les Étaves, Arpingon, le Replat, la Lescherette, la Pierre, l'Arche, les Casières (avec son câble transporteur).
  • Pont de Saint-Rémy-de-Maurienne, un des rares ponts en béton précontraint en précontrainte extradossée, construit au-dessus de l'Arc et de l'autoroute A43.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michèle Brocard, Maurice Messiez-Poche, Pierre Dompnier, Histoire des communes savoyardes : La Maurienne - Chamoux - La Rochette (vol. 3), Roanne, Éditions Horvath, , 558 p. (ISBN 978-2-7171-0289-5, lire en ligne), p. 132-136. ([PDF] lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 24
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  2. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 558 p., p. 121-126
  3. Blanc René, Saint-Rémy-de-Maurienne, village aux mille sources, Fontaine de Siloé, , 213 p., p. 127-130
  4. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 558 p., p. 118-120
  5. Chabert Louis, Les grandes Alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 120-121
  6. Chabert Louis, Les grandes alpes industrielles de Savoie, , 559 p., p. 283-284
  7. Blanc René, Saint-Rémy-de-Maurienne village aux mille sources, Fontaine de Siloé, , 212 p., p. 138-141
  8. Dorothée Thénot, « En Savoie, Spirel devrait fermer ses portes le 20 juillet », L'usine nouvelle,‎
  9. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.