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Allée d'artistes

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L'Allée d'artistes est une allée privée comprenant une vingtaine d'ateliers d'artistes, située dans le quartier du Parc-de-Montsouris du 14e arrondissement de Paris. Son statut juridique est celui d'une copropriété.

Bordée par un espace vert sur 100 m de long, cette allée a été inscrite partiellement au titre des monuments historiques en .

Elle présente des aspects remarquables du double point de vue de sa diversité végétale et du caractère de ses bâtiments. Son aspect est resté inchangé depuis sa construction en .

À l'origine les ateliers étaient exclusivement des lieux de travail pour peintres et sculpteurs.

De nombreuses personnalités artistiques y ont vécu et travaillé.

Située dans le quartier du Parc-de-Montsouris du 14e arrondissement de Paris, cette allée privée est desservie par un passage sous immeuble au 83 rue de la Tombe-Issoire.

Elle occupe une parcelle en lanière Ouest/Est en cœur d'îlot, entre un immeuble sur rue et une maison/atelier de sculpteur en fond de parcelle.

Le bâtiment est conçu comme destiné aux artistes, avec de grandes ouvertures vitrées exposées au Nord. C'est une copropriété d'une vingtaine d'ateliers mitoyens et superposés, en bande sur deux niveaux (à grande hauteur d'étage), desservis par quatre cages d'escaliers. La construction est en ossature bois et remplissage briques de Vaugirard (briqueterie de Gournay[1] à Vitry-sur-Seine[2]). Les baies sont closes de menuiseries vitrées en fer T. Certaines poutres portent des marques des compagnons.

Desservi par un espace vert protégé[3] sur 100 m de long, l'ensemble a été inscrit au titre des monuments historiques en pour les façades et toitures, les parties communes (les quatre escaliers avec leur vestibule d'entrée et le palier du premier étage), la remise à vélos, le sol de la parcelle.

Copropriété privée, elle n'est pas ouverte au public.

Allée La Tombe-Issoire

Historique et nom

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La cité d'artistes a été lotie et bâtie par Monsieur Tissot, propriétaire privé, sur une parcelle en longueur qui lui appartenait en [4]. L'architecte en est Gustave Poirier, architecte actif à Paris entre 1894 et [5]. Il est l'auteur d'une dizaine d'immeubles dans le 14e arrondissement.

En , le futur propriétaire, Monsieur Tissot, possédait à cet endroit une écurie sur un terrain de 1 200 mètres carrés située sur une partie des anciennes carrières. C'est le qu'il demande l'autorisation à la préfecture de construire « un bâtiment à usage d'ateliers d'artistes élevé sur terre-plein, d'un rez-de-chaussée et un étage carré » sur sa propriété[4].

Les matériaux sont en partie issus de la récupération de matériaux de l'Exposition universelle de .

Les loyers perçus par Monsieur Tissot sont modestes et les artistes ne pouvant payer leur terme paieront en œuvres d'art[4].

À l'origine, les ateliers devaient être exclusivement des lieux de travail pour peintres et sculpteurs. Au cours du temps, ils sont également devenus des lieux d'habitations.

Contrairement à d'autres cités d'artistes, cette allée n'a pas formellement de nom. Certains l'appellent « La Tombe-Issoire[6] », « La Cour[7] », « La Cité d'artistes[8] » ou plus communément « Le 83 ».

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

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Les façades et toitures du bâtiment ainsi que le sol de la parcelle (situés sur la parcelle no 20), sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du [9].

Cette cité a abrité de nombreux artistes (peintres, sculpteurs, architectes) et en accueille aujourd'hui encore. Thomas Dufresne, artiste peintre et historien[8], en a établi une liste à partir des archives, des catalogues des salons de peintures et sculptures parisiens, des biographies d'artistes, du Bénézit, des annuaires d'art, des Bottin, des articles de la Revue d'histoire du 14e arrondissement, des fonds d'archives et de plusieurs ouvrages sur le Montparnasse des artistes[10].

Parmi les nombreuses personnalités artistiques qui y ont résidé, on peut distinguer les premiers occupants, les artistes qui arrivent entre et , et ceux qui s'installent après .

Les premiers occupants des ateliers

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Hypatia, signé E. Picault.

Les années 1940-1970

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Après

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  • Jacques Dufresne (-), sculpteur, habite la cité à partir de et jusqu'à sa mort[21]. Il est le fils de Charles Dufresne (-), peintre, graveur et sculpteur français. Son fils Thomas Dufresne (né en ) artiste peintre et historien, lui succède dans l'atelier jusqu'en [8].
  • Rudolf Büchi (-), peintre et sculpteur suisse, prend en le pseudonyme de Damaro[22]. Après des études artistiques parisiennes (Beaux-Arts, Académie de la Grande Chaumière), il fait une exposition à Paris en , Réalités nouvelles. À cette époque il fait la connaissance de Diego Giacometti. Il acquiert un atelier dans l'allée dans les années 1960.
  • Maryse Eloy (-) artiste peintre[7], fondatrice de l'École d'art Maryse Eloy en , a habité la cité à partir des années 1970[23]
  • Jean Barluet (-), peintre et céramiste, a habité et travaillé dans un atelier de l'allée[24]. Après des études aux Beaux-Arts et à l'École des arts décoratifs, il commence son parcours d'artiste comme peintre, dessinateur et modéliste dans la veine figurative de l'École de Paris. Dans les années 1930, il fait la connaissance de Jacques Grüber, maître-verrier, de son fils Francis Gruber, et d'Alberto et Diego Giacometti, avec qui il travaille. Après-guerre, il pratique la céramique. Il se consacre à la peinture à partir des années 1960, avec un tournant vers l'abstraction. En , il dispose d'un deuxième atelier dans l'allée.
  • Iris Alter (née en ), artiste peintre et chanteuse, a son atelier dans l'allée entre et [25].
  • Jim Haynes (-), né à Haynesville, en Louisiane. Journaliste, enseignant et écrivain américain. Il fut, pendant les années 1960-1970, l'un des principaux animateurs de la scène alternative européenne. Il arrive à Paris en [7].

Aujourd'hui

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L'allée en .

Cette allée compte une vingtaine d'ateliers de toutes tailles. Les parties communes sont sous le statut de la copropriété. Les résidents sont chacun propriétaire de leur atelier.

À la différence d'autres cités d'artistes, cette allée n'est pas ouverte au public. Seuls les résidents et leurs invités y ont accès.

Parmi les propriétaires actuels on compte des descendants d'artistes, ainsi que plusieurs artistes, en particulier Clara DeLamater, artiste sculpteur, qui a réalisé plusieurs commandes publiques dont, en , le buste du président François Mitterrand[26], en , le buste du général de Gaulle à Issy-les-Moulineaux[27]. Elle enseigne la sculpture et le dessin à l'Université américaine de Paris. Elle a obtenu en le premier prix du portrait Paul-Louis Weiller de l'Académie des beaux-arts, qui lui a été remis à l'Institut de France[28]. Elle a son atelier dans l'allée depuis les années 1990. Jean-Pierre Hammer (né en ), universitaire, poète, peintre, acquiert l'atelier de Maurice Mourlot en [29]. Jean-Charles Yaïch (né en ), artiste plasticien, a son atelier dans l'allée depuis [30]. Jean Pierre Rémond, lithographe[31].

Articles connexes

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Bibliographie

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  • Jacques Franju, « Cités d'artistes. Mais la Tombe-Issoire n'a pas oublié Lénine », Libération,‎ . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Yann Le Houelleur, « Les artistes ont toujours habité dans cette cour », Quotidien quatorze quinze,‎ (BNF 34392392). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Valérie Pfeiffer, « Il était une fois les artistes », Le Point, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Inventaire du patrimoine, Île-de-France, un autre patrimoine, Paris, Lieux Dits, , 272 p. (ISBN 978-2-36219-199-2), p. 125 et 129.

Filmographie

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  •  : Dans les coulisses du Paris Rive-Gauche, documentaire de Laurent Lefebvre[32], 52 min
  •  : Un village dans Paris, documentaire de Jean-Noël Rey
  •  : Les sept collines de Paris[33], documentaire de Christian Bussy

Références

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  1. « La briqueterie. Premières pierres », sur alabriqueterie.com, La Briqueterie (version du sur Internet Archive).
  2. « La brique de Vaugirard »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur archives.yvelines.fr, Archives départementales des Yvelines.
  3. « Atlas des plans de détail - Secteurs de Maisons et Villas », sur pluenligne.paris.fr.
  4. a b et c Anne-Laure Sol, « Lotissement d'ateliers d'artistes », sur Inventaire.iledefrance.fr.
  5. « Gustave Poirier », sur pss-archi.eu.
  6. a b c d et e Franju 1957.
  7. a b c et d Le Houelleur 1984.
  8. a b et c Pfeiffer 2012.
  9. Notice no PA75140017, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. a et b Thomas Dufresne, « Le 14e arrondissement, village des arts », Revue d'histoire du 14e arrondissement de Paris, vol. n°43 et n°44,‎ 1999 et 2000, p.55-87 du n°43 et p.59-80 du n°44 (ISSN 0556-7335).
  11. « base Leonore », sur culture.gouv.fr.
  12. Dominique Driss-Ecole, Ridha Driss et Vincent Driss, Pierre Henri Ecole-Villar, Paris, Dominique Driss-Ecole, (ISBN 979-10-699-3927-1).
  13. (ar) Ahmida El-Souly, « Actualités de l'art », Al-Hayat,‎ .
  14. « Passerelle de l'Alma », sur parismuséescollections.paris.fr, Paris Musées.
  15. « Michel Duborgel », sur data.bnf.fr.
  16. Ministère de la Culture, Label Patrimoine du XXe siècle, Architecture contemporaine remarquable [1].
  17. « André Lefèvre-Devaux », sur culture.gouv.fr.
  18. François Heintz, « Francis Harburger. L'épiderme du réel », La Page du 14e arrondissement, no 58,‎ , p. 4 (lire en ligne [PDF]).
  19. Francis B. Conem, « Harburger témoin de Paris », L'Amateur d'art, no 421,‎ .
  20. Sylvie Harburger, Caroline Larroche et Didier Schulmann (préf. Bruno Gaudichon), Francis Harburger. Catalogue raisonné de l'œuvre peint, Montreuil, Gourcuff-Gradenigo, , 400 p. (ISBN 978-2-35340-223-6).
  21. « Jacques Dufresne », sur centrepompidou.fr, Centre Georges-Pompidou.
  22. (de) « Büchi Rudolf (Damaro) », sur sikart.ch.
  23. « EME Paris - École d'art Maryse Eloy », sur ecoles-arts.com.
  24. Tartarin, « Assemblée générale des Indépendants, Le taureau dans l'arène », Rappel,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  25. « Iris Alter », sur saisonsdeculture.com, .
  26. Clara DeLamater, témoignage, « Sculpter le Président », La lettre de l'Institut Mitterrand, Institut François-Mitterrand,‎ , p. 14-15 (lire en ligne).
  27. François Dufay, « Un sculpteur à l'oeuvre », Le Point, no 933,‎ .
  28. « Prix de portrait Paul-Louis Weiller », sur cnap.fr
  29. « Jean-Pierre Hammer », sur data.bnf.fr.
  30. « Les artistes : Jean-Charles Yaïch », sur le4parisart.com, .
  31. (en) « Jean-Pierre Remond », sur askart.com.
  32. « Dans les coulisses de Paris Rive Gauche », sur SensCritique, .
  33. « Les sept collines de Paris », sur pointculture.be, 36 novembre 1991.

Liens externes

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