Rue de la Tombe-Issoire

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14e arrt
Rue de la Tombe-Issoire
Image illustrative de l’article Rue de la Tombe-Issoire
Rue de la Tombe-Issoire vue du boulevard Saint-Jacques
Situation
Arrondissement 14e
Quartier Parc-de-Montsouris
Petit-Montrouge
Début 59, boulevard Saint-Jacques
Fin 48, boulevard Jourdan
Morphologie
Longueur 1 247 m
Largeur 18−24 m
Historique
Ancien nom Route de Châtillon
Géocodification
Ville de Paris 9326
DGI 9342
Géolocalisation sur la carte : 14e arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 14e arrondissement de Paris)
Rue de la Tombe-Issoire
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue de la Tombe-Issoire
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La rue de la Tombe-Issoire se trouve dans le 14e arrondissement de Paris.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

C'est l'une des plus vieilles voies d'accès à l'ancien Paris : elle se prolonge vers le centre-ville par la rue du Faubourg-Saint-Jacques et la rue Saint-Jacques, jusqu'à la Seine.

La rue est desservie par les stations de métro Saint-Jacques, Cité universitaire et Porte d'Orléans.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Le nom de la rue est sans rapport avec la ville auvergnate d'Issoire et proviendrait d’un géant appelé Isoré, Isouard, Isoire ou Issoire, qui détroussait les voyageurs sur la route d’Orléans. Ce géant fut attrapé et tué par Guillaume d'Orange ou de Gellone ou Guillaume au Court Nez. Guillaume ne put emporter le corps de ce géant trop encombrant et lui coupa la tête. Le corps restant fut enterré sur place.

Roi Isoré tint la hace tranchante,
Vers dant Guillaume est venus tost corant,
Férir le guide sour son hiaume luisant
Li quens se haste si le ferir avant
Le col li trence aussi con qu'un enfant
Puis prend la teste à tout l'elme luisant
Ainc n'en veut plus porter ne tant se quand
Le corps laissa a terre tout sanglotant.

Le parc Montsouris présente un panneau retraçant cette légende.

Le personnage du géant a fait l'objet d'un projet de quartier en 2007. Une sculpture monumentale de Corinne Béoust a été placée dans la rue, sur la façade de l'école maternelle, au 77, rue de la Tombe-Issoire (à l'angle de la rue d'Alésia et de la rue de la Tombe-Issoire). Prévue initialement pour durer six mois, l'installation a finalement été laissée en place jusqu'à la fin du mois de .

Si cette légende repose sur un fond de vérité, rapporté par le chroniqueur Richer de Reims d'un combat de ce genre ayant eu lieu sous les murs de Paris lors du siège de 978 par Othon II, Jacques Hillairet indique qu'une autre tradition impute le nom à la tombe d'un bourgeois, nommé Isaure, enterré à cet endroit.

Historique[modifier | modifier le code]

L'axe de la rue est l'ancienne voie centrale (le cardo maximus) de Lutèce, la ville romaine dont le centre se situait dans l'actuel Quartier latin.

Constitutif de la via Turonensis (ou chemin de Paris), cet axe mène à Orléans et jusqu'à Saint-Jacques-de-Compostelle. Cette voie est notamment empruntée par les pèlerins qui partaient de l'église Saint-Jacques-la-Boucherie et à ce jour du clocher — seul vestige subsistant après les destructions de la Révolution française —, l'actuelle tour Saint-Jacques.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

La rue de la Tombe-Issoire sépare les quartiers du Parc-de-Montsouris (numéros impairs) et du Petit-Montrouge (numéros pairs). Elle s'ouvre sur le boulevard Saint-Jacques à la hauteur de la station de métro Saint-Jacques.

Sous la rue de la Tombe-Issoire se trouve une partie des catacombes, les anciennes carrières transformées en ossuaire dont l'entrée est située place Denfert-Rochereau.

  • No 2 : emplacement, vers 1900, de la maison dite « Cabaret rouge » et aussi « maison du Bourreau[1] ». Celui-ci y aurait logé lors des exécutions place Saint-Jacques[réf. nécessaire].
  • No 22 : lieu de naissance de Jean Poiret (1926-1992) ; une plaque lui rend hommage.
  • No 26 : la ferme de Montsouris. Construite en 1850, cette ferme est restée en activité jusqu'au milieu du XXe siècle. Des anciens bâtiments, il subsiste la grange et le grenier, ainsi qu'une vaste cour. L'ensemble a très longtemps été menacé par divers projets immobiliers et abandonné, avant d'être acquis par la Ville de Paris.
Entrée de l'allée d'Artistes au no 83.
  • Nos 77 et 77 bis : carrefour avec la rue d'Alésia dont le percement, dans les années 1860, a fait disparaître l'ancienne « impasse Issoire » qui s'embranchait sur le côté impair de la rue de la Tombe-Issoire.
  • No 83 : immeuble de rapport sur rue de 5 étages (dont l'entresol) sur rez-de-chaussée et combles mansardés, signé et daté à droite du porche « GUSTAVE POIRIER[2] / ARCHITECTE / 1901 ». Ce porche carrossable, muni de chasse-roues et d'un portail métallique donne à l'arrière sur une impasse privée (non accessible au public) qui abrite une cité d'artistes créée en 1902. Dénommé allée d'Artistes, l'ensemble comprend dix petits bâtiments totalisant vingt ateliers orientés vers le nord et donnant sur un espace végétalisé. Resté presque entièrement dans son état d'origine, il est partiellement protégée au titre de monument historique depuis 2016[3].
  • No 85 : ruelle en impasse ouverte en 1868, nommée cité Annibal en 1877, témoin du passé laborieux du quartier[pourquoi ?].
  • No 101 : villa Seurat, voie en impasse bordée de maisons construites vers 1925 par des architectes dont les plus célèbres sont André Lurçat et Auguste Perret ; beaucoup d'entre elles ont été occupées par des artistes et des écrivains (Marcel Gromaire, Jean Lurçat, Henry Miller, Chana Orloff, Chaïm Soutine, etc.).
  • La rue longe également le réservoir de Montsouris dont l'entrée principale se trouve au no 115.
  • L'humoriste Didier Bénureau (né en 1956) évoque cette rue dans un sketch intitulé Le Chanteur Rive-Gauche.

Emplacements non localisés[modifier | modifier le code]

  • No 82 (ancienne numérotation) : adresse, dans les années 1830/1840 (alors que la rue appartient encore au Petit-Montrouge, écart de Montrouge), du facteur d’instruments de musique en cuivre Dujarier[4], connu pour avoir été, vers 1830, le maître d’apprentissage de Gustave Auguste Besson (1820-1874), futur fondateur de manufactures d’instruments à Paris et à Londres[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Photographie, 1901, portant l'inscription manuscrite « Maison dite "Cabaret rouge" et aussi "Maison du Bourreau", place Saint-Jacques et rue Tombe-Issoire, août 1901 », signée « E. Pottier », conservée au musée Carnavalet (en ligne) sur le site Les Musées de la Ville de Paris parismuseescollections.paris.fr.
  2. Et non pas POIRIEZ.
  3. Notice no PA75140017 base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. Cité dans les comptes-rendus des expositions nationales de 1844 et 1849.
  5. Notice « Auguste et Florentine Besson » sur luthiervents.blogspot.com (consulté le .