Bruno Carette

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Carette.
Bruno Carette
Description de l'image Defaut.svg.
Naissance
Alger (Algérie)
Nationalité Drapeau de la France Française
Décès (à 33 ans)
Paris (France)
Profession Acteur
Humoriste
Films notables La Cité de la Peur
Milou en mai

Bruno Carette, né le à Alger et mort le à Paris, est un comédien et humoriste français.

Il a fait partie du groupe comique Les Nuls sur la chaîne de télévision Canal+.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Bruno Carette naît à Saint-Eugène, près d’Alger. Fils d'un père ingénieur et d'une mère aimante, il passe ses premiers mois en Algérie avant de passer son enfance au Maroc[1].

Dans les années 1960, il quitte le Maroc avec sa famille, dont son frère et sa sœur, pour gagner la France, en même temps que toute une génération de pieds-noirs. Il exerce divers petits métiers pour vivre, parmi lesquels animateur au Club Med et démarcheur en assurances. Il intègre même le Big Bazar de Michel Fugain, grâce à son oncle, le chanteur Georges Blanès. Sa tante se nomme Lucette Raillat, chanteuse également[1].

Carrière audiovisuelle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, Bruno Carette fait la connaissance de Chantal Lauby, speakerine à Radio France Côte d’Azur. Ensemble, ils animent, sur la chaîne de télévision FR3 Marseille, les émissions Azur Rock, Un petit clip vaut mieux qu’une grande claque, ainsi qu’une émission comique à sketchs, Bzzz !. L’originalité de leur ton leur permet d’être vite remarqués par Alain de Greef et Albert Mathieu, les directeurs des programmes de la chaîne Canal+.

Ils vont ensuite faire deux rencontres capitales : Alain Chabat et Dominique Farrugia (Bruno improvisait ses surnoms comme « Prince de la nuit » ou « La petite reine du Caucasse » dans le JTN)[2]. Au début, le courant ne passe pas très bien, mais quand Pierre Lescure leur dit que leur projet a été annulé, ils se revoient et décident d'aller jusqu'au bout[3].

Bruno vit d'abord en colocation avec Chantal Lauby[3] avant d'habiter seul dans un grand studio avec une cheminée et de belles poutres à l'Île Saint-Louis, là ou il préparait sa spécialité culinaire, la chakchouka. C'est aussi dans cet endroit qu'il lit l'intégrale des rééditions de Paul Bowles. Il était aussi très superstitieux : il touchait du bois sans cesse et utilisait toujours la même marque de stylo[1].

En 1986, Carette, Chabat et Lauby (Farrugia, scénariste, n’apparaît pas encore à l'écran) débutent à Canal + avec la série parodique Objectif Nul, narrant la vie à bord d’un vaisseau spatial, le Libérator. La série est écrite dans l'appartement de Chantal et Bruno[3]. Bruno Carette y interprète Zeitoun, le cuisinier pied-noir. Déjà, le quatuor y impose son humour absurde, où les références télévisuelles et cinématographiques pullulent. Inspirée de Star Trek, la série rencontre un grand succès et remporte en 1987 le 7 d'Or pour la meilleure émission humoristique.

Durant la saison 1987-1988, l'équipe anime, lors de l'émission Nulle part ailleurs, le JTN (le Journal Télévisé Nul). Dominique Farrugia apparaît enfin à l'écran et le quatuor devient alors un groupe d’humoristes : Les Nuls (nom donné par Philippe Gildas, alors présentateur de Nulle Part Ailleurs)[3]. Il s’agit d’une parodie des journaux télévisés français, où Les Nuls tournent en dérision l’actualité avec des pastiches, des détournements ou des fausses publicités. Les Nuls y confirment leur sens de la parodie, assez proche de l’esprit des Monty Python, et deviennent les piliers de l’humour à Canal+. Leurs qualités d’écriture, mais aussi d’interprétation, en font le groupe comique français le plus populaire de la fin des années 1980, avec Les Inconnus.

Ses amis des Nuls décrivent Bruno Carette comme quelqu'un de très généreux, d'un comédien, dans le sens noble du terme[4].

En 1988, il tourne dans son premier film, Sans peur et sans reproche, comédie médiévale proche du café-théâtre de par son humour et sa distribution, avec Gérard Jugnot, Martin Lamotte et Michel Blanc, entre autres. Les Nuls décident d’arrêter le JTN au bout d'un an, mais font à la place des petites apparitions dans Nulle Part Ailleurs. C'est la que Bruno interprétera une galerie de personnages délirants, notamment le pétomane Misou-Mizou avec des tubes du Top 50.

Dans le même temps, Canal+ leur confie trois projets à rendre d'ici juin 1989. De là sont rendu seulement deux projets : TVN 595, chaîne de télévision fictive, et La nuit la plus nuls, en 1989. Enfin, ils animent, dès août 1989, A.B.C.D. Nuls, émission intégrée à Nulle Part Ailleurs. Cette même année, Carrete décroche son premier et unique grand rôle au cinéma, dans Milou en mai de Louis Malle, où il incarne un routier obsédé et anticommuniste. Il révèle alors une nouvelle facette de son talent. Sa prestation est accueillie très favorablement par la critique.

Mort[modifier | modifier le code]

Lors de l'été 1989, pendant des vacances en Égypte, Bruno Carette tombe malade[1]. Il part se reposer à Cagnes-sur-Mer, chez sa mère, pensant au début à une mauvaise grippe[5]. Il est finalement hospitalisé le à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris 13e)[1].

Alain Chabat affirme tout d'abord dans un épisode d’A.B.C.D. Nuls : « Nous devons des explications à notre public, Bruno est malade et il ne viendra pas de la semaine »[6]. Puis, il déclare dans la presse que son collègue a « contracté un virus en Égypte ». C'est dans cet hôpital que Bruno décide de remplir les quatre pages de vote des 7 d'or[5]. Il a même écrit des sketchs sur les hôpitaux[5]. Paralysé, il ne voit plus (il se fait lire les journaux)[5] puis tombe dans le coma[1].

André Rousselet, le PDG à l'époque de Canal+, essaye de voir si de grands médecins, en France ou ailleurs, peuvent le sauver[1]. Malgré tout, les médecins décident, trois jours avant son décès, de tenter un nouveau traitement, hélas vain[1]. Tout le monde autour de lui pense à son retour, en janvier 1990. La dernière fois que Chantal Lauby va voir Bruno, ce dernier lui dit « C'est bien que tu l'aies fait », à propos de ses prestations au théâtre[5].

Après deux mois de maladie, Bruno Carette meurt des suites d’une leucoencéphalopathie multifocale progressive, une infection opportuniste causée par le SIDA[7] dans la nuit du vendredi 7 au samedi [8]. Il est enterré au cimetière Les Semboules d'Antibes[9].

L'équipe des Nuls gagne par la suite un 7 d'Or pour l'émission TVN 595. Ce trophée remporté pour Bruno a été offert à sa mère. Depuis, Les Nuls n'hésitent pas à rendre hommage à leur meilleur ami, comme dans le film La Cité de la peur en 1994 : on le voit à la télévision dans le rôle du fameux Misou-Mizou montant les marches du festival de Cannes (séquence enregistrée lors d'un Nulle part ailleurs en direct du festival quelques années auparavant)[10]. On peut aussi voir d'autres hommages quand Alain Chabat cite le nom de « Grimaldi » (en référence au rôle que joue Carette dans Milou en mai).

Le , l'émission Nulle part ailleurs est consacrée uniquement à Bruno Carette. On y voit le présentateur Philippe Gildas retracer avec émotion, seul, la carrière de Bruno Carette : les sketchs des Nuls, le clip vidéo de PSY[11] ou encore sa prestation dans Milou en mai.

Gilles Verlant, ami des Nuls, concocte un livre consacré aux 10 ans des Nuls[4] qui comprend un chapitre hommage à Bruno Carette (mais qui élude le SIDA dans la cause de sa mort), et une cassette VHS, Bruno Carette avec Les Nuls, sortie en 1997 dans le Canal + magazine.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Publicité[modifier | modifier le code]

  • 1986 : Spots promo Canal + (avec Les Nuls)
  • 1988 : Bruno fait la voix de six spots radio de trente secondes pour les autoradios Philips[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Jean Poggi, « Le Chagrin Des Nuls », Télé 7 jours,‎ (lire en ligne)
  2. Gilles Verlant, Histoire De Les Nuls (documentaire), Canal+, 1995.
  3. a, b, c et d Objectif Nul, commentaire Audio, DVD, 2006.
  4. a, b, c et d Gilles Verlant, L'histoire de Les Nuls, Canal +, 1995.
  5. a, b, c, d et e Isabelle Cauchois, « Bruno Carette, notre ami », Télé 7 jours,‎ (lire en ligne).
  6. Cassette, Bruno Carette Avec Les Nuls, 1997, Canal+ Vidéo.[réf. insuffisante]
  7. « Antoines de Caunes : contre le sida, le virus du rire », Lucas Bretonnier, Le Parisien.fr, 5 décembre 2013.
  8. « Pierre Lescure annonce la mort de Bruno Carette »
  9. Philippe Landru, « Cimetière des Semboules », sur Cimetières de France et d'ailleurs (consulté le 8 août 2017).
  10. « Bruno Carette (Misou-Mizou) dans la Cité de la peur »
  11. a et b yassman6, « P.S.Y - Laisse moi jouer », (consulté le 8 août 2017)
  12. Gérard Courant, « Bruno Carette (1987) by Gérard Courant - Cinématon #979 », (consulté le 8 août 2017)
  13. lesnulspointfr, « LES NULS EN 1988 : ÉMISSION CHAMPS ELYSEES », (consulté le 8 août 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]