Louis Lepic

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Louis Lepic
Louis Lepic
Louis Lepic
(tableau posthume par
Louis-Charles Arsenne, 1842), Musée de l'Armée.

Naissance
Montpellier
Décès (à 61 ans)
Andrésy (Seine-et-Oise)
Origine Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 1781-1815
Conflits Guerre de Vendée
Guerres napoléoniennes
Faits d'armes Bataille de Marengo
Bataille d'Austerlitz
Bataille d'Eylau
Bataille de Wagram
Guerre d'Espagne
Campagne de Russie
Campagne d'Allemagne
Campagne de France
Bataille de Waterloo
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
Baron de l'Empire
Comte
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Arc de triomphe de l'Étoile, 20e colonne.
Autres fonctions Maire de Maurecourt

Louis, comte Lepic, né à Montpellier le et mort dans sa maison, dite château Lepic [1], à Andrésy, le , est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Origine[modifier | modifier le code]

Neuvième enfant d’une famille de treize, il s’engage dès l’âge de seize ans dans les dragons. Il entre au service en 1781 comme simple dragon, dans le régiment de Lescure, devenu 2e régiment de chasseurs à cheval. Il bénéficie de la Révolution avec son admission dans la Garde constitutionnelle du Roi. Après la journée du 10 août 1792, il passe maréchal des logis aux dragons de la République. Au bout de six semaines il est lieutenant-colonel.

La Vendée[modifier | modifier le code]

Chef d’escadron dès mars 1793, il se bat contre les Vendéens de 1793 à 1796 et y reçoit un nombre considérable de blessures. Il sert pendant trois ans à l'armée de l'Ouest (Vendée) en qualité de lieutenant-colonel et s'y fit remarquer par sa bravoure et par son humanité envers les Vendéens. À cette occasion il sauve la petite Loubette Duvau de Chavagne âgée de 3 ans, trouvée au pied d'un arbre près d'une femme morte, qu'il met en pension à Nantes et qu'il fait élever jusqu’à sa majorité. Sous la Restauration, il l'aide à retrouver sa famille ; l’enfant perdue se révéla alors l’héritière d’une immense fortune[2].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

De l'Italie à Austerlitz[modifier | modifier le code]

Passé à l’armée d'Italie en 1796 il se distingue à plusieurs reprises par son courage et est plusieurs fois blessé : se signala particulièrement à la bataille de Vérone et à Marengo, où il reçoit sept coups de sabre sur la tête, un à l'épaule et un coup de feu au bras. Il est nommé colonel du 15e régiment de chasseurs à cheval après Marengo. Peu après il entre avec le grade de major dans les grenadiers à cheval de la garde consulaire et fait avec ce corps les campagnes de la Grande Armée. Nommé colonel major des grenadiers à cheval de la garde impériale après Austerlitz, il participe aux campagnes de Prusse et de Pologne.

Bataille d'Eylau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille d'Eylau.
« Haut les têtes, la mitraille c'est pas de la merde ! » crie le colonel Lepic à ses grenadiers au cours de la bataille d'Eylau (peinture d'Édouard Detaille).

La bataille commence le 8 février 1807 et les Français en infériorité numérique sont malmenés. Louis Lepic se tient avec la Garde impériale dans le cimetière d'Eylau, près de l'Empereur, lorsqu'une contre-attaque russe visant le cimetière se rapproche. Sur le champ de bataille, le soldat Billon le voit ainsi :

« Le jour d’Eylau, le régiment est placé sous les ordres du colonel-major, Lepic. Les boulets russes qui se fraient sans difficulté un chemin au milieu des flocons, enlèvent hommes et bêtes. Soudain, une voix s'élève, dominant le fracas. C’est Lepic qui hurle : « Haut les têtes, la mitraille c'est pas de la merde ! » »

Chargés de contenir les grenadiers russes qui s'avancent, Lepic et ses grenadiers à cheval chargent, tombent sur l'infanterie russe et la débandent, puis s'emparent d'une batterie d'artillerie. Cependant la neige qui tombe avec abondance ne permet plus de s'orienter. Les grenadiers à cheval perdus dans la tourmente se retrouvent cernés au milieu des lignes russes. Un officier ennemi se détache et prie Lepic de se rendre. Celui-ci répond au parlementaire en montrant ses grenadiers : « regardez ces figures, et dites-moi si elles ont l'air de vouloir se rendre ». Néanmoins Lepic, connaissant le danger de sa position, s'adresse en ces termes à ses grenadiers : « amis, il faut vaincre ou mourir aujourd'hui, nous avons trois lignes d'infanterie à renverser. Beaucoup d'entre nous y resteront sans doute ; mais dût-il n'en retourner qu'un seul pour porter la nouvelle, l'honneur du corps et celui de notre étendard seront saufs ». Les grenadiers répondent : « la charge ! La charge ! Et nous passerons ! » Lepic organise alors l'unité en colonne serrée par pelotons et ordonne la charge. Les grenadiers culbutent successivement les trois lignes russes, perdant six hommes dont un officier ; Lepic reçoit dans la mêlée deux coups de baïonnette et un coup de crosse sur les genoux qui l'empêchent pendant quelque temps de monter à cheval sans aide. Le corps qu'il vient de traverser se trouve alors aux prises avec les Français ; ceux-ci voyant arriver sur eux une cavalerie qui débouche du centre des colonnes russes, la croient ennemie, l'accueillent à coups de fusil et tuent deux grenadiers et quelques chevaux.

Cependant Lepic parvient à se faire reconnaître et le feu cesse. L'Empereur, qui depuis plusieurs heures ne sait pas ce que sont devenus les grenadiers à cheval de la Garde, témoigne toute sa satisfaction et nomme le colonel général de brigade le 13 février 1807, en lui conservant ses fonctions de major et y ajoutant une dotation de 30 000 francs[3]. Lepic est fait baron de l’Empire par lettres patentes du 3 mai 1809, donataire en Westphalie à hauteur de 40 000 francs par décret impérial du 19 mars 1808 et en Galicie par autre décret du 16 janvier 1810. Il participe à toutes les autres campagnes en Espagne, en Russie et en France.

Campagnes ultérieures de l'Empire[modifier | modifier le code]

Lepic combat à Wagram, passe en Espagne en 1810, et y remplit les fonctions de capitaine général sous les ordres de Joseph Bonaparte. En 1812, il fait la campagne de Russie dans la Garde impériale et obtient le 9 février 1813 le grade de général de division. Pendant la campagne de Russie, il affronte les cosaques de Platov. Le général Lepic fait encore les campagnes de Saxe et de France en 1813 et en 1814 à la tête du 2e régiment des gardes d'honneur. La Restauration le fait commandant de la 21e division militaire. La chute de Napoléon ne lui nuit pas puisque Louis XVIII le fait comte par ordonnance royale et lettres patentes du 30 mai 1818.

En 1815, il est rappelé pendant les Cent-Jours et assiste à la bataille de Waterloo. Il est mis à la retraite sous la Seconde Restauration. Il meurt le à Andrésy. Son nom est inscrit sur le côté est de l’arc de triomphe de l'Étoile à Paris.

Descendance[modifier | modifier le code]

Le général comte Louis Lepic a eu 5 fils. Seul son fils aîné, le général comte Napoléon Lepic (1810-1875), a lui-même eu un fils unique prénommé Ludovic-Napoléon.

Le comte Ludovic-Napoléon Lepic (1839-1889), artiste peintre, a eu trois filles : Eylau, Jeanine et Marcelle. Seule Jeanine Lepic a elle-même eu une descendance. À ce jour donc, seule une descendance de Louis Lepic par les filles subsiste [4].

La branche issue du baron Joachim Hippolyte Lepic, maréchal de camp, frère cadet de Louis, subsiste par voie masculine.

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1809, il est promu commandeur de la Légion d'honneur [5].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
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Armes du baron Louis Lepic et de l'Empire

Coupé : au 1, parti d'or à trois grenades enflammées de gueules et du quartier des barons militaires ; au 2, d'azur, à un faisceau des licteurs d'argent, accosté de deux lions affrontés d'or, surmontés chacun d'une étoile d'argent, celui de dextre armé d'un badelaire du même, le tout soutenu d'une terrasse de sable[6].

Ou

Coupé, le premier parti d'or à trois grenades de sable enflammées de gueules et de gueules au signe des barons tirés de l'armée ; le deuxième d'azur au faisceau à l'antique d'argent, accosté à dextre et à sénestre d'un lion d'or, chacun surmonté d'une étoile d'argent, celui de sénestre armé d'un badelaire d'argent ; le tout soutenu de sinople.[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Château Lepic », notice no IA78000958, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. La Petite Brigande de L. du Teilhet de Lamothe (éditions Herault)
  3. Pigeard 2005, p. 143.
  4. Le patronyme par la branche Louis est éteinte : club historique d'Andrésy [1]
  5. « Notice LH/1596/47 », base Léonore, ministère français de la Culture
  6. « Les amis du patrimoine napoléonien - Premier et Second Empire », Salon Biographique des Deux Empires, sur lesapn.forumactif.fr.
  7. d'après l'Armorial du Premier Empire, Titres, Majorats et Armoiries Concédés par Napoléon Ier. Vicomte Révérend, Comte Villeroy
  8. Registres de lettres patentes de collation de titres et d'armoiries et armorial PLEADE

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]